La mémoire des hommes

Cluzet bonneton

François Cluzet a ENFIN trouvé le grand amour ! A 60 ans rendez-vous compte, ouf, il était temps. C’est en effet ce que ce brave homme nous narre avec extase dans le Paris Match de cette semaine, sur lequel il pose fièrement avec Narjiss, sa mie, ancienne directrice de communication qui, pour LUI, a décidé d’arrêter de travailler (sic).

Mais donc, est-ce vraiment à dire que le malheureux errait seul dans son grand appartement haussmanien depuis toutes ces décennies, conversant tristement, à la nuit tombée, avec ses César dans le silence pesant de ce bonheur confortable qui ne demandait qu’à être partagé ? Que NENNI ! Non, François a été marié, a quatre enfants de trois femmes différentes, dont deux petits derniers, de 14 et 9 ans, élevés avec Valérie Bonneton (aka Fabienne Lepic), la femme qui partagea son quotidien durant plus d’une décennie.

« Elle m’a donné le goût du bonheur », « avec elle, je suis comme un prince », François dégouline sans se lasser dans les colonnes de l’hebdomadaire qui n’en demandait pas tant avant de conclure, pas peu fier : « J’ai réalisé mon rêve : JE SUIS AIMÉ ». Classe.

Il y a quelques semaines, avant de se faire congédier comme un malpropre pour coup de caniferie dans le contrat, Sean Penn avait déclaré à propos de Charlize Theron : « avant elle, je n’avais jamais vraiment aimé », écrasant avec mépris les deux décennies vécues (endurées ?) auprès de Robin Wright, celle qui torcha les culs de ses deux rejetons pendant que monsieur combattait ses démons au fond du jardin de la demeure familiale dans sa caravane parce que vous comprenez, un bad boy comme Sean, ça ne s’enferme pas entre quatre murs, non madame. Dans un autre genre (plus français et ventripotent), notre éminent Président avait lui-même, il y a quelques années, crânement balancé au magazine Gala que Valérie Trierweiler était je cite la « femme de sa vie » [pause Rires], chiffonnant sans vergogne les trente ans passés avec la dame du Poitou et leurs quadruple descendance.

Mais que se passe-t-il donc dans la tête de ces quinquas énamourés, lobotomisés par les prémices d’un amour naissant, plus gagatisés qu’une adolescente frétillant devant les One Direction, pour qu’ils oublient aussi ostensiblement leur passé ? Pourquoi diable éprouvent-ils le besoin de balayer l’avant d’un revers de la main, de l’effacer honteusement comme une idylle de vacances avec un maître-nageur à gourmettes ? Pensent-ils vraiment qu’il faille nier quelconque engagement envers la femme qui a précédé la merveille qui soigne leurs jours nouveaux pour que leur histoire nouvelle soit rendue plus crédible ?

Sachez-le, messieurs qui peinez autant à vous rappeler vos jeunes années sentimentales que des dates d’anniversaire ou des numéros de la babysitters : prétendre découvrir l’amour à cinquante ans est déjà d’un ridicule patenté mais, pire encore, chier allègrement sur les serments et les projets partagés avec ses ex, le tout au vu et au su de tous, enfants compris, est d’une inélégance rare qui ne présage rien de bon concernant le sort qui sera réservé à la nouvelle. Arguer qu’on a décidé de fonder une famille avec une femme qu’on n’aimait pas est tout aussi idiot et maladroit que de cracher sur son ancien employeur en entretien d’embauche, que les nouvelles élues se le tiennent pour dit…

… Et gardent toujours à l’esprit la loi dite de Ségolène : « qui a trahi, trahira ». Na !

Les filles vulgaires

  
Il y a un truc avec les filles vulgaires. Hier, alors qu’on devisait people est venu sur le tapis le cas Emilie Rajamachin, puis Kate Upton, et enfin la nouvelle nana de Justin Bieber, sorte d’ovni prépubère au corps de liane surmonté de seins plus gros que sa tête (chacun). « Hyper moche ! », « disproportionnée ! », « ridicule, horrible », éructaient les filles de l’assemblée, alors que le seul homme en présence ne pipait mot, les yeux exorbités devant ces silhouettes girondes et ces minois lippus. « Et toi ANTOINE T’EN PENSES QUOI ? », l’avons-nous alors interrogé avec agressivité, avant qu’il se renfrogne un peu, acculé, contraint de répondre sur le champ sans commettre de faux pas, tremblant d’avoir à se faire le représentant de la gent masculine dans son ensemble à lui seul. Et de finalement lâcher :

« Oh, elle est vulgaire… »

Accompagné d’un haussement d’épaules coupable.

