Ode à Gian Marco, lé plou swag des Bassélors

marcobachelor

Avant lui, il y a eu Olivier les grandes oreilles, Steven le « restaurateur américain », Karl le noble de Neuilly, Adriano et Paul, qu’on avait suivi du bout des yeux, plongés dans la foodisterie addictive de Top Chef et puis il y eut lui. Marco. Ou plutôt Gian Marco, le Bachelor 2016, dont la présence cathodique quotidienne devrait être déclarée d’intérêt public, comme le souligne fort à propos mon amie tévéaddict Cécile Escaich.

Mais qu’a-t-il donc, ce Marco, auto-désigné « gentleman célibataire » lors qu’on lui demande de piocher allègrement et à sa guise dans un harem d’une vingtaine de jeunes femmes excitées et fort ripolinées, à l’heure où l’égalité femmes-hommes n’est plus à démontrer et où le concept même de ce programme d’un autre âge dût faire hurler la moins féminine d’entre nous, et donc moi la première, qui ne suit pas en reste de ce côté-là dixit mon mec (télé-addict de son état itou).

Eh bien ça, justement, et c’est ici le génie de ce casting 2016. Ce jeune trentenaire à la mèche affriolante, looké à la mode je suis rital et je le reste (coucou le short moule-raviolos pour la partie de tennis, les épais foulards pastel cascadant sur marcel blanc, les liquettes, les canadiennes, les barbours, les polos roses trop près du corps et les roulottages de dad jeans sur chevillette bronzée), fait tout passer. Oui, comme ses fringues souvent too-much, son comportement, un rien macho-ahurissant, glisse sans faire de vagues, lubrifié par cet accent chantant de nos étés adolescents, et ce sourire désarmant et plein de candeur de protagoniste tombé là un peu par hasard, mais non sans une naïve satisfaction.

Bref, elles sont toutes folles de lui, comme on peut l’être d’un amour de vacances beau gosse qui a l’outrecuidance d’être super gentil, de sorte qu’on ne peut même pas lui reprocher de nous avoir promis la lune. Marco sue beaucoup mais sent très bon, c’est certain. Il débriefe la caméra avec humour et précision, mais sans une once de moquerie envers ces nanas émoustillées, en bon habitué qu’il est certainement à provoquer chez la gent féminine ce comportement étrange qui le laisse coi. Bha oui, Marco, il sersse l’amour. C’est pour ça qu’il est là. Et pourquoi pas ? Il est si touchant qu’on en viendrait presque à le croire. Car qu’est-ce qui nous prouve que sa quasi perfection ne l’a pas handicapé, que cette facilité à tomber les plouquettes, les chaudasses et les femmes mariées n’a pas créé un tas de femmes pas pour lui masquant inopportunément de son paysage la bonne, la vraie, celle qui va loui faire des enfants et repasser ses petits slips fluos (j’affabule. Sur les slips, j’entends) ?

Alors oui, Marco se cherche, butinant de fille en folle (coucou Shirley), de femme-enfant offerte et mutique à son alter-ego à la séduction trop virile. Il embrasse à tout-va comme un prof de planche à voile, étreint trop souvent, touche et touche (pouet pouet) parce qu’il est italien é ma késke tou veut. Justifie tout avec des « é », des « ssé », des « plou » et des « touzours ». « Si yé t’embrasse jé pé plou m’arrêter », dit-il à Diane avec laquelle la conversation peine. Le pauvre, quoi. Il pé plou s’arrêter, pas sa faute. Il veut des filles « vraies », qui veulent « lé connaître ». Il est pas là pour rigoler, lui, ni pour se crêper le chignon, les waves et les boxer braids avec qui que ce soit. Il emmène ses « prétendantes » faire du cheval, du saut en parachute, du kart, les fait monter en haut de la Tour Eiffel, leur prépare des pique-nique sous des tentes montées à la va-vite dans des paysages paradisiaques, et vous galoche avec un romantisme suranné dans des jacuzzis ou sous des voilages légers qui balayent ces décors enchanteurs avant de vous offrir une rose, en vous demandant poliment si vous « l’asseptez ». Oui, Marco, j’accepte cette rose. Comment ça, la prod ? Comment ça, pas lui ? Ouais, on voit bien que vous aussi, vous êtes des filles fausses qui ne croyez plus à rien ! Comme dit Marco, si vous êtes pas intéressée, c’est pas la peine rester. Moi, je me suis fait complètement embrigader.

