Avec Titi au Monoprix, non au quotidien quotidien !

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Tous les samedi, nous partons, Titi et moi-même, en expédition au Monoprix. Attifés comme c’est pas permis (lunettes triple foyer, pyjama + santiags pour moi, idem pour Titi, ravi de plus avoir à engoncer ses grenouillères dans des bottes en caoutchouc depuis qu’il a passé l’âge d’en porter, trainant bruyamment mais avec entrain le chariot de mémé que si on m’avait dit y’a 5 ans que j’oserais me trimballer avec ce truc dans la rue, je me serais immolée à la Pom’Pot direct).

9h02 : Entrée en fanfare dans le Monop’ qui vient d’ouvrir. Nous sommes des warriors des courses, un binôme qui force l’admiration et dont la complicité, visible, va nous permettre d’expédier cette épreuve en deux temps trois mouvements. On arrive tôt, parce que Titi ouvre commerce à 6h et qu’on a déjà une vie derrière nous. Et pourtant, une bonne grappe de personnes âgées faisait déjà la queue devant la porte close, nez à nez avec le vigile à travers la vitre pop-stickerisée, depuis une bonne demi-heure. On ne souligne d’ailleurs pas assez ce que Monop’ apporte au 3e âge.

(Passage discretos au « vous » pour une universalisation du papier et de l’expérience, et parce que je suis pas fana fana du « je » bloguesque…)

9h04 : Le caddie. Big deal. Les non-parents ne connaissent pas ça mais vous remarquerez que tous n’ont pas le petit siège enfant. Hum… Et qu’est-ce qu’il se passe quand vous n’avez qu’une pièce et que le caddie-siège est 3 caddies plus loin que le premier ? Les lecteurs scientifiques ont déjà résolu l’équation, alors que les autres tentent un schémas compliqué sur un post-it. Je vous arrête tout de suite, avec une seule pièce, c’est no way. Il faut donc vous rendre à l’accueil et faire face à une femme peu aimable qui vous jettera un jeton Monop’ sans un regard (« Quoi la dame l’est pas gentiiillle ? Quoi la jeté la pièèèèèce ?). Là, vous pourrez jouer à Fort Boyard en débinzant (de « binz » = truc = schtroumpf) un premier chariot, puis un second, que vous rattacherez au premier pour récupérer le premier jeton et ainsi de suiiiite Viiiite, la clepsydre ! SORS, SORS ! (Difficulté supplémentaire : « Nan c’est moi qui fais ! Nan c’est moi qui fais ! Nan BHOUUUUUuuuuuuuu »).

9h10 : Au rayon fruits et légumes. Carottes, brocolis, patates, pommes… Depuis que Titi est là, finies frites et pizzas, vous êtes sains ! Sauf qu’à force de vous venère devant la pesette à chercher 3 plombes la bonne étiquette avec la bonne photo de la bonne pomme (« Putain mais elle est rouge ou bordeaux cette p*** de pomme Canada ? Sten penses Titi ? Fait ch**** ! Vazy ça me soûûûûle ! ») avant de vous faire aider par une habituée de 87 ans qui appuiera direct sur le bon bouton, vous foutant définitivement la honte devant un Titi baba (« Poupoua la dame elle a crouvééé ? Poupoua maman l’a séneeeerve ? »), pas sûr que l’ulcère qui vous guette soit vraiment plus agréable au final que les bons vieux problèmes cardio-vasculaires dûs à la fréquentation assidue du clown Ronald. Du coup, raclure, vous prenez une carotte en scred’ que vous rajoutez dans le paquet déjà pesé et étiqueté, ou bien vous appuyez sur les tomates non-grappes premier prix alors que vous avez pris les plus chères, histoire de vous venger du temps perdu. Pathétique. (« Poupoua maman l’a volé la caroootte ? » – « Mais non, maman n’a pas volé de carotte mon chéri ! » – « Si » – « Non » – « Si » – « NON. Bon, tu veux tes gâteaux ou pas ? ». Affaire conclue. Pathétique again).

9h30 : Passage sans encombre aux rayons « adulte » (pas sex-shop mais trucs inintéressants pour Titi type lessive, café, beurre ou viande), si ce n’est une énième et longue tentative de comprendre le pourquoi des différences de prix entre les saumons norvégiens, irlandais et monopresque, 2 tranches, 4 tranches, fumé, cru ou poivré. Bon, vazy vous prenez de la truite saumonée. Le caddie se remplit ensuite tranquillement pendant que Titi tente inlassablement de rentrer le zigouigoui déclipseur du zeuro dans le trou (vous l’avez fait vous-même jusqu’à il y a encore très peu de temps), puis de retirer le jeton Monop’ en tirant dessus. Cric, slup, scratch, bring. Jusque là, tout va bien.

9h45 : Alerte rouge. Titi, soûlé du caddie, tente un suicide par décaddisation au rayon compotes, ce qui vous pousse à le libérer avec une anxiété grandissante. La bête est lâchée alors que le Monop’ se remplit de gens « normaux ».

9h50 : « TItiiiiii !! TITI PUTAIN STU BR**** fous ? T’es OUUUUU ? » Un brouhaha attire votre attention à ce moment précis… des rires au rayon confiseries… Affolée, vous débarquez hirsute en poussant difficilement le caddie qui roule (forcément) de traviole alors que Titi tient salon avec plusieurs boursettes octogénaires aux cheveux violets, les bras chargés de boîtes de biscuits, et qu’il cherche à se faire attraper des chocapik au dernier étage. Titi s’est grave cru dans « Pekin Express » (« Pas d’argent, moi. No money. You buy biscuits for me. ») Sourire crispé, vous allez devoir tenter de le faire lâcher prise sans encombre. Comme un keuf arrêtant dans la plus grande discrétion un délinquant en plein forum des halles un samedi aprem, la tâche s’annonce difficile. Et c’est 9 fois sur 10 que vous finirez par le trainer à même le sol, compulsivement accroché à des Chamonix qu’il aura réussi à sauver, ultime souvenir de son braquage en bande organisée.

