Lisez « La Liste des mes envies » de Grégoire Delacourt !

La Liste de mes envies

La Liste de mes envies et la mercerie dmc à Arras

Si vous n’en pouvez plus de lire éternellement le même roman écrit par les mêmes bobos parisiens trentenaires qui racontent leur même vie sexuelle aussi molassonne que les vieux sushis qu’ils s’enfilent quand leur PCR est retourné débriefer avec ses copines (beurk !), et que vous voulez découvrir un jeune auteur (plus si jeune dans la vraie vie) plein de talent, lisez « La Liste de mes envies » !

Quelle fraîcheur ! Déjà, l’intrigue se situe à Arras. Ne me demandez pas où c’est, je n’en sais rien et ne m’en porte pas plus mal mais l’image de cette bourgade de province, son clocher, ses terrasses, sa fermeture des magasins à l’heure du déjeuner et son rythme vagabond m’ont dès les premières pages fait l’effet d’une bonne thalasso en bord de mer. Le brouhaha de la ville s’est amenui, mes voisins très très proches de la ligne 13 ont disparu et tous les power points, smartphones, livraisons à domiciles, afterworks et autres atrocités inventées pour nous faire perdre la tête m’ont rapidement filé assez la nausée pour les laisser de côté le temps de la lecture de cette belle histoire pleine de poésie.

Cette belle histoire née de la très talentueuse plume de Grégoire Delacourt (l’auteur de « L’Ecrivain de la famille », chez Jean-Claude Lattès) est celle de Jocelyne Guerbette, mercière de son état, en amour depuis des années avec Jocelyn, son mari ,qui ressemble à un acteur italien (pour elle), et avec lequel elle a déjà traversé pas mal des hauts et bas qui font la vie des couples qui s’accrochent pour finir leurs vieux jours ensemble. Parce que oui, l’amour vrai, n’en déplaise à l’ami Beigbeder, ça n’est pas la passion des trois premières années, mais bien celui qui reste lorsque le désir s’est évanoui et que le simple fait de voir sa femme lever les yeux de son livre en vous souriant suffit à vous rendre heureux.

Mais voilà, poussée par des copines dévorées par ce rêve commun à bon nombre d’entre nous, gagner au Loto, Jocelyne va jouer elle aussi et se faire un petit Flash. Et elle va gagner ! Parce qu’elle a eu pas mal de coups durs, Jocelyne, mais souvent aussi, la bonne fortune (c’est le cas de le dire) est tombée sur elle. Pourtant, Jocelyne n’avait pas d’envie spéciale, n’étaient celles de faire plaisir à ses enfants et à son mari, qui rêve d’une Porshe Cayenne et d’une montre Patek. Et si cet argent venait boulverser ce petit bonheur quotidien auquel elle tient tant ? Et si, la sachant riche, Jocelyn l’aimait davantage, ou moins, bref différemment ?

Comme dirait Arnaud Lemaire dans « L’Amour est aveugle » : et vous, qu’auriez-vous fait à leur place ?

Lisez cette très belle surprise, vous ne le regretterez pas. Et si cela devait vous convaincre davantage (ce qui n’est pas bien, il faut avoir son avis personnel !), les droits de traduction ont été vendus dans 30 pays et un film devrait être tiré du livre. Aaah, moutons, va !

Et puis, après lecture, foncez sur le joli blog de Grégoire Delacourt.