La grande chaîne du vomi

peluchevomit

*** Attention, certains passages sont susceptibles de heurter la sensibilité des lecteurs. Scatophobes, gerbophobes et célibataires, s’abstenir ***

Chaque hiver c’est la même chose. Ca commence comme ça un jour où la crèche vous appelle en pleine réunion pour vous prévenir que Petit Frère a vomi. Qu’il vaut mieux venir le chercher. Parce qu’il a vomi, quoi. Merde. Et que, du coup, vous devez tout laisser planté là pour aller chercher ce petit bonhomme qui, quelques heures plus tôt, déversait pourtant dans sa minuscule bouche, la boîte méthodiquement penchée au-dessus de son visage enthousiaste, des kilos de céréales au chocolat (oui, je sais…). Indigestion ? Vous ne voulez pas penser au pire mais osez, la peur au ventre, THE question taboue lorsque les nanas de la crèche vous le tendent, ravies de bouter hors du sérail ce dangereux pestiféré à bretelles

– Euh… il y a des gastros en ce moment ? faites-vous alors, l’air de rien, tendant les bras pour maintenir la bouche du malfaiteur le plus loin possible de votre nouveau manteau

– Ah euh ? (air surpris digne de l’Actor’s Studio) Oui peut-être quelques-unes. Céline ? Y’a des gastros en ce moment ?

– Nooooon, je crois pas. POURQUOI ? Petit Frère a la gastro ?

Air sévère de Céline en mode Petit Frère a chopé un truc pas net en traînant on sait pas où mais que c’est pas bien catholique et que s’il pouvait dégager vite fait avant de contaminer tout le monde avec sa maladie vénérienne ce serait pas plus mal. Tsss.

Le soir, Petit Frère mange peu. Vous le couchez, vous jetez enfin sur le canap’ après avoir lancé une machine avec le sac dégueulbi de fringues malodorantes que la crèche vous a rendu.

– Ca puuuuue, a dit le Grand fort à propos.

Et, alors que vous vous apprêtez enfin à checker les mails de boulot entassés depuis l’appel de la crèche…

– BHOUAAAAAAA OUIIIIIINNNNNN BOUAAAAAAABRUUUUUUUUU !

D’abominables sons gutturaux s’échappent de la chambre.

– Mamaaaaaaaan ! Petit Frère VEUUUUMIIIIIT !

Pataugeant dans des monceaux d’un liquide visqueux que, même ivre caisse à cinq heures du mat’ vous n’eussiez, au temps où vous n’aviez jamais vu du vomi ailleurs que sur un trottoir devant une discothèque, pas approché pour 100 000 euros en cash ni même un kebab, vous collez un gentil sourire sur votre visage pour rassurer Petit Frère qui a PEUR de tous ces trucs dégueus qui giclent de sa personne (et on le comprend).

– TOUT-VA-BIEN ! hihihi. Rendors-toi, toi !

– Mais ça pue. J’ai peur.

– Mais non, mais non. C’est toi qui pue hihi.

– Non c’est toi.

– Non c’est toi.

– Non c’est… Bon, DODOOOO !

Posage de l’enfant dans la baignoire, rinçage de l’abjecte matière. Sourires. Oh Doudou regarde trop mimi il glisse dans la baignoire sur son vomi je t’aime mon cœur TOUT-VA-BIEEEN maman gère grave. Qu’est-ce qu’il fout ton père ? Changeage de pyjama. Changeage des draps.

– Ca pue maman.

– DOUDOUUUUU ! hurle Petit Frère, pas bien au fait du temps de séchage d’une peluche trempée.

Oui bha Doudou il est mouillé, hein. Tiens, file-lui un doudou, toi.

Lançage de machine. Ouvrage des fenêtres. Pschittage de Shalimar. Repos sur canapé. Rentrage du père.

– Bonsoiiiir ! Ca va ? Ca pue, nan ?

– Vomi.

– Gastro ?

– È savent pas.

Concubin contourne la salle de bains en grimaçant.

– BHEUUUUUUUUU ! RHOOO BEUUUUUUU !

– Putain c’est quoi, ça ? Zavez invité Alien à une soirée pyje ?

Relavage, changeage de draps, baignoire hihi. TOUT-VA-BIEN. Lançage de machine. Posage de l’enfant au corps qui se vide dans lit tout propre. Odeur persistante dans atmosphère chargée.

