Angélique, marquise des ondes

Est-il encore possible de regarder « Angélique, marquise des anges » en 2012, près de cinquante ans (arghh, ça ne nous rajeunit pas !) après sa première diffusion sur nos gros écrans ? C’est la question que je me suis posée hier soir lorsque j’ai découvert que TMC avait maintenu le calendrier estival historique malgré une météo calamiteuse en programmant notre soap annuel préféré.

Dans des décors acidulés en carton-pâte, j’ai ainsi pu redécouvrir Michèle Mercier, Angélique un jour, Angélique toujours, et son ténébreux Joffrey de Peyrac immortalisé par Robert Hossein (oui, le même que celui qui mit en scène les grands spectacles tels que « Ben-Hur » ou « Jésus, la résurrection » dans les années 2000). Le pitch d’Angélique est simple : Angélique est mariée « de force » par son père à un type riche, mais plus vieux, qu’elle n’a jamais vu. Dans un premier temps, elle tique un peu sur l’âge mais attend de voir. Malheureusement, il s’avère que le type en question boîte et est défiguré par une cicatrice qui lui mange la joue. Elle le trouve alors si laid qu’elle pousse de petits cris de dégoût et refuse de se faire honorer le soir de la nuit de noces (sympa !). Joffrey, qui trouve Angélique très à son goût, pleure. C’est très triste. Et pourtant, le temps passant, Angélique cette gourdasse se laisse séduire par cette montagne de testostérone qu’est le comte de Peyrac (excusez du peu), finissant par tomber raide dingue de lui (on la comprend), ne réitérant pas l’erreur de sa consoeur Scarlett O’Hara qui n’aura compris que trop tard qu’on est mieux servi par un ténébreux excitant qui vous aime que par une lavette indécise qui s’en fout. Le couple s’aime alors follement, ce qui est rare pour l’époque, et passe alors de longues heures au lit à fricoter. On voit même fréquemment Angélique toute nue, habilement cachée par endroits par des pans du lit à baldaquin ou la main de Joffrey, grâce à un subtil travail de l’image. A voir l’air ahuri de l’héroïne lovée dans ses draps de satin après que son époux l’eut chevauchée, on comprend aisément que le Joffrey est un très bon coup. Mercier nous sort alors l’artillerie lourde et pleure (sans bruit ni morvade, évidemment), pour ceux qui n’auraient pas bien saisi la volupté de la scène.

Tu étais si belle, à côté de ces femmes, une perle parmi des haricot

Plus tard, le petit couple qui va bien reçoit Louis XIV en personne, venu avec sa fraîche épouse Marie-Thérèse, qui s’avère être une naine assez ingrate.

–          J’aime, Sire, lui confie alors Joffrey, encore sur son petit nuage (notez la classe internationale de la réplique).

Arrive alors Angélique, plus tatasse que jamais en robe à crinoline, faux cils et regard supérieur. L’assemblée s’arrête alors de respirer.

–          Quelle beauté !, lâche alors un invité.

Le roi est sans voix, mais on sent qu’il est vénère…

–          Tu étais si belle, à côté de ces femmes, une perle parmi des haricots, lui glissera plus tard Joffrey, fier (prenez-en de la graine, messieurs –  sans mauvais jeu de mots).

Tout ça pour dire, vous l’aurez compris, que le roi va vouloir se venger de tant de bonheur que ces modestes noblillons lui ont jeté à la figure lors de son passage dans leur demeure. Il fera donc embastiller le boîteux sexy pour d’obscurs prétextes, ce qui poussera alors Michèle Mercier à froncer les sourcils lorsqu’un messager viendra lui apprendre la nouvelle. Actor’s Studio represent.

Mono-expressive, l’inoubliable Michèle semble effectivement ne disposer que de peu de choix dans sa palette d’actrice, élément qui ne saute pas aux yeux lorsqu’on a neuf ans et qu’on regarde avec passion les aventures d’Angélique avec ses grands-parents les soirs de chaudes soirées d’été (je me répète, je le sais). Bourrée de clichés, surannée et bien souvent ridicule, la série des Angélique reste malgré tout intemporelle et parvient à nous emporter sans difficulté dans sa grande saga romanesque, comme seuls savent le faire ces programmes saisonniers multi-diffusés que sont Fantômas ou Sissi, pour ne citer qu’eux.

Si vous doutez, vous avez en face, le jeudi, sur M6, « 60 secondes chronos », programme grâce auquel vous pourrez voir des candidats relever des défis aussi malins que gober un Oreo sans les mains, faire tenir un cintre en équilibre ou jouer à Domino Day avec des boîtiers de CD, tout ça en 60 secondes chrono…

C’est vous qui voyez. Quant à moi, je reste team Joffrey.

4 réflexions au sujet de « Angélique, marquise des ondes »

  1. J’ai toujours admiré Angélique pour la tenue PARFAITE de son maquillage et de ses cheveux, même après une folle nuit d’amour avec Joffrey. Ah, Jeoffrey… dont la cicatrice diminue au fur et à mesure des films… Toute ma jeunesse, aussi🙂

  2. Et quand on a 9 ans, on comprend pas que la pauvre elle n’arrete pas de se faire violer quand même (bon elle s’évanouit donc ne sent rien ouf on est sauvé) et que franchement elle a l’air de bien le prendre

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