Les fausses gentilles

camilladiana

Quand on naît femme, on est équipée d’un radar propre au genre qui nous permet de les repérer au premier coup d’œil. ALERTE ALERTE ! Qui donc ? Les fausses gentilles, les minaudeuses, ces plaies dégoulinantes qui vous font passer pour la pire des harpies auprès du reste de l’Humanité (entendez, les hommes, incapables de capter la base de cet arsenal destructeur des plus basiques).

Les femmes, elles, savent. Et se scindent en deux catégories fort heureusement inégales en nombre : les fausses gentilles, donc, que nous nommerons FG, et leurs innocentes victimes. La fausse gentille a un but unique : blackbouler son ennemie sans même la toucher, la faisant exploser d’elle-même sans avoir à se salir les mains au combat, se muant même parfois, pour les plus habiles, en victime ostentatoires de leur propre proie. Typologie des FG les plus fréquemment rencontrées ? La collègue pupute, la « meilleure amie » (de votre mec), la belle-mère (femme du père ou mère du mari). Leurs motivations ? Elles peuvent être diverses, mais convergent bien souvent vers les mêmes basiques : vous piquer votre mec, vous piquer votre boulot, bref vous bouter hors de votre laïfe en douceur.

Step 1 : « Mais enfin, elle t’adore ! ». La fausse gentille fait amie-amie avec votre mec/boss. Et lui vante vos mérites. Evidemment, elle est si gentille. Sauf que VOUS n’êtes pas dupe, ce dont a tout à fait conscience la FG, ce qui ajoute plus encore à son plaisir de vous voir fulminer, sans défense face à tant de crasse affabilité destinée à vous neutraliser. La hyène. Votre regard dit à FG : « Ho connasse tu crois que j’ai pas vu que tu voulais me taper mon mec/mon boulot ? » Le sien répond : « Ben si poufiasse mais tu vas faire quoi ? Déverser ton fiel contre une pauvre fille sans défense comme moi ? » Alors que votre mec commente tout haut : « C’est cool, je sens que vous allez bien vous entendre toutes les deux ! » (ce couillon). Victime (vous) neutralisée.

Step 2 : alors que la FG tisse patiemment sa toile, étouffant peu à peu vos sages résolutions de ne point céder à cette ignoble tactique née du côté cucul de la Force, vous finissez par craquer tout à fait, un matin de speed grave alors que vous cherchez depuis 25 minutes vos putains de clés, que vous avez le rendez-vous de votre vie un quart d’heure plus tard et que votre mec vous demande pourquoi vous êtes aussi nerveuse, que FG  pratique quotidiennement la méditation et que vous devriez peut-être faire pareil parce qu’elle est tout le temps calme (elle). Ce à quoi vous finissez par répondre : « CETTE GROSSE PUTE ? ». Air hébété de votre mec, qui fait non non de la tête en dodelinant comme un chien de plage arrière mais à l’horizontal, l’air de dire « FG avait raison, cette fille est zinzin, méchante et dangereusement nerveuse ». Et de lâcher : « Vraiment je ne te comprends pas, elle t’adore ». Victime (vous) à terre. BAM.

Step 3 : FG se rapproche. De lui, de vous. De vous surtout. Et donne l’assaut final. « J’AdOOOOre ta robe / ton look / ton apparte / tes gosses / tout tout tout t’es drôôôle surtout ta coiffure ! (sic) » sous le regard attendri de votre moitié rassurée que FG et vous-même ayez enterré la hache de guerre. Rha, les femmes, qu’est-ce que ça fait comme pataquès hein je les comprendrai jamais ! (pas faux) Alors que les funestes sous-titres que seules les membres de la consoeurerie féminine peuvent percevoir s’affichent en lettres de feu sous le sourire effrayant de FG : « Bye, bye, bitch. Bientôt, tout cela sera à moi. »

Victimes passées ou à venir, prenez garde. Les FG sont les pires assaillantes de l’espèce humaine. Malaisément reconnaissables au premier coup d’œil (surtout pour qui a naturellement un fond baigné dans une confortable naïveté), elles savent pourtant mieux que quiconque vous jeter hors du nid. Alors que le mâle n’aura à subir que les assauts francs du collier d’éventuels adversaires venus au combat par la porte principale (« Yo, c’est pour la baston ! Désolé mon pote hein, à la guerre comme à la guerre »), la femme FG-attaquée n’aura d’autre solution que de faire le dos rond, endurer coûte que coûte tant de nauséabondes amabilités déversées sur sa personne (CHLOK, bruit de caca rose qui se déverse) en attendant que son agresseuse se lasse, fatiguée de lutter contre une telle force empathique décourageante.

Step 4. « Tiens, on la voit plus FG ? Qu’est-ce qu’elle devient ? C’est dommage, je l’ADOOOORE ! »

You win.

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