« VULGAIRE MAIS GRAAAAVE ! BEUUURK ! CACA ! », ont beuglé de plus belles les filles, rassurées, confortées dans l’idée que non quand même, des femmes comme ça, c’était vraiment pas le genre à plaire aux hommes.

Et pourtant, une révélation m’est alors venue, au souvenir de cette même petite moue que font tous les hommes lorsqu’ils dégainent, pour nous rassurer, le fameux « oh elle est vulgaire ». Une moue qui exprime le désir, le danger, l’encanaillement et l’envie de faire pouet pouet à ladite vulgaire aux paupières irisées, à la jupe trop courte, au décolleté trop profond, aux racines trop sombres, à la bouche trop suggestive, aux ongles trop longs, aux talons trop compensés, au parfum trop sucré, bref, à cet aimant à libido masculine qui n’a finalement contre elle que la fatale impossibilité de pouvoir plaire à maman, et de provoquer trop d’attraction auprès des copains dont on sait bien ce qui se passe dans leur tête, les salauds. Ajoutez à cela qu’il semble difficile de superposer l’image d’une pin-up de supermarché avec celle de la madone qui donnera une descendance à son observateur, la fille vulgaire n’a que peu d’espoir de devenir l’officielle d’un autre homme qu’un joueur de ballon rond (lesquels, au contraire, mesurent leur réussite amoureuse au tour de poitrine et au volume de silicone réparti dans l’être pailleté au côté duquel ils se déplacent).

Bref, si le concept de vulgarité est avancé par les mâles pour nous rassurer sur l’objet de notre effroi, il semble en fait qu’il s’agisse d’un subterfuge potentiellement appris à des rangs d’oignons d’adolescents au cours d’un de ces fameux stages d’apprentissage dont je reste persuadé qu’ils doivent bien en suivre un secret pour avoir tous la même technique d’enfumage calibrée. Je le vois bien, le vieux de la vieille avec son sifflet et son livret en 10 leçons de survie en milieu hostile (soit en société mixte et adulte ou, pire, en COUPLE) :

– BON, les mecs, leçon n°4 : la fille ultra bonnase !

Brouhaha dans l’assemblée, sourires aigrillards des adolescents encore bien inconscients des emmerdements qui les attendent dans la vie.

– VOS GUEULES ! Rigolez pas ! Ca peut vite dégénérer ce type de situations et vous y serez confrontés plus d’une fois. DONC, ce qui arrive : bobonne arrive vers vous avec un magazine et pointe du doigt un missile à la carrosserie pas catholique, au regard qui ferait exploser l’objectif. Et là, votre gonzesse vous demande, attention c’est un classique les gars : « TU LA TROUVES COMMENT ? » [Silence] Vous répondez QUOI ?

– Euh… « moche ? »

L’adjudant meuf, abattu par tant d’ignorance crasse, faisant mutiquement « non » de la tête comme un chien de plage arrière mais en mode horizontal :

– Mais NAN ! Trop grillé ! Elles sont pas non plus complètement cons les bonnes femmes, ce serait trop simple.

Un autre :

– Euh… « Jolie mais c’est pas mon genre ! »

– MIEUX ! Pas encore parfait mais mieux. Quelqu’un a une autre suggestion ?

– Bha… : « elle déchire tout ? »

– Ouais… Tu peux la tenter, ou décider direct de prendre une corde pour te la foutre autour du cou. NAN MAIS qu’est-ce que je vous ai appris ! N’AVOUE JAMAIS, oh, les gars, je chie dans un violon ou quoi ? Vous êtes pas censés mater les gonzesses, ni en avoir envie, ni trouver bonnes les nichonnées crêpées. Croyez-le ou non mais vous êtes censés scotcher que votre bonne femme.

Rires dans l’assemblée. Et des « Nan mais elles croiront jamais un truc pareil, si ? », incrédule.

– VOS GUEULES ! Alors vous notez : « TU LA TROUVES COMMENT ? », flèche, réponse deux points : « VULGAIRE », ça passe crème. Ca veut tout et rien dire et allez savoir pourquoi, ça les rassure.

– Mais chef, elles vont pas comprendre que vulgaire, ça veut dire bonne ?

– Note, j’te dis. Tu verras.

– Ben ça alors. Merci du tuyau, chef. Et chef, la prochaine leçon, c’est quoi ?

– Leçon n°5 : je réponds quoi à : « Tu trouves que j’ai grossi ? » Mais bon, celle- là on la fera en deux séances, c’est compliqué. Allez les gars, vous avez bien bossé et vous oubliez pas, hein MOTUS.

– OUI, CHEF !