Je suis Rital et je le reste

Et dans le verbe et dans le geste

Arriiiiiiiivedeeeeeerci Roooooooma

 

 

La Nouvelle Star saison Joey est-elle la meilleure ?

nouvellestar

Alors non, cette saison, disons-le nous tout de go, il n’y a ni Julien (Doré) ni Christophe (Willem). Bref, pas d’ovni sorti de nulle part qui vous fasse annuler un date Tinder sexoprometteur ou une soirée portable pour scotcher devant votre télé, seule pour mieux vous concentrer en attendant la prestation hebdomadaire du génie musical (remember les inoubliables Sunny ou Moi Lolita).

En revanche, alors que la quinzaine de gratteux venus tenter leur chance au télé-crochet le plus célèbre du PAF est enfin sélectionnée, quelques talents émergent, qui pourraient bien créer la surprise (Patrick, mon chouchou Suisse monoexpressif aux faux airs de Taïg Khris qui aurait troqué son tee-shirt Waïkiki pour une chemise à pois de hipster helvète, Florie la surdouée enamourée, Manu le perché aux faux airs de Bernard Lavilliers et Mélanie, bien sûr, première de la classe pour une fois pas à gifler).

Ajoutez à cela une belle ambiance fraternelle, l’enthousiasme pur d’une jeunesse passionnée plus souvent scotchée à son instrument qu’à son smartphone (ce qui est très cool, convenons-en), et la nostalgie toujours palpable des premières images d’un programme qui nous suit finalement depuis si longtemps qu’on ne saurait s’en détacher (malgré la tentative avortée de M6, qui voulut un temps enterrer Dédé tsss), il n’en faudrait déjà pas davantage pour que je vous conseille grandement de poser vos mardi pour suivre les « aventures » de nos zikos férus de revisite chorale.

« Mais ça n’est pas tout ! », comme le dirait notre cher Denis B.(rogniard). Car il est un élément qui, cette année, ajoute un peu plus de sel à ce programme dont on aime l’impertinence, le verbe libre, les jugements dézingueurs et les avis cash d’un jury qui n’a pas pour feuille de route d’écouter bigotement les candidats, les mains jointes, les paupières closes, avant de les abreuver de compliments, et ce nouvel élément s’appelle JoeyStarr. Il est pourtant peu de dire que je garde un chien de ma chienne à cet individu dont certains actes odieux envers la gent féminine eussent pu (dû ?) l’interdire à jamais d’antenne tant ceux-ci s’étaient avérés infâmants mais voilà, comme le dit Serge Aurier (non, pas « c’est une fiotte » mais), on a tous droit à une seconde chance. Et Le Jaguar l’a saisie. Avec panache.

Drôle (eh oué), étonnamment discipliné, tour à tour ému ou ouvertement affligé derrière ces lunettes qui cachent des années d’excès, l’ex leader de NTM que nous avons tant aimé assure grave en chaussures. Complice avec notre Dédé Manoukian bousculé dans sa confort zone, un chouille moins loooonguement lyrique et en apparente admiration béate devant cet énergumène à la voix du diable, Didier Morville agite gentiment nos trois compères manifestement ravis d’accueillir ce nouvel ami. Sinclair joue les jaloux, Elodie Frégé irradie comme toujours de féminité lors que notre petit nouveau découvre une à une les épreuves d’un programme qu’il n’a probablement jamais regardé mais que, sous couvert de nécessité financière et de je m’en foutisme de mauvais garçon argué dans les interviews, il semble bien kiffer. Finalement.

Bref, on dînerait bien avec ces quatre-là, qui portent finalement cette Nouvelle Star 2016 plus encore que la bande de petits jeunes qu’ils se sont choisis pour accompagner en musique leurs soirées de potes du mardi soir. Alors oui, peut-être avaient-ils raison ceux qui commentaient le premier soir de diffusion : « il faudrait rebaptiser le programme JoeyNouvelle Starr ». D’autant que bientôt, les primes seront en direct, laissant le champs libre à l’électron certainement ravi de pouvoir désinhiber le bobo collé devant son écran devant son bol noglu, mais aussi le boss Vincent Bolloré qui pourrait bien s’en mordre les doigts d’avoir laissé les clés à ce fou dangereux-là. Ou pas. Car le buzz, bon ou mauvais, est souvent roi.

