Top Chef 2012 / Présidentielle : dernière ligne droite pour les candidats…

Ils ne sont plus que quatre dans la course au titre de Top Chef 2012. Après l’élection surprise de Romain Tischenko en 2010, puis celle, plus attendue, de Stéphanie l’année dernière, qui l’emportera cette année ? Cyrille, Tabata, Norbert et Jean ont la niaque, et veulent tous gagner. Ce soir, l’un d’entre eux quittera l’aventure. Ils ne seront alors plus que 3, puis deux, au second tour, à être soumis aux votes de Français impartiaux. Des votes ? Avril ? Cela ne vous rappelle rien ?

 

Jean – Sarkozy : Outre le fait que Jean ait le même nom que le fils du Président-candidat et, comme lui, le cheveu dru, la comparaison ne s’arrête pas là. Comme Nicolas, Jean ne cache pas son ambition. Eh oui, le titre de Top Chef, il n’y pense pas qu’en se rasant (en plus, il se rase pas beaucoup…), ce qui agace pas mal d’internautes. L’ambition affichée, ça plait ou ça plait pas. Propriétaire de son restaurant depuis de nombreuses années, Jean a l’expérience du pouvoir, et sait piloter une équipe. Pour son gouvernement, il a même repris Juan, devenu son Fillon, euh, son second. Considéré par certains comme arrogant, Jean-Sarko connaît son business et pourrait bien coiffer ses rivaux au poteau. Plombé par son portrait dans lequel il semble jouer au tennis au Racing, Jean est vu comme le candidat des riches (alors qu’il s’agit du tennis-club de La Haye-les-Roses et que non, son papa ne lui a pas acheté son restaurant !)

Son atout ? Son assurance.

Son point faible ? Carla, euh… papa, qu’il cherche tant à impressionner que ça pourrait le stresser.

 

Cyrille-Hollande : La ressemblance physique vous saute aux yeux ? Ca n’est pas la seule ! Cyrille, c’est le gagnant annoncé. Il arrive en tête des sondages, et sa bonhommie, sa connaissance des dossiers et son côté monsieur propre plaisent au plus grand nombre. Cyrille-François, c’est le candidat « normal », un peu blanco de teint, un peu ancien gros ou nouveau, on sait plus (vous avez remarqué comme il a maigri depuis le début de l’ « aventure » ?), très bon élève et, lui aussi, il a une femme superbe. Incapable de dire du mal de ses adversaires, on pourrait croire que Cyrille n’en veut pas assez et pourtant, méfiez-vous de l’eau qui dort car il a son étoile à défendre et, comme tout favori, ne doit pas s’endormir sur ses lauriers…

Ses atouts ? Son côté passe-partout

Son point faible ? Son côté passe-partout

 

Norbert-Mélenchon : Il est le troisième homme, le candidat-surprise, le candidat du peuple, le self-made man, celui qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, dont on se partage les vidéos-chocs quotidiennement sur le web. De qui s’agit-il ? Aussi bien de l’un que de l’autre ! Norbert, c’est le Jean-Luc de Top Chef, le « monsieur petites phrases »… à moins que ce ne soit le contraire. « J’ai vu qu’il comptait m’enlever mon caleçon, je lui dis qu’il arrive trop tard, je suis déjà un sans-culotte! », c’est de Mélenchon. « J’ai le calfouette qui claque », c’est de Norbert. « Salaud », « larbin », Mélenchon a le langage fleuri, comme son alter-ego culinaire, qui « n’a pas fait bac +5 mais (…) bac d’eau chaude, bac d’eau froide » (véridique !). Ils sont l’un et l’autre les grandes stars de leurs programmes respectifs, et pourraient bien créer la surprise.

Son atout ? Sa folie

Son point faible ? Un niveau un peu moins élevé que ses adversaires

 

Tabata-Joly : Elles sont  autoritaires, ont un accent énervant, aiment la hiérarchie et la castration masculine… Tabata, Eva Joly, même combat ! Et malheureusement, elles ont chacune réussi, à cause de leur caractère, à déclencher les foudres sur les réseaux sociaux. La chef brésilienne comme l’ancienne juge norvégienne souffrent d’une cote d’impopularité au plus haut ! Cassante avec Norbert, à qui elle reproche sa bonne humeur, exécrable avec son équipe lors de l’épreuve du restaurant, Tabata n’a plus beaucoup de soutiens. Eva Joly, elle s’en était pris à David Douillet… Très pros dans leurs domaines, les deux mégères du web sont aussi les reines de la polémique. La chute accidentelle d’Eva hier serait-elle une prémonition du départ de Tabata ce soir…?