Doria Tillier, super-héroïne des plans cul du placard

doriaVous ne le savez peut-être pas, mais hier soir eut lieu un événement cathodique sans précédent. En direct, et devant plus d’un million de téléspectateurs (bien plus depuis que le replay tourne et tourne de timeline en boîtes mails), une « bonne copine » élégante, courageuse, drôle et téméraire a rendu justice à des générations de plans cul du placard.

Dans son livre, le révoltant bien que fort talentueux Nicolas Bedos, avait évoqué sur trois pages (de la 52 à la 55) ladite Doria, actrice non moins douée, miss Météo de son état, pour fustiger avec un humour douteux le niveau de ses prestations tout en rappelant avec condescendance que la brillante chronique qu’elle avait consacrée à l’Auteur, laquelle reste dans les mémoires, était venue couronner des années d’AMITIE. Tiens donc, s’est amusée la demoiselle, ne se départant pas de ce cynisme classieux, de cet air mutin et gracieux qui permet à certaines femmes de dire « bite » et « la putain de ta race » tout en conservant leur élégance naturelle… [lever des banderilles, regard au taureau attention coco je vais pas te louper] :

Je savais pas qu’on suçait les potes, lâcha-t-elle en conclusion au malotrus qui s’était cru malin.

A le fin de l’envoi, je touche.

Bim, à terre le Nicolas d’ordinaire si vaillant, le torse bombé, bronzé et enpoilé juste ce qu’il faut pour venir, superbe, lâcher avec le verbe qu’on lui connaît quelques bons mots chez l’ami Ruquier le samedi soir sous le regard énamouré d’un Aymeric Caron tout acquis à sa cause. Boulé.

Bha merde alors, a-t-il dû se dire, elle a osé la salope. Lui qui désirait dédier cet opus rédigé sous le soleil estival à cette Blonde qui ne cesse, apparemment, de le quitter, il aurait mieux fait de boire un pastis le jour où, ne sachant plus qu’écrire sur Copé, il s’est lancé dans ce couplet sur la Miss pour impressionner les potes et rassurer la Blonde. Mais naaan, il se l’est pas faite, c’est juste une très bonne copine ! Elle est trop marrante ! Et puis franchement, chérie, t’es bien plus belle qu’elle.

On la connait, l’histoire du plan cul non assumé, Nico. On l’a toutes été un jour, cette bonne copine avec laquelle on boit jusqu’à plus soif au petit matin blême dans des rads pourris, entre couilles souvent, enchainant tour à tour fous rires et mains au cul rha qu’est-ce qu’on se marre avec toi. T’es pas chiante, on peut parler de tout. Et puis tu te prends pas la tête. Bha si en fait, mais c’est juste rentré, et anesthésié par les litrons de mauvaise vinasse qu’on paye souvent de sa poche, parce qu’un pote on lui paye pas forcément ses verres. Pas comme à la Blonde, mystérieuse, sérieuse, cafardeuse, qui suscite respect et douleur parce qu’elle part tout le temps. Heureusement que t’es là, pote à nichons. Tiens, ils sont cool tes nichons, d’ailleurs, je peux goûter ? En toute amitié bien sûr.

Au matin, le pote à nichons redevient pote tout court. Mais comme José couchant avec Nicolas dans « Les Mystères de l’Amour », on est un peu gêné quand même. Tu veux bien partir un peu avec tes nichons, ça me dérange, là tout de suite de repenser à tout ça ? Plus tard, on refera appel au pote à boobs, parce que c’est quand même bien cool et pratique, avouons-le. Jusqu’à ce que la blonde revienne…

Ah, tu veux qu’on se voit ? Pas trop le temps en fait. Je vais voir Braque au Grand Palais avec ma meuf. Oui ma meuf pourquoi, tu croyais quoi ? Hein, comment ça NOUS DEUX ? Enfin, tu ne pensais tout de même pas… Nan, je t’adore mais t’es mon super pote, quoi ! Allez je dois te laisser, on s’appelle…

Biiiiiip biiiiip.

Braque… Vasarely…

Putain, moi non plus je savais pas qu’on suçait les potes.

Merci, Doria.

Vanessa Paradis, Amber Heard et Johnny Depp ou la malédiction de la collègue bisexuelle

vanessa

Voilà, c’est confirmé. Johnny Depp, le fantasme de notre adolescence, le Tom Hanson qui nous enleva notre oiseau de paradis pour lui faire deux beaux bambins aux Amériques, l’acteur marginal devenu milliardaire en jouant les pirates pour impressionner ses enfants, a bien pris jeunette pour refaire sa vie.