10h15 : Après quelques difficultés rencontrées au rayon yaourts (« Nan pas ceux-là ! » « Si ceux-là ! » « Naaaaaan ! Naaaaaan ! Zaime paaaaaas ! » « Ca ! » – « Tu veux du ROQUEFORT ? » « VI ! » « Pff, n’importe quoi…. » sous les regards accusateurs des amies boursettes de Titi qui passaient par là genre « le pauvre petit »), direction le Monop’ beauté pour un petit moment de détente avant la caisse. Après ce Koh-Lanta du shopping culinaire, cet aparté s’apparente à un spa grand luxe. Et pourtant… « Tiens maman, CA ! » (du vernis bleu ?), CA, CA, CA ! Jetant allègrement tout ce qui lui tombe sous la main, Titi cherche alors à vous imposer l’achat de couches pour incontinences adultes, quatre boites de Tampax Flux extrême, une multitude de jouets, des gels douches à la papaye de Yougoslavie à 107 euros la bouteille, du PQ à n’en plus finir et finit par débarquer, après une absence inquiétante de plusieurs minutes, recouvert des multiples fards à paupières multicolores dont il s’est consciencieusement tartiné grâce aux échantillons « TEST » gracieusement mis à la disposition des clienTES par monsieur et madame Monoprix vos amis.

10h45 : Exténués, vaincus, vous vous dirigez tous les deux, le caddie plein et le pas lourd, vers les caisses encombrées par les supermamans organisées, propres, repassées, la queue de cheval fière et le bambin parfumé, alors que vous prenez seulement conscience de votre accoutrement qui, à 9h du mat’ dans un quartier désert et avec la seule présence de vos amis du troisième âge, vous faisait alors passer pour une hipster qui assume le décalage, mais fait en fait vachement plus clochard pas de luxe au grand jour. C’est donc morte de honte que vous confiez Titi et votre caddie à une dame dans la queue après vous être rendue compte que vous aviez zappé son lait. Vous courez alors, comme dans une épreuve coup de feu de Top Chef, vers votre ingrédient oublié, bousculant au passage un ancien mec pas mal avec qui vous étiez en seconde, qui, l’espace d’un instant, semble vous reconnaître, avant de conclure, certainement, que vous ne pouvez quand même pas avoir pris si cher en si peu de temps. Au moment de séparer une bouteille de Candia croissance du lot de six et de planter nerveusement votre index dans le plastique bien tendu, vous avez alors toujours ce réflexe de regarder à droite à gauche comme si vous braviez un interdit (on a vraiment le droit sérieux ?).

11h : Bip ! Bip ! Bip ! Après avoir foncé récupérer le caddie de mémé, vous tentez fièrement de tenir la cadence de la caissière survoltée, en tentant de ranger vos achats aussi vite qu’elle les passe devant son rayon laser. Mission quasi impossible, elle ruse, vous en êtes sûre. En plus, y’a trop de courses, ça déborde. Du coup, il faut prendre des petits sachets en plastique en plus et vous êtes immanquablement ralentie par les multiples et divers essais d’ouverture du sac bien collé par l’électricité statique (froissage nerveux, détachage appliqué l’à l’ongle, roulage entre le pouce et l’index, piétinement…).

11h15 : Vous avez la carte Monoprix ? Non. Et vous la voulez ? Vous fixez alors, incrédule, la meuf genre « Tu plaisantes j’espère ? Tu crois vraiment qu’après 2h de caddithon je vais remplir un formulaire pour accumuler des smiles que j’ai toujours pas DU TOUT compris à quoi ça servait ? » Devant ce long silence gêné et gênant, la caissière lâche l’affaire et annonce un prix TOUJOURS au-dessus de celui que vous aviez parié avec vous-même dans votre tête en faisant la queue. Pourtant, vous calculez souvent large et pas exprès en-dessous comme au « Juste Prix » où, si votre estimation dépassait le véritable prix de la vitrine, vous aviez perdu. 10 387 euros ! Sa race.

11h30 : Traînant avec difficulté le chariot lesté que Titi veux ABSOLUMENT tirer lui-même (« Nan sémoi ! Nan sémoi ! Nan sé…. »), soutenant à grand peine les petits sacs coupeurs de doigts de votre main valide, et tentant de garder un oeil sur votre compagnon d’infortune qui, de toute façon, est scotché au sachet à travers lequel on distingue les Chamonix (« Moi zen veux ! Moi zen veux ! Moi zen…! » – « OH ! Maman souffre ! »), vous rentrez alors chez vous, jurant vos grands Dieux que plus jamais vous n’y retournerez.

Et pourtant… Comme pour ces lendemains de fête où l’on jure que plus jamais on n’ingurgitera une goutte d’alcool, ou ces accouchements abominables très vite effacés des mémoires, c’est avec le même entrain que deux semaines plus tard, vous retournerez gaiement vous faire « Une Nuit en enfer » version urbano-conso. En plus, han, regarde Titi, y’a les 9 jours Monoprix du 2 au 15 mai trop COOOOL ! » – « Ah oui zi koul moi l’a lachté lé GATO ! »

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Top Chef 2012 / Présidentielle : dernière ligne droite pour les candidats…

Ils ne sont plus que quatre dans la course au titre de Top Chef 2012. Après l’élection surprise de Romain Tischenko en 2010, puis celle, plus attendue, de Stéphanie l’année dernière, qui l’emportera cette année ? Cyrille, Tabata, Norbert et Jean ont la niaque, et veulent tous gagner. Ce soir, l’un d’entre eux quittera l’aventure. Ils ne seront alors plus que 3, puis deux, au second tour, à être soumis aux votes de Français impartiaux. Des votes ? Avril ? Cela ne vous rappelle rien ?

