Le ghosting de Charlize

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Nous avons tous été confrontés au ghosting.

Vous le savez certainement, malgré leurs serments d’amour dégoulinants à la presse (en mode « je n’ai jamais vraiment aimé avant » pour Sean, « il est l’amour de ma vie » pour Charlize), le couple chelou de Hollywood s’est contre toute attente séparé il y a quelques jours. Comme ça, paf. Et c’est Charlize qui aurait congédié le tyran à la caravane, sans préavis ni SAV, fin de l’histoire. Les raisons ? Sean aurait fricoté avec une cascadeuse moche, parvenant à la mettre dans son lit à coup de longues récitations nocturnes de poèmes écrits par lui-même (l’enfer).

Mais ce qui m’intéresse dans cette histoire, ce sont les précisions apportées par US Weekly concernant la méthode de rupture utilisée par la femme qui ondule en robe lamée or sous une pluie de paillettes scintillantes et classieuses. Grosse déchirade, lettre incendiaire, vengeance diabolique, chauffage du meilleur pote, écriture d’un best-seller sur leur vie à deux, confidences sur les prouesses sexuelles de mister moustache ? Point du tout. Charlize a opté pour la bonne vieille technique du… ghosting. Le principe ? Cesser tout simplement de répondre aux appels, sms, mails, sérénades de rues, bouquets de fleurs, lourds sous-entendus Instagramiques, déclaration à la craie sur trottoir, bref, à toute approche plus ou moins lourdingue pour entrer en contact avec le rompant. En bref : Faire. La. Morte. En mode 2.0.

Très prisée du sexe masculin, la technique du ghosting, d’une lâcheté certes incontestable mais d’une facilité fort séduisante, prit véritablement son essor à l’avènement de la présentation du numéro, et comporte il est vrai nombre d’avantages. Elle demande peu d’efforts, permet d’éviter le pénible entretien de licenciement au cours duquel il est de bon ton de répondre aux dizaines de questions plus ou moins similaires signifiant toutes peu ou prou « pourquoi ? » ou encore « mais t’es sûr(e) ? On pourrait peut-être réessayer » et évite de potentiellement rompre ses bonnes résolutions en raison de l’aspect physique tragiquement désirable de son interlocuteur.

En terme de linguistique, il est des termes qui comblent une béance lexicale notoire. C’est le cas de « relou » ou de « chanmé », par exemple, qui n’avaient pas d’exact équivalent dans le vocabulaire originel, et s’avèrent aujourd’hui indispensables au commentaire de toute vie sociale normalement vécue (« Comment elle est RELOU cette meuf », « Ce concert était CHAN-MÉ »… what else ? »). C’est également le cas de « ghosting », dont vous vous rendrez compte après avoir lu ce billet que vous serez amené à l’utiliser plus souvent que vous ne l’auriez cru, pour finalement l’intégrer totalement à votre prose personnelle. Vous pourrez dire « Vas-y je vais le ghoster, j’ai la flemme », « je me suis fait ghoster », ou tout simplement « elle m’a ghosté », avec la possibilité de rajouter, sentencieux, « à la Charlize », et tout le monde comprendra.

La vie amoureuse n’est certainement pas la seule soumise au ghosting, puisqu’il est plus que fréquent de se faire professionnellement ou amicalement ghoster (« putain ça fait dix mails que je lui envoie, il me ghoste grave ! », ou même : « la babysitter me ghoste je te jure c’est relou »). Fait notable et bien ennuyeux : du ghosting au stalking* il n’y a qu’un pas, que le ghoster fait franchir de force au pauvre ghosté hanté par tant de silence insondable.

Ghostés de tous bords, ne tombez pas dans le piège que vous tend votre despote mutique en mettant le doigt dans le tragique engrenage du harcèlement assumé en forme de « foutu pour foutu je le rappelle une centième fois ce connard ». Ne devenez pas le stalker hystérique pour lequel il cherchera à vous faire passer, justifiant ainsi sournoisement son pleutre ghosting auprès des spectateurs de votre sombre rupture digitale. Et rassurez-vous, selon une récente étude, 16% des hommes avouent avoir déjà été ghostés au moins une fois dans leur vie. Et 24% des femmes. Oui, on ne se refait pas.

*Terme originellement appliqué aux harceleurs de stars, étendu à l’ensemble de la population digitale depuis que celle-ci s’est pris dans son ensemble pour un people de la planète Web.

2 réflexions au sujet de « Le ghosting de Charlize »

  1. Oh LA HONTE !

    Je viens de lire cet article, et là ma petite voix intérieure me dit « Non mais d’où tu sors ma pauv’ fille ? Toi qui bossait dans le « show business », les médias et tout et tout, qui était au courant des derniers courants….t’as fais quoi depuis 2 ans?
    Euh…des gosses….(cf article « Moi parent, je ne ferai plus….)
    Oui là je me sens carrément has been. Ca se dit encore ou bien c’est has been de dire « has been »? Ou « out » alors ? Non toujours pas….euh je sais : « pas swag »!

    Oui la honte car je commence le titre de l’article, puis mes yeux se posent sur la photo de Charlize affichant un teint d’albâtre dans une ambiance séraphique. Alors je me dis, tiens une nouvelle technique de maquillage, comme le Contouring (cf Kim Kardashiante), dont le but serait de se faire un teint de fantôme. Stupide cette nouvelle mode, mais pourquoi pas, il y en a bien qui se font des cheveux de Petit Poney.

    Puis c’est quand j’ai commencé à lire l’article que j’ai bien vu que NON, le ghosting n’est pas une technique de maquillage, et que OUI, j’ai moi aussi été confrontée au ghosting : ghosted et ghosteuse.

    Merci pour le débrief😉

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