C’est le site radar Online qui a publié THE photo, celle devant laquelle les suspicieux doivent aujourd’hui s’incliner. Sur celle-ci, on peut voir le fringant quinqua et la fougueuse catherinette (25 ans au compteur) au concert des Stones (autres adeptes du fossé de générations). Oh là làààà, mais on a bien le droit d’aller à un concert avec une copine, disent déjà certains, j’en suis sûre. D’autant que nos deux protagonistes nient depuis près d’un an la liaison qu’on leur prête (grand classique cahuzien de Hollywood, seul mensonge totalement admis au pays de l’oncle Sam). Ceux-là oublient que papi et Amber ont été flashés… main dans la main. MAIN (hydratée et superbement manucurée) dans la MAIN (tatouée du père de votre progéniture). Je sais pas vous, mais moi ça m’a fait mal…

Comme quoi, on ne se méfie jamais assez de la collègue bonasse bisexuelle (qui, fort heureusement, court beaucoup moins les open-space où évoluent nos mâles en rut que les plateaux de ciné). Rappelez-vous Angelina Jolie et Brad Pitt partant joyeusement sur le tournage de Mr et Mrs Smith, sous le regard bienveillant de cette gourdasse de Jen Anniston, lobotomisée par sa coupe Rachel, leur glissant même au passage le désormais célèbre et niaiseux « amusez-vous bien ». On connaît la suite. La perfide et sculpturale brune multi-tatouée (elle aussi cachée sous sa couverture « bisexuelle ») ne fit qu’une bouchée du sex-symbol d’alors, le transformant en un temps record en bouquailleux père de famille dont le sex-appeal ne reste plus qu’un lointain souvenir. RIP Bradounet. Quant à Jen, après avoir incarné une décennie durant la femme trahie incapable de retrouver chaussure, elle file aujourd’hui des jours heureux avec un musculeux acteur qui, selon des « proches », lui ferait enfin découvrir les joies d’une vie sexuelle épanouie pendant que son ex se farcit les biberons et les caprices de sa tribu et de leur caractérielle et squelettique génitrice. Justice !

Le même sort est-il à prédire à notre girl next door hexagonale ? Que nenni ! Parce que Vaness’, c’est autre chose, messieurs dames. Vaness’, c’est un mythe, une maman cool à la silhouette d’ado devant laquelle tous nos hommes se pâment sans que ça nous énerve, une chanteuse pour laquelle les meilleurs (et les plus graou des) auteurs se battent, une fille au sourire d’enfant que rien ne semble pouvoir atteindre et, surtout, une quadra quittée pour une jeunette qui ne vient pas s’épancher chez Oprah pour cracher son venin, ELLE.

La classe, quoi. En couverture des Inrocks et du Elle cette semaine pendant que papi casquette, ployant sous le poids de ses breloques, et sa pétroleuse américaine s’encanaillent à des concerts du 3e âge, l’arnacoeuse exhibe ce dos musculeux et cette nuque qui, il y a plus de dix ans, fit chavirer son homme. Sur des dizaines de pages, c’est sereine que la belle parle musique, ciné et collaborations artistiques, ne laissant transparaître aucune animosité pour cet ancien amour fou qui fut le sien, et nous donne une sacré leçon, enterrant enfin, après des années de dictature, la malédiction du démon de midi.

Combien serons-nous à nous séparer à quarante ans ? Les statistiques parlent, et s’il semble bien inutile de s’apitoyer sur son triste sort, la solution n’est-elle pas, au contraire, de se réjouir de ce nouveau pan de vie qui s’offre alors que l’amour semblait s’en être allé ? Vanessa, elle a « ce sourire comme si elle n’avait jamais perdu ses dents de lait. Ce visage de chatte prête à se transformer en moineau  (…). Pour les gens de sa génération, grandir avec Vanessa, c’était la garantie de ne pas vieillir« , écrivent les Inrocks.

Et si on continuait à ne pas vieillir avec Vanessa plutôt que de pleurer sur ses amours passées ? Rep à sa Amber je sais pas quoi.

Fais pas ta Mariah, Monica !

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Bientôt l’été ! Quoi, comment je le sais il fait dégueu ? Oui, mais TOUS mes magazines font leur Une sur la bellissima mamma et qué mon couple c’est jambes en l’air et salsa mais ouiii Monica Bellucci ! Monica en bustier, Monica corsetée, Monica et son air inspiré, Monica et ses lèvres qui me font plein de baisers par papier glacé interposé. GRrrrr

MARRE ! Que chaque année depuis ses trente printemps (donc depuis près de 20 ans eh oui ça ne nous rajeunit ni nous ni elle), notre bomba latina locale vienne se rouler dans le foin en sous-vêtements et duck face sous prétexte de prouver au monde entier que ma qué yé souis la piou belle à 50 ans et pourtant je mange des pasta et dou chocolat hahahahaha (rire de femme fatale).

