Le reportage sur les Jadarnaud : de « Premiers baisers » à « L’Incroyable famille Lagardère »

Hier soir, la RTBF a retransmis un reportage de « Tout ça ne nous rendra pas le
Congo » (le nouveau « Striptease » belge) consacré à Arnaud Lagardère, le quinqua milliardaire patron du CAC 40, et à sa belle, Jade Forêt, 21 ans. Annoncé comme déjà culte depuis plusieurs jours, l’émission, sorte de croisement entre « Qui veut épouser mon fils ?» et « Premiers baisers », a répondu à toutes nos attentes.

Le pouvoir de la jeunesse sur un post-quadra ne cessera jamais de m’étonner. Déjà, lorsqu’Arnaud Lagardère était apparu au bras de Jade, très élégamment vêtue d’une combi-pantalon décolletée en strass verts, promenant son 1,80m sculptural dans les allées du village de Roland Garros, le contraste évoqué par ce petit homme perdu à côté de cette immense post-ado lippue avait été saisissant. Que pouvait bien faire le milliardaire « meilleur ami » du président, patron du CAC 40, avec ce travelo scintillant ? Une passade, très certainement.
Pourtant, quelques années plus tard, Jade et Arnaud, devenus les Jadarnud comme on devient les TomKat ou les Brangelina, continuent de hanter nos écrans, provoquant chaque fois les mêmes ricanements du public face à ce couple grandguignolesque qui tient tant à nous imposer son bonheur girly.
Une première vidéo à succès avait fait découvrir au monde nos deux protagonistes castés sur le volet, aussi hauts en couleur que les binômes de « Qui veut épouser mon fils ? ». La télé ne pouvait pas laisser passer ce couple prometteur… Senna et Amélie, Jenifer et Jean-Pascal ou Marie et Geoffrey, le petit écran aime nourrir le téléspectateur à l’amour kitch. Pas bêtes, les Belges de « Tout ça ne nous rendra pas le Congo » ont réussi à récupérer la vache à lait. Et pourtant, connue pour se moquer des personnages qu’elle met en scène sans le formuler, l’image se suffisant à elle-même dans ce qu’elle peut offrir d’incongru, de choquant ou de grotesque, qu’allaient faire nos aspirants people de télé-réalité dans ce programme sinon  aller directement au casse pipe ?

« La belle, le milliardaire et la discrète » ou « L’incroyable famille Jadarno »

Morceaux choisis…

En jogging et tee-shirt « Paris », le grand patron, qu’on imaginait submergé de travail, devant gérer ses 27000 salariés, cuisine pourtant tranquillou à la campagne pour la nombreuse famille de sa belle. C’est tout penaud qu’il leur sert enfin à l’assiette des « silex » de steak hachés, sous les ricanements de ses hôtes. Affairé, il se dirige ensuite vers la cheminée pour faire du feu. « T’as de belles petites fesses… hihi… elles sont canon !« , lui lance Jade, gloussant avec sa sœur et une copine. Et la famille de rire en coeur. « Petit Nono » (comme le robot) est flatté, et en rosit de plaisir, sous les yeux de belle-maman, Jade version XXL sans brushing, qui veille au grain. Maïté (de son vrai nom), la « discrète », apparaîtra ensuite sur toutes les images. De là à croire que c’est elle qui dirige le petit couple de teen-agers formé par son gendre orangé et souriant et sa rejetonne à peine sortie de l’âge bête, il n’y a qu’un pas. Pas gênée, la marâtre, formant avec ce drôle de couple un trio infantilisant, taquine fréquemment son « petit Nono » de gendre avec la familiarité d’une tante décomplexée, comme dans la loge du Stade de France où, d’un clin d’œil moqueur, elle le pousse à chanter la Marseillaise, apprenant au passage au téléspectateur français qu’Arnaud n’en connaît pas les paroles. Vive le CAC.

Plus tard, le trio, accompagné de la petite soeur de Jade, écoute avec solennité la « top-model » lire des posts Facebook la critiquant. L’un d’eux la dit égoïste, seulement intéressée par l’argent de celui qui vole le pétrole d’autrui. Rhooo. Arnaud n’en revient pas ! « Pffff, toujours cette histoire d’argent, souffle-t-il lassé. Original… » Et d’ajouter, inspiré et sourcils froncés : « Mmh c’est p’têtre aussi mmh comment on appelle ça, des alter-mondialistes ! » Oui, si ça s’trouve c’est même pas une femme, ajoute belle-maman. Bha ouais, ils ont l’air de trouver ça bizarre qu’une femme s’y connaisse en pétrole. « Ils disent que je pense à Emile – l’ex de Jade, comprend-on – quand je fais l’amour avec Arnaud », pouffe ensuite Jade, toujours devant sa mère et sa petite sœur (classe). Puis tous de rire de bon coeur (coucou les Groseille !). Et Arnaud d’ajouter avec enthousiasme : « Trop drôle !« . Un ange passe. Et enfin : « Eh, on fait de la gym ? » Secret Girls !

Aux Etats-Unis, les Kardashian, une famille de beaufs éleveuse de poufs en tout genre, s’est fait filmer 24/24h pour devenir « L’Incroyable famille Kardashian », et intégrer le beau monde hollywoodien. En France, un héritier de très sérieuse entreprise française engagée dans l’armement, le sport et les médias choisit de nous rejouer « Qui veut épouser mon fils ? » pour devenir célèbre dans l’histoire de la télé-réalité. Cherchez
l’erreur.

Un buveur frénétique de Coca-Light tout de pilou vêtu, occupé à mater des clips en continu

Dans son jet, Arnaud ne travaille toujours pas. Il bouquine L’Equipe pendant que sa belle
ronchonne à propos d’un shooting qu’elle doit faire le lendemain matin (Jade est top-model Si si).

Tout au long du reportage, la caméra insiste sur la différence de taille du couple, allégorie de cet étrange rapport de force entre une adolescente légère et complètement déconnectée des réalités qui l’entoure et un milliardaire largué, englué dans une histoire d’amour qui le dépasse. Et pourtant, dans ce show bancal où le néant prédomine, il manque bien un personnage de taille : l’entreprise d’Arnaud. Car si les caméras se sont attardées sur les moments de détente du couple, on peine à comprendre comment un buveur frénétique de Coca-Light tout de pilou vêtu, occupé à mater des clips en continu en pédalant sur un vélo d’appartement avec des lectrices de Point de Vue peut réellement diriger une entreprise cotée en Bourse. Quant aux 27 000 salariés, sont-ils fiers de suivre les aventures de Nono, belle-maman et d’une gaga de twitter (« tuitteur », comme ils disent) ? N’est pas Richard Branson qui veut… Arnaud est héritier, l’ère du bling-bling est loin et nous ne sommes pas aux Etats-Unis. Si Donald Trump plaît à une Amérique qui préfère rêver devant ses riches, leurs jets et leurs amours tumultueuses, pas sûr qu’en France, le nom de Lagardère doive être associé à « belles petites fesses », jets et pyjama.
« Y veut s’donner un genre ! », le tacle Maïté lorsque Nono prend un verre de vin dans sa loge au Stade de France. MMh, peut-être pas le bon genre, en tous cas. A moins que cet épisode de « Tout ça ne nous rendra pas le Congo » soit en réalité bien plus proche de « Secret Story » qu’on ne le pense.
Mais alors, quel serait le secret d’Arnaud ?