Dans la nuit, vous jouez à nouveau à la poupée cracra, tremblante, tendant les mains dans l’obscurité vers l’horreur invisible, comme les candidats de Fort Boyard, les yeux mi-clos, blasée par ces gestes que vous avez assimilés telle une infirmière de guerre pas plus tourmentée que ça par sa dixième amputation du jour. Quelques heures plus tard, Concubin se lève d’un bond.

– BHEUUUUUUU GROUISHCRGEEEEEEE. (silence puis : ) Putain de gastro de meeeerde !

Il reste au lit. Mais ne peut pas beaucoup s’occuper de Petit Frère. Il est trop mal (c’est un homme. Les hommes souffrent beaucoup plus quand ils sont malades). On appelle la nounou en renfort. Céline et les copines de la crèche ont compris. Pour la gastro. « Mais NON ! Une hahaha gastro ? Non, non, c’est une indigestion, un p’tit virus », vous tentez. Nan nan nan elles veulent rien entendre. Pas de Petit Frère admis parmi les siens. C’est des professionnelles-de-la-petitenfance. On la leur fait PAS.

Pendant deux, trois, quatre jours, la machine tourne vrouuuum vrouuuum alors que la bête se Gremlinise sans prévenir à toute heure du jour ou de la nuit. BHOUERGHHHHHH. Putain nan, merde mes draps ! Jusqu’au jour où la nounou vous appelle au bureau.

– Je me sens pas très b…. VENEZ, venez VIIIITE ! Je crois que je vais v…….

– Nan mais maman elle a vomi partout la nounou. Même dans la poubelle. Beuuu j’ai mal au veeeeeeeeentre.

Et que la routourne tournera ainsi tout l’hiver, en un incessant passage de relais gloubi-boulesques. Lorsqu’il retournera parmi les siens, après que toute la famille aura bouffé du riz pendant une semaine, Petit Frère, forcément pas encore bien vaillant, nous chopera un nouveau petit truc de son cru. Rhino, grippo, POUX ou notre éternelle grande copine la GASTRO, qu’on refilera joyeusement à nos amis, familles, collègues, qui heureux de perdre quelques kilos chez soi aux frais de son employeur, qui absolument outré que vous ayez pu leur cacher le piteux état général de votre cellule familiale. Bref, la joyeuse quinzaine de la bactérie intestinalo-gastrique reprendra la tête des tendances automnes-hiver, bravant froid, Noël, vacances et antibios, squattant joyeusement votre foyer sans que rien ne puisse venir démoder ce marronnier de la mère de famille.

Oh allez, si ça s’trouve, un jour, on en rira (mais si, mais si).

De quoi sont fans les fans de Loana ?

La semaine dernière, Loana du Loft (Loana Petrucciani de son vrai nom) s’est faite interner à l’hôpital Sainte-Anne à la énième reprise depuis plusieurs années. Point de tentative de suicide cette fois-ci (elle en était à sa 4e officielle en janvier dernier), mais une cuite magistrale, suivie de trois jours qu’on n’ose imaginer, enfermée chez elle dans son appartement du 16e arrondissement (ce qu’il lui reste de ses gains) avec trois inconnus croisés en soirée…

Son « meilleur ami », Eryl Prayer, sosie d’Elvis Presley (oui…), a comme à son habitude fait la tournée des popotes en accordant une interview « exclusive » à Public vendredi, puis Closer samedi, afin de rassurer les « fans » de « la bimbo », ainsi qu’ose encore l’appeler la presse dans des moments d’égarements, ou d’amour aveugle. Mais il est vrai qu’il est question d’amour, et une question se pose en effet : de quoi peuvent bien être fans les fameux « fans » de Loana aujourd’hui ? Et sans être « fan », pourquoi éprouvons-nous tous une telle fascination pour cette « célébrité » en carton, dont nous suivons avidement la lente déchéance que la presse nous sert ponctuellement en repas puisque nous le voulons bien ?

On se souvient tous de l’entrée de la jeune femme sexy dans le Loft, bustier en crochet rose bonbon, jupe ras la moule, abdos en acier, bottes de drag-queen et chevelure peroxydée. Les messieurs avaient gloussé (c’est vrai, on avait pas beaucoup de cagoles à la télé à l’époque), les femmes s’étaient pincé je rêve. Puis il y avait eu l’épisode de la piscine à l’issue duquel, paradoxalement, nul n’avait jeté la pierre à cette inconnue qui, pourtant, s’était fait sauter le premier soir (bhou !) ivre morte (rhaaa) devant les caméras (rho !). Au contraire, même les femmes avaient pris en pitié cette fille perdue cheveux gras qui pourtant faisait fantasmer leur mec, cette maman à laquelle on avait retiré son enfant comme l’avait montré Paris Match, faute d’argent. Bon, ok, elle avait fait un emprunt à la banque pour se faire faire des nouveaux boobs plutôt que d’aller chercher l’enfant mais qui étions-nous pour juger ?