De la hot mamma à la diva il n’y a qu’un pas… que Monica franchit un peu plus chaque année sur la pointe de ses divins pieds. Toute jeune femme emmitouflée dans son caban et ses birkenstock à ses débuts dans « L’Appartement », film qui nous révéla la soublime, et au cours duquel elle rencontra Vincent Cassel, Monica se dévêt depuis au fur et à mesure que les années passent. Push-ups, culotte gaine toujours « rétro », filtre lumière et poses de trois-quarts (ça fait plus mince), notre Mariah Carey du coin semble vouloir nous prouver que sur elle, le temps n’a pas de prise. « Vieillir, c’est la liberté : on perd en beauté mais on gagne en âme », sousourrait-elle récemment en interview, jamais avare d’un bel aphorisme à la Emmanuelle Béart.

Tu sais, Monica, tu n’es pas obligée d’écouter les rédactrices de mode qui chaque année te ressortent la jupe crayon et le soutien-gorge pointu satiné années 50. Ne te sens pas non plus contrainte de gloser sur ta beauté qui s’enfuit hihi ah ouf comme on se sent liiiibre, ni même sur la mort, l’art ou le couple. Ah si, ton couple tu vois, ça nous intéresse vachement plus mais tu restes si vague. Tout juste sait-on que vous vous croisez pas mal avec monsieur, aux quatre coins du monde, vaquant de villa de rêve en ranch sublime dans lesquels Vincent peut faire tranquillos sa capoeira sur de verdoyantes terrasses pendant que tu allaites tous tes enfants en robe Dolce. Yeah.

Ah oui et il y a aussi tes grossesses, ton sujet favori, sur lesquels tu déclarais récemment : « Cette longue parenthèse, que j’ai adorée, m’a permis de me recentrer, comme si j’avais fait un voyage à l’intérieur de moi-même et que je m’étais redécouverte. » Un voyage à l’intérieur de toi-même ? Ouah, la chance, Monica ! Perso j’aurais pas aimé zieuter à l’intérieur de moi-même spécifiquement à ce moment-là mais comme tu le racontes, ça a toujours l’air féerique.

Nan mais je t’aime bien quand même, Monica, et puis c’est toujours sympa d’avoir une vrai star qui se balade pas en pyjama, hirsute, la clope au bec et le majeur pointé vers les photographes. Tout ça c’est juste pour t’empêcher de dériver mais rassure-toi, tu pourras JAMAIS avoir le niveau de Mariah, dont je rappellerai ici la plus mémorable déclaration de penseuse moderne ever :

« Chaque fois que je regarde la télé et que je vois ces pauvres enfants affamés à travers le monde, je me mets à pleurer sans pouvoir m’en empêcher. Je veux dire, j’aimerais bien être mince comme eux, mais sans les mouches, la guerre et tout ça. »

En revanche fais gaffe, paraît que Nabilla rêve d’être actrice et que son modèle c’est euh… toi. Oui, je sais, c’est dur. Ah tu trouves ça flatteur ? Non mais allô quoi !

Aux Cesar 2013, Kevin Costner s’est endormi ! Et nous aussi…

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Que dire que cet incroyable cliché ne révèle déjà ?

Oui, la cérémonie des César 2013, que j’attendais avec tant d’impatience et de fébrilité stalkeusienne, était bien chiante.
« Amour » a tour raflé, comme prévu (actrice, acteur, film…), ne laissant aucune chance à des gens bashables type Marion Cotillard de prendre la parole (« T’es une belle personne, Ludo. »). « Camille redouble » à tout perdu et Patrick Bruel ne sera sans doute jamais meilleur acteur. Bref, une soirée bien triste, ponctuée heureusement par quelques instants de grâce, comme lorsque Valérie Benguigui reçut le César de la meilleur actrice dans un second rôle pour « Le Prénom« , insufflant à cette remise des prix scolaires et constipée un vent furtif d’émotion.

Il y eut aussi Laurent Lafitte, le plus drôle d’entre nous, funambule gracieux qui parvient, chaque année, à faire l’unanimité. Il y eut François Damiens et sa divine folie belge, et Jamel en manque total d’inspiration, rendant même hommage à sa meuf, pris d’une crise de Domenechisme aigüe (je sais pas quoi dire, tiens, je vais parler à ma meuf). Et pour clore tout ça, Jean n’était pas là.