 

Pour revoir la pépite, c’est par là

De quoi sont fans les fans de Loana ?

La semaine dernière, Loana du Loft (Loana Petrucciani de son vrai nom) s’est faite interner à l’hôpital Sainte-Anne à la énième reprise depuis plusieurs années. Point de tentative de suicide cette fois-ci (elle en était à sa 4e officielle en janvier dernier), mais une cuite magistrale, suivie de trois jours qu’on n’ose imaginer, enfermée chez elle dans son appartement du 16e arrondissement (ce qu’il lui reste de ses gains) avec trois inconnus croisés en soirée…

Son « meilleur ami », Eryl Prayer, sosie d’Elvis Presley (oui…), a comme à son habitude fait la tournée des popotes en accordant une interview « exclusive » à Public vendredi, puis Closer samedi, afin de rassurer les « fans » de « la bimbo », ainsi qu’ose encore l’appeler la presse dans des moments d’égarements, ou d’amour aveugle. Mais il est vrai qu’il est question d’amour, et une question se pose en effet : de quoi peuvent bien être fans les fameux « fans » de Loana aujourd’hui ? Et sans être « fan », pourquoi éprouvons-nous tous une telle fascination pour cette « célébrité » en carton, dont nous suivons avidement la lente déchéance que la presse nous sert ponctuellement en repas puisque nous le voulons bien ?

On se souvient tous de l’entrée de la jeune femme sexy dans le Loft, bustier en crochet rose bonbon, jupe ras la moule, abdos en acier, bottes de drag-queen et chevelure peroxydée. Les messieurs avaient gloussé (c’est vrai, on avait pas beaucoup de cagoles à la télé à l’époque), les femmes s’étaient pincé je rêve. Puis il y avait eu l’épisode de la piscine à l’issue duquel, paradoxalement, nul n’avait jeté la pierre à cette inconnue qui, pourtant, s’était fait sauter le premier soir (bhou !) ivre morte (rhaaa) devant les caméras (rho !). Au contraire, même les femmes avaient pris en pitié cette fille perdue cheveux gras qui pourtant faisait fantasmer leur mec, cette maman à laquelle on avait retiré son enfant comme l’avait montré Paris Match, faute d’argent. Bon, ok, elle avait fait un emprunt à la banque pour se faire faire des nouveaux boobs plutôt que d’aller chercher l’enfant mais qui étions-nous pour juger ?

Portée par un élan d’enthousiasme comme seuls savent en avoir les Français, la grande gagnante du Loft avait ensuite enchaîné les succès. Couv du Elle (oui oui), adoubement par Thierry Ardisson tombé gaga de sa bio « Elle m’appelait Miette », lancement d’une ligne cagolo-trave à succès avec « La Halle aux vêtements », la bimbo avait pris cette fameuse place de « petite fiancée des Français » qu’on offrit successivement et dans le désordre à Sheila, Adjani, Marceau, Jenifer, Bardot et conso(eu)rs. Classe.

Puis la machine s’enraya. Un jour, la France se rendit compte que sa petite fiancée avait pris 30 kilos (officiellement), qu’elle était bouffie et qu’elle n’avait rien fait depuis des années (mais qu’avait-elle fait avant ?). Puis il y eut cette sombre histoire, qui fit tout basculer : on avait retrouvé Loana dans sa baignoire, habillée, la porte de son appartement entrouverte. Elle aurait été agressée par deux hommes cagoulés qui l’auraient droguée au GHB…Puis en fait non.

Soirée arrosée, sordides affaires de drogue, montrage de seins chez Cauet, regard torve sur les photos, tentatives de suicide, sortie arrosée, rédemption, séance photo du come-back, rechute, disparition, révélations (« J’ai été séquestrée par mon ex », « Mon père me battait », « Je ne bois plus qu’une bouteille de vin blanc par jour »), come-back dans des programmes avortés pour la plupart, résolutions (« Je vais mieux de jour en jour. Entre les mauvaises rencontres, les tentatives de suicide, le fait que je ne puisse pas voir ma fille et que je ne travaillais presque plus… ») puis rechutes…, nous regardons depuis passivement Loana se débattre dans le tourbillon de sa vie. Quant à elle, elle ne nous épargne rien de sa descente aux enfers. Au contraire, elle vient, innocente, répondre aux interviews des médias qui s’inquiètent. Elle répond présente lorsque Matthieu Delormeau l’accueille dans la « famille NRJ12 », celle où les déchets real-télévisuels trouvent refuge pour ne pas sombrer. Et puis Loana, contrairement aux autres people, n’est pas là pour vendre quoi que ce soit, à part son malheur, à part elle-même.

Les Etats-Unis ont Lindsay Lohan, l’Angleterre avait Amy Winehouse, nous avons Loana Petrucciani (qui n’a même plus la « chance » d’être « Loana la bonasse de la piscine ») ; bref un people que nous observons avec patience se détruire, pariant sur son potentiel come-back comme sur sa déchéance irrémédiable, et dont la seule actu consiste à sombrer dans le sordide et à tenter de ne pas se noyer. Qu’attendons-nous de Loana ? Un destin à la Ana Nicole-Smith (attendons-nous qu’elle meure pour la pleurer ?), ou lui souhaitons-nous une (relative) happy-end à la Britney Spears ? Pourquoi sommes-nous fascinés par le quotidien d’une obèse alcoolique pour laquelle nous éprouvons une compassion, voire même une fascination mais mêlée de répulsion ? Et s’il ne se passe plus rien dans sa vie, allons-nous continuer à nous intéresser à cette grosse femme triste entourée de chiens et de chats, et d’un sosie d’Elvis, alors qu’elle aussi semble être devenue un mauvais sosie d’elle-même ?