Son atout ? Un prénom sexy (comme Eva)

Son point faible ? Parle trop

Et vous, pour qui auriez-vous voté… ?


Top Chef 2012 – Ma soirée à l’Acajou à la recherche du Jean perdu…


Hier soir, nous partîmes à quatre « matériel », comme dirait DSK (entendez « filles » dans la phrase « Veux-tu (peux-tu) venir découvrir une magnifique boîte coquine à Madrid avec moi (et du matériel) ») direction le restau de Jean Moumoute Imbert, avec lequel j’avais pris rendez-vous, pour tester les lieux et le monsieur (et accessoirement ses perruques).

Bon, faut aimer le 16e. Et vous savez (ou pas) ce qu’on dit sur le 16e quand on est du 17e, mais ça n’est qu’une question de point de vue, et j’étais toute prête à pardonner à Jeaaan. A ma grande surprise, nous fûmes reçues par Juan (un « u » pour un « e » mais pas une faute de frappe), un autre candidat de cette saison (qui ressemble beaucoup moins à Benabar dans la vraie vie qu’à l’écran), devenu  le second du chef aux faux airs de Patrick Bruel. Mes copines, excitées comme des puces, et moi avec elles, piaillaient et piaffaient d’impatience en terrasse, verres de vin blanc à la main :

–          Tu crois qu’il est LA ? Tu crois qu’il est ashkénaze ? Tu crois qu’il va venir nous saluer ? Tu crois qu’il est dedans ?

–          Chais pas, il fait tout noir, je vois rien que le Juan et des ombres.

Moi, stoïque :

–          Mais vous croyez quoi, le mec est pas serveur, il est CHEF, il fait la CUISINE, il est en CUSINE ! me demandant quand même si c’était vraiment lui tout seul qui était en train de découper des tranchettes de kiwi, de melon et d’ananas en silence sur son petit plan de travail en zinc, essoufflé, regardant fébrilement la pendule comme dans une épreuve de coup de feu.

Les clients commençaient à arriver. Plutôt des jeunes. Plutôt en scooter.

–          C’est Cyril Lignac ! a dit Laurence, pointant ostensiblement du doigt un type en moto à casque intégral et barbour.

N’importe quoi…

Nous sommes finalement entrées et avons pris place au centre d’une très longue et haute table d’hôte dans une salle sombre éclairant davantage les plats que les visages, ce qui arrangera les filles de plus de 35 ans (aucun rapport mais les restos japonais, par exemple, sont à éviter niveau luminaires effet teint blafard). Sur une petite carte carrée, nous avons eu le choix entre une entrée « terre » ou « mer », puis avons sélectionné 2 plats dans une liste aux intitulés énigmatiques. Si vous n’aimez pas les surprises, on peut toutefois  vous orienter. J’ai préféré choisir au pif. Grosse maligne, j’ai finalement dû demander des précisions au moment de choisir le vin, parce qu’un Saint-Verant avec une côte de bœuf, ça le fait moyen.

Le concert a pu commencer.

Du crabe sur jus de mangue, accompagné d’une soupe d’étrilles à tomber par terre  et son mini-pavé de saumon mi-cuit. Tout ce que j’aime ! Ma Bretagne qui me tend les bras.

Ensuite, un carpaccio de langoustine comme réponse à tous mes vœux secrètement formulés en terme de  cru et de sous-marin depuis des années. C’est décidé, je veux épouser Jean Imbert !

–          Mais il est oùùùù, au fait, Jean Imbert ?

Stéphanie me sort de mon orgasme culinaire. Le Juan repasse.

–          Jean doit être très occupé, t’as vu la finesse de ces langoustines, la broutte à couper ! Tu crois qu’il a que ça à foutre de venir nous faire coucou alors qu’il décortique, coupe, cisèle ces putain de langoustines pour en faire des carpaccios carrés ?

Mon plat arrive : Bangkok. Une soupe aux gambas et son avocat en gelée. Beau, bon, chic, distingué, comme Zeaaaan. Mais il est OUUUUU, Zean (ouais, on commence à avoir pas mal bu) ?!

–          Non mais attends, il va venir au dessert, il va pas tout laisser tomber comme ça, son resto plein, pour venir taper le bout de gras avec quatre fans en goguette alors qu’il doit enfourner 50 petits soufflés individuels et vérifier qu’ils ne retombent pas !

Mouais…, quelles ont l’air de dire, mes copines, qui commencent sérieusement à me regarder avec pitié. Mmh, je connais ce regard, celui qui dit, au bout de 24h d’attente d’un coup de fil de mec, que non, il n’est pas mort, et que non, il ne rappellera pas. Mais je suis grande maintenant, et puis Jean m’a promis d’être là. Et moi, Jean, je lui fais CONFIANCE. Jean et moi on est comme les deux doigts de la main (hein ?).