Aucune gaffe, de clash ou de moment de solitude, à part celui de Kevin Costner, donc, invité d’honneur venu recevoir un César d’honneur (ne me demandez as pourquoi) qui, après son speech de remerciement torché et son César embarqué, s’est tapé un petit roupillon tranquillou dans le public pendant qu’on récompensait nos vieillards magnifiques. Non mais Kevin, si tu te fais chier, tu nous le dis.

Un lauréat belge a remercié ce soir l’organisation pour cette soirée « modeste mais néanmoins sympathique« . Voilà, c’était ça, quoi, en un peu moins bien.
Demain, les tabloïds américains titreront : « Kevin Costner gets standing ovation at the French Oscars and then falls asleep in the audience ».

Vive le cinéma français !

Etre ou ne pas être « jitébeule »

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Bret Easton Ellis, génie littéraire du siècle dernier devenu twittos obsessionnel boutonneux, l’avait bien prédit lorsqu’il avait annoncé que pour devenir un écrivain (re)connu, il faudrait maintenant être Madonna. Entendez par là que le 21e siècle n’offrira sa divine célébrité qu’à ceux qui savent se vendre.

Hier soir, Lena Lutaud, admirable journaliste people du Figaro, donnait une interview croustillante au Petit Journal de Yann Barthès, dévoilant les coulisses du dossier qu’elle venait de publier sur les acteurs français les mieux payés du moment. Outre le fait que l’on apprenait que notre gentil ch’ti Danyboon avait tenté de faire pression sur le quotidien pour empêcher la parution de l’article (il est premier du palmarès), menaçant de ne plus jamais lui donner d’interview (des menaces, toujours des menaces), ou que Marion Cotillard, gentille baba sans histoire, refusait catégoriquement de se déplacer sans John Nollet, le coiffeur des stars, Lena nous faisait également découvrir ce mot qui résume si bien notre époque, et que je ne me priverai pas d’utiliser fréquemment à l’avenir : jitébeule (« JT-able »).

Jitébeule, c’est quoi ? C’est un artiste capable de passer au JT, ou chez Ruquier, ou chez Sabatier, avec aisance, humour et décontraction ; bref, ce que l’on appelait dans le temps un « bon client ». Un artiste – acteur, chanteur ou auteur – est avant tout un produit et l’époque où, fébrilement cloîtré dans son atelier, il pouvait créer en toute quiétude sans avoir à marcher en diagonale chez Arthur semble bien révolue. Lutaud ajoutait que pour beaucoup de producteurs, le choix d’un acteur se faisait même en amont du casting selon son degré de jitébeulisme. Ainsi, un formidable comédien autiste se fera-t-il fatalement souffler ses rôles par un pétomane populaire de niveau honorable voire médiocre. Raison pour laquelle, au demeurant, on tourne autour de la même pléaide redondante d’acteurs sympathiques depuis dix ans dans le cinéma français. Etre artiste en 2013 et ne pas jouer le jeu de la promo équivaudrait à un suicide professionnel.

Pour l’acteur timide et peu disert, une seule solution pour survivre : provoquer (quitter le plateau, faire faux bond, soutenir Depardieu, fumer une clope à l’antenne). Twitter, Facebook et une énorme propension à l’exhibitionnisme (auprès des fans et des « gens du métier ») par la jeune garde du métier auront ajouté au jitébeulisme télé un facteur supplémentaire de prostitution médiatique via les réseaux sociaux. Forcé d’appâter le chaland pour avoir le privilège de faire connaître son œuvre, le créateur devra revêtir ses habits de lumière et faire le trottoir.

Le jitébeulisme aurait-il signé la mort de l’art, comme vous serez certainement nombreux à le penser ? Pas forcément. N’est-ce pas grâce aux ventes gargantuesques des romans annuels de Marc Levy, beau gosse cultivé et spirituel adulé des animateurs télé, que Robert Laffont peut, chaque année, publier les premiers romans d’écrivains qui, jitébeules ou pas, ne seront de toute façon jamais invités chez Denisot ? D’autre part, on peut être à la fois le plus jitébeule d’entre nous, refaire sa tête de chameau pour la 1000e fois sans exprimer la moindre lassitude mais aussi rapporter en métropole la première statuette dorée jamais offerte  au pays. Ah, Jean…(soupir)

Quant au jitébeulisme, il peut parfois être pratiqué avec un excès qui finira par agacer plus qu’il ne séduira : Lucchini, Mathilde Seigner ou Franck Dubosc, s’ils sont toujours bankable, peuvent néanmoins créer un trop-plein chez le téléspectateur, lassé d’assister trop fréquemment au show rabâché de ces comédiens venus vendre leur soupe et leurs fesses sur les plateaux.  Finalement, pourquoi se déplaceraient-ils pour en reprendre une dose supplémentaire (tout ça pour 10 euros, en plus !) ?