Loana a du souci à se faire car depuis quelques temps, une autre ancienne starlette vient marcher sur ses plates-bandes : Mallaury Nataf, vieille vedette du « Miel et les abeilles » devenue SDF, retrouvée il y a quelques jours dormant dans la rue avec son fils de 3 ans (qu’on lui a depuis retiré). Qu’est-ce que tu dis de ça, Loana ?

Si même au chapitre stars déchues Lolo n’est plus reine, que va-t-elle donc devenir ?

Danse avec les stars : l’émission du passé composé

Pour la troisième année consécutive, TF1 met la fièvre du samedi soir à plus de 5 millions de téléspectateurs en faisant swinguer des pipoles endimanchés, enterrant sans pitié tous ses concurrents du moment. M Pokora, Shy’m, les deux gagnants des éditions précédentes, nouvelles coqueluches des prépubères, purent laisser croire que DALS, comme disent « les jeunes », était un programme révolutionnaire, novateur et inédit. Et pourtant…

 « Un Disney Channel et au lit »

Smocking, robes de soirée, maquillages et coiffures de mariages de la tante Hélène, nos « stars », les jurés et les présentateurs se mettent chaque samedi sur leur 31 pour entrer dans nos foyers et festoyer avec nous en ce jour de gala. Oui, vous êtes pourtant chez vous, en jogging pilou, l’oeil torve du lendemain de fête en plein plateau-télé gargantuesque mais le concept est là : TF1 vous emmène au spectacle, comme le fait France 2 avec son Grand Cabaret et son bonhomme en mousse, sans que vous n’ayez même à saisir la brosse à brushing. Costumes pailletés, gambettes de sortie, Paaaris, Fé-éérie, on emmène mamie au Moulin Rouge ! Un orchestre bien old school à la « Chanse aux chansons » et mamie n’est pas dépaysée. Le direct est, de ce point de vue, très appréciable pour se mettre dans le mood. Autrefois, c’est Michel Drucker qui venait lancer les cotillons dans notre salon avec le clinquant Champs-Elysées. A l’époque, les plus jeunes avaient juste le temps d’entrevoir le sommaire de la grande fiesta avant de partir se coucher la mort dans l’âme, Disney Channel tout juste avalé alors que les plus vieux, la fameuse ménagère et son robert, se la collaient avec Michel.

Aujourd’hui, l’inquiétant Vincent Cerrutti et l’éternelle « pleusse ouane » Sandrine Quetier ont repris le flambeau. Sauf que chez eux, la star ne vient pas papoter, non madame. La star donne de sa personne, souffre, pleure, sue sang et eau toute la semaine pour offrir à son public une prestation inoubliable. Elle sera même jugée par un jury pas si fun, lui, excepté Jean-Marc Généreux le bien nommé, qui fait le boulot pour tout le monde. « C’est beau de voir ta colère et ta rage sortir de cette armure« , lança-t-il tout de go à Lorie après sa prestation de ce deuxième prime. Fort.

Retour vers le futur

Enfin, les numéros s’enchaînent, accompagnés d’un petit reportage qui nous familiarise avec ledit pipole. Pour ce deuxième prime, nos vedettes devaient puiser dans leur passé afin d’exprimer dans leur danse cette émotion créative qui allait leur permettre de se transcender. Frère ou soeur morts, parents divorcés… tout le monde avait exhumé son petit cercueil. Aïe, pas Gérard Vivès, le prof d’à côté. Ouf, il nous aura finalement trouvé une sombre histoire de pelleteuse qui sera parvenue à faire couler ses larmes. Ca ira pour cette fois. A chaque prestation donc, la star finit en sanglots morveux, alors que le jury en remet une couche en faisant appel aux fantômes qui « certainement nous regardent de là où ils sont » (pelleteuse, si tu nous regardes !). La célébrité qui craque l’armure, Foucault nous l’avait déjà servi en d’autres temps dans « Sacré Soirée » (« Vous vous souvenez de votre vieille prof de piano ? Oui ? Eh bien la voilà ! » Emotion), tout comme Sabatier dans « Avis de recherche« . Tiens, d’ailleurs, à la pub, on zappe sur Antenne… euh France 2 et sur qui on tombe ? Ce bon vieux Patrick qui présente… Pyramide, le best-seller de la ménagère qui a pris du galon et parade en prime.

En deux : « Lorie ». Euh… « Garou ». « Tcha-tcha-tcha ». « Danse avec les stars !! » Bravo.

Retour à nos stars lacrymales qui, après nous avoir rejoué Dirty Dancing, le film de notre adolescence, attendent fébrilement leurs notes. On invoque alors d’autres souvenirs, plus lointains et dominicaux ceux-là, lorsque Jacques Martin encourageait des jurés en couches culottes : « soyez gentil les enfants, mettez-lui un dix ! ». Dans DALS, c’est comme à l’Ecole des fans, tout le monde a 10 aussi… ou presque. On attend alors avec espoir que de gentils messieurs passent derrière les stars pour leur déposer discrètement des monceaux de cadeaux. En vain, ce concept-là n’a pas été repris.

Dommage c’était sympa.

Les vieux pots

Sacrée Soirée, Avis de recherche, L’Ecole des fans, Champs-Elysées, et bien sûr la StarAc, il semble que TF1 ait habilement repris les bon vieux gigots cathodiques de la ménagère du week-end, qu’elle aurait fait mijoter dans ce chaudron magique à succès, celui-là même utilisé pour les « nouveaux » Roue de la fortune ou Le Juste prix. On n’arrête pas le progrès. Avec un casting de candidats de « qualité » (on n’est pas loin de la « A list », puisqu’aucun gagnant de télé-réalité, par exemple, n’est présent), un budget costumes qui se chiffrerait à plusieurs centaines de milliers d’euros et un alibi US (« l’émission est importée d’un concept qui ‘cartonne aux States' » Aah, moderne, donc.), la chaîne parvient à refourguer à la ménagère d’aujourd’hui, que nous sommes (angoisse…), les programmes de son enfance mais « revisités », comme disent les apprentis chefs des émissions culinaires à la mode. Ou comment faire du neuf avec du vieux.

Quant aux plus jeunes, les ados de la ménagère, qui ne peuvent être pris dans ce piège habilement tendu, la seule présence d’Amel Bent ou de Lorie leur feront tolérer la honte de partager avec leurs dardons et daronnes le même programme télé.

Réconciliée devant Mimi… euh Vincent, la famille française devrait donc docilement répondre présente chaque semaine à l’appel de ce « divertissement » dopé à la nostalgie.