–          Tu crois qu’ils vont l’applaudir quand il va venir ? Je tente.

Encore ce fameux regard. Je me tais. On parle de la grossesse de Laurence.

Les desserts arrivent : le fameux soufflé (il est fort, Jean, il a tout bien fait !) et la salade de fruits grâce à laquelle on s’est virtuellement rencontrés, Jean et moi.  Je serre contre mon cœur mon petit menu cartonné prêt à être autographié, et j’attends le chef.

–          Là, c’est sûr qu’il va arriver, je dis à mes copines.

–          Bha j’espère, hein, parce qu’on va pas tarder tarder non plus.

Et c’est à cet instant précis que la vérité nous est tombée dessus, apportée par un messager désolé : Jean s’excuse, il a été retenu, il ne pourra pas être là ce soir. La tête me tourne. Mais qui a fait à manger je ne comprends pas ? Pas là, Jean ? Non mais Jean, si tu as une perruque c’est pas grave, je le dirai pas je te jure (mmh mmh).

Sur le trottoir, mes copines m’évitent. J’ai l’abominable impression d’être en 4e et de m’être pris un gros vent par David Sraër.

Jean, tu m’as foutu la tehon, mais franchement c’était trop bon.

 

L’Acajou – 35bis, rue Jean de La Fontaine 75016 Paris

01 42 88 04 47

Menu : Midi 30 euros / Soir 60 euros

Top Chef 2012 : Pourquoi les femmes sont-elles folles de Norbert ?

La star de cette troisième édition de Top Chef, vous le savez tous, c’est Norbert, ce candidat « haut en couleur » que nous promettait la prod’ avant même la diffusion du premier épisode. Bonne pioche pour le directeur de casting car l’animal fait tant parler de lui que, plus la saison avance, plus les curieux se pressent devant le programme culinaire pour voir de leurs yeux voir l’énergumène qui veut décoller les escalopes des filles.

Que les mecs aiment Norbert, on comprend. Enfin un gars qui assume de péter tout haut sans se soucier de l’oppression féminine. Enfin un gars du terroir qui se décrotte allègrement le nez, faisant oublier au téléspectateur mâle qu’il est en train de faire la même chose, merdique, affalé sur son canapé les cuisses écartées le ventre bien tendu alors que Laurent Delahousse, lui, le fait se sentir gros, sale et totalement inutile à la société. Salaud de Ken.

Non, le plus étonnant, chez Norbert, c’est que les filles en sont FOLLES. Et pas les moindres : blogueuses, journalistes féminines flirtant habituellement avec le féminisme, mères au foyer et adolescentes sophistiquées, elles mouillent toutes leur culotte pour le puissant cuisinier aux doigts de fée. Mmh.

Eh oui, 2012, c’est l’année du retour du bon gros macho qui tâche. Dujardin, le Loulou sympatoche, 100% hétéro qui pose sourire béat deux cuisses écartées entre les mains sur les affiches des Infidèles, est le modèle à suivre, l’homme-étalon si j’ose dire. On assiste à un cycle. On était partis de Bébel et Depardieu comme icones sexy de ces dames – des machos décomplexés de la braguette, des biscotos, du parler Audiard et de la bonne claque sur les fesses – puis on avait lentement dérivé vers l’abominable métrosexuel (Beckham, sourcils épilés, castration par l’épouse, air nigaud et troussage de nounou comme seule échappatoire), pour se finir sur l’übersexuel (Baptiste Giacobini ou Justin Bieber) comme icones masculines. Autant dire des enfants imberbes, propres et bien élevés. Et on nous disait que la femme était ravie d’avoir enfin un homme qui sent bon, emprunte son rasoir pour se raser les aisselles et achète consciencieusement ses produits de beauté pour homme.

Pff, que nenni ! La femme, elle veut Norbert ! Un type au parler franc, qui leur avoue tout de go et sans se poser de questions qu’il veut les prendre sur la table, là, tout de suite, qui les galoche sans prévenir, qui les bouscule, qui sent le rut animal, qui les énerve, qui les excite, un type qui utilise des mots comme « loches », « branle », « slip », « trou », « burnes », « fion » ou « calfouette ». Et ça, le Norbert, il sait faire ! Et puis, un type qui dit que « la cuisine, c’est comme l’amour. Il faut pas faire beaucoup mais il faut faire super bien », ça met en confiance. On se dit que Norbert, c’est un mec qui « se sort les doigts », comme y dit. Norbert, c’est comme le camembert, on en mange rarement en public parce que ça pue un peu mais qu’est-ce que c’est bon !