Portée par un élan d’enthousiasme comme seuls savent en avoir les Français, la grande gagnante du Loft avait ensuite enchaîné les succès. Couv du Elle (oui oui), adoubement par Thierry Ardisson tombé gaga de sa bio « Elle m’appelait Miette », lancement d’une ligne cagolo-trave à succès avec « La Halle aux vêtements », la bimbo avait pris cette fameuse place de « petite fiancée des Français » qu’on offrit successivement et dans le désordre à Sheila, Adjani, Marceau, Jenifer, Bardot et conso(eu)rs. Classe.

Puis la machine s’enraya. Un jour, la France se rendit compte que sa petite fiancée avait pris 30 kilos (officiellement), qu’elle était bouffie et qu’elle n’avait rien fait depuis des années (mais qu’avait-elle fait avant ?). Puis il y eut cette sombre histoire, qui fit tout basculer : on avait retrouvé Loana dans sa baignoire, habillée, la porte de son appartement entrouverte. Elle aurait été agressée par deux hommes cagoulés qui l’auraient droguée au GHB…Puis en fait non.

Soirée arrosée, sordides affaires de drogue, montrage de seins chez Cauet, regard torve sur les photos, tentatives de suicide, sortie arrosée, rédemption, séance photo du come-back, rechute, disparition, révélations (« J’ai été séquestrée par mon ex », « Mon père me battait », « Je ne bois plus qu’une bouteille de vin blanc par jour »), come-back dans des programmes avortés pour la plupart, résolutions (« Je vais mieux de jour en jour. Entre les mauvaises rencontres, les tentatives de suicide, le fait que je ne puisse pas voir ma fille et que je ne travaillais presque plus… ») puis rechutes…, nous regardons depuis passivement Loana se débattre dans le tourbillon de sa vie. Quant à elle, elle ne nous épargne rien de sa descente aux enfers. Au contraire, elle vient, innocente, répondre aux interviews des médias qui s’inquiètent. Elle répond présente lorsque Matthieu Delormeau l’accueille dans la « famille NRJ12 », celle où les déchets real-télévisuels trouvent refuge pour ne pas sombrer. Et puis Loana, contrairement aux autres people, n’est pas là pour vendre quoi que ce soit, à part son malheur, à part elle-même.

Les Etats-Unis ont Lindsay Lohan, l’Angleterre avait Amy Winehouse, nous avons Loana Petrucciani (qui n’a même plus la « chance » d’être « Loana la bonasse de la piscine ») ; bref un people que nous observons avec patience se détruire, pariant sur son potentiel come-back comme sur sa déchéance irrémédiable, et dont la seule actu consiste à sombrer dans le sordide et à tenter de ne pas se noyer. Qu’attendons-nous de Loana ? Un destin à la Ana Nicole-Smith (attendons-nous qu’elle meure pour la pleurer ?), ou lui souhaitons-nous une (relative) happy-end à la Britney Spears ? Pourquoi sommes-nous fascinés par le quotidien d’une obèse alcoolique pour laquelle nous éprouvons une compassion, voire même une fascination mais mêlée de répulsion ? Et s’il ne se passe plus rien dans sa vie, allons-nous continuer à nous intéresser à cette grosse femme triste entourée de chiens et de chats, et d’un sosie d’Elvis, alors qu’elle aussi semble être devenue un mauvais sosie d’elle-même ?

Loana a du souci à se faire car depuis quelques temps, une autre ancienne starlette vient marcher sur ses plates-bandes : Mallaury Nataf, vieille vedette du « Miel et les abeilles » devenue SDF, retrouvée il y a quelques jours dormant dans la rue avec son fils de 3 ans (qu’on lui a depuis retiré). Qu’est-ce que tu dis de ça, Loana ?

Si même au chapitre stars déchues Lolo n’est plus reine, que va-t-elle donc devenir ?