 

Jean – Sarkozy : Outre le fait que Jean ait le même nom que le fils du Président-candidat et, comme lui, le cheveu dru, la comparaison ne s’arrête pas là. Comme Nicolas, Jean ne cache pas son ambition. Eh oui, le titre de Top Chef, il n’y pense pas qu’en se rasant (en plus, il se rase pas beaucoup…), ce qui agace pas mal d’internautes. L’ambition affichée, ça plait ou ça plait pas. Propriétaire de son restaurant depuis de nombreuses années, Jean a l’expérience du pouvoir, et sait piloter une équipe. Pour son gouvernement, il a même repris Juan, devenu son Fillon, euh, son second. Considéré par certains comme arrogant, Jean-Sarko connaît son business et pourrait bien coiffer ses rivaux au poteau. Plombé par son portrait dans lequel il semble jouer au tennis au Racing, Jean est vu comme le candidat des riches (alors qu’il s’agit du tennis-club de La Haye-les-Roses et que non, son papa ne lui a pas acheté son restaurant !)

Son atout ? Son assurance.

Son point faible ? Carla, euh… papa, qu’il cherche tant à impressionner que ça pourrait le stresser.

 

Cyrille-Hollande : La ressemblance physique vous saute aux yeux ? Ca n’est pas la seule ! Cyrille, c’est le gagnant annoncé. Il arrive en tête des sondages, et sa bonhommie, sa connaissance des dossiers et son côté monsieur propre plaisent au plus grand nombre. Cyrille-François, c’est le candidat « normal », un peu blanco de teint, un peu ancien gros ou nouveau, on sait plus (vous avez remarqué comme il a maigri depuis le début de l’ « aventure » ?), très bon élève et, lui aussi, il a une femme superbe. Incapable de dire du mal de ses adversaires, on pourrait croire que Cyrille n’en veut pas assez et pourtant, méfiez-vous de l’eau qui dort car il a son étoile à défendre et, comme tout favori, ne doit pas s’endormir sur ses lauriers…

Ses atouts ? Son côté passe-partout

Son point faible ? Son côté passe-partout

 

Norbert-Mélenchon : Il est le troisième homme, le candidat-surprise, le candidat du peuple, le self-made man, celui qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, dont on se partage les vidéos-chocs quotidiennement sur le web. De qui s’agit-il ? Aussi bien de l’un que de l’autre ! Norbert, c’est le Jean-Luc de Top Chef, le « monsieur petites phrases »… à moins que ce ne soit le contraire. « J’ai vu qu’il comptait m’enlever mon caleçon, je lui dis qu’il arrive trop tard, je suis déjà un sans-culotte! », c’est de Mélenchon. « J’ai le calfouette qui claque », c’est de Norbert. « Salaud », « larbin », Mélenchon a le langage fleuri, comme son alter-ego culinaire, qui « n’a pas fait bac +5 mais (…) bac d’eau chaude, bac d’eau froide » (véridique !). Ils sont l’un et l’autre les grandes stars de leurs programmes respectifs, et pourraient bien créer la surprise.

Son atout ? Sa folie

Son point faible ? Un niveau un peu moins élevé que ses adversaires

 

Tabata-Joly : Elles sont  autoritaires, ont un accent énervant, aiment la hiérarchie et la castration masculine… Tabata, Eva Joly, même combat ! Et malheureusement, elles ont chacune réussi, à cause de leur caractère, à déclencher les foudres sur les réseaux sociaux. La chef brésilienne comme l’ancienne juge norvégienne souffrent d’une cote d’impopularité au plus haut ! Cassante avec Norbert, à qui elle reproche sa bonne humeur, exécrable avec son équipe lors de l’épreuve du restaurant, Tabata n’a plus beaucoup de soutiens. Eva Joly, elle s’en était pris à David Douillet… Très pros dans leurs domaines, les deux mégères du web sont aussi les reines de la polémique. La chute accidentelle d’Eva hier serait-elle une prémonition du départ de Tabata ce soir…?

Son atout ? Un prénom sexy (comme Eva)

Son point faible ? Parle trop

Et vous, pour qui auriez-vous voté… ?


Top Chef 2012 – Ma soirée à l’Acajou à la recherche du Jean perdu…


Hier soir, nous partîmes à quatre « matériel », comme dirait DSK (entendez « filles » dans la phrase « Veux-tu (peux-tu) venir découvrir une magnifique boîte coquine à Madrid avec moi (et du matériel) ») direction le restau de Jean Moumoute Imbert, avec lequel j’avais pris rendez-vous, pour tester les lieux et le monsieur (et accessoirement ses perruques).

Bon, faut aimer le 16e. Et vous savez (ou pas) ce qu’on dit sur le 16e quand on est du 17e, mais ça n’est qu’une question de point de vue, et j’étais toute prête à pardonner à Jeaaan. A ma grande surprise, nous fûmes reçues par Juan (un « u » pour un « e » mais pas une faute de frappe), un autre candidat de cette saison (qui ressemble beaucoup moins à Benabar dans la vraie vie qu’à l’écran), devenu  le second du chef aux faux airs de Patrick Bruel. Mes copines, excitées comme des puces, et moi avec elles, piaillaient et piaffaient d’impatience en terrasse, verres de vin blanc à la main :

–          Tu crois qu’il est LA ? Tu crois qu’il est ashkénaze ? Tu crois qu’il va venir nous saluer ? Tu crois qu’il est dedans ?

