Revoir Paris

tourdargent

Il y a quelques heures encore, en témoignent les grains de sable clandestinement restés agrippés à vos orteils, vous envisagiez sérieusement de tout plaquer pour monter un petit business à Patmos, parce qu’il y fait beau toute l’année, que vous ne voyiez décemment plus votre avenir ailleurs, que les enfants aiment tant l’eau et qu’on n’allait quand même pas s’emmerder toute la vie avec le métro, la grisaille, les boss infects et le Monop’ à pas d’heure. Et puis bon, il a néanmoins fallu prendre l’avion, tête basse, le temps de régler quelques détails logistiques pensiez-vous en vous-même, et vous voilà soudain dans le taxi qui vous mène de l’aéroport à votre domicile, faisant craquer les grains de sable sous votre vernis écaillé alors que, sans l’avoir anticipé, vous retombez comme chaque année amoureuse de Paris, déloyalement parée de cette aura particulière qu’ont les éléments qui nous sont les plus familiers lorsqu’on les a quittés pour longtemps.

Les tuiles d’abord, les pierres de taille, lourdes, fières, les couples aux terrasses qui fument, exposent leur reste de bronzage aux rayons de l’été indien, et sirotent des anisettes sous le regard courroucé des garçons de café qui, tiens, aux aussi, vous avaient manqué finalement. La Seine qui scintille joliment, les inconnus qui rêvassent à leur balcon, observateurs blasés du spectacle pourtant inouï qui se joue sous leurs yeux. Les femmes élégantes aux cheveux lissés, aux jupes dansantes, aux souliers distingués qui vous font jeter un vague regard de mépris sur votre propre tee-shirt « A Patmos y’a pas d’bolosses » qu’il y a quelques minutes encore vous aimez plus que vos propres enfants. Sans parler de vos cheveux qui passent immédiatement du statut de sauvageons-iodés-sexy à sékos-frisottés-fourchus. Vite, un coiffeur. Les volets clos derrière lesquels certains abritent leurs derniers instants de retraite estivale dans la fraîcheur de chambres devenues les gardiennes de souvenirs qui s’enfuiront, bientôt, lorsque la vie aura repris son cours, et le quotidien ses droits mais pas encore, pas tout de suite.

Et le compteur qui tourne devant le chauffeur silencieux lorsque vous tentez d’agripper les dernières vignettes de cette capitale nouvelle qui ne s’offre, la chienne, qu’en ces éphémères premiers instants de retrouvailles qu’il ne s’agirait pas de manquer, comme on guette chaque année les étoiles filantes. Les courettes fleuries que vous ne voyiez plus, les façades délivrées de leurs échafaudages, les travaux enfin achevés, la belle a fait peau neuve pour mieux vous reconquérir. Les vitrines des boutiques qui donnent des envies d’hiver, de gros pulls, de jupes écossaises, de cols en fourrure et de cartables à l’odeur de cuir. Les monuments farauds qui renvoient Patmos, le sable dans vos pieds, vos paréos humides et vos envies d’ailleurs à leur condition première de bluette aoutienne.

Comme un quadra en pleine crise, vous aviez cru trouver votre bonheur ailleurs, dans les bras de cette pétroleuse aux ongles irisés mais voilà, Paris vous tend les bras, et c’est en la retrouvant après ces semaines de démon de bikini que vous admettez docilement que vous êtes rentrée chez vous.

A moins que ?

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La vraie vie des mères actives – Episode 2 – Le métro

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Notre maman active arpente péniblement le bitume trempé, ses cheveux collés au front, ses dessous de bras séchant peu à peu à mesure qu’elle s’approche de l’inquiétante bouche de métro, laquelle porte si bien son nom, prête à la gober totalement avant de la digérer péniblement (oui, eurk).

Arrivée au bas des marches, et alors qu’elle s’apprête à sereinement faire biper son sac, l’atmosphère semble pourtant différente des autres matins. Et pour cause, devant les deux uniques machines à recharger les Navigo se pressent salariés vénères et touristes désorientés qu’il est désormais impossible de gicler habilement pour les orienter vers une guichetière patiente, ravie de leur expliquer longuement la différence entre un pass journée, un carnet et un abonnement semaine. On est le 1er du mois…

Sa race.

Il est 9h15. Dans la longue file, elle checke les mails qui continuent de s’amonceler en même temps qu’elle envoie ses sms-sos à tout son répertoire : « Coucou ! Ca va ? Sinon ça te dirait de t’occuper des enfants de euh… 16h15 à 20h30 today ? Bisoussss xxxxxxx ». Oui, même à l’électricien et au réparateur de Freebox.

9h25. Abonnement – schlouk elle fait tourner le gros rouleau – clic – zones 1 à 2 – schting rouleau – Schtak total 615 euros…. « Eh ouaiiiiis ça a encore augmenté !!! Qu’est-ce que tu crois ? Ah ouais ça te vénère mère active et tu vas faire QUOI maintenant hein ? Tu vas te REBELLER peut-être ? EH NOOOOON, tu vas prendre ta carte bleue et te faire ponctionner de la moitié de ta paye dès le 1er du mois comme tout le monde EPI C’EST TOUT HAHAHAHA » [rire démoniaque de la machine Navigo, qui parle, oui].