Ce jour où la babysitter se rend compte que vous n’êtes pas de vrais adultes…

Toute ressemblance avec des personnages existants est totalement fortuite. Quant aux situations, elles ont été exagérées dans un soucis scénaristico-humoristique évident. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

La baby-sitter est l’une de ces abjectes personnes qui vous font prendre conscience plus que quiconque de votre âge canonique. Déjà, parce que lorsque vous la bookez, elle vous colle du « madame » partout en sms (Ho, Adèle, on a le même prénom. Sérieux me fais pas ça ! Oui, ma baby-sitter s’appelle Adèle. Bref), mais aussi parce que son regard… est le pire des miroirs. Et que lorsqu’elle consent à vous appeler par votre prénom ou vous tutoyer, elle semble toujours le faire avec des guillemets…

Cas pratique :

20h30 : Adèle arrive. Driiiiing !

–          Bonjour MADAME !

Pimpante, le visage plus tendu qu’un tam-tam, Adèle semble avoir à peine douze ans. Bizarre, quand vous étiez enfant, les baby-sitters vous paraissaient si vieiiiiilles ! Moins que votre mère, mais vieilles quand même.

–          Je peux avoir le code du Wifi s’il VOUS plaît ?

–          Oui, bien sûr ! Keum va VOUS le donner (vlan, à vouvoiement vouvoiement et demi). Titi, tu dis bonjour à Adèle ?

Titi fait semblant de pas savoir que vous alliez sortir, alors que vous vous agitez dans tous les sens depuis une heure en HUUUUURLANT que vous êtes CHEUM, le bousculant, lui brûlant la tête au sèche-cheveux, le traînant sur le sol alors qu’il vous suit comme votre ombre, accroché à votre collant filé comme un koala à son arbre, prenant un malin plaisir à essayer vos Louboutins avec ses pieds en-chausson-chausettonnés, puis à parader gaiement votre nouveau haut autour du cou tout en finissant sa Pom’Pot (ploc !).

Oups…

–          HA NON ! PAADEELE ! PAADEEELE !

–          Hihi, mais si, voyons, Adèle va aller te lire « Caca Boudin » (best-seller pour les enfants ndlr) dans ta chambre ! Hein Adèle ? (regard autoritaire)

Adèle est soûlée parce que, pendant les deux premières années de vie de Titi, elle ne l’a pas vu. Lorsqu’elle arrivait à 20h30, il dormait déjà. En gros, son travail consistait à tchater avec ses copines devant la télé à 8 euros de l’heure (oui, on donne 8. No comment). Now, c’est FINI Adèle la Sauterelle (autre best-seller pour enfants). Tu vas faire le sale boulot. Sourire crispé, elle commence :

–          C’était un petit lapin qui ne savait dire qu’une chose… CACA BOUDIN !

–          CACA BOUDIIIIIIIIN ! CACA BOUDIIIIIN !

Pendant ce temps, vous tentez péniblement de plâtrer votre visage parcheminé par les ans, et de ne pas vous sentir ridicule dans ces vêtements dont vous vous rendez compte qu’ils sont peu ou prou les mêmes qu’Adèle (en plus cher et moins bien portés). Là, vous vous remémorez qu’à l’époque, votre mère ne s’habillait pas DU TOUT comme la baby-sitter… Trop tard pour philosopher, vous appliquez une dernière couche de rouge vermillon sur vos lèvres sèches, attrapez  par le bras Keum, qui balance à Adèle tous les mots de vocabulaire « jeune » qu’il connaît (« grave », « chanmé », « et la Fac, ça roule ? » CA… ROULE ?! « Tu veux que je te trouve un stage dans la finance ? J’ai pas mal de contacts… » Pfft bon allez on y go !).

–          Bon, Adèle, prenez ce que vous voulez dans le frigidaire (mais pas la buratta pitié !) et surtout couchez-le tard ! (parents indignes, alors que vous savez très bien que coucher tard => lever tard n’est absolument pas une science exacte, vous la tentez malgré tout). Je vous envoie un texto quand on part de la soirée.

Dignes, parfumés à l’excès, clinquants, l’étiquette de vos nouveaux vêtements (achetés exprès pour ce qui, devons-nous l’avouer, est un peu pour vous la soirée de l’année) apparente, Keum et vous partez fêter les 35 ans d’un de vos meilleurs amis. Un samedi soir. Oui, comme les ploucs. Pour Adèle, vous êtes un couple de vrais gens, d’adultes, de papamamans, avec des métiers, des salaires, des factures EDF payées par virement bancaire, des assurances-auto et des parents à la retraite.