Sauf que… pas bête la guêpe, France 2 programmera la semaine prochaine… « Simplement pour un soir », présentée par Sabatier, émission dans laquelle des chanteurs d’aujourd’hui, grâce aux effets spéciaux modernes, pourront se retrouver comme par enchantement face à des artistes disparus. Paraît qu’on aura droit à un Michel Sardou featuring Jackie (sa mère décédée), et un Liane Folie ft. Thierry Le Luron…Génial, avec un peu de chances, Léon Zitrone viendra présenter le Danse avec les stars 4 !

TF1-France 2… Qui l’emportera ? Vous le saurez dans le prochain épisode des « Visiteurs en audimat ».

« Thierry ou l’Optimisme », de « L’Amour est dans le pré »

De vieux souvenirs du lycée vous auront, par ce titre, rappelé les heures ennuyeuses à essayer de comprendre le pourquoi du comment de « Candide ou l’Optimisme » de Voltaire, petit opus un peu daté que la plupart d’entre nous ont dévoré en version « profil de l’œuvre » la veille de leur oral de bac Français.

Et pourtant, si nous avions pu prendre pour exemple illustré Thierry, le candidat star de la version actuelle de « L’Amour est dans le pré », peut-être aurions-nous mieux compris où l’ami Voltaire voulait nous emmener.

Thierry est agriculteur. Naïf et pur, Thierry est le candide du programme. Occupé par ses terres et l’éducation de sa fille, Thierry est veuf, simple et cherche l’amour, qu’il ne peut trouver dans ses contrées. Survient alors sa rencontre avec Annie (Cunégonde dans le récit de Voltaire), qui le conduira à effectuer un voyage initiatique hors de son Eden. Le récit de cette formation aura été celui du dernier épisode en date, dans lequel nous avons pu suivre notre héros à Sarcelles, fief de son aimée.

Thierry prend le RER

A l’aise chez sa promise comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, notre star du tracteur va pourtant de découvertes en découvertes  avec un enthousiasme et une curiosité qui feraient passer François Hollande pour un nazi. Arrivé dans la cuisine d’Annie, Thierry est tout coi. Les casseroles, elles z’ont pas de queues. « Chez nous, les casseroles elles ont des queues, c’est comme les bonhommes. ». Patiente, Annie fait découvrir à Candide les manches amovibles. Eh oui, on a tort de croire que notre monde est le meilleur des mondes possibles… Plus tard, le chien d’Annie se jette sur notre agriculteur avec entrain. « J’espaÿre tu vo m’asseptaÿ et tu vo po me mangaÿ le zizi d’main matin » (= « J’espère que tu vas m’accepter et que tu ne vas pas me manger le zizi demain matin »). On espère aussi ; la ville, c’est plein de dangers.

Le lendemain, le chien n’aura finalement pas mangé le zizi de Thierry. Et pourtant, notre homme semble bien ragaillardi (merci Annie), regonflé à bloc pour partir à la découverte de Sarcelles, la ville de notre ami DSK. Arrivé dans le RER, notre agriculteur apprend à utiliser un ticket de métro. Quant à sa blonde, elle crâne à mort avec son pass Navigo, histoire de lui en mettre plein la vue.  Eh bha le RER, Thierry, il va trouver ça « magique »… Prenez-en de la graine, usagers aigris des petits matins gris. Au marché de Sarcelles, Thierry est comme un gosse à Eurodisney : « Oh, des fruizessotiques ! » (il n’en a pas, en Normandie).  En plus, Thierry est plein de bons sentiments parce que, lorsque les équipes de M6 l’interviewent sur son voyage initiatique, il dit que ses amis l’avaient mis en garde contre la délinquance en banlieue parisienne et que finalement bha c’est tout le contraire ! Thierry président ! (d’ailleurs, on se souvient qu’au dernier salon de l’agriculture, notre candidat avait volé la vedette à François Hollande).

Quand Thierry meets Justine…

Autre star du programme : Justine, incarnation allégorique du Mal (Pangloss, dans le conte philosophique). Or, lors de leurs séjours respectifs à Paris, les deux protagonistes se sont fortuitement rencontrés sur un bateau-mouche. Comment ne pas voir dans cette scène la métaphore induite du duel entre le Bien et le Mal ? Gênée, le Mal avait déjà honte de se coltiner un bouseux en plein Paris mais l’apparition de notre Télémaque des temps modernes l’ébranlera encore davantage.  Vaincue, elle baissera sa garde sur Twitter pour la première fois, affichant son soutien au chouchou du public. HAHA, tremble, force du Mal.

Il faut cultiver son jardin

Envoyés par la prod à la montagne, Anne et Thierry ne sont alors qu’émerveillement, amour et foi en l’avenir. Près d’une rivière, Thierry s’écrie soudain : « Je mettrais pas mon zizi dedans hein passque HA HA lé tell’ment froide han que j’prefere y mett’ les pieds! », ponctuant les roucoulades par  ses légendaires saillies à caractère « brut de coffrage », comme les qualifiait récemment un internaute.

Il y a quelques semaines, Candide et Cunégonde se sont épousaillé en la commune de Ver, spoilant ainsi le bilan saisonnier de ce soir. De retour en terre originelle, notre homme a repris sa place dans le meilleur des mondes, enrichi de ces nouvelles expériences qui l’auront finalement amené à la simple conclusion qu’il faut cultiver notre jardin, opposant ainsi clairement l’activité aux discours inutiles, bien loin des rêves de l’Eldorado.

Bilan de cette septième saison ? Pour vivre heureux, vivons simplets.

« Nouveau look pour une nouvelle vie » – de l’intérêt de regarder un mec se faire épiler l’intérieur des narines

Lundi soir, l’émission « Nouveau look pour une nouvelle vie » nous proposait de suivre deux nouveaux candidats au relooking, tous deux coachés par l’inénarrable Cristina Cordula.

Pour ceux qui ne connaissent pas le concept de l’émission, il s’agit de redonner goût à la vie à des hommes ou des femmes fâchés avec le shopping, leur corps, les coiffeurs et tout ce qui touche de près ou de loin à la coquetterie. Mères de familles engluées dans leurs kilos de grossesse, devenues grandes consommatrices de joggings jetés sans les regarder dans le caddie des courses hebdomadaires chez Auchan entre les petits suisses et les serviettes périodiques, de femmes traumatisées par des ruptures difficiles, ayant laissé en jachère leurs tignasses bicolores (et dont on n’ose imaginer l’état pileux du reste du corps), gothiques hors-normes incapables de trouver un emploi ou simples handicapés du style, ils désirent tous passer entre les mains de la fée Cristina pour retrouver leur confiance perdue, et plaire à nouveau (ou pour la première fois).