–          Chais pas, il fait tout noir, je vois rien que le Juan et des ombres.

Moi, stoïque :

–          Mais vous croyez quoi, le mec est pas serveur, il est CHEF, il fait la CUISINE, il est en CUSINE ! me demandant quand même si c’était vraiment lui tout seul qui était en train de découper des tranchettes de kiwi, de melon et d’ananas en silence sur son petit plan de travail en zinc, essoufflé, regardant fébrilement la pendule comme dans une épreuve de coup de feu.

Les clients commençaient à arriver. Plutôt des jeunes. Plutôt en scooter.

–          C’est Cyril Lignac ! a dit Laurence, pointant ostensiblement du doigt un type en moto à casque intégral et barbour.

N’importe quoi…

Nous sommes finalement entrées et avons pris place au centre d’une très longue et haute table d’hôte dans une salle sombre éclairant davantage les plats que les visages, ce qui arrangera les filles de plus de 35 ans (aucun rapport mais les restos japonais, par exemple, sont à éviter niveau luminaires effet teint blafard). Sur une petite carte carrée, nous avons eu le choix entre une entrée « terre » ou « mer », puis avons sélectionné 2 plats dans une liste aux intitulés énigmatiques. Si vous n’aimez pas les surprises, on peut toutefois  vous orienter. J’ai préféré choisir au pif. Grosse maligne, j’ai finalement dû demander des précisions au moment de choisir le vin, parce qu’un Saint-Verant avec une côte de bœuf, ça le fait moyen.

Le concert a pu commencer.

Du crabe sur jus de mangue, accompagné d’une soupe d’étrilles à tomber par terre  et son mini-pavé de saumon mi-cuit. Tout ce que j’aime ! Ma Bretagne qui me tend les bras.

Ensuite, un carpaccio de langoustine comme réponse à tous mes vœux secrètement formulés en terme de  cru et de sous-marin depuis des années. C’est décidé, je veux épouser Jean Imbert !

–          Mais il est oùùùù, au fait, Jean Imbert ?

Stéphanie me sort de mon orgasme culinaire. Le Juan repasse.

–          Jean doit être très occupé, t’as vu la finesse de ces langoustines, la broutte à couper ! Tu crois qu’il a que ça à foutre de venir nous faire coucou alors qu’il décortique, coupe, cisèle ces putain de langoustines pour en faire des carpaccios carrés ?

Mon plat arrive : Bangkok. Une soupe aux gambas et son avocat en gelée. Beau, bon, chic, distingué, comme Zeaaaan. Mais il est OUUUUU, Zean (ouais, on commence à avoir pas mal bu) ?!

–          Non mais attends, il va venir au dessert, il va pas tout laisser tomber comme ça, son resto plein, pour venir taper le bout de gras avec quatre fans en goguette alors qu’il doit enfourner 50 petits soufflés individuels et vérifier qu’ils ne retombent pas !

Mouais…, quelles ont l’air de dire, mes copines, qui commencent sérieusement à me regarder avec pitié. Mmh, je connais ce regard, celui qui dit, au bout de 24h d’attente d’un coup de fil de mec, que non, il n’est pas mort, et que non, il ne rappellera pas. Mais je suis grande maintenant, et puis Jean m’a promis d’être là. Et moi, Jean, je lui fais CONFIANCE. Jean et moi on est comme les deux doigts de la main (hein ?).

–          Tu crois qu’ils vont l’applaudir quand il va venir ? Je tente.

Encore ce fameux regard. Je me tais. On parle de la grossesse de Laurence.

Les desserts arrivent : le fameux soufflé (il est fort, Jean, il a tout bien fait !) et la salade de fruits grâce à laquelle on s’est virtuellement rencontrés, Jean et moi.  Je serre contre mon cœur mon petit menu cartonné prêt à être autographié, et j’attends le chef.

–          Là, c’est sûr qu’il va arriver, je dis à mes copines.

–          Bha j’espère, hein, parce qu’on va pas tarder tarder non plus.

Et c’est à cet instant précis que la vérité nous est tombée dessus, apportée par un messager désolé : Jean s’excuse, il a été retenu, il ne pourra pas être là ce soir. La tête me tourne. Mais qui a fait à manger je ne comprends pas ? Pas là, Jean ? Non mais Jean, si tu as une perruque c’est pas grave, je le dirai pas je te jure (mmh mmh).

Sur le trottoir, mes copines m’évitent. J’ai l’abominable impression d’être en 4e et de m’être pris un gros vent par David Sraër.

Jean, tu m’as foutu la tehon, mais franchement c’était trop bon.

 

L’Acajou – 35bis, rue Jean de La Fontaine 75016 Paris

01 42 88 04 47

Menu : Midi 30 euros / Soir 60 euros

Le Top 20 (subjectif) des biscuits des eighties

Ce sujet vous semble d’une futilité sans nom ? C’est le cas. Mais étant en vacances à l’autre bout du monde, je n’ai accès à aucune de mes émissions de télé-réalité préférées pour vous les débriefer, et les conversations entre trentenaires avancés vont bon train, notamment lorsqu’elles tournent autour de la nourriture, comme c’est souvent le cas lorsqu’on lève le pied côté boulot, et que les journées sont rythmées par la préparation des repas et les réclamations pâtissières des enfants. Alors, les madeleines de Proust resurgissent au soleil… Ou plutôt les chokinis, granolas et autres pailles d’or, qui ont donné lieu à un débat agité autour de leur légitimité, leur histoire, leur typologie sociale et leur statut actuel (has-been, en come-back, éligible à « Encore une chance » ou inscrit pour l’éternité au patrimoine du goûter). Voici donc notre Top 20 totalement subjectif des biscuits génération X. Si nous en avons oublié, ou si vous avez des réclamations quant à ce palmarès, n’hésitez pas à nous le faire savoir.