En bref, entre bankable et jitébeule, en 2013, le pipeule va devoir jouer serrer.

La Nouvelle Star de D8 : rendez-nous Myriame !

myriame

Je suis une burne en pronostics, c’est maintenant connu (pour ceux qui ne le savent pas encore, j’avais pronostiqué la victoire de Lorie à Danse avec les Stars quelques heures seulement avant son élimination retentissante, pronostic qui me vallu deux jours intenses de bashing sur les réseaux sociaux, ainsi qu’un acharnement sans précédent de la part de Morandini sur son blog et dans Direct Matin, m’accusant tout bonnement d’avoir fait éliminer l’ancienne patineuse).

Bref, mon talent est tel que, lorsque je découvris Myriame dans La Nouvelle Star, l’élisant tout de go gagnante haut la main de cette nouvelle saison TNTesque, j’avais de fortes chances d’offrir à la jeune fille un destin morbide et inattendu, à l’instar de Mme Ex-Garou.

Bingo ! Hier soir, alors que 16 candidats bataillaient péniblement pour décrocher leur ticket en finale. Myriame, comme à son habitude, déchirait sa race avec une reprise d’Amy Winehouse qui arrachait encore quelques grimaces de plaisir groovy au bondissant Sinclair.

Las, à la stupéfaction générale, Myriame quittait l’aventure.

Depuis, Maurane herself a fait son mea culpa sur Twitter, admettant regretter l’élimination de la jeune femme, alors que de nombreux internautes, dont moi, réclament à corps et à cris la réintégration de la belle.

Alors si vous aussi êtes pour le retour de Myriame, signez la pétition en commentant ce billet d’un sobre « je soussigné blabla souhaite vivement le retour de Myriame dans la Nouvelle Star sinon… bha sinon rien je regarderai quand même les primes mais je serai vraiment, vraiment triste ».

Merci pour elle.

En attendant, si on se refaisait un petit « Superbass » boum bouloumboumboum bouloumboum yeah hé yeah hé boumm ?

Depardieu et le sac à sapin

Peu de texte mais tout dans l’image…

Vous avez certainement suivi l’affaire Depardieu, et les errances grand-guignolesques de notre vieux Gégé parti parader chez son ami Poutine.

L’image la plus gaguesque du week-end restera celle de Danton se faisant emballer dans la tenue traditionnelle par de petites femmes enthousiastes. Sourire extatique, Cyrano semble subir les assauts de masseuses Thaïlandaises alors qu’à bien y regarder, il ressemble davantage à ce pauvre échoué de début d’année qu’est l’arbre de Noël.

Pour jeter son sapin, on prend le sac Unicef, on tire bien dessus en essayant d’y faire rentrer la base, plus large et qui perd ses poils, on fait un noeud, et on le descend dans la rue !

Bye bye Gégé.depardieu

La fabuleuse histoire de Kim Kardashian : étude de K

kimkLongtemps, chaque fois que ce nom était évoqué devant vous, vous avez laissé passer, fermant les écoutilles comme lorsque les conversations dévient vers les sujets OGM, Afghanistan, mondialisation ou histoires de taf, votre cerveau moulinant alors vers d’autres préoccupations assez lointaines de celles débattues par vos interlocuteurs…

homerdonut

Oh, un donut !

Vous avez espéré, et vous n’aviez pas forcément tort, qu’encombrer votre mémoire vive avec la bio détaillée d’une starlette de télé-réalité à gros boule n’avait que peu d’utilité, d’autant qu’elle serait rapidement oubliée. Mais c’est là que vous avez eu tort. Grave tort. Car croyez/déplorez-le ou non, Kim Kardashian sera certainement l’une des dix femmes dont on parlera le plus en 2013. Alors on pose son donut, on se concentre, et on fait un peu de place sur son disque dur interne pour un petit cours sur « Kim Ké, alias perfect bitch, des origines à nos jours ».

Au commencement était Robert Kardashian, l’avocat de O.J. Simpson (oui, le mec accusé d’avoir tué sa femme). Rob s’est, en parallèle de ses activités juridiques, reproduit avec Kris Jenner, une américaine pas mal d’alors 17 ans et passionnée par la lettre « K ». Oui oui, comme la première lettre de son prénom et celui de sa sœur, Karen. Ensemble, Rob et Kris auront trois filles : Kourtney, Kim et Khloé, toutes trois brunes, lippues, fessues mais fermes, nichonnées et à la chevelure Kerastase. Bref, l’american dream. Enfants les Special K, dont Kim, donc, la plus bonne des trois sistas, frayent alors dans la haute et passent leurs boums chez les non moins passionnantes Paris et Nicky (Hilton, of course). Puis, Robert cassa sa pipe prématurément et maman Kris prit nouvel époux avant d’enfanter une nouvelle fournée de K en les personnes de Kylie et Kendall. Qu’allait-elle donc faire de cette encombrante et coûteuse progéniture ? La mettre sur le trottoir ? Non mais vous rigolez, on est à Los Angeles, babes !