A l’instar du Grand Frère, de Belle toute nue ou de Cauchemar en cuisine, par exemple, le coaching des candidats se déroule selon un rituel immuable. Soumis au jugement d’abominables bobos parisiens filmés en micro-trottoirs rue Montorgueil, les « pouilleux » (comme l’a qualifié la grand-mère de Philippe, geek craspec à la touffe laineuse rendu à la vie lors de l’épisode en question) comprennent alors qu’ils sont « ternes », « invisibles », « démodés », « pas attirants ». Prise de conscience. « C’est dur à entendre », disent-ils toujours. Sérieux, tu t’y attendais pas ?

En phase 2, la superbe brésilienne, perchée sur ses talons de dix, dandinant son cul famélique dans d’outrageuses jupes crayons au son joyeux de ses créoles emmène alors nos malheureux épouvantails se faire épiler les sourcils. « C’est fou comme ça chaaaange. Haaaaan » (sans déconner). Hier soir, ledit Philippe, souffrant d’une pilosité hors-norme, s’est vu offrir une épilation à la cire des joues puis de l’intérieur des narines. Mythique. Et gênant (un vague sentiment de « mais je regarde quoi, là ? »). Dernière étape : direction le salon de coiffure. Balayage, volume, brushing, Massatto fait des merveilles sur les trois poils filasses et gras qui servent bien souvent de cheveux à ces Natasha Kampush du séchoir. Hier, et pour la première fois, le coiffeur a cru devoir abandonner. Philippe portait un nid sur la tête. Jamais il ne s’était brossé les cheveux (« sinon la brosse elle se coince »), lesquels étaient de surcroît crépus, longs et emmêlés. Résultat ? Les ciseaux ne sont pas parvenus à couper, même grossièrement, la pelote malodorante. Gêne du spectateur, qui comprend alors que la boule de poils capillaires contient peut-être des bouts de riz, des stylos ou tout autre objet qui n’aurait un jour pas trouvé sa place dans une poche…

Ensuite vient le choix des vêtements. Cristina doit tout d’abord décider de la morphologie du candidat, qu’elle annonce avec solennité et aplomb. « Tou es un H / un Y / un I… ». Sympa, elle ne dit jamais la vérité : ils sont en réalité souvent des losanges, ou des bouteilles d’Orangina. Fort de cette découverte, le débutant ès mode va se voir affubler d’une ribambelle de guenilles censées mettre en valeur ses qualités, tout en masquant ses défauts (ainsi que le conseille également William, le coach de « Grosse toute nue »). Veste rouge, ruban à pois, chaussures à grelots, Cristina en fait trop esssprès ma chairie, pour que tu te rendes compte que ça te va pas DOU TOUT ! Au final, les mamans engluées finissent bien souvent avec une longue tunique brodée mettant en valeur leur « belle poitrine » (entendez grosse), tout en soulignant leurs jambes fines (=  « plus minces que le reste »), le tout caché sous une veste léopard/en cuir / zébrée, ajoutant une touche rock et djeuns à l’ensemble. Endimanchées et brillant de 1000 feux, elles partent alors rejoindre leur conjoint qui pleure immanquablement de joie et de soulagement (SYMPA !!).

Toujours, et quel que soit le degré de marginalité du cobaye sélectionné par la prod’, Cristina parvient à faire des miracles. Appartements insalubres nettoyés par deux expertes, intérieurs boursouflés et bibelotés à l’extrême home-stagés par Stéphane Plaza, logis délabrés stickerisés par Valérie Damidot ou duvets douteux exterminés par Cristina Cordula : M6 a trouvé son filon, celui du avant-après. De « vrais gens » en situation désespérée, pire même que celle du téléspectateur (-> brossage dans le sens du poil, désangoissement), sont extraits de leur marasme malgré tout et « contre toute attente » (-> bonheur).La fée M6 peut rattraper n’importe quelle catastrophe, vous changer en bombe en deux jours, refaire votre intérieur en une semaine et même vous trouver un nouvel appart de ouf dans votre budget  frais de notaires inclus. Quant à Cristina, elle rejoint, avec Plaza, Damidot et Lemarchand le cercle très restreint des animateurs indésolidarisables de leurs émissions, celles du coaching bonheur, bien-pensantes et à l’abri des critiques qui se multiplient envers la télé-réalité dite « poubelle ».

Longue vie à Cristina, longue vie à Nouveau look !

RIP Le Club Dorothée

C’était hier et aujourd’hui tout a changé. Le 30 août 1997, il y a 15 ans jour pour jour, la nounou cathodique de notre enfance rendait son tablier après trois épisodes de « Pas de pitié pour les croissants » et une rediffusion de l’émission de la veille, quittant l’antenne en catimini. Dorothée, Ariane, Patrick, Corbier, Jacky et tous leurs amis fluos recrutés par la belle écurie AB retournaient dans l’ombre avec un squat éhonté de l’antenne d’une décennie.

Souvenez-vous de ces années où la toute nouvelle chaîne TF1 débauchait la blondinette à queue de cheval et son équipe de gais lurons de Récré A2 pour occuper la case jeunesse. La génération X brancha alors son cerveau directement sur le flux de la Seine Saiiiiiint-DENIS pour des heuuuuures de FOOOOLIE. « Candie », « Goldorak », « Les Chevaliers du Zodiac », « Mask », « Les Minipouss’ » (« Nouuuus les minipoussss ! »), « Dragon-Ball »… les mangas oeuvrèrent à notre passage à l’adolescence, avec les dégâts psychologique qu’on connaît (ne nous mentons pas, on ne sort pas indemne d’une éducation menée par un gamin hirsute se baladant pénis à l’air sur un nuage, ni de celle accompagnée par des gays à cheveux verts habillés en chevaliers, passant leurs après-midis à combattre des forces obscures pour attirer l’attention d’une nana toute occupée à faire pleurer ses grands yeux devant un ventilo faisant habilement voler au vent sa longue chevelure prune).

Passé notre gavage japonais, l’émission s’employa, en plus du bourrage de crâne du mercredi après-midi, à nous emmener dans un nouvel univers total made in France, le soir après l’école, avec les très cérébraux « Hélène et les garçons », « Le Miel et les abeilles », « Premiers baisers », « Les Filles d’à côté ». Nous fûmes enthousiasmés par ces sommets d’art télévisuel. Après des années à mater « Santa Barbara » et « Dynastie » sans bien comprendre tous les tenants et les aboutissants de ces étranges rapports humains, enfin nous avions des personnages à notre hauteur. Jérôme, Justine, Anette, Hélène, Katie, Etienne et j’en passe. De la cafète à la salle de sport en passant par leur chambre à coucher pour des debriefs en nuisette, voilà les héros fort sympathiques qui allaient dicter notre conduite post-pubère. Comme si ça n’était pas encore assez, la bande à Doro se fit ouvrir une grosse tranche le dimanche matin pour nous refourguer ses croissants et se la donner, elle aussi, dans les sketchs en tous genre montés à la chaîne afin d’alimenter pour pas un kopeck les 30 heures de programme hebdomadaires vendues à la chaîne ( !).