En tous cas, je sais pas vous mais moi, je serai là.

Ah, et allez Patrick, hein ?

Cyril Hanouna ou quand les petites beautés s’invitent à Matignon

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Si la TNT et ses abominations télé-réelles tendent à éteindre peu à peu leur rayonnement débilisant hors du cadre qui leur a pourtant été consigné, un nouveau phénomène inquiétant se produit cependant. Enfermés dans cette antichambre baroque de la télévision française, ses surpuissants survivants, gavés à la gloire 2.0 et forts de leurs centaines de milliers de followers extatiques, semblent avoir pris assez de force pour s’extraire de leur condition clownesque et investir… les ors de la république.

Pour preuve, lundi soir, la « bande à Cyril » (Hanouna), jamais à court de blagounettes de pensionnat, décidant d’appeler le Premier ministre, notre sévère Manouel, sous le prétexte que Mathieu Delormeau, le souffre-douleur consentant offert aux hyènes de la star de D8, aurait bien déjeuné avec lui.

« Allô Manuel Valls ? Rhihihi c’est Cyril Hanouna », qu’il a gloussé, le protégé de Bolloré, entouré de sa cour orgastique et incrédule, alors qu’au bout du fil, l’homme censé trimer 24/24h avec nos deniers se demandait ce qu’il pouvait bien foutre à l’antenne à converser avec le zigoto aux sardines. « Y’a Mathieu Delormeau qui voudrait déjeuner avec vous rhihihi. Comme Léa Salamé avec le président vous voyez rhihihi ». Et le Mathieu, comme une adolescente qu’on pousse sadiquement vers l’élu de son cœur a priori peu enthousiaste, d’oser quelques mots au catalan sans humour. « Euh… héhé… c’est Mathieu Delormeau. »

– D’abord, qui est cet individu ?

Droit dans ses pompes cirées, au garde à vous, l’ancien premier flic de France eut la réplique cinglante lors que les autres individus, ivres de la cruauté qui habite les compagnons de galère, riaient de bon cœur devant la énième humiliation de leur bouc émissaire.

– Je déjeunerai avec votre chef ! continua alors le puissant homme d’Etat, plus à cheval sur les convenances qu’une Nadine de Rotshild organisant une réception chez l’ambassadeur. Vous (le fameux Mathieu, donc) nous rejoindrez pour le café.

Merde alors. Voilà t’y pas que le bouffon des ménagères s’est donc invité à Matignon. « Salut ma p’tite beauté ! T’es trop sexy tu sais ! Nous à TPMP on t’adore, hein ! Mon Manu ! Tu regardes la télé ? Tu connais les sardines ? Et Valérie Benaïm, tu la connais ? Elle te kiffe mon biquet. » On n’ose imaginer la teneur des propos de ce face à face improbable rapetissant l’homme aux sourcils froncés au rang de jouet offert au chat surpuissant de l’access, ravi de balancer ses griffes sur le chef du gouvernement, ronronnant de surpuissance, le ventre offert à ses valets exaltés par tant de réussite chez leur idole tyrannique.

La semaine dernière, c’est « Capu », la gueulante coprésentatrice du « Mag », accessoirement et opportunément devenue compagne officielle du petit prince Sarkozy, qui se rendit à New York, accompagnée de son fidèle et élégant Benoît, sur les terres de sa proie. Sans sa Josiane mais lové contre sa nouvelle BFF orange devenue princesse consort, ledit Benoît a donc tout naturellement pris ses quartiers dans la Grosse Pomme chez Cécilia, laquelle, on l’espère, avait déserté le loft cossu, laissant le braillard trio entasser ses kilos de shopping frénétiquement enchaîné dans la cité de Woody Allen.

Alors, c’est quoi la next step ? Enora Malagré à l’Elysée ? Les Marseillais à l’Assemblée ? Le Président dans TPMP ? Dans une société du spectacle où les puissants d’hier sont en perpétuelle quête d’une large visibilité médiatique, doit-on se résoudre à l’inévitable mélange des genres qui pousse, chaque semaine, un énarque à répondre à l’interview de Closer devenu le lieu privilégié de la prise de parole politique ? Demain, les candidats en campagne viendront-ils papoter avec EnjoyPhoenix pour toucher ses millions de jeunes fans ? Emmanuel Macron ira-t-il chiller dans la chambre de Norman pour « toucher un large public » parce qu’il faut bien s’adapter, madame, à la scène d’aujourd’hui ?