« Votre pass est maintenant chargé ». Encore heureux. Connasse. Chus vulgaire avec le matos, tant mieux.

9h28 : la WM veut faire biper son pass à 10 000 mais manifestement, les trucs sont désactivés depuis longtemps pour une raison indéterminée. Non, non, elle ne se dit pas du tout qu’elle aurait pu en profiter pour passer tranquillou (= resquiller) et recharger sa carte plus tard, à un moment où y’aurait eu personne devant les machines, par exemple. Elle est HONNETE.

9h30 : le quai est bondé. La sueur gicle à nouveau sous les aisselles refroidies de la WM. Au micro, on n’annonce… rien. Sur le quai, un train arrêté et bondé de salariés de tous bords agrippés aux parois attend que le trafic veuille bien reprendre. Des « Direct Matin », des « 20 Minutes » et des « Métro » potentiellement remplis de pipi ou autres matières suspectes dépassent des poubelles. La WM s’en tape, elle est dégueulasse de toute façon. Elle s’en saisit, les défroisse avec dégoût et plonge dans les news pour oublier que sa réu a commencé depuis 30 minutes, que personne a répondu à son sms sauf sa mère pour dire « Mais ma chérie tu sais bien qu’on est en Guadeloupe bisous bisous » (« Les nouveaux seniors, leur pouvoir d’achat, leurs potes et leur emploi du temps d’ado », un vaste sujet bientôt sur vos écrans…) et qu’elle n’a toujours pas petit-dej’.

9h42 : « La ligne 13 est momentanément interrompue pour cause d’avarie matériel.  Nous nous excusons pour cet incident. Le trafic reprendra prochainement ».

Putain.

C’est quoi « prochainement » ?

Dilemme. Se dire que « prochainement » c’est dans une minute et attendre docilement dans la moiteur des entrailles ? Se dire que « prochainement » c’est dans 3 semaines et remonter sous la pluie choper un bus ? Poser sa matinée ? Feindre un malaise ? Se flinguer ? Acheter tous les Kinder Bueno du distributeur et les ingérer très rapidement la tête en bas tellement elle a la dalle ?

Le trafic finit par reprendre. Trois métros passent, alors que des passagers arrivés après elle l’écrasent sans ménagement, abrégeant au passage les souffrances de malheureux nonagénaires sacrifiés sur l’autel de l’heure de pointe de même que les femmes enceintes. « Rho bha y’en aura d’autres, des métros ! », gueulent les « chanceux » qui ont un doigt de pied dans le wagon (et le ventre dehors mais ils s’en tapent), et narguent les laissés pour compte du quai. Oui, y’en aura… « prochainement ».

C’est donc le visage collé à la vitre sale, sous l’œil compatissant du lapin qui se fait pincer les doigts, que la WM ferme la masse compacte agglutinée dans le wagon surchauffé alors que les sempiternels éclats de voix se font entendre.

« Nan mais c’est dingue, ça ! Pouvez pas pousser votre bras ! »

« Coooooonnasse ! »

« Nan mais vous avez vu ça ? Stincroyable ! »

Mmmh. Dans son dos, elle jurerait qu’une main tente d’attraper un de ses cuissots épanouis par les maternités, voire de le malaxer mollement. Plus loin, un « jeune » fout en l’air les tympans gentiment offerts par sa génitrice en montant à fond son MP3, si bien que la WM peut découvrir en avant-première le nouvel album de Jay-Z. Elle ferme les yeux de désespoir, prenant exemple sur le chanceux propriétaire d’un adossoir, qui a habilement et depuis le début de l’affaire, fermé les yeux, mimant un sommeil qui lui permettra de ne laisser à personne sa place de choix. Jamais. Saloperie.

Sms de son mec : « ON a une baby-sitter  pour samedi soir ? »

Dans la tête de WM : « Je sais pas conard t’en as contacté une ? »

Entre deux stations, et alors que l’haleine fétide du chauve qui lui écrase un sein tente de lui ôter la vie par empoisonnement olfactif, le métro hoquette, s’arrête, s’éteint. Et reprend lentement sa marche vers la station suivante. Avant même que le train n’ait marqué l’arrêt, ils sont nombreux, derrière elle, à être persuadés qu’on le les laissera PAS SORTIR (c’est bien connu, chaque jour des milliers de voyageurs se font toute la ligne entière pour des raisons similaires…), et à lancer de bruyants  « PAAAAAARDON ! PAAAAARDON !!! » inquiets et menaçants, dans le but manifeste qu’elle se saisisse de la poignée pour ouvrir les portes RAPIDEMENT et que le flot l’engloutisse à jamais.

La WM est vaillante, elle se dit que dans quelques stations elle aura enfin atteint ses locaux professionnels, ce qu’elle tente de faire, il est vrai, depuis presque 4 heures alors que ses stagiaires ont roupillé jusqu’à 9h, mais que son calvaire touche à sa fin.

Toc toc.

