La tragédie du sac et du sac à sacs (et du sac à sacs à sacs)

sacs-plastiques

Le week-end dernier, alors que je me rendais à ma supérette, ou plutôt celle de ma sœur, laquelle m’avait indiqué avec autorité que continuer à faire mes courses chez Monoprix me mènerait bientôt tout droit à la banqueroute, je fus subitement emplie de cet immense et habituel sentiment de culpabilité lorsque je fus arrivée à la caisse.

Encore une fois, je l’avais oublié. Ce. Putain. De. Sac. Encore une fois, je fus donc contrainte d’ACHETER un sac, et même deux puisque les prix très avantageux de la supérette de ma sœur avaient excité ma fièvre acheteuse (à moi le chocolat au nougat, les Danette à billes et même les barils de lessive, dont je repousse lâchement l’achat jusqu’au tour de courses mon conjoint oui je sais c’est mal d’arnaquer le père de ses enfants mais il n’y a pas de petits profits).

La caissière, soûlée par cette matinée dominicale imposée par son employeur (merci Franprix de permettre aux retardataires de pouvoir acheter leurs couches le dimanche ailleurs qu’à la pharma pour toxicos de la Place de Clichy), passa donc avec lassitude mes deux cabas à quelques centimes d’euros devant le rayon rouge lors que, intérieurement, je tentais de calmer la bête qui grondait. « Merde que tu es mais qu’est-ce que tu vas encore foutre de ces sacs ?! », disait la bête.

Car oui, sachez-le, chaque fois que je rentre du supermarché, soit au minimum une fois par semaine, et que j’ai fini de vider ces containers achetés à prix d’or, je ne peux évidemment pas me résoudre à jeter ces biens acquis si chèrement. On ne jette pas un truc qu’on a payé n’est-ce pas ? C’est mal.

Du coup, je plie, honteuse, comme on planque au fond du placard un sac de shopping frénétique H&M rempli de fringues pailletées qu’on ne mettra jamais, mes cabas Franprix, mes gros sacs Monop’, mes boursettes en toile vendues à la caisse, celles qu’on est censées TOUJOURS AVOIR SUR SOI, et même les minables pochons de plastiques acquis pour une dizaine de centimes d’euros. Tous, je les range alors méthodiquement dans un sac plus grand, en carton, offert, lui (enfin offert), par une marque de vêtements très chers et pas forcément plus portés que les pailletés H&M, puis je pose le gros sac rempli de sacs dans ma cuisine. Parfois, le fameux Ikea prend le relais et gobe, lui aussi, deux gros sacs à sacs, se muant alors en sac à sacs à sacs.

A ce jour, je possède trois gros sacs à sacs entreposés sur le sol en carreaux de ciment de ladite cuisine, trônant fièrement entre la poubelle et le chariot de mémé que, vous l’aurez compris, je pense encore moins à emporter lorsque je me dirige vers mon supermarché (cet oubli étant plus probablement un refus compréhensible de la part de cette personne que je fus et qui, longtemps, refusa de se balader dans la rue avec des packs de papier toilette, laquelle jura également de ne jamais traîner cette abomination enterre-sex-appeal. On a beau être mère, on n’en reste pas moins FEMME oui monsieur !).

Dans un placard, cachés loin des regards de mon concubin, deux autres sacs à sacs attendent… Qu’attendent-ils d’ailleurs ?

Souvent, le matin, alors que le contre-la-montre imposé par l’éducation nationale me contraint (oui, contraint) à injurier fort grossièrement l’ensemble de mon foyer pendant que je déplore intérieurement la laideur de la tenue que je serai contrainte de porter faute de temps pour en changer, j’ai besoin d’un sac. UN SAAAAAC, crie-je alors très fort ! PUTAIN MAIS Y’A AUCUN SAC QUI AIT LA BONNE TAILLE ?!!!

Croyez-le ou non, alors que je plonge inlassablement la main dans ma collection de sacs eux même remplis d’autres sacs, pas un ne correspond à ce que je recherche.

Jamais.

Et c’est alors que, comme l’ensemble de la population française, je me rabats sur le fameux cabas de toile Kooples que nous possédons tous pour une raison inconnue puisque pas plus d’1% d’entre nous n’entre dans leurs vêtements pour collégiennes anorexiques.

Je hais ce sac.

Je hais les sacs.

Et plus encore, je hais les sacs à sacs.

3 réflexions au sujet de « La tragédie du sac et du sac à sacs (et du sac à sacs à sacs) »

  1. J’ai également un sac à petits sacs plastiques pendu à la poignée de porte de la cuisine, puis un sac à sacs cabas quand c’est vraiment les grosses courses. Au final à part quand je vais dans un vrai supermarché, j’oublie toujours de les prendre. J’utilise les petits sacs pour vider les crottes du chat (glam) et vider le cendar sans que ça pollue olfactivement ma poubelle pour 5 jours. j’ai aussi un sac à emballages recyclables qu’il faut penser à descendre, et un pochon à pochons My little box. Sans compter les boites qui contiennent d’autres boites. C’est les poupées russes de la sur conso !

  2. Ping : Le tote bag est-il l’avenir de la femme ? | Debrief

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