Il y a quelques semaine, Yann Moix nommait Cyril Hanouna Ministre de l’Inculture, déclenchant la ire de son « aréopage de pétomanes» courroucé qu’on pût s’en prendre au maître autant qu’à ses vassaux. Et pourtant, à l’approche de la Présidentielle , et en l’absence éventuelle d’un Grand Journal probablement remplacé par un show tenu par Jean-Marc Morandini (oui…), il faudra bien s’attendre, mes petites beautés, à ce que le peoplitique tel que nous l’avons connu se meuve en une popolitique popu où les plus forts seront les meilleurs clients d’un salon cathodique transformé en foirfouille à neneus.

« Eh François ! François ma beauté ! On appelle Valérie pour faire la paix ? Allez on rigoooole mon Fafa ! Y m’fait trop kiffer ! »

Et pour revoir l’affligeante séquence :

 

Les filles vulgaires

  
Il y a un truc avec les filles vulgaires. Hier, alors qu’on devisait people est venu sur le tapis le cas Emilie Rajamachin, puis Kate Upton, et enfin la nouvelle nana de Justin Bieber, sorte d’ovni prépubère au corps de liane surmonté de seins plus gros que sa tête (chacun). « Hyper moche ! », « disproportionnée ! », « ridicule, horrible », éructaient les filles de l’assemblée, alors que le seul homme en présence ne pipait mot, les yeux exorbités devant ces silhouettes girondes et ces minois lippus. « Et toi ANTOINE T’EN PENSES QUOI ? », l’avons-nous alors interrogé avec agressivité, avant qu’il se renfrogne un peu, acculé, contraint de répondre sur le champ sans commettre de faux pas, tremblant d’avoir à se faire le représentant de la gent masculine dans son ensemble à lui seul. Et de finalement lâcher :

« Oh, elle est vulgaire… »

Accompagné d’un haussement d’épaules coupable.

« VULGAIRE MAIS GRAAAAVE ! BEUUURK ! CACA ! », ont beuglé de plus belles les filles, rassurées, confortées dans l’idée que non quand même, des femmes comme ça, c’était vraiment pas le genre à plaire aux hommes.

Et pourtant, une révélation m’est alors venue, au souvenir de cette même petite moue que font tous les hommes lorsqu’ils dégainent, pour nous rassurer, le fameux « oh elle est vulgaire ». Une moue qui exprime le désir, le danger, l’encanaillement et l’envie de faire pouet pouet à ladite vulgaire aux paupières irisées, à la jupe trop courte, au décolleté trop profond, aux racines trop sombres, à la bouche trop suggestive, aux ongles trop longs, aux talons trop compensés, au parfum trop sucré, bref, à cet aimant à libido masculine qui n’a finalement contre elle que la fatale impossibilité de pouvoir plaire à maman, et de provoquer trop d’attraction auprès des copains dont on sait bien ce qui se passe dans leur tête, les salauds. Ajoutez à cela qu’il semble difficile de superposer l’image d’une pin-up de supermarché avec celle de la madone qui donnera une descendance à son observateur, la fille vulgaire n’a que peu d’espoir de devenir l’officielle d’un autre homme qu’un joueur de ballon rond (lesquels, au contraire, mesurent leur réussite amoureuse au tour de poitrine et au volume de silicone réparti dans l’être pailleté au côté duquel ils se déplacent).

Bref, si le concept de vulgarité est avancé par les mâles pour nous rassurer sur l’objet de notre effroi, il semble en fait qu’il s’agisse d’un subterfuge potentiellement appris à des rangs d’oignons d’adolescents au cours d’un de ces fameux stages d’apprentissage dont je reste persuadé qu’ils doivent bien en suivre un secret pour avoir tous la même technique d’enfumage calibrée. Je le vois bien, le vieux de la vieille avec son sifflet et son livret en 10 leçons de survie en milieu hostile (soit en société mixte et adulte ou, pire, en COUPLE) :

– BON, les mecs, leçon n°4 : la fille ultra bonnase !