–          Vous me direz si vous rentrez avant 2h, comme ça je sortirai après ! lance Adèle à la volée.

Après ? Après 2h ?! Y’a des gens qui font ça ?

Oui, vous, il y a 4 ans à peine…

Vous partez rapidos, parce que le compteur d’Adèle a déjà commencé à tourné il y a un petit bout de temps.

[Interlude soirée

***** Pour un debrief détaillé de la soirée, merci de vous acquitter du forfait Debrief VIP****

*** Version light pour les raclures ***

Bonsoir – champagne – oh salut t’es là – champagne – bon anniversaiiiire Vincent ! – vin blanc (plus de champagne) – on va danser ? – vin rouge (plus de vin blanc) – dédèèè ba au collège Marcel Aymééé ? – vodka pomme – Vooon Anniberzèèèère Bincent ! – Vodka Jet – « Keum , faut rentrer il est 1h35 ! » – « Mais ggui êtes-vouuuuus ? » – « Bon ok on reste jusqu’à 42 » – Ouuééééé du champagne – 1h52 « Zalut Bincent je t’aiiiime mon poto zétait zuber ! » –  « T’as brévenu Adèle ? » ]

Retour maison

Dans le taxi :

–          Meeeerde, faut tirer de l’argent pour Adèle ! On lui doit combien ? Alors, 20h30, 21h30, 22h30… (toutes ces années d’étude pour compter sur vos doigts, que Keum regarde avec concentration en comptant silencieusement avec vous : un, deux, trois…). Non, attends, oh fait ch… avec cette demi-heure, là !

[parenthèse et ouverture de débat : en baby-sitting, toute heure entamée est-elle due ou compte-t-on en demi-heures ? Merci d’apporter vos contributions sous le post].

Donc, 20h30, 21h30… putain la prochaine fois on reste une demi-heure de plus ou on la fait venir à 21h ! Donc ça nous fait 5h30 à 8 euros de l’heure. Donc combien ?

–          Beuuu, auguuune idée !

–          Bien la peine de travailler dans la finance. Mmh 8×5 = 40 + 4 = 44€. Je vais pas lui filer 44 €, ça fait rat grave. Nan ?

[Tirage à la tirette… La tirette est du côté d’Adèle. Les tirettes font exprès, à une certaine heure, de ne distribuer que des gros billets. Le gang des baby-sitters a dû pirater les DABS pour qu’ils n’aient plus de petites coupures à partir de minuit.]

–          Haaaaan, ils m’ont filé un billet de 50 euros ! Je vais quand même pas lui demander de me rendre la monnaie ça fait radoche nan ? Nan ?

–          Mais viiile-lui les 50 !

–          Elle fait pas le report de minutes, Adèle ? On pourrait s’auto-créditer de 6 euros. 50 minutes de baby-sitting gratos pour la prochaine fois. Nan ?

–          Radine.

–          Poivrot.

Le taxi : 22 !

Quoi 22 ? 22 euros ! Pas de monnaie, pas de bonjour, pas d’au revoir, pas de sourire et regard suspicieux en prime comme si vous alliez vomir dans son épave. (« Zédunépave !», répète Keum en boucle, assez fort pour que le chauffeur vous haïsse. Peur qu’il vous emmène en forêt de Rambouillet pour vous violer et vous découper en morceaux).

2h01, devant votre porte : Putain ch… **$^=)’àçéiueoéu , où est ce p… de trou de serrure ? L’ont enlevé ! On bourra plus jamais rentrer chez nous !

Keum, défaitiste, préfère s’asseoir, puis s’allonger sur le paillasson, parfaitement résigné à vivre sur ce sol piquant (très piquant, surtout pour son visage, visiblement !), abandonnant son fils à une quasi inconnue de 20 ans fan de twitter et de Norman fait des vidéos.

–          Ménan, on va bien vinir par le trouver ! ADELE ! ADELE ! Je vé l’appeler !

Au bout de trois sonneries, vous entendez une porte s’ouvrir. Mais c’est celle des voisins du dessus. Meeerde on a réveillé lévoizins. Vous gloussez seule (rhirhirhi), car Keum ronfle.

–          Madame ?

Tiens, la voisine du dessus a la même voix qu’Adèle.

A moins que… KEUM ! On n’a pas de labrador dessiné sur notre paillasson, si ? Hein ?