Top Chef 2012 – Ma soirée à l’Acajou à la recherche du Jean perdu…


Hier soir, nous partîmes à quatre « matériel », comme dirait DSK (entendez « filles » dans la phrase « Veux-tu (peux-tu) venir découvrir une magnifique boîte coquine à Madrid avec moi (et du matériel) ») direction le restau de Jean Moumoute Imbert, avec lequel j’avais pris rendez-vous, pour tester les lieux et le monsieur (et accessoirement ses perruques).

Bon, faut aimer le 16e. Et vous savez (ou pas) ce qu’on dit sur le 16e quand on est du 17e, mais ça n’est qu’une question de point de vue, et j’étais toute prête à pardonner à Jeaaan. A ma grande surprise, nous fûmes reçues par Juan (un « u » pour un « e » mais pas une faute de frappe), un autre candidat de cette saison (qui ressemble beaucoup moins à Benabar dans la vraie vie qu’à l’écran), devenu  le second du chef aux faux airs de Patrick Bruel. Mes copines, excitées comme des puces, et moi avec elles, piaillaient et piaffaient d’impatience en terrasse, verres de vin blanc à la main :

–          Tu crois qu’il est LA ? Tu crois qu’il est ashkénaze ? Tu crois qu’il va venir nous saluer ? Tu crois qu’il est dedans ?

–          Chais pas, il fait tout noir, je vois rien que le Juan et des ombres.

Moi, stoïque :

–          Mais vous croyez quoi, le mec est pas serveur, il est CHEF, il fait la CUISINE, il est en CUSINE ! me demandant quand même si c’était vraiment lui tout seul qui était en train de découper des tranchettes de kiwi, de melon et d’ananas en silence sur son petit plan de travail en zinc, essoufflé, regardant fébrilement la pendule comme dans une épreuve de coup de feu.

Les clients commençaient à arriver. Plutôt des jeunes. Plutôt en scooter.

–          C’est Cyril Lignac ! a dit Laurence, pointant ostensiblement du doigt un type en moto à casque intégral et barbour.

N’importe quoi…

Nous sommes finalement entrées et avons pris place au centre d’une très longue et haute table d’hôte dans une salle sombre éclairant davantage les plats que les visages, ce qui arrangera les filles de plus de 35 ans (aucun rapport mais les restos japonais, par exemple, sont à éviter niveau luminaires effet teint blafard). Sur une petite carte carrée, nous avons eu le choix entre une entrée « terre » ou « mer », puis avons sélectionné 2 plats dans une liste aux intitulés énigmatiques. Si vous n’aimez pas les surprises, on peut toutefois  vous orienter. J’ai préféré choisir au pif. Grosse maligne, j’ai finalement dû demander des précisions au moment de choisir le vin, parce qu’un Saint-Verant avec une côte de bœuf, ça le fait moyen.

Le concert a pu commencer.

Du crabe sur jus de mangue, accompagné d’une soupe d’étrilles à tomber par terre  et son mini-pavé de saumon mi-cuit. Tout ce que j’aime ! Ma Bretagne qui me tend les bras.

Ensuite, un carpaccio de langoustine comme réponse à tous mes vœux secrètement formulés en terme de  cru et de sous-marin depuis des années. C’est décidé, je veux épouser Jean Imbert !

–          Mais il est oùùùù, au fait, Jean Imbert ?

Stéphanie me sort de mon orgasme culinaire. Le Juan repasse.

–          Jean doit être très occupé, t’as vu la finesse de ces langoustines, la broutte à couper ! Tu crois qu’il a que ça à foutre de venir nous faire coucou alors qu’il décortique, coupe, cisèle ces putain de langoustines pour en faire des carpaccios carrés ?

Mon plat arrive : Bangkok. Une soupe aux gambas et son avocat en gelée. Beau, bon, chic, distingué, comme Zeaaaan. Mais il est OUUUUU, Zean (ouais, on commence à avoir pas mal bu) ?!