Brouhaha dans l’assemblée, sourires aigrillards des adolescents encore bien inconscients des emmerdements qui les attendent dans la vie.

– VOS GUEULES ! Rigolez pas ! Ca peut vite dégénérer ce type de situations et vous y serez confrontés plus d’une fois. DONC, ce qui arrive : bobonne arrive vers vous avec un magazine et pointe du doigt un missile à la carrosserie pas catholique, au regard qui ferait exploser l’objectif. Et là, votre gonzesse vous demande, attention c’est un classique les gars : « TU LA TROUVES COMMENT ? » [Silence] Vous répondez QUOI ?

– Euh… « moche ? »

L’adjudant meuf, abattu par tant d’ignorance crasse, faisant mutiquement « non » de la tête comme un chien de plage arrière mais en mode horizontal :

– Mais NAN ! Trop grillé ! Elles sont pas non plus complètement cons les bonnes femmes, ce serait trop simple.

Un autre :

– Euh… « Jolie mais c’est pas mon genre ! »

– MIEUX ! Pas encore parfait mais mieux. Quelqu’un a une autre suggestion ?

– Bha… : « elle déchire tout ? »

– Ouais… Tu peux la tenter, ou décider direct de prendre une corde pour te la foutre autour du cou. NAN MAIS qu’est-ce que je vous ai appris ! N’AVOUE JAMAIS, oh, les gars, je chie dans un violon ou quoi ? Vous êtes pas censés mater les gonzesses, ni en avoir envie, ni trouver bonnes les nichonnées crêpées. Croyez-le ou non mais vous êtes censés scotcher que votre bonne femme.

Rires dans l’assemblée. Et des « Nan mais elles croiront jamais un truc pareil, si ? », incrédule.

– VOS GUEULES ! Alors vous notez : « TU LA TROUVES COMMENT ? », flèche, réponse deux points : « VULGAIRE », ça passe crème. Ca veut tout et rien dire et allez savoir pourquoi, ça les rassure.

– Mais chef, elles vont pas comprendre que vulgaire, ça veut dire bonne ?

– Note, j’te dis. Tu verras.

– Ben ça alors. Merci du tuyau, chef. Et chef, la prochaine leçon, c’est quoi ?

– Leçon n°5 : je réponds quoi à : « Tu trouves que j’ai grossi ? » Mais bon, celle- là on la fera en deux séances, c’est compliqué. Allez les gars, vous avez bien bossé et vous oubliez pas, hein MOTUS.

– OUI, CHEF !

#TopChef3, 3e épisode : Ruben Sarfati peut-il gagner ?

Je suis Ruben depuis « Un dîner presque parfait« , qu’il a gagné du haut de ses 17 ans à l’époque.

Ruben est un surdoué, un vrai. D’ailleurs, si on regarde attentivement sa vidéo de présentation, on voit que lorsqu’il se rend à son lycée, il monte une rue qui ressemble fort à la rue Saint-Jacques, ce qui viendrait à confirmer qu’il est scolarisé à Louis Le Grand (à moins qu’il n’ait déjà intégéré Normal Sup ?).

A ses heures perdues, donc, entre quelques devoirs pour sa prépa Maths Sup (on imagine), Ruben fait le bonheur de sa famille (pour laquelle, nous dit-on sur son profil officiel, « les études sont très importantes » – tu m’étonnes !) en la régalant de bons petits plats. Toujours sur ce profil officiel, on raconte l’anecdote selon laquelle la famille de Ruben l’aurait mis au défi de préparer un « lièvre  à la royale« , défi qu’il aurait relevé haut la main, recevant du même coup la Révélation de sa passion pour l’art culinaire. Comme tout surdoué qui se respecte, on imagine que Ruben a facilement englouti en un mois l’intégralité de la littérature gastronomique mondiale. On se souvient que lors du « Dîner presque parfait », il avait entre autre brillé par sa connaissance de la cuisine moléculaire et sa précision en cuisine. Depuis, il a fait un stage chez Georges Blanc.

Ruben a également ouvert un blog de cuisine : Ruben Cuisine, et il a un compte Twitter. Je suis devenue aujourd’hui sa 400e followeuse. Classe.

