Le Megxit, ce divorce fratricide qui ne dit pas son nom

Team Harry ou team William ? Depuis mercredi dernier, il va falloir choisir.

Le Megxit, pour ceux qui vivraient dans un monde absolument déconnecté de toute information, est le terme donné par les médias au souhait annoncé par Meghan Markle et le prince Harry de prendre leurs distances avec leurs fonctions officielles pour gagner leur vie au Canada (je la fais courte). Bref, une rupture brutale et inattendue (un Brexit, quoi) initiée selon eux par Meghan (un terme empreint de sexisme, donc, qui sous-entendrait que l’indomptable bru aurait pris cette décision seule, imposant à son nigaud mari sous influence une décision radicale qui changera le cour de sa vie et celui de la royauté).

De prime abord, cette « info » semble bien inintéressante. Sixième dans l’ordre d’accession au trône (après papa Charles, William, George, Charlotte et Louis), le coquin rouquin a de toute façon peu de chance de faire trembler quoi que ce soit par ses choix de vie, dont on se fout pas mal. D’autant que son tonton Edward, dont on a récemment découvert qu’il fricotait avec des mineures pendant son (looong) temps libre, n’a pas spécialement fait reluire cette place de cadet du king. Sauf que cette annonce n’est pas si anodine que cela.

Il faut savoir que les Sussex (qui, depuis quelques mois, construisent patiemment leur « marque » à coup de compte Insta à part de la millefa, de site perso léché, d’apparitions en mode Obama) ont bien des privilèges et des devoirs qui les lient au peuple britannique, ultra vénère par toute cette affaire. Suivis en permanence par une pléiade de gardes du corps payés par le contribuable, les ingrats aristos devront bien être protégés, au Canada ou ailleurs. Paieront-ils de leur poche ? Garderont-ils leur titre ? Seront-ils toujours présents sur les photos officielles (ou chez Madame Tussaud, haut-lieu du tourisme adolescent des petits frenchies) ? Peuvent-ils réellement exercer n’importe quel métier ? N’utilisent-ils pas la notoriété que leur offre la monarchie pour la faire fructifier ? Autant de questions que la reine, 93 ans et semble-t-il embarquée dans une nouvelle annus horibilis dont elle se serait bien passé, va tenter de régler aujourd’hui au cours d’une réunion au sommet qu’elle a convoquée en urgence. Charles, William, Harry et Meghan par call (« un nouveau participant a rejoint la conférence téléphonique »), ils seront tous devant The Queen pour tenter de démêler les nœuds de cette affaire. Ambiance.

Mais ce qui touche surtout dans cette affaire, qu’on appellera donc plutôt le Rouxit, c’est l’attitude de Harry vis à vis de sa famille. De sa mémé, déjà, qu’il n’a pas pris la peine de prévenir avant de balancer son scud (pour quelle raison, je vous prie ?). De son père, bien sûr. Mais surtout de son grand frère, celui-là même dont il était si proche, avec lequel il vécut des heures douloureuses et dont il semblait ne jamais se plaindre. Las, comme dans bien des familles, la vie a manifestement séparé la fratrie. Enfin, mettons-nous à sa place. Qui aurait envie de passer son existence dans l’ombre tutélaire de son aîné, amené à régner ? De sa parfaite petite famille bien peignée, de sa femme docile et sans défaut manifeste, de son destin monarchique ? Les temps ont changé, une personne extérieure au clan a rappliqué et réveillé la rébellion tapie de Dirty Harry. Il lui fallait se trouver un rôle, un trône à lui. Il n’allait pas, comme des kilomètres de générations avant lui, couper des rosiers et serrer pour toujours les paluches que le king n’aurait pas le temps d’étreindre. Harry souhaite semble-il épouser un destin, une notoriété bien à lui. Jouer les power couple outre Atlantique, détrôner Jay Z et Beyonce, gagner plus de likes que son frère, venger tous les cadets avant lui. Bref, divorcer pour mieux régner.

«J’ai toujours soutenu mon frère, mais aujourd’hui je ne suis plus en mesure de le faire. Nous sommes des entités séparées. Cela me rend triste», aurait déclaré Will, so sad qui, après la perte irrémédiable de ses cheveux, doit supporter une amputation supplémentaire de ses biens les plus précieux. Aujourd’hui, les deux petits orphelins écrasés de chagrin devant le cercueil de leur mère, unis par les souvenirs et l’injonction d’apprendre à vivre sans elle, mais en pouvant compter l’un sur l’autre, semblent avoir été irrémédiablement désunis par la vie.

Et ça me fout bien le bourdon.

 

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