1/ Les Petits coeurs nature 

Lovés dans leur petite boîte au packaging ocre, ces biscuits en forme de coeur agrémentés de sucre en leur centre se mangeaient en une bouchée. Un peu chers pour la quantité proposée, les Petits coeurs s’adressaient plutôt à une tranche aisée de la population et furent représentés dans des spots kitchs par Richard Anconina et Michel Boujenah, stars montantes de l’époque eux aussi. Plus tard, on a pu trouver des petits coeurs au chocolat, hérésie pour les puristes. Aujourd’hui, il est impossible de se procurer l’ex-idole du Felix Potin, et un groupe Facebook a même été créé, réclamant leur réintégration dans les rayons, en lieu et place des saugrenus « choco-crocks ».

2/ Les Choco BN

Biscuit le plus populaire des années 80, le Choco BN avait l’avantage d’être calant, bon marché et facile à transporter dans sa solide boîte format « balles de tennis » rembourrée de carton ondulé. Très prisé des colonies de vacances et autres centres aérés, le Choco BN a su également toucher les milieux bourgeois (c’est un peu le Johnny du biscuit, si l’on veut). Les excentriques se targuaient de le consommer en version fraise ou vanille, mais boulottaient le mythique choco sitôt la cour de récréé passée. Dans les années 90, les Choco BN ont vu leur vente baiser, la faute à Prince le copieur, venu grignoter des parts de marché. Aujourd’hui, le Choco BN s’est vu affubler d’un grotesque sourire, un peu comme si on avait mis des lunettes de soleil à la Statue de la Liberté, quoi. Pfft.

3/ Les Pepito 

Le Pépito se consomme traditionnellement au chocolat noir (emballage blanc et rouge). Empaqueté dans un misérable papier plastifié, le pépito faisait alors figure de biscuit du pauvre, à l’instar du Choco BN. De façon de plus en plus insistante, on lui a associé le gringo mexicain à sombrero bariolé (« Hay, pepito ! ») et offert une boîte en carton ainsi qu’un double emballage intérieur (comme ce sera paradoxalement le cas pour de nombreux biscuits à l’heure du recyclage à gogo).

4/ Les Finger

Comme tout ce qui est anglais, le Finger est un peu snob. Contrairement aux Pepitos, ils se consomment au chocolat au lait. La boîte contenait 16 de ces biscuits (24 aujourd’hui), dont le fabricant recommandait d’en manger 4 pour une portion normale (!), dose impossible à respecter, rendant la consommation de ces biscuits extrêmement coûteuse. Malgré tout, l’apparition, plus tard, de Finger version plus longue, est considéré par beaucoup comme un crime de lèse-majesté.

5/ Les Granola

Considérés par beaucoup comme des sous-Pépito (voir le groupe Facebook « Les granolas défient les pépitos »), les Granola se sont fait, doucement mais sûrement, une place de choix dans le paysage biscuitier français. Mélange de farine complète de blé, de gluten et de soja, leur biscuit, plus difficile d’accès, a pu rendre sceptiques nombre de trentenaires devenus finalement grands fans aujourd’hui qu’ils acceptent de manger même des huitres et des rognons. De nos jours, il semble que le biscuit dont on promet de n’en manger qu’un ait mis au tapis son équivalent mexicain, en tous cas chez les plus de 30 ans. Le biscuit a même son blog.

6/ Les Mikado

Les Mikado sont considérés par beaucoup comme des biscuits de fillettes, pour qui en manger, c’est un peu comme fumer des Vogue. En gros, si on a faim, mieux vaut se rabattre sur autre chose. En revanche, ces ludiques pailles habilement trempées dans le chocolat noir (non, on ne le mange ni au chocolat au lait, ni, et encore moins, au lait noisette) pour qu’on puisse les boulotter sans se salir les doigts pouvaient aussi servir, soit-disant, à jouer au jeu éponyme. Au risque d’en vexer certains, on peut dire que le Mikado est plutôt estampillé biscuit de fille.

7/ Les Pailles d’or

Pour le coup, la Paille d’or a une place à part dans la grande famille du biscuit : assimilé fille, voire même fille du 16e, la Paille d’or fut un des premiers à être packagé dans 3 petits pochons transportable (dans un petit sac à main Barbie, par exemple). En plus d’être peu calant et de forme étrange, la Paille d’or est à la framboise. Biscuit chelou et snob, bien que très appréciable ponctuellement.

8/ Les Petits écoliers

Arrivés un peu plus tard que les autres, les Petits Ecoliers ont rapidement réussi à truster les Tann’s français. Consommés au chocolat au lait (eh oui, la biscuiterie, c’est comme la grammaire française, plein de chausse-trappes et totalement illogique), les Petits écoliers ne sont effectivement « vraiment que pour les enfants« , car peu d’entre nous s’en achètent encore aujourd’hui, meme pour un long trajet en voiture.

9/ Les Quattro

Les Quattro sont des biscuits pour ogres, skieurs ou boudeurs de cantine. Peu connus, ils sont cependant très apprécies des connaisseurs, friands de l’épaisse couche de ganache aux noisettes enfermée entre deux gaufrettes, rappelant le goût inimitable du mythique Nutella (qu’il est inacceptable, rappelons-le au passage, de remplacer par une autre marque type pastella ou chocotella !)

10/ Les Pim’s

Encore un biscuit étrange pour personnes tout aussi peu conventionnelles, le Pim’s s’achète à l’orange (le parfum fraise est un non-sens absolu). Son succès tient certainement à la superposition de textures différentes (comme on dit maintenant dans Top Chef) : le moelleux du biscuit éponge au sous-sol, la marmelade gélifiée au centre et la fine couche de chocolat craquant au sommet. Les amateurs de Pim’s sont peu nombreux mais se reconnaissent entre eux, et éprouvent rapidement un sentiment d’appartenance à un groupe commun.

11/ Les Délichoc

Prononcé « Delice choc » par les enfants de l’époque, ces biscuits ont connu une gloire fulgurante, notamment en version chocolat noir. Impression ou réalité, il semble que ce qui fit le bonheur des eightisiens (large plaquette de chocolat noir agrémentée d’épais cristaux de sucre croustillants, laquelle plaquette dépassait assez du biscuits sur toutes ses arêtes pour que l’on puisse grignotter tous les bords avant d’attaquer le biscuit… ou pas d’ailleurs, pour les plus riches, qui laissaient de côté le centre) ait été rogné avec les années. Selon certains, le nombre de cristaux a été peu à peu diminué, tout comme la taille de la tablette de choc, désormais grignotable uniquement sur deux côtés. A vérifier avec le fabricant…

12/ Les Zanimo

Protégés par une petite boite de la taille de celle des Petits coeur, les Zanimo provoquèrent la colère de nombre de maîtresses d’ecole et de mères (dont la mienne) pour l’orthographe de leur nom, réduidisant a néant les efforts d’apprentissage orthographique de notre langue. Petits biscuits tendres couverts de chocolat (au lait, pour le coup), les Zanimo, un chouia petits, ont été relayés par leur équivalent format XXL, les Dinosaurus.

13/ Les Hello de Lou

Le cookie fit son apparition relativement tard, en France, notamment dans les rayons des supermarchés. C’est pourquoi l’arrivée des « Hello » fit l’effet d’une bombe, comme la jolie suédoise qui squatta les spots et films de l’époque, qui laissa un souvenir impérissable aux papas qui se jetèrent sur la boite de cookies, émus par cet accent craquant lorsqu’elle disait « Hello de Lou ! » « non, de Lu » « de Lou… »

14/ Les Palmito

Peu excitants, les Palmito avaient et ont encore leur fan club, sorte de niche du biscuit, notamment parmi les amateurs de palmiers a la boulangerie (fait tout aussi rare lorsqu’on peut choisir parmi croissants, pains au chocolat, chouquettes ou chaussons aux pommes). Nous respectons néanmoins cette communauté, pour avoir des amis parmi eux.

15/ Les barquettes

Les barquettes ont traversé les ans, car elles demeurent parmi les biscuits les plus populaires aujourd’hui encore, certainement parce qu’elles sont au fruit et non au chocolat, considéré de nos jours comme l’ennemi numéro un des jeunes enfants. Devenues « barquettes trois chatons » (un peu ridicule et infantilisant, quand même), les barquettes avaient ce côté ludique dû à leur forme de bateau qu’on pouvait éventuellement faire flotter sur du lait. A consommer en version fraise ou éventuellement abricot.

16/ Les Chokini

Comme tout biscuit contenant de l’orange et du chocolat, le chokini ne s’adresse pas à tout le monde. Sorte de cookie chic en forme de langue de chat et parfumé à la fleur d’oranger, le Chokini fait partie d’une gamme old school achetée aujourd’hui encore par les trentenaires, assumant davantage s’exhiber une élégante boite de croissants de lune sur leur bureau plutôt qu’un mastoque sachet de madeleines.

17/ Les Bastogne

Il fallait en avoir pour consommer (et l’avouer) des bastognes. Marginal dans la grande famille du biscuit, le Bastogne est parfumé à la cannelle, ce qui peut le rendre inenvisageable pour la plupart d’entre nous. Le cauchemar ? Se retrouver en week-end dans une famille Bastogne (vécu)… Aujourd’hui, les trentenaires adooorent ce frère français du speculos, qu’ils écrasent allègrement pour en faire d’originaux tiramisus qu’ils présentent fièrement à leurs compagnons d’infortune (leurs invités à leurs dîners de trentenaires).

18/ Les Chamonix

Comme pour les Bastogne, il y avait eux qui adoraient les Chamonix, et les autres. De plus, la prononciation du biscuit entraînait l’éternel débat Chamoni/Chamonix (comme Avoria/Avoriaz). Les consommateurs de cet étrange met amer à l’orange avaient une image de vieux avant l’heure, limite veste de cuir vieillie col de fourrure, paradant en calèche dans la célèbre station de ski. A assumer, quoi.

19/ Les Figolu

C’étaient à peu près les mêmes familles qui consommaient des Chamonix et des Figolu. Car quoi de pire qu’un biscuit à l’orange ? Un biscuit à la figue, plutôt prisé des mamans certainement désireuses d’améliorer leur transit, et finit par des ados morts de faims raclant les fonds de placards.

20/ Les Schoks

Sorte de « faux Finger », le Schok, superposition de gaufrettes entourées de chocolat noir, avait davantage sa place dans les assortiments de biscuits peu populaires. Pourtant, certains les aimaient malgré tout, les achetant par boîtes entières, et repeignant du même coup les murs et canapés de la maison.

#TopChef3 4e épisode, le debrief : Jean Imbert et sa perruque, une salade de fruits et Juan (et Ferrari) éliminé

Qu’il est injuste de participer à Top Chef ! Car laissons le suspense tout de suite de côté (et pardon à ceux qui comptaient regarder l’épisode d’hier en replay. Mais à moins de ne connaître personne et de ne pas aller sur Internet, comment passer à côté du résultat de Top Chef le mardi ?), c’est bien Juan Arbelaez le pas trop mal colombien qui a « quitté l’aventure » hier soir pour la meilleure audience de l’émission depuis le début de la saison.

Et pourtant, TF1 avait sorti l’artillerie lourde puisqu’elle lançait en grande pompe sa nouvelle émission politique, « Parole de candidats« . Faut croire que la Ferrari porte la poisse parce qu’il est rarissime (voire miraculeux) que la Une se fasse devancer par la chaîne de Tavernost. Ok, « Parole de candidat » ne recevait pas Hollande ou Sarkozy, mais Eva Joly et François Bayrou mais quand même… 2,25 millions de téléspectateurs (versus 4,2 millions pour M6) en prime time, c’est du jamais vu. Sur twitter, c’était la guerre du live-tweet #pdc versus #TopChef. Et même si Christophe Beaugrand (@Tof_Beaugrand), plus habitué aux people et la real-tv avait manifestement été envoyé au front par son employeur (il chronique sur « 50 mn Inside », qui soit dit en passant a une faute d’orthographe dans son titre car on écrit « minute » abrégé ainsi : « min » et non « mn » mais bon, j’ai déjà prévenu Nikos, il s’en fout), une grande partie de la twittosphère était plus intéressée par la salade de fruits « diaboliquement bonne » de Jean Imbert que par la moumoute de François Bayrou.

En parlant de moumoute, les spéculations sur celle de Jean imbert vont bon train : alors, perruque ou pas perruque ? Je consacrerai prochainement un post entier à ce mystère car j’aimerais pouvoir mener une enquête journalistique digne de ce nom et ne pas m’appuyer sur la rumeur populaire (pour une fois). Dans l’épisode, on a eu les apparitions divines de deux beaux gosses (ne nous emballons pas et raisons gardons, mais vu le niveau saison 3, ça faisait déjà du bien ) : Cyril-jeune-chef-sympathique-et-dynamique-Lignac est venu taper le bout de gras une dizaine de minutes comme à son habitude, puis ce fut au tour de Christophe Michalak, le Brad Pitt de la pâtisserie, de passer faire un coucou aux candidats médusés, surtout Noémie la championne de France de desserts (Michalak est champion du monde de pâtisserie. les deux concours doivent être l’équivalents des Oscars versus un les Globes de Cristal), qui frôlait l’hystérie telle une fan de Justin Bieber. Las, Noémie s’est joliment rétamée et Moumoute Imbert s’est régalé d’un « c’est diablement bon ! » du maître parlant de sa salade de fruits en carpaccio.

En dernière chance, il restait finalement Norbert mister bruits de bouches (je ferai également une enquête sur ce point prochainement), Ruben mon idole (bien failli quitter Twitter en jurant que je m’autosuicidais du site s’il partait hier) et Juan, lequel a laissé un boulevard au jury pour garder ses têtes d’affiches et chouchous des ménagères en ne finissant pas son assiette.

A part ça les twittos réclament encore et toujours un réduction de temps de prime et de temps de parole pour Norbert (mais en fait ils kiffent).

Et je terminerai sur une phrase de notre auteur de l’année : « On a sorti le meilleur de nous même dans les oignons ». Norbert.

A la semaine prochaine !

#TopChef 3, 1er épisode : le debrief

Top Chef 3 - 1er épisode

Hier soir était un soir spécial, très attendu pour un fan de télé, et plus précisément de téléréalité (culinaire) comme moi. Un peu comme une finale Barça-Real en ligue des Champions pour un amateur de foot. Eh oui, lundi 30 janvier est enfin arrivé et avec lui le premier épisode du la 3e saison de Top Chef, le must des émissions culinaires.

Stéphane Rotenberg est cette fois-ci seul aux commandes, déchargé de cette pauvre Belge pas terribe dont on a oublié le nom (et qui eût pu aisément être remplacée par sa compatriote Sandrine Corman mais bon…). Quant au jury, il reste inchangé depuis 3 saisons (ce qui est un gage de qualité). Face à lui, 14 candidats qu’on attendait de découvrir avec impatience…

Personnellement, je suis assez déçue du casting 2012 (mais ça peut changer). Mis à part Ruben , le surdoué gagnant du Combat des régions, dont on se souvient que Jean-François Piège himself vantait les plats en affirmant en avoir rarement mangé d’aussi bons, aucun ne tape spécialement dans l’oeil. A part le fameux Norbert, haut en couleurs, que M6 met éhontément en avant en lui confiant la tâche d’annoncer à son équipe qu’elle est qualifiée (à la place de Rotenberg) alors qu’il n’y a aucune raison. Mais comme Norbert a un langage fleuri (« poils », « culotte »… sortent aisément de sa bouche), pleure facilement et parle de sa maman des sanglots dans la voix (comme Pierre Sang l’année dernière), c’est un « bon client » dont on imagine qu’il ne va pas « quitter l’aventure » de sitôt, sous peine de priver M6 d’une bonne petite part d’audience.