Le face à face à face, Allô à l’huile, le jeu de l’ABC, Le Jacky Seau et le générique de fin où étaient consignés les noms de quelques enfants dont c’était l’anniversaire, que nous avons tous regardé avec fébrilité, espérant toujours voir apparaître le nôtre même si on n’était pas membre du Club, et que ce n’était de toute façon pas notre anniversaire. Las, un jour, quelqu’un décida de couper le flux. On achève bien les Pat Le Guen. Pendant dix ans, nous avons été 75% des jeunes de notre génération à avaler docilement la bouillie de tata Doro.

Aujourd’hui, on s’affole pour ces « jeunes » branchés sur Internet et pourtant, ce qu’ils y lisent ou regardent résulte d’un choix. Quant à la qualité des vidéos qu’ils s’y partagent, qui peut dire qu’elle est meilleure ou pire que celle que nous balançait sans discussion possible Le Club Do ? On parle aujourd’hui de l’influence du cannabis sur le QI des adolescents, le faisant chuter de nombreux points. Le cannabis est-il vraiment le seul coupable ? Et si la génération sacrifiée de la décennie AB avait en réalité servi de cobaye cathodique à une équipe de programmateurs expérimentaux ? Décidément, il n’y a pas de pitié pour les enfants !

Les JO de Londres ou le gavage télévisuel sportif

Cela ne fait que 7 jours et pourtant, la satiété n’est pas loin. Quinze heures de retransmission quotidienne sur France Télévision, 300 heures au total sur les 15 jours de compétition pour 26 disciplines représentées par 204 délégations et plus de 10 000 athlètes enthousiastes qu’il faudra bien caser un moment dans la petite lucarne, les chiffres donnent le tournis. Après l’excitation des premiers moments, parviendrons-nous à ingurgiter toutes ces heures d’antenne parfois indigestes ?

Les premiers jours, nous sommes nombreux à nous être plantés devant notre télévision, ravis d’avoir enfin à disposition des programmes dignes de ce nom en cette période de bérézina cathodique. Adieu Les Experts, les bêtisiers du câble et les vieilles rediffs de M6, place au sport ! Néophytes et passionnés, nous nous sommes tous plantés devant le petit écran sans aucun complexe, affalés sur nos canapés, enjoints par une météo complice à ne pas mettre le nez dehors et à regarder s’agiter de jeunes gens musclés sans nous même effectuer aucun mouvement autre que celui de tendre la main vers le paquet de chips Lay’s posé sur la table basse (c’est loiiin !).

Cinq jours plus tard, après avoir vibré avec nos médaillés, appris l’existence  de Yannick Agnel, Camille Muffat, Tony Estanguet et autres Lucie Decosse, écrasé une larme à chaque Marseillaise, sauté du vieux canapé pour encourager nos nageurs sur les derniers mètres, enfermé les enfants dans leurs chambres parce qu’ils se plantaient devant le divin écran, découvert avec curiosité et enthousiasme des sports insolites tels que le tir aux plateaux, le judo poids mouche ou le canoë-kayak en bassin d’Aquaboulevard, la satiété n’est pas loin.

Car le flot ininterrompu de duels en tous genres, déversé de manière aléatoire dans nos cervelles atrophiées par tant d’heures passées devant le petit écran, a définitivement anesthésié nos sens et provoqué un trop-plein dans nos temps de cerveaux disponibles. C’est la grande bouffe, le gavage d’oie organisé, la nausée n’est pas loin. Basket – schlak Parker est zappé en pleine action pour être remplacé par du tir à l’arc – schlak les nageurs reviennent – schlak on remet une médaille – schlak de jeunes gymnastes russes tournoient  sur une poutre poudrée – schlak interview express pour une médaille bronze – schlak les journalistes rigolards reviennent en plateau – bim une médaille d’or on crie on hurle jusqu’à ce que bzzzzzzz… Nous sommes tous des américains devant les JO : amoindris, nous ne nous débattons même plus lorsque la chaîne choisit de nous priver d’une discipline enthousiasmante. Nous subissons, passifs, ce flux branché à même nos rétines, lequel reste connecté la journée via Internet. Certains bougent encore, et tentent une petite rébellion sur les réseaux sociaux, rendant responsables de tous leurs maux Neslon Montfort, Gérard Holtz et Patrick Montel. En vain. L’abattage à la chaîne continue, et les révolutionnaires 2.0 restent. Croque ta médaille et rends l’antenne, pleure, nage, saute, souris, raconte une anecdote, parle de ta mère, étreins la star américaine, embrasse ton mec, dis que tu es heureuse, et rends l’antenne on enchaîne.

Ces jeux rabelaisiens auront-ils raison du juilletiste rentré trop tôt ou de l’aoutien emprisonné dans son salon par un ciel gris coupable ? Encore 200 heures de programme. Ouf, l’outre-télespectateur a faim !

Audrey Pulvar : nouveau look pour une nouvelle vie !

Vous le savez, Audrey Pulvar est incontrôlable. Grande gueule, toujours prompte au clash, pourfendeuse des droits de la femme-journaliste-indépendante-compagne-de- politique-et-alors-quoi-tu-me-crois-pas-indépendante-hein-c’est-ça, Audrey fait ce qu’elle veut (avec ses cheveux) ! Professionnelle douée, reçue major de sa promotion à l’ESJ Paris, passée par des rédactions reconnues et remarquée pour son franc-parler notamment lors d’une interview historique de Nicolas Sarkozy, laquelle lui apporta ses premiers problèmes en même temps que la lumière, Audrey n’en finit plus de faire parler d’elle. Nommée directrice de la rédaction des Inrockuptibles il y a quelques jours, la jolie journaliste (mais noooon, pas que) a profité de cette belle opportunité professionnelle pour faire sienne la devise de Cristina Cordula : adoptons un nouveau look pour une nouvelle vie. L’occasion pour nous de faire à nouveau marcher la machine à remonter le look de celle qui se cherche (en la matière) et dont on espère qu’elle ne s’est pas définitivement trouvée…

Audrey époque fraîche journaliste

Le brushing à la Donna Martin réalisé au lisseur, un chouïa trop plat pour un look bonne élève, assorti à une chemise Zara cintrée au col bien ouvert mais pas sexy, rehaussée d’une veste sans personnalité. Bref, le style passe-partout de la journaliste qui débute dans une rédaction sans styliste. Heureusement, Audrey est jolie et souriante, mais elle nous fait fatalement penser à nos premiers entretiens d’embauche lorsque, boudinées danss notre tailleur-pantalon en synthétique acheté chez Morgan, on priait pour que l’employeur ne s’approche pas de nous ni que les effluves de sueur passées par le filtre de l’abominable matière n’anéantisse toute chance d’être remarquée.