Pourtant…

Toc toc…

Elle jurerait qu’un index s’enfonce dans son épaule alors qu’elle est tout juste parvenue à reprendre la lecture de son « 20 Minutes » plein de pipi et qu’elle se passionne pour une étude sur le couple, qui explique que ceux qui n’ont pas d’enfants ont deux fois moins de chances de se séparer (sans blague ?).

– « On bouquine ? »

Derrière elle, propre, souriant et le souffle chaud (et lourd), Arnaud de la compta semble fin prêt pour une conversation matinale de métro entre collègues. Il est 9h50 et les portes se referment sur le duo alors que la WM jette un coup d’œil aux rails…

Non, elle a des enfants, elle ne peut pas…

To be continued…

Première neige vertige en lui comme un manège

premiereneige

En pyjama Spiderman et bavette en plastoc fatalement fendue en son milieu, il finit sa Danette, écrasant avec un soin professionnel la crème jaune vif sur son mignon visage.

–          « Tu crois qu’il va neiger maman ? »

Vaguement, vous regardez par la fenêtre et vous rendez compte que bha oui tiens, il neige enfin.

–          « Il neige, titi ! », vous dites.

Faisant voler en éclats le fonds du yahourt, il se jette alors sur vous, essuyant au passage son mignon visage, la Danette et le liquide qui s’écoule de la bavette fendue sur votre pull qui sort du pressing. Pas grave, il neige, quoi.

Vous le prenez dans vos bras, il passe les siens autour de votre cou mais ne voit rien, à travers la vitre un peu cracra que vous n’avez pas lavée au liquide bleu depuis une plombe.

Vous ouvrez la fenêtre. Alors, le vent froid vient pincer vos joues rougeaudes ramollies par la chaleur de la cuisine. Les flocons tombent dru, virevoltent, et constellent le ciel noir de ce début de soirée d’hiver. Certains parviennent même à atteindre le garde-corps, s’y collant un instant, laissant apparaître le dessin délicat des cristaux si réguliers que même adulte, alors que vous en avez vus 1000 fois, vous peinez encore à croire en leur véracité tant ils ressemblent aux illustrations des livres d’enfants, ou au logo de l’ESF sur lesquels, de niveau en niveau, s’agrègent les étoiles.

Il se penche dans vos bras. Il veut les toucher, les flocons. Et pourtant, ils fondent si rapidement dans ses doigts qu’il pense qu’ils disparaissent. Et puis ça vous fait peur, qu’il se penche comme ça.

–          Viens, habille-toi ! On descend, on va voir tomber la neige. C’est cadeau !

–          CADEAU !

Pure folie que ce resapage en pyjama à 20h15 un lundi soir, alors que vous attendiez impatiemment d’en avoir fini de la corvée petit-suisse, débarbouillage, pressée de passer des coups de fil, de vous faire à dîner ou de poser enfin vos fesses sur votre canap’. Et pourtant, ce soir-là, et cette pure folie, suspend un instant ce sombre quotidien de début de semaine.

Excité comme pas possible, il saute dans ses baskets qu’il met invariablement à l’envers, enfile sa doudoune avant que vous ne veniez visser de force sur sa petite tête son bonnet de laine grise.

Dans le hall, il sautille, plus joyeux que si vous lui aviez promis le plus incroyable des voyages.

Vous ouvrez la lourde porte de l’immeuble et faites quelques pas alors que la neige tombe à gros flocons, si bien que, tous les deux, vous êtes obligés de baisser la tête, aveuglés par les cristaux glacés. Puis, ensemble toujours, vous levez les yeux vers le tourbillon blanc. Il sourit, et se met à tourner sur lui-même, les bras en croix, poussant alors de petits cris de joie, son bonnet bientôt recouvert de petites boules blanches.

A travers sa vitrine illuminée, le boulanger vous fait un signe. On se croirait dans un conte d’Andersen. Un instant, Titi ambitionne d’aller lui taper un schtroumpf ou une banane mais renonce, bien trop accaparé par cette nouvelle découverte.

Bientôt, il faut rentrer. Secrètement, vous espérez que la neige tiendra et qu’il pourra, le lendemain, la prendre à pleine main, se jeter dedans.

De retour dans la maison chaude, alors que, ensemble toujours, vous retirez en frissonnant vos doudounes, il vous regarde du haut de ses trois ans et vous assène :

–          T’es trop cool.

Puis :

–          T’es vraiment une super maman !

Votre cœur, il pourrait exploser. C’est con, hein ? Tout ça pour trois flocons.

Vous le mettez au lit, lui lisez même deux histoires, ce soir-là, et n’êtes finalement plus si pressée de poser vos fesses sur votre canapé rapé, passer des coups de fil ou vous faire à dîner.

Par la fenêtre de sa chambre, il zieute les flocons alors que se paupières se ferment doucement.

Jouuuur de neiiige dans un grand pull qui me protèèège… Preeemière neige, vertige en moi comme un manège.

Parisiens gastronomes, mettez-vous à l’Abri, le bon plan du moment !

Aaah, ces bons restaus avec menu dégