Procès de la télé-réalité : non mais Naulleau, quoi !

nabilla

Gérald Babin, Thierry Costa et Koh-Lanta ne sont plus, et depuis leur tragique disparition, chacun se presse autour des corps pour trouver un coupable. Comme dans toute bonne enquête qui se respecte, vers qui se tourne-t-on en premier ? Le coupable idéal, pardi, à savoir la tadadam… télé-réalité Beuuuuuuuuurk CACA !

Depuis le lancement du Loft il y a dix ans, et le concert de pincements de nez devant la bouze à succès débarquée sur nos écrans, tous les écoeurés philosophes avaient ensuite naturellement emboîté le pas à M6 pour boulotter eux aussi un peu de ce mauvais gâteau à succès. Depuis, pas une chaîne, je dis bien pas une, n’était parvenue à résister aux sirènes d’une audience acquise à moindre frais sur le dos d’innocents quidams venus tâter de la célébrité.

Souvent ensuite, à chaque hospitalisation de Loana ou après le suicide de FX, on a pointé du doigt l’ignoble machine à s’engraisser sur le dos de fragiles post-ados prostitués sur l’autel de l’Audimat. Chaque fois, la tempête est passée et les Anges sont restés. Cette fois-ci, il y a eu un mort. Pendant le tournage. Puis un autre, lié au premier. Et bien qu’aucun lien n’ait pu être fait entre ce décès et le concept d’un programme par ailleurs plutôt  intelligent et louable en terme d’objectif et d’esprit sportif, il semble que l’événement ait ouvert une brèche que beaucoup attendaient pour venir s’y engouffrer.

Pour Aurélie Filippetti, manifestement adepte de la technique à la Sarko : « un fait divers -> une loi », il faut tout bonnement interdire la diffusion des programmes de télé-réalité dans leur ensemble avant 22h. Quel rapport avec le décès de l’aventurier me direz-vous ? Mpfff mystère. Même son de cloche au CSA, dont la manifeste méconnaissance du monde télévisuel en deviendrait presque flippante. Quant à Eric Naulleau, l’acolyte de Zemmour, il a récemment déclaré qu’il faudrait « mettre tous ceux qui ont de près ou de loin participé à ce type de programme en taule ». Rien que ça. Vive la démocratie !

« Secret-Story », « Pekin-Express », « Le Bachelor », « Koh-Lanta », « Les Anges de la télé-réalité », « On a échangé nos mamans », « Top Chef », « Masterchef », « La Nouvelle Star », « The Voice »… autant de programmes n’ayant pour la plupart absolument aucun autre point commun que celui d’être estampillé « télé-réalité de merde » par les haters d’un genre qu’ils ne connaissent pourtant pas puisque, à mon sens, il n’existe pas. Ou plus. Les années ont passé et, outre le fait qu’il mette en avant des inconnus sur le petit écran, les programmes dits de « télé-réalité » se sont diversifiés et l’on pourrait aujourd’hui aussi peu comparer « Les Anges » à « Top Chef » que « Taratata » à « Vivement Dimanche ». Devrait-on donc mettre Christophe Willem, Jenifer, Nolwenn notre caution régionale ou Jean Imbert en prison ou encore devoir attendre 22h30 pour se repaître des prestations scéniques des candidats de « The Voice », programme plus familialo-bon enfant tu meurs ? Ridicule.

Allons allons, reprenons nos esprits et raisons gardons voulez-vous ? Qu’on cesse déjà de sanctuariser Nabilla en lui promettant une quatrième de Libé et un plateau du grand Journal pour avoir mimé un téléphone de ses doigts manucuro-lobotomisés avant de jeter bébé avec l’eau du bain pour laver une culpabilité qui n’a pas lieu d’être.

Rappelons au passage que nous, trentenaires, avons été biberonnés au manga avant de nous gaver de programmes AB Production accessibles à l’heure du goûter dans tous les foyers sans que ça n’émeuve personne ni qu’on crie au scandale. Et pour avoir goûté aux deux, pas sûr qu’Hélène et Lalie  aient alors eu mieux à nous apprendre que Stéphane (Rotenberg) et Denis (Brogniart). Enfin je dis ça, je dis rien.

Koh Lanta 2012 : Pourquoi Denis Brogniart reste le meilleur des présentateurs de télé-réalité

Depuis l’ouverture de ce blog, j’attends le bon moment pour faire mon ode à Denis. N’y tenant plus, c’est à l’aube de ce quatrième épisode de « La revanche des héros » que je tiens à expliquer au monde entier en quoi Denis Brogniart reste le plus fascinant des « présentateurs » de télé-réalité.

Le paradoxe

Brogniart est l’allégorie même de tout ce que Koh Lanta contient de paradoxal dans le paysage de ce que l’on appelle uniformément « télé-réalité« . Car quels rapports reste-t-il encore entre cette compétition où esprit sportif, dépassement de soi, stratégies et adaptation en société guident le déroulement et un programme tel que « Les Anges de la télé-réalité« , par exemple ? Quasiment aucun, si ce n’est qu’on y suit des inconnus ayant accepté d’apparaitre à l’écran. De même, l’analogie entre Brogniart et un Castaldi est peu ou prou le même qu’entre un dîner dans un restau gastro et un bon Mac Do devant la télé (à savoir que j’adore le Mac Do, hein !). Delormeau se situerait plutôt du côté du Kebab mais c’est une autre histoire…

Déjà, rappelons que Denis est un « vrai journaliste ». Formé à l’IPJ après une licence d’EPS (de prof de sport, quoi), Denis avait déjà le CV idéal pour présenter Koh-Lanta. Son rêve ? Devenir journaliste sportif. Il est aujourd’hui exaucé puisqu’il présente entre autre les grands prix sur TF1 mais ça, c’est ses petites affaires, je ne m’en mêle pas (Vrouuuuuuuum).

L’Homme aux 1000 treillis

Non, ce qui m’intéresse chez Denis c’est sa manière très personnelle de présenter Koh-Lanta, qui constitue en grande partie le succès et la longévité de l’émission. Véritable chef d’orchestre du programme, vous ne vous en êtes peut-être pas rendu compte mais Denis est partout. Déjà, et c’est important, l’homme aux 1000 treillis teste les épreuves (en particulier celles qui se déroulent sous l’eau houuuu mais il ne fait pas de brushing, Denis, donc il s’en fout). C’est certainement pour cette raison qu’il est le seul à en comprendre les règles avant de les avoir visualisées en cas pratique (je suis aujourd’hui encore incapable de rester concentrée jusqu’à la fin de l’explication : Un par un, vous allez devoir plonger dans ce hamac sous-marin. Là, vous vous enroulerez dans la nacelle avant de plonger pour récupérer la pierre noire contenue dans un coffre dont la clé a été cachée sous un poisson vert ! Une fois la pierre noire récupérée, vous devrez vous libérer de vos liens, vous hisser dans la barque remplie de sable que vous voyez sous les flammes au loin….  Zzzzzzzzzz « MERDE j’ai rien suivi il faut faire quoi ?? »).

L’arbitre incorruptible 

Véritable Monsieur Loyal et arbitre sportif de la compétition, Denis tient son rôle avec sérieux puisqu’il ne sourit jamais (sisi, vous regarderez. Il esquisse des petites moues sympatoches sur le prime de la Finale mais sur le terrain nope niet nada wallou ! Denis ne voudrait pas qu’on lui reproche un quelconque traitement de faveur ou préférence pour un candidat et son impassibilité éprouvée après plus d’une décennie de programme fait qu’il parvient, tel les gardes de Buckingham Palace, à rester parfaitement imperturbable face à toute scène, la plus ubuesque soit-elle). La gestuelle suit. Lors du lancement des épreuves de confort comme d’immunité, Denis place très souvent ses mains en imposition, bouts de doigts contre bouts de doigts, fouettant l’air dans un mouvement de balancier, ou encore pouce contre index, doigts en éventail, et la régularité et la constance de leur déploiement (au-dessus de la tête, ou doigt subitement pointé vers l’épreuve) donnent à son discours des allures de prêche. Denis s’efface, Denis n’est là que pour tenir le sifflet. On me voit on me voit pas.

Le sadique

En revanche, lors des feux de camp, l’arbitre se fait parfois – souvent – sadique. Et c’est si bon ! Se plaisant à déterrer les haches de guerre en piquant là où ça fait mal comme un sale gosse, Denis lance alors des engueulades légendaires l’air de ne pas y toucher (à Francis, qui vient de méchamment se viander et faire perdre à son équipe l’épreuve d’immunité : J’ai envie de parler, plus que de défaite, de raclée. Francis, avez-vous eu l’impression d’être ridicule ?, dit avec cet éternel visage impassible d’enfant sage que maintient une chemisette baroudeur multi-poche). On se prend à imaginer Denis, confortablement allongé sur le lit de sa chambre d’hôtel, boulottant avec gourmandise les  spécialités locales dont rêvent jour et nuit les candidats, ordi posé sur les genoux (gaffe de pas le tâcher avec tes brochettes, Denis !), ricanant devant Patrick cachant son collier d’immunité dans son moule-burnes ou se frottant les mains avec sadisme en assistant à une énième trahison fomentée pour le prochain feu de camp nocturne.

The Boss

Parfois, Denis décide de changer les règles. Bha ouais, Denis is the boss, donc Denis fait ce qu’il veut. Par exemple, après une épreuve d’immunité bien hardcore où les candidats épuisés terminent trempés puis roulés dans le sable en mode poisson pané, Denis peut tout à fait décider (dans ces cas-là, il tonne un autoritaire et sexy « J’AI décidé ») que le changement, c’est maintenant. Chez moi, on appelle ça une « règle à la Denis », ce qui consiste à changer les règles en toute impunité. Savoureux ! Panique à bord, les candidats ne savent alors pas pour qui voter (un peu comme les Français ou 1er tour de la Présidentielle mais bon là ils étaient prévenus), ne peuvent pas se concerter et Denis jubile (silencieusement) le ventre plein, assistant du haut de son mètre quatre-vingt-treize à l’effondrement de tactiques avortées dans l’œuf par le grand Manitou de la survie. Mon plus grand plaisir personnel de spectatrice du sadisme de Denis remonte à son époque Fear Factor lorsque, pour une épreuve de « nourriture », les candidats avaient dû choisir 3 ingrédients du type couilles de taureau + œil de poisson + entrailles de chouette (pas sûre que les chouettes aient des entrailles mais bon…) que Denis mettait avec le plus grand naturel dans un blender avant de placer lentement sa main au-dessus du bouton. Là, il marquait un temps d’arrêt… avant d’appuyer puis de secouer délicatement et consciencieusement le contenu pour en enlever les grumeaux, puis de verser le tout dans un immense verre à milk-shake et de le tendre poliment…

Le conteur 

Enfin, et c’est lorsque vous découvrez ce style inimitable que vous tombez définitivement sous le charme du maître du conte, Denis fait toutes les voix off (c’est d’ailleurs ainsi qu’il a commencé sur Koh, avant d’en prendre complètement les rennes). Grâce aux célèbres textes au style inimitable de Corinne Vaillant , la réalisatrice de l’émission (pour info, Denis signe lui-même les textes d’explication des épreuves ainsi que ceux des feux de camp), Denis parvient à tenir en haleine 8 millions de téléspectateurs de toutes catégories sociaux-professionnelles en scandant élégamment, dans un style châtié, limite désuet, et dans un phrasé si personnel des commentaires apparemment distancés auxquels il est parvenu à imprimer son identité. Et ça, c’est vraiment Denis (Tous se jettent voluptueusement dans cette boue onctueuse, dit dans une émission dite de télé-réalité, c’est vraiment du Baudelaire sur le petit écran et ça fait du bien !)

En conclusion de ce billet de stalkeuse, j’emprunterai, si elle le permet, sa plume à Corinne Vaillant pour rendre un dernier hommage à notre ami bouclé (qui, pour ceux qui me le rétorqueraient, est à Stéphane Rotenberg ce qu’Ardisson est à Fogiel : un créateur versus un sympathique repreneur de bail) :

Denis ! Présentateur de Koh-Lanta depuis maintenant plus de 13 ans et très tôt passionné par le sport, ce jeune homme doué et volontaire rejoint les bancs de la faculté avec une seule idée en tête : devenir journaliste sportif ! Mission accomplie ! Aujourd’hui, ce dynamique papa de quatre enfants est un homme épanoui, fonceur et frondeur qui, sous des dehors impénétrables, cache un cœur tendre et fidèle. Arbitre des élégances dans un programme qui repose sur ses épaules affutées, Denis parcourt le monde et remet avec courage son titre en jeu  à chaque nouvelle saison ! Cette année encore, les téléspectateurs encensent cet échalas au talent incontestable et leur sentence… est irrévocable !

[ouverture des petits papiers en PQ kraft ]

DENIS ! DENIS ! DENIS ! STEPHANE… DENIS !

Koh-Lanta : un jour, les PowerRangers ont rencontré Freddy. Maintenant, on les appelle les Télétubbies…

Ce choc des héros, on l’attendait (im)patiemment à l’ombre rassurante des fourneaux de Top Chef en boulottant un peu de la salade de fruits de Jean Imbert et voilà que nos aventuriers ont enfin debarqué ! Vous êtes repus ? Tant mieux ! Finies les larmes sur assiettes gourmandes et visuelles, au placard tabliers amidonnés et mains manucurées, place à la boue, aux dessous de bras qui repoussent, aux coups bas, aux alliances et aux luttes viriles.  Et franchement, cette année, il y a du lourd !

Et parmi le lourd du bien balaise : Claude, le chauffeur de maître et Tehueira le papa de Manavaiiii-yé-t’aiiime qui grimpe aux cocotiers avec les doigts de pied et attrape les crabes à une main tout en tressant des paniers en bambou de l’autre.

Mais au-dessus de nos deux balèzes, y’a quoi alors ? Dieu ? Mouais, mais encore au-dessus ?  Chuck Norris ? Oui. Mais au-dessus de Chuck y’a quiii ? Freddy !!! Le nouveau fantasme féminin ambulant et star incontestée de twitter. Le soir du 1er épisode, sur le réseau social qui taille, il n’y en avait que pour lui. Fredyyyyyy, cliquaient les filles – qui, soit dit en passant, lui avaient allègrement craché dessus comme le dernier blaireau de la classe lors de sa première saison, ce qui ne fut pas mon cas car je suis une fan de la première heure. Quant aux hommes, ils rendaient grâce, médusés, à la dextérité, au calme, à la virilité exacerbée et à la supériorité incontestable du mythique aventurier sur l’ensemble du genre humain.

Chuck Norris aurait été mis au tapis par Freddy… Petite explication pour les novices, le phénomène Chuck Norris (ou Chuck Norris Facts) fait rage aux Etats-Unis depuis de nombreuses années et s’est démocratisé en France sur Twitter depuis plusieurs mois. Quelques comptes, plus ou moins officiels, de la star américaine twittent en running gag des aphorismes à la gloire de l’inaltérabilité de Norris. Or, vendredi, on (re)découvrait Freddy, de retour d’un stage de survie californien, plus affuté et mc gyveresque que jamais. « Mais ça n’est pas tout ! », comme dirait Denis (Brogniard). Le jeune homme a surpris son monde  en faisant du feu avec deux bouts de bois en moins d’1/4h avant de construire une cabane tout confort, de lamper une pleine bouchée de termites vivantes à même un tronc d’arbre puis de déterrer du manioc pour le repas du soir en moins de temps qu’il n’en a fallu à Coumba pour vider son sac Queshua. Depuis, Freddy et Chuck ne font plus qu’un, ou plutôt, se tirent la bourre.

Tremble, Chuck… La twittosphère, médusée, a trouvé son nouveau héros made in France et s’emballe : « A l’heure qu’il est, Freddy a déjà attaqué la construction de la supérette », avant que @LorenzBaby ne conclue « Freddy est le neveu de Chuck Norris ». Neveu ? Mmh, souvent les tontons finissent mal (cf. mon oncle Charlie, alcoolo, Mickael Jackson, kapout alors que les 3T vont très bien, même si on ne sait pas où ils sont, les Castor Junior, indépendants financièrement vs. oncle Donald qui vivote, l’oncle Soul, relou, l’oncle Tom, dans sa case et j’en passe…)

Allez, tonton Chuck, place aux jeunes !

Et pour inaugurer l’avènement de Freddy Norris, terminons, grâce à  un petit rapt chez tonton, par un florilège de Freddy facts :

Dark Vador a de l’asthme depuis qu’il a fait la course avec Freddy.

Freddy a dépucelé la forêt vierge.

A Pâques, ce sont les oeufs qui cherchent Freddy.

Freddy est né en mode sans échec.

Freddy a dépucelé la forêt vierge

Freddy peut faire une omelette avec des oeufs Kinder

Bref, Freddy va entrer dans la légende, et la légende l’en remerciera…