Un dimanche soir devant le PSG…

Le dimanche soir, à la télé, c’est toujours le même programme : un blockbuster bien popu mais nul sur TF1, un film pas mal sur France 2, un Capital spécial ménages surendettés sur M6 et un match du PSG sur Canal. Et quand on a un concubin supporter du triangle des Bermudes du football mondial (entendez par là, comme le soulignait très justement Ruquier dans « On n’est pas couchés » samedi dernier, que lorsque de très bon joueurs y arrivent en fanfare, ils disparaissent mystérieusement du paysage), on finit invariablement par se rabattre sur un bon vieux match de Championnat à l’ancienne… Et ce qu’il y a de bien, c’est que les soirées se déroulent tout aussi invariablement de la même manière :

20h40, en train de préparer à manger, de la cuisine, moi :
– «  »On » joue contre qui ce soir ? »
Keum : « Auxerre » (à remplacer par Lille, Rennes, Sochaux, Guingamp… en tous cas c’est toujours un match trèèèès important, sauf quand c’est Marseille où là, Keum fait exception à la règle du dimanche soir (pas sortir) et part assister à l’événement historique avec de véritables connaisseurs.
2e question (importante, rapport au bruit dans la rue) :
– Et « on » joue ou ? Au parc (des Princes) ?
– Non, à la baie des Champs…
Tiens, je savais pas qu’Auxerre etait au bord de la mer… A moins que ce soit « l’AB des Champs »… J’apprendrai plus tard en lisant un article que c’est « l’abbée-Deschamps« , tout aussi chelou.

21h : on se met à table. Keum est concentré, fronce les sourcils et c’est comme si on matait les résultats de 2nd tour de la présidentielle. Pas moyen d’en placer une…
– On a passé un bon week-end, hein ?
– Mmmh
– Tu me passes le fromage ?
– Mmmh
– Je pense me raser un côté de la tête tout à l’heure.
– Mmmh
– Je me suis tapée ton frère.
– Non mais je regarde, là ! Tu veux quoi ?
Rien 😦 Pfft

21h30 : but du PSG OUAIIIIIIS !!! Enthousiasme, envoi de textes aux potes fans de l’équipe rouge et bleu, tapage dans les mains, sautillements sur canapé râpé, puis reprise de conscience de la présence féminine dans la pièce (moi).
– Tu disais ? Mon frère s’est rasé la barbe ?

21H50 : mi-temps. Rengeage du dîner. Zapping sur les autres chaine. Stop rapide sur TF1, plus long sur Capital mais zapping excédé lorsque la voix off devient trop insupportable (« ENQUEEEEETE sur ces ménages en crise ! Florence et Thomas vivent dans la rue depuis 6 mois… »), passage sur France 2, voire scotch trop long jusqu’à…

22H05 : … la reprise. Alors que je tweet frénétiquement pour tromper mon ennui, tout en feuilletant distraitement le JDD, puis le Version Fémina, l’ennui semble gagner également Keum, qui fronce les sourcils en scrutant sa tablette. Il rechecke les résultats des autres équipes et sembla faire de savants calculs pour anticiper, au cas où les choses tourneraient mal (match nul), où se placeraient finalement les Parisiens au classement. Parce que l’équipe en blanc commence à pressuriser sérieux. J’y connais pas grand chose mais ça se passe vachement plus du côté où il y a le gardien de « notre » équipe (Keum dit  tout le temps « on » en parlant du PSG donc comme je suis un peu de sa famille, je me dois de faire pareil !). Je me concentre pour comprendre. Le fameux Néné (nom marrant quand on écoute le match d’une oreille en faisant autre chose mais bien moins que Kaka) court dans tous les sens, un mec qui ressemble au prince Harry (Kévin Gameiro, me precise-t-on dans l’oreillette), a l’air sous tension ; tiens y’a un type qui s’appelle Maxwell, comme le café et un autre Leonardo (mais vraiment aucun rapport avec la choucroute titanesque). Ouais, ça vole haut dans mes analyses mais on s’intéresse comme on peut, sachant que l’équipe compte zéro beau gosse (grosse performance sur 22 sportifs de moins de 35 ans).