Pour la petite histoire, Ruben réussit tout ce qu’il entreprend car il a également été lauréat du concours de la nouvelle du lycée Louis Le Grand avec « Voyage au centre de ma tête« .

Alors, parce qu’il est le plus jeune, le seul amateur et n’a vraiment, comme il le dit lui-même, « rien à perdre », on est à fond derrière Ruben ! Peut-il gagner ? Cela semble néanmoins difficile à envisager tant les autres candidats maîtrisent leur sujet, à commencer par Tabata, sa grande copine et disciple adoubée par Paul Bocuse.

En revanche, il y a fort à parier que le jeune homme doive rapidement faire un choix entre la brillante carrière « traditionnelle » qui s’offre à lui et les fourneaux. Jean-François Piège semble sous le charme, qui ne cesse de s’extasier : « C’est vraiment lui le plus intelligent ! ». Ca, c’est sûr, et sa maman doit être vachement fière…

Allez, Ruben !

#TopChef 3, 1er épisode : le debrief

Top Chef 3 - 1er épisode

Hier soir était un soir spécial, très attendu pour un fan de télé, et plus précisément de téléréalité (culinaire) comme moi. Un peu comme une finale Barça-Real en ligue des Champions pour un amateur de foot. Eh oui, lundi 30 janvier est enfin arrivé et avec lui le premier épisode du la 3e saison de Top Chef, le must des émissions culinaires.

Stéphane Rotenberg est cette fois-ci seul aux commandes, déchargé de cette pauvre Belge pas terribe dont on a oublié le nom (et qui eût pu aisément être remplacée par sa compatriote Sandrine Corman mais bon…). Quant au jury, il reste inchangé depuis 3 saisons (ce qui est un gage de qualité). Face à lui, 14 candidats qu’on attendait de découvrir avec impatience…

Personnellement, je suis assez déçue du casting 2012 (mais ça peut changer). Mis à part Ruben , le surdoué gagnant du Combat des régions, dont on se souvient que Jean-François Piège himself vantait les plats en affirmant en avoir rarement mangé d’aussi bons, aucun ne tape spécialement dans l’oeil. A part le fameux Norbert, haut en couleurs, que M6 met éhontément en avant en lui confiant la tâche d’annoncer à son équipe qu’elle est qualifiée (à la place de Rotenberg) alors qu’il n’y a aucune raison. Mais comme Norbert a un langage fleuri (« poils », « culotte »… sortent aisément de sa bouche), pleure facilement et parle de sa maman des sanglots dans la voix (comme Pierre Sang l’année dernière), c’est un « bon client » dont on imagine qu’il ne va pas « quitter l’aventure » de sitôt, sous peine de priver M6 d’une bonne petite part d’audience.

Car les autres candidats sont plutôt ternes. Qui se souviendra de Gérald et Amélie, les deux éliminés d’hier soir ? Reste Tabata, mignonette brésilienne dont il va bien falloir que les téléspectateurs masculins fassent une icône de la sexytude en cuisine pour supporter les quasi 3 heures de programme (qui m’ont semblé bien longues hier soir par rapport aux autres années, mais encore une fois c’est peut-être comme les premiers jours de colo, il faut s’habituer et s’attacher avant de s’éclater). Pour nous les femmes, il reste bien Jean Imbert et ses faux airs de Bruel, mais c’est à peu près tout. Pour ma part, j’attendrai sagement les apparitions surprises de Cyril sexyblaireau Lignac, toujours aussi chan’tant, sym’pathique et exaspérant lorsqu’il vient tenir la jambe à des candidats surtressés à 3 minutes d' »envoyer » un plat pas encore cuit.

Sur twitter, ça live-twittait mollement, à part @AlexisTopChef (Alexis Braconnier, le petit mignon de la promo précédente), que la chaîne a embauché pour animer ses réseaux sociaux) qui twittait un peu trop, peu niaisement, et un peu « gaffement » pour le moment (il a annoncé le départ d’Amélie au lancement de la pub alors que les candidats n’avaient pas encore tiré les couteaux). Mais il apprendra, espérons. Pour le reste, il en ressort en gros que Jean-François Piège a grossi (c’est d’ailleurs le seul membre du jury à dire, en interview, qu’il ne fait pas de régime avant l’émission. Il a tort, manifestement), que Jean Imbert a l’air d’avoir une perruque et que M6 aurait pu investir dans un vrai couteau orange cette année au lieu de coller un sticker dessus comme ils le font depuis 3 ans (c’est vrai !).