Sentence : « Ma chairie on doit te trouver UN LOOK ! »

Audrey époque starification

Y’a quelque chose de changé dans sa vie… Mmmh, ne coupons pas les cheveux en 4, Audrey a finalement accepté de confier son indomptable chevelure à un professionnel, c’est certain. Classe, la jeune journaliste entre dans la cour des grandes : comme Schoenberg, Chazal et Ferrari, elle a son brush Jackie O’, celui qui impose le respect, en particulier lorsqu’il est assorti à une robe trois trous. Audrey est entrée dans la cour des grand(e)s.

Audrey en mode sexy

Elle nous avait peu habitué à ce genre d’excentricités et pourtant, c’est bien Audrey qui, un jour, décida de poser en short ras la moule, débardeur blanc, cheveux sauvageons et fourche à la main dans un décor très « L’Amour est dans le pré » (t’as eu chaud, Karine, elle en voulait peut-être au programme star de M6) pour une série photo que ne dédaigneraient pas forcément les chauffeurs de poids lourds amateurs de calendriers coquins.

Sentence : « Ma chairie tou est souperbe mais la crédibilité c’est pas ça ! »

Audrey se nanamouskourise


Qu’est-il passé par la tête d’Audrey le jour où elle a décidé d’assortir son nouveau look de lunettes de soudeur ? Mystère. Comme dirait Cristina : « Ma ma chairiee ça te va PAS DOU TOUT !! ». Serait-elle de mèche avec Nana ? Sponsorisée par Afflelou (le fou) ? Toujours est-il que, dès lors qu’elle prit chez Ruquier sa place de bourreau d’auteur,  elle ne quitta plus ces hublots à vous faire dresser les cheveux sur la tête.

Audrey a pris la foudre

L’avez-vous vue, la photo « officielle » de prise de nouvelles fonctions de la Miss Pulvar dans sa nouvelle rédaction aux Inrocks ? Comme d’autres en leur temps ont jeté leurs soutiens-gorges, Audrey a-t-elle décidé d’affirmer sa liberté en balançant par la fenêtre coiffeur, gels anti-frizz, mousse structurante et fers à lisser ? Passe encore que la belle ait décidé de se vêtir d’un filet de pêche pour aller rencontrer ses nouveaux collègues (« Mais regardez-moi cette dentelle, la finesse du point !), mais pour quelle obscure raison piétine-t-elle ainsi plusieurs siècles d’art capillaire ? La réponse pourrait peut-être nous être apportée par Stéphane Bern qui lui aussi, en son temps, avait jeté aux orties sa brosse ronde dès lors qu’il s’était libéré des chaînes aristocratico-people de Saga pour plonger dans le grand bain des émissions décomplexées. Mais qu’est-ce qu’on s’était foutu de sa gueule !

Nous nous passerons  bien entendu de faire de même avec Audrey, d’autant qu’elle a maintenant beaucoup de pouvoir dans les médias et sur les réseaux sociaux. Loin de moi l’envie que nous nous crêpions le chignon… Franchement, c’est MA-GNI-FAÏQUE MA CHAIRIE !!

Angélique, marquise des ondes

Est-il encore possible de regarder « Angélique, marquise des anges » en 2012, près de cinquante ans (arghh, ça ne nous rajeunit pas !) après sa première diffusion sur nos gros écrans ? C’est la question que je me suis posée hier soir lorsque j’ai découvert que TMC avait maintenu le calendrier estival historique malgré une météo calamiteuse en programmant notre soap annuel préféré.

Dans des décors acidulés en carton-pâte, j’ai ainsi pu redécouvrir Michèle Mercier, Angélique un jour, Angélique toujours, et son ténébreux Joffrey de Peyrac immortalisé par Robert Hossein (oui, le même que celui qui mit en scène les grands spectacles tels que « Ben-Hur » ou « Jésus, la résurrection » dans les années 2000). Le pitch d’Angélique est simple : Angélique est mariée « de force » par son père à un type riche, mais plus vieux, qu’elle n’a jamais vu. Dans un premier temps, elle tique un peu sur l’âge mais attend de voir. Malheureusement, il s’avère que le type en question boîte et est défiguré par une cicatrice qui lui mange la joue. Elle le trouve alors si laid qu’elle pousse de petits cris de dégoût et refuse de se faire honorer le soir de la nuit de noces (sympa !). Joffrey, qui trouve Angélique très à son goût, pleure. C’est très triste. Et pourtant, le temps passant, Angélique cette gourdasse se laisse séduire par cette montagne de testostérone qu’est le comte de Peyrac (excusez du peu), finissant par tomber raide dingue de lui (on la comprend), ne réitérant pas l’erreur de sa consoeur Scarlett O’Hara qui n’aura compris que trop tard qu’on est mieux servi par un ténébreux excitant qui vous aime que par une lavette indécise qui s’en fout. Le couple s’aime alors follement, ce qui est rare pour l’époque, et passe alors de longues heures au lit à fricoter. On voit même fréquemment Angélique toute nue, habilement cachée par endroits par des pans du lit à baldaquin ou la main de Joffrey, grâce à un subtil travail de l’image. A voir l’air ahuri de l’héroïne lovée dans ses draps de satin après que son époux l’eut chevauchée, on comprend aisément que le Joffrey est un très bon coup. Mercier nous sort alors l’artillerie lourde et pleure (sans bruit ni morvade, évidemment), pour ceux qui n’auraient pas bien saisi la volupté de la scène.

Tu étais si belle, à côté de ces femmes, une perle parmi des haricot

Plus tard, le petit couple qui va bien reçoit Louis XIV en personne, venu avec sa fraîche épouse Marie-Thérèse, qui s’avère être une naine assez ingrate.

–          J’aime, Sire, lui confie alors Joffrey, encore sur son petit nuage (notez la classe internationale de la réplique).

Arrive alors Angélique, plus tatasse que jamais en robe à crinoline, faux cils et regard supérieur. L’assemblée s’arrête alors de respirer.

–          Quelle beauté !, lâche alors un invité.

Le roi est sans voix, mais on sent qu’il est vénère…

–          Tu étais si belle, à côté de ces femmes, une perle parmi des haricots, lui glissera plus tard Joffrey, fier (prenez-en de la graine, messieurs –  sans mauvais jeu de mots).