– Tu veux mater « La Défense Lincoln » ? tente Keum, qui prouve par là qu’il se fait bien chier en fait…
Comme d’hab, le PSG tient mollement le score pendant une deuxième mi-temps somnifère. D’ailleurs, je décline la proposition, parce qu’à 78 minutes de ce rythme, mon lit me tend ses bras en oreillers (mmmh).
– Je vais bouquiner, tu me raconteras ?
En fait, je préfère m’éclipser, car je sais ce qu’il va se passer, et je ne suis pas très à l’aise dans ce genre de situations… Mais j’ai de la mémoire, moi…

Comme d’habitude, le PSG va craquer avant la fin, et faire tomber les barrières à la 89e minute pendant que je me lave les dents.
– Haaaaaan ! PUTAIN, mais quelle bande de MEEEEERDES !!!! (Tiens, c’est plus « on » ?)
Puis un silence lourd, dense, un malaise palpable depuis mon lit douillet s’installera dans la pièce attenante.
Je fermerai la porte de la chambre, prudente.
[Petite variante : à la 92e, dans le salon, un silence plus puissant qu’un coup de tonnerre retentira, alors que des cris virils et stridents (oui, ça existe), sortiront de la télé. « Les autres » auront à nouveau marqué. Parfois, c’est un match de Coupe. Du coup, « on » est éliminés. Hier soir, on a visiblement perdu notre titre-de-champion-mais-c’est-pas- sûr.]

Keum prend alors la tête dans ses mains et éteint la télé, de rage, ou zappe sur les ménages au fond du trou histoire de se faire une bonne dépression post-matchum. Allons-y à fond.

J’entends Jérémy Menez, le mec d’Emilie de Secret Story, qui donne une interview à Laurent Paganelli, dit Paga, un tout petit blond sympathique à l’accent marseillais. Le mec est pro, du coup les joueurs acceptent toujours de lui répondre, même quand ils sont d’une humeur de chien. Le CFC commence, Keum est dégoûté, déprimé, dépité. Une sale semaine qui commence.

Alors j’aurais une requête à formuler aux programmateurs de ce truc : pourriez-vous faire jouer Paris à d’autres horaires ou jour de la semaine ? Pour le bien de l’équipe, des couples et de l’économie (salarié heureux = salarié performant), merci. Suis prête à en débattre. Pour me contacter : adeledebrief@gmail.com

Sur ce, bonne nuit aux Marseillais. « Nous », on a le PSG-blues. Ptetre que c’est l’abbée (Didier) Deschamps qui nous a mit la chkoumoune…

Debrief des César : Kassovitz n’a enculé personne mais Mathilde Seigner a soûlé tout le monde

Hier soir, la grande famille du cinema s’était réunie pour fêter la très belle année 2011 du cinema français. Mais comme dans toutes les familles, tout ne s’est pas passé sans encombre.
Gilles Lelouche, le cadet adoré, est venu sans Mélanie Doutey, sa femme et, meme s’il a ri de sa réputation d’infidèle et de seducteur, nous n’avons pu nous empêcher de trouver cette absence étrange. Quoi, ils n’ont pas trouvé de baby-sitter ? Dans la famille, on s’interroge…
Il y avait aussi le cousin terrible, Matthieu Kassovitz, qui avait récemment promis d' »enculer le cinema français avec ses films de merde« , et a débarqué sans prévenir. On a tremblé… Allait-il mettre sa menace à exécution ? Que de la gueule. Le Zincou a remis son prix avec discipline, et la famille l’a applaudi avec indulgence, probablement soulagée pour ses fesses. Quant au cousin, il espère certainement avoir sauvé l’enveloppe que pépé lui donne a Noel.
Heureusement que la Tata bourrée est venue mettre l’ambiance. Mathilde Seigner, relou comme a son habitude, a gâché le Cesar de Michel Blanc en réclamant que Joey Star monte sur scène car elle « aurait vachement aimé qu’il l’ait ». Ridicule, elle a mis toute la millefa mal a l’aise. En plus, on note que Tata a bien changé parce qu’on n’oublie pas que lorsqu’elle était amoureuse d’un imitateur célèbre et reac, elle disait le plus grand mal du rap et de la banlieue. Mais elle est comme ça, Tata, elle retourne tout le temps sa veste.
Sinon en vrac, Julie Ferrier la cousine de province a monopolisé toute la conversation avec un sketch loooooong qui failli en faire zapper certains, de Caunes le fils préféré nous a sorti ses vieilles blagues et quelques inédites pas mal, Valerie Bonneton et Kate Winslet ont rivalisé de décolletés, la clan Polisse a fait conversation a part toute la soirée et Omar le petit voisin qui squatte le dimanche a la maison depuis plusieurs années a fini par rafler tous les suffrages. Pépé le kiffe bien.

Comme dans toutes les familles, on se reverra l’année prochaine, a moins qu’il n’y ait un mariage ou un enterrement entre-temps.