Le tote bag est-il l’avenir de la femme ?

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Il y a un petit bout de temps, je vous avais parlé de la tragédie domestique du sac à sac (et du sac à sac à sac). Pour ceux que ça intéresse, sachez-le, après la mise en poubelle pure et simple de ces encombrantes boules de plastique imbriquées, celles-ci ont fatalement repris leurs droits, comme de petites bactéries inéradiquables et réinvesti tranquillou mon intérieur pour le plus grand malheur de mon tendre concubin. Mais ceci est une autre histoire.

Car il est un nouveau mal (ou pas) qui semble toucher les citadines de l’an 2015, et par extension leurs micro-domiciles payés à prix d’or le mètre carré habitable : je veux parler de l’envahissement de ceux-ci par les discrets mais fort sournois… tote bags.

Kezako un tote bag ? M’enfin, d’où sortez-vous ? Le tote bag, c’est ce rectangle idiot de tissus beige, bien souvent auréolé (à tort) d’une caution développement durable, et toujours siglé et offert de bon cœur par des marques qui, sous couvert de vous faire don d’un bel objet gratos dans lequel transporter vos petits tee-shirts à 200 euros pièce, viendront sournoisement coloniser votre espace visuel, ménager, porte-mantiers ou poignée de portiens pour ne plus jamais les quitter.

Ouvrez les yeux. Dans le métro, combien sont-elles, ces femmes innocentes, docilement sanglées dans ces bardas publicitaires emplis de couches, d’ordinateurs, de magazines, de vêtements de gym jamais utilisés, de goûters pour les enfants, de seaux, de pelles, de râteaux, faisant office sans rébellion de femme sandwich pour Comme un camion, Claudie Pierlot, Comptoir des cotonniers, leur pharmacien, leur poissonnier ou, dans 80% des cas, tout bêtement pour The Kooples (originalité colorimétrique oblige) ?

A l’école, au boulot, sur leurs vélos, elles en portent toutes, avec un naturel qui frôle l’endoctrinement.

Et chez vous, chez moi, surtout, vous en prenez conscience, ils sont là, même pas tapis, fiers, pendus à TOUTES les poignées de porte de la baraque. Même pas vidés, le fond remplis d’un monceau de petites merdouilles que vous pensiez à jamais perdues (miettes de biscuits, tétines, briquets, tickets de métro, piécettes même pas cuivrées, bouquins jamais finis, JDD de févier encore soigneusement plié), ils ont pris possession des lieux, eux aussi, roulés en boules dans leurs frères plus grands, reproduisant, ô, horreur, l’enfer du sac à sac en format lin prétendument équitable.

Merde.

Que faire ? Les balancer ? Impossible. La citadine ne saurait dorénavant envisager sa vie sans lui. Ce putain de tote bag dont on parle si peu et qui, pourtant, aura phagocyté nos vies plus encore peut-être que les PC, les tablettes et toutes ces conneries de gadgets dont on se passait bien avant.

D’aucunes diront que le tote bag est le nouveau it bag. Du calme.

Disons qu’il fait office de troisième bras, ou plutôt qu’il sera enfin parvenu, après des siècles de béance fonctionnelle, à pallier cet immense défaut de fabrication qui donna à la kangouroute, cette garce, une poche intégrée, laissant la pauvre femme, et plus encore la mère, seule avec ses deux pauvres bras, ses poches étriquées par ses foutus slims et son vieux sac à main rempli d’ancestraux bouts de pain.

God bless le Tote B ! Et tant pis pour les poignées de porte (et les ires de mon concubine).

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