Kris, génie en son domaine, décida alors de sponsoriser sa propre famille et son quotidien en créant « L’Incroyable Famille Kardashian », émission de télé-réalité qui, depuis maintenant cinq ans, met en scène les passionnantes aventures de ces poufs attachantes. Rapidement, et comme dans les contes de notre enfance, l’une des sœurs sortit du lot. Kim. Kim et ses gros nénés, Kim et ses fesses incroyablement rebondies malgré une surcharge pondérale reniée par Wykipédia (qui annonce 53 kg pour 1,57 m ; on en rit encore), semblant défier l’apesanteur, et remisant notre bonne vieille J.Lo au placard. Une sex-tape plus tard (cédée à l’éditeur Vivid pour 5 millions de dollars opportuns), la célébrité de Kim Ké était admise, et Paris Hilton, ses fesses plates et ses grands panards, ringardisés à jamais.

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Mais voilà, bien que déifiée par les jeunes américains, leurs poignets et leurs Kleenex, Kim voulut la reconnaissance des « gens du métier », comme on dit. Non, pas ceux de ce métier-là, mais bien celle des vrais pipoles. Pourtant, tout le monde la bashait alors, refusant d’apparaître à ses côtés, raillant son physique, le néant sur lequel s’était érigé sa célébrité, son mariage raté avec Kris Humphries (oui, la meuf s’est mariée avec un type qui porte le même prénom que sa mère, mais bon, quand il faut trouver des K, on fait ce qu’on peut…). Bref, la belle se morfondait aux portes de la gloire jusqu’à ce que…

Kanye West, fan de la première heure depuis qu’il s’était procuré la fameuse vidéo qu’il se diffusait en boucle dans son palais doré, osa un jour aborder sa belle. Pété de thunes, le compositeur et producteur de rap américain best friend de Jay Z avait, semble-t-il, toutes ses chances. Bhé oui, imaginez qu’il se soit appelé Jean-Charles, ça n’eût pas été possible. Mais Kanye ! Avec un K comme Kim ! C’était un signe du destin ! Emballée, Kim se jeta alors à corps perdu dans cette idylle magnifique, alors que Kanye, qui avait un peu la tehon quand même de se balader à côté d’un cupcake sur compensées, faisait rapidos un petit relooking extrême à la Cordula sur sa « perfect bitch », ainsi qu’il intitula le titre qu’il écrivit alors pour rendre hommage au fantasme de sa jeunesse. C’est beau l’amour. Bashé par ses potes et moins potes (50 cent déclara élégamment qu’après tout, « la poubelle des uns pouvait être le diamant des autres »), Kanye le nounours à collier doré teint bon et, fièrement, continua de s’afficher fièrement avec sa chérie. Pourtant, Beyonce, ivre de rage de devoir se coltiner la pupute de service aux concerts de leurs mecs respectifs, refuse encore de lui adresser la parole. Mais qu’allait bien pouvoir faire Kimmy pour qu’enfin on la respecte ?

Le 2 janvier 2013, Kanye West mettait le monde au courant. Il avait lavé l’affront en engrossant sa hot mamma, qui donnerait le jour à un petit K, certainement sous l’œil des caméras, en juin prochain. On imagine que Beyonce a dû en bouffer son bun, d’autant que sa petite Blue Ivy, on s’en balance pas mal, en fait. Depuis l’annonce de la divine grossesse, l’Amérique se repaît de ce cataclysme people annoncé. Quant à Kate Middleton, elle peut vomir tranquille, puisque notre ancienne porno-girl amateur a réussi le tour de force de braquer (un temps) les flashs du monde entier sur son ventre plutôt que sur celui de la future reine d’Angleterre. Fort.

Voilà, vous connaissez maintenant la merveilleuse histoire de Kim Kardashian, la femme devenue célèbre grâce à sa seule célébrité. N’en déplaise aux vieux grincheux, Kim est le symbole d’une époque où la télé-réalité appartient à la pop-culture. Et dans pop-culture, il y a culture. Quant au fait de devenir célèbre en n’ayant rien fait d’autre que hanter les piscines des hôtels de luxe, les pages des magazines et réjoui le public avec ses histoires de cœurs et de cul, que les plus anciens d’entre nous se posent cette question : qu’on fait les Windsor et les Grimaldi ?