Tout ça pour dire, vous l’aurez compris, que le roi va vouloir se venger de tant de bonheur que ces modestes noblillons lui ont jeté à la figure lors de son passage dans leur demeure. Il fera donc embastiller le boîteux sexy pour d’obscurs prétextes, ce qui poussera alors Michèle Mercier à froncer les sourcils lorsqu’un messager viendra lui apprendre la nouvelle. Actor’s Studio represent.

Mono-expressive, l’inoubliable Michèle semble effectivement ne disposer que de peu de choix dans sa palette d’actrice, élément qui ne saute pas aux yeux lorsqu’on a neuf ans et qu’on regarde avec passion les aventures d’Angélique avec ses grands-parents les soirs de chaudes soirées d’été (je me répète, je le sais). Bourrée de clichés, surannée et bien souvent ridicule, la série des Angélique reste malgré tout intemporelle et parvient à nous emporter sans difficulté dans sa grande saga romanesque, comme seuls savent le faire ces programmes saisonniers multi-diffusés que sont Fantômas ou Sissi, pour ne citer qu’eux.

Si vous doutez, vous avez en face, le jeudi, sur M6, « 60 secondes chronos », programme grâce auquel vous pourrez voir des candidats relever des défis aussi malins que gober un Oreo sans les mains, faire tenir un cintre en équilibre ou jouer à Domino Day avec des boîtiers de CD, tout ça en 60 secondes chrono…

C’est vous qui voyez. Quant à moi, je reste team Joffrey.

L’Amour est dans le pré saison 7 : Céline est le nouveau Jean-Claude

Chaque nouvelle moisson de candidats à L’Amour est dans le pré apporte son lot de timides, de cas sociaux, de grognons au grand cœur, de désespérés, de profiteurs, d’amoureux transis ou de postulants à la ferme mais aussi, et surtout, offre exceptionnellement aux téléspectateurs (et accessoirement aux producteurs, ravis) son candidat-buzz.

L’année dernière, l’excentrique Jean-Claude avait joué ce rôle, tenant la 6e saison à bout de bras et de réparties loufoques, faisant le bonheur des replayers en tous genre grâce à des sorties aussi franches que touchantes, lesquelles avaient déjà fait rire aux larmes Karine Lemarchand dès la session d’ouverture des lettres.

Cette année, la perle rare n’est pas du côté des agriculteurs mais des prétendants, ou plutôt des prétendantes. Non, je ne vous parlerai pas de Patricia, devenue célèbre en quelques secondes pour avoir tenté à plusieurs reprises d’emprunter un escalator dans le mauvais sens, s’inscrivant sans nul doute pour les 40 années à venir dans les bêtisiers du monde entier. Non, la candidate qui a retenu notre attention pour sa personnalité pour le moins… extravagante porte le doux nom de Céline (à ne pas confondre avec Téline, la candidate malentendante de l’année dernière poursuivie par Laurent, l’abominable stalker parisien).

La Céline 2012 est hystérique, logorrhéïque mais finalement charismatique… dans son genre. Vous en doutez ? Jugez par vous-même ce compte-rendu du speed-dating de Céline avec Jo, son prétendant :

Céline : « HEEElloooooo-je-n’te-serre-pas-lamain-parcequechus-stressée-jesais-que-t’aimes-passa-enplus-les-mains-mOITES-HA-HAHA-Hahahahahaha » (rire crispé mais néanmoins fort sonore… et inquiétant)

Jo : …..

Céline : « Oui, je suis ce qu’on appelle logorrhéïque c’est-à-dire que je parle beaucoup, mais j’écris aussi beaucoup. Ca cache un peu la nervosité PAS TROP BIEN HAHA-hahaha-HAHAHA !!! »

Jo : « Euh…. Non. »

[Blanc}]

Céline : « HA TU VOIS ! Là y’a un blanc. TERRIBLE !!! Ca a duré 3 secondes. Bha ça m’a stressée !!! »

Jo : « Euh… Et là t’es pas naturelle ? »

Céline : « NAN, CHUS HYSTERIQUE ! » (Non…) « Nan nan d’habitude chus plus posée… Hein HEIN rhirhirhi hi………..hihi……………euh…..»

Jo : « Oui bha sinon ça pourrait faire peur… »

Céline : « Ah bha j’me fatiguerais moi-même HEIN ! (…) HO, je SENS que t’es déjà un peu FATIGUÉ (panique) !!! »

Croyez-le ou non, et ceci corrobore plus encore la tendance 2012 qui veut que la chieuse soit la nouvelle belle gosse qui la boucle (juridiction Trierweiler), Jo a choisi de donner sa chance à Céline pour la suite de l’aventure. Et Twitter de s’enflammer, comme d’habitude, à coups de « Haaan NON pas Céline la psychopathe », « Ta gueule Céline » et compagnie.

Eh bien pour moi Céline, 32 ans et toujours chez ses parents, sage-femme de son état et, donc, logorrhéïque chronique, c’est autre chose. C’est vrai, les parents de Céline ont enfin pu, grâce à Jo, s’offrir la semaine de vacances qu’ils envisageaient depuis des décennies, éprouvant là forcément un certain soulagement amplement mérité. Mais Céline, et nous le découvrirons certainement au fil des épisodes, c’est aussi ce petit vent d’air frais qui rend regardable « L’Amour est dans le pré ». Céline n’est pas actrice, Céline porte en 2012 un sous-pull orange assorti à ses collants (en laine), recouverts de petits chaussons en tissus rouge pour prendre le train, un sac à dos bariolé Hello Kitty sur une épaule et des lunettes violettes à arabesques en fleurettes. Céline cancanne, Céline a le nez pointu, Céline est le genre de nana a dire « saperlipopette », Céline a l’air d’avoir 12 ans mais Céline a fait craquer le morne vieux garçon soulagé de voir arriver cette joyeuse prétendante après avoir passé de longues minutes de solitude avec la déprimante Léa.

Que ce soit clair, Céline est la Mary Poppins de cette édition ! Le p’tit morceau de sucre qui aide la médecine à couler, colore les écrans, et nous apprend que naïveté, magie et enthousiasme non calculés sont encore possibles à l’heure de l’industrialisation de la télé-réalité où des candidats à crêtes, tatoués sur tout le corps, se regardent danser des heures entières dans un miroir, saucissonnés dans d’absurdes fringues en simili cuir censées faire d’eux des vedettes de quoi on n’en a aucune idée et eux non plus, très certainement.

Céline c’est autre chose, puisqu’elle est différente mais aussi tellement normale.

En un mot, Céliiiine, est MAGIQUE !