Car les autres candidats sont plutôt ternes. Qui se souviendra de Gérald et Amélie, les deux éliminés d’hier soir ? Reste Tabata, mignonette brésilienne dont il va bien falloir que les téléspectateurs masculins fassent une icône de la sexytude en cuisine pour supporter les quasi 3 heures de programme (qui m’ont semblé bien longues hier soir par rapport aux autres années, mais encore une fois c’est peut-être comme les premiers jours de colo, il faut s’habituer et s’attacher avant de s’éclater). Pour nous les femmes, il reste bien Jean Imbert et ses faux airs de Bruel, mais c’est à peu près tout. Pour ma part, j’attendrai sagement les apparitions surprises de Cyril sexyblaireau Lignac, toujours aussi chan’tant, sym’pathique et exaspérant lorsqu’il vient tenir la jambe à des candidats surtressés à 3 minutes d' »envoyer » un plat pas encore cuit.

Sur twitter, ça live-twittait mollement, à part @AlexisTopChef (Alexis Braconnier, le petit mignon de la promo précédente), que la chaîne a embauché pour animer ses réseaux sociaux) qui twittait un peu trop, peu niaisement, et un peu « gaffement » pour le moment (il a annoncé le départ d’Amélie au lancement de la pub alors que les candidats n’avaient pas encore tiré les couteaux). Mais il apprendra, espérons. Pour le reste, il en ressort en gros que Jean-François Piège a grossi (c’est d’ailleurs le seul membre du jury à dire, en interview, qu’il ne fait pas de régime avant l’émission. Il a tort, manifestement), que Jean Imbert a l’air d’avoir une perruque et que M6 aurait pu investir dans un vrai couteau orange cette année au lieu de coller un sticker dessus comme ils le font depuis 3 ans (c’est vrai !).

Rendez-vous donc la semaine prochaine pour une épisode qui, je l’espère, offrira davantage d’émotion, de frissons et de sexytude !

Cauchemar en cuisine : Les Trois frères et le Grand Frère

Cauchemar en cuisine

Connaissez-vous « Cauchemar en cuisine« , la version française de l’excellent « Kitchen Nightmares » de Gordon Ramsey (accessoirement best friend des Beckham et bon ami de la Reine) ? J’avais découvert la nouvelle émission de M6 il y a 6 mois lorsque la chaine avait diffusé deux très bons premiers épisodes qui s’étaient en réalité avéré être des pilotes… En bonne fan qui se respecte, j’étais même allée sur le forum de M6 pour demander quand seraient diffusés les prochains.

Depuis la rentrée, donc, on peut retrouver le mardi soir en prime time le chef Philippe Etchebest, basque comme son som l’indique, chef doublement étoilé et meilleur ouvrier de France qui vient jouer les Pascal le Grand Frère dans des restaurants en perdition. La comparaison entre le cuisinier et la star de TF1 est justifiée à plusieurs points de vue, notamment car elle concerne l’émission elle-même, construite et montée selon la même structure, mais aussi parce que Etchebest utilise les mêmes codes et « techniques de coaching » que son homologue aux sourcils froncés.

Debrief d’hier : le restaurant en perdition est à Port Grimaud. Sordide brasserie au sol carrelé marron, le restau compte plus de 100 couverts, comme souvent (mais que passe-t-il donc par la tête de non professionnels qui s’embarquent dans de telles galères ?), et est « géré » par trois frères à la dérive : le plus senior, dépressif au dernier stade et seul à (mal) mener la barque, l’aîné looser total qui arrive le matin à midi et trainasse dans les allées en attendant que les clients lui réclament une carafe d’eau et le benjamin, pizzaiolo rigolo, et accessoirement petit copain de la barmaid, elle-même joyeuse cagole.

Décryptage d’un épisode en quatre parties à la « Grand Frère » :

1/ Phase d’observation sourcils froncés : le chef est fâché, abasourdi, mais ne moufte mot et mange la bouffe « dégueulasse » (le chef est beaucoup plus vulgaire que Pascal le Grand Frère parce qu’il veut faire comme Gordon Ramsey). Les protagonistes, eux, gardent leur attitude scandaleuse du quotidien sans essayer de se faire mousser auprès du chef (et ne viennent même pas lui dire bonjour).

2/ Phase d’engueulade : le chef engueule tout le monde, il faut qu’il y ait un cataclysme, que dis-je, une catharcys, les protagonistes doivent pleurer, après s’être un peu rebiffé histoire de faire des images « violentes » pour la bande-annonce de la prochaine fois.

3/ Phase « boxing » : ici totalement pompée sur Fabrice le GF. On va sur le ring, on crie son malaise, on tape sur le chef, on pleure et on finit par se jeter dans les bras les uns les autres « pour la première fois depuis des mois ». Pour la première fois dans cet épisode, alors qu’Etchebest se targue, comme le grand Frère, d’être un virtuose du ring, les restaurateurs sont envoyés… sur un kayak (eh oui, on est à Port Grimaud). Leur objectif ? Ramer ensemble et en rythme (ce qu’ils auront le plus grand mal à faire), métaphore discrète de leur mission : se serrer les coudes pour redonner au restau son faste d’antan.

4/ Phase de « tout est arrangé grâce au Grand Frère, heu je veux dire le chef » : Etchebest refait la carte, file ses recettes, invite des faux clients dans le restaurant, aide en cuisine, aide en salle, refait (mal) la déco du restau et tout le monde rigole parce qu’il a tout arrangé et ce mec est vraiment « un grand monsieur ».

Et bha malgré tout ça, j’ai pleuré quand les frères se sont serrés dans les bras après avoir « crevé l’abcès » et que leur maman est venue les embrasser en « surprise ». Parce que les ressorts de la télé-réalité ont beau être gros comme des ficelles de bifteak qu’on a oublié de retirer avant des apporter aux clients, elles marchent quand même à tous les coups !