Rendez-vous donc la semaine prochaine pour une épisode qui, je l’espère, offrira davantage d’émotion, de frissons et de sexytude !

Cauchemar en cuisine : Les Trois frères et le Grand Frère

Cauchemar en cuisine

Connaissez-vous « Cauchemar en cuisine« , la version française de l’excellent « Kitchen Nightmares » de Gordon Ramsey (accessoirement best friend des Beckham et bon ami de la Reine) ? J’avais découvert la nouvelle émission de M6 il y a 6 mois lorsque la chaine avait diffusé deux très bons premiers épisodes qui s’étaient en réalité avéré être des pilotes… En bonne fan qui se respecte, j’étais même allée sur le forum de M6 pour demander quand seraient diffusés les prochains.

Depuis la rentrée, donc, on peut retrouver le mardi soir en prime time le chef Philippe Etchebest, basque comme son som l’indique, chef doublement étoilé et meilleur ouvrier de France qui vient jouer les Pascal le Grand Frère dans des restaurants en perdition. La comparaison entre le cuisinier et la star de TF1 est justifiée à plusieurs points de vue, notamment car elle concerne l’émission elle-même, construite et montée selon la même structure, mais aussi parce que Etchebest utilise les mêmes codes et « techniques de coaching » que son homologue aux sourcils froncés.

Debrief d’hier : le restaurant en perdition est à Port Grimaud. Sordide brasserie au sol carrelé marron, le restau compte plus de 100 couverts, comme souvent (mais que passe-t-il donc par la tête de non professionnels qui s’embarquent dans de telles galères ?), et est « géré » par trois frères à la dérive : le plus senior, dépressif au dernier stade et seul à (mal) mener la barque, l’aîné looser total qui arrive le matin à midi et trainasse dans les allées en attendant que les clients lui réclament une carafe d’eau et le benjamin, pizzaiolo rigolo, et accessoirement petit copain de la barmaid, elle-même joyeuse cagole.

Décryptage d’un épisode en quatre parties à la « Grand Frère » :

1/ Phase d’observation sourcils froncés : le chef est fâché, abasourdi, mais ne moufte mot et mange la bouffe « dégueulasse » (le chef est beaucoup plus vulgaire que Pascal le Grand Frère parce qu’il veut faire comme Gordon Ramsey). Les protagonistes, eux, gardent leur attitude scandaleuse du quotidien sans essayer de se faire mousser auprès du chef (et ne viennent même pas lui dire bonjour).

2/ Phase d’engueulade : le chef engueule tout le monde, il faut qu’il y ait un cataclysme, que dis-je, une catharcys, les protagonistes doivent pleurer, après s’être un peu rebiffé histoire de faire des images « violentes » pour la bande-annonce de la prochaine fois.

3/ Phase « boxing » : ici totalement pompée sur Fabrice le GF. On va sur le ring, on crie son malaise, on tape sur le chef, on pleure et on finit par se jeter dans les bras les uns les autres « pour la première fois depuis des mois ». Pour la première fois dans cet épisode, alors qu’Etchebest se targue, comme le grand Frère, d’être un virtuose du ring, les restaurateurs sont envoyés… sur un kayak (eh oui, on est à Port Grimaud). Leur objectif ? Ramer ensemble et en rythme (ce qu’ils auront le plus grand mal à faire), métaphore discrète de leur mission : se serrer les coudes pour redonner au restau son faste d’antan.

4/ Phase de « tout est arrangé grâce au Grand Frère, heu je veux dire le chef » : Etchebest refait la carte, file ses recettes, invite des faux clients dans le restaurant, aide en cuisine, aide en salle, refait (mal) la déco du restau et tout le monde rigole parce qu’il a tout arrangé et ce mec est vraiment « un grand monsieur ».

Et bha malgré tout ça, j’ai pleuré quand les frères se sont serrés dans les bras après avoir « crevé l’abcès » et que leur maman est venue les embrasser en « surprise ». Parce que les ressorts de la télé-réalité ont beau être gros comme des ficelles de bifteak qu’on a oublié de retirer avant des apporter aux clients, elles marchent quand même à tous les coups !