« Nouveau look pour une nouvelle vie » – de l’intérêt de regarder un mec se faire épiler l’intérieur des narines

Lundi soir, l’émission « Nouveau look pour une nouvelle vie » nous proposait de suivre deux nouveaux candidats au relooking, tous deux coachés par l’inénarrable Cristina Cordula.

Pour ceux qui ne connaissent pas le concept de l’émission, il s’agit de redonner goût à la vie à des hommes ou des femmes fâchés avec le shopping, leur corps, les coiffeurs et tout ce qui touche de près ou de loin à la coquetterie. Mères de familles engluées dans leurs kilos de grossesse, devenues grandes consommatrices de joggings jetés sans les regarder dans le caddie des courses hebdomadaires chez Auchan entre les petits suisses et les serviettes périodiques, de femmes traumatisées par des ruptures difficiles, ayant laissé en jachère leurs tignasses bicolores (et dont on n’ose imaginer l’état pileux du reste du corps), gothiques hors-normes incapables de trouver un emploi ou simples handicapés du style, ils désirent tous passer entre les mains de la fée Cristina pour retrouver leur confiance perdue, et plaire à nouveau (ou pour la première fois).

A l’instar du Grand Frère, de Belle toute nue ou de Cauchemar en cuisine, par exemple, le coaching des candidats se déroule selon un rituel immuable. Soumis au jugement d’abominables bobos parisiens filmés en micro-trottoirs rue Montorgueil, les « pouilleux » (comme l’a qualifié la grand-mère de Philippe, geek craspec à la touffe laineuse rendu à la vie lors de l’épisode en question) comprennent alors qu’ils sont « ternes », « invisibles », « démodés », « pas attirants ». Prise de conscience. « C’est dur à entendre », disent-ils toujours. Sérieux, tu t’y attendais pas ?

En phase 2, la superbe brésilienne, perchée sur ses talons de dix, dandinant son cul famélique dans d’outrageuses jupes crayons au son joyeux de ses créoles emmène alors nos malheureux épouvantails se faire épiler les sourcils. « C’est fou comme ça chaaaange. Haaaaan » (sans déconner). Hier soir, ledit Philippe, souffrant d’une pilosité hors-norme, s’est vu offrir une épilation à la cire des joues puis de l’intérieur des narines. Mythique. Et gênant (un vague sentiment de « mais je regarde quoi, là ? »). Dernière étape : direction le salon de coiffure. Balayage, volume, brushing, Massatto fait des merveilles sur les trois poils filasses et gras qui servent bien souvent de cheveux à ces Natasha Kampush du séchoir. Hier, et pour la première fois, le coiffeur a cru devoir abandonner. Philippe portait un nid sur la tête. Jamais il ne s’était brossé les cheveux (« sinon la brosse elle se coince »), lesquels étaient de surcroît crépus, longs et emmêlés. Résultat ? Les ciseaux ne sont pas parvenus à couper, même grossièrement, la pelote malodorante. Gêne du spectateur, qui comprend alors que la boule de poils capillaires contient peut-être des bouts de riz, des stylos ou tout autre objet qui n’aurait un jour pas trouvé sa place dans une poche…

Ensuite vient le choix des vêtements. Cristina doit tout d’abord décider de la morphologie du candidat, qu’elle annonce avec solennité et aplomb. « Tou es un H / un Y / un I… ». Sympa, elle ne dit jamais la vérité : ils sont en réalité souvent des losanges, ou des bouteilles d’Orangina. Fort de cette découverte, le débutant ès mode va se voir affubler d’une ribambelle de guenilles censées mettre en valeur ses qualités, tout en masquant ses défauts (ainsi que le conseille également William, le coach de « Grosse toute nue »). Veste rouge, ruban à pois, chaussures à grelots, Cristina en fait trop esssprès ma chairie, pour que tu te rendes compte que ça te va pas DOU TOUT ! Au final, les mamans engluées finissent bien souvent avec une longue tunique brodée mettant en valeur leur « belle poitrine » (entendez grosse), tout en soulignant leurs jambes fines (=  « plus minces que le reste »), le tout caché sous une veste léopard/en cuir / zébrée, ajoutant une touche rock et djeuns à l’ensemble. Endimanchées et brillant de 1000 feux, elles partent alors rejoindre leur conjoint qui pleure immanquablement de joie et de soulagement (SYMPA !!).

Toujours, et quel que soit le degré de marginalité du cobaye sélectionné par la prod’, Cristina parvient à faire des miracles. Appartements insalubres nettoyés par deux expertes, intérieurs boursouflés et bibelotés à l’extrême home-stagés par Stéphane Plaza, logis délabrés stickerisés par Valérie Damidot ou duvets douteux exterminés par Cristina Cordula : M6 a trouvé son filon, celui du avant-après. De « vrais gens » en situation désespérée, pire même que celle du téléspectateur (-> brossage dans le sens du poil, désangoissement), sont extraits de leur marasme malgré tout et « contre toute attente » (-> bonheur).La fée M6 peut rattraper n’importe quelle catastrophe, vous changer en bombe en deux jours, refaire votre intérieur en une semaine et même vous trouver un nouvel appart de ouf dans votre budget  frais de notaires inclus. Quant à Cristina, elle rejoint, avec Plaza, Damidot et Lemarchand le cercle très restreint des animateurs indésolidarisables de leurs émissions, celles du coaching bonheur, bien-pensantes et à l’abri des critiques qui se multiplient envers la télé-réalité dite « poubelle ».

Longue vie à Cristina, longue vie à Nouveau look !

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