–          Non mais attends, il va venir au dessert, il va pas tout laisser tomber comme ça, son resto plein, pour venir taper le bout de gras avec quatre fans en goguette alors qu’il doit enfourner 50 petits soufflés individuels et vérifier qu’ils ne retombent pas !

Mouais…, quelles ont l’air de dire, mes copines, qui commencent sérieusement à me regarder avec pitié. Mmh, je connais ce regard, celui qui dit, au bout de 24h d’attente d’un coup de fil de mec, que non, il n’est pas mort, et que non, il ne rappellera pas. Mais je suis grande maintenant, et puis Jean m’a promis d’être là. Et moi, Jean, je lui fais CONFIANCE. Jean et moi on est comme les deux doigts de la main (hein ?).

–          Tu crois qu’ils vont l’applaudir quand il va venir ? Je tente.

Encore ce fameux regard. Je me tais. On parle de la grossesse de Laurence.

Les desserts arrivent : le fameux soufflé (il est fort, Jean, il a tout bien fait !) et la salade de fruits grâce à laquelle on s’est virtuellement rencontrés, Jean et moi.  Je serre contre mon cœur mon petit menu cartonné prêt à être autographié, et j’attends le chef.

–          Là, c’est sûr qu’il va arriver, je dis à mes copines.

–          Bha j’espère, hein, parce qu’on va pas tarder tarder non plus.

Et c’est à cet instant précis que la vérité nous est tombée dessus, apportée par un messager désolé : Jean s’excuse, il a été retenu, il ne pourra pas être là ce soir. La tête me tourne. Mais qui a fait à manger je ne comprends pas ? Pas là, Jean ? Non mais Jean, si tu as une perruque c’est pas grave, je le dirai pas je te jure (mmh mmh).

Sur le trottoir, mes copines m’évitent. J’ai l’abominable impression d’être en 4e et de m’être pris un gros vent par David Sraër.

Jean, tu m’as foutu la tehon, mais franchement c’était trop bon.

 

L’Acajou – 35bis, rue Jean de La Fontaine 75016 Paris

01 42 88 04 47

Menu : Midi 30 euros / Soir 60 euros

5 réflexions au sujet de « Top Chef 2012 – Ma soirée à l’Acajou à la recherche du Jean perdu… »

  1. Ping : Interview : Les 10 vraies questions que tout le monde se pose sur Top Chef et sur Jean Imbert | Debrief

  2. Heuuuu +x+ … c’est tout simplement magnifique, on pourrait presque sentir l’odeur des plats pris en photo et malheureusement on ne peut pas passer la main à travers l’écran pour y goûter xD ! Merci pour cette expérience partagée =)

  3. en fait j’habite juste a côté de l’acajou et on y allait souvent parce que j’était trop fan de top chef , a chaque fois on voyait les deux chefs trop gentil et on est devenus amis . Et pour mon anniversaire ma mère m’a fait la surprise du siècle ! Elle m’a dis qu’elle avait commandé libanais ( oui je suis a moitié libanaise ) , ça sonne et elle me dis d’aller ouvrir et là je tombe sur les deux chefs , les bras plein de produits frais et d’ustensiles ! J’ai du les fixer au moins 1 min tellement j’en revenait pas !!!!! Et toute la journée c’était le rêve ! Et ils sont revenus cuisiner a la maison plusieurs fois . Plusieurs critiques disent que Jean est hautain et lui trouvent mille défaut , mais il est tellement gentil , et Juan est vraiment vraiment super sympa , il est drôle , cultivé ( vous pensez que j’ai le béguin pour lui ? vous avez raison mais bon faut avouer qu’il est trop beau ! ) bref tout ça pour dire que les Top Chefs méritent vraiment leurs noms !!!

    • J’adore ton histoire ! Je vais lundi à la conférence de près Top Chef 2013 pour les blogueurs. Je te dirai si Jean était là. Mais tu me dines bien envie de me faire un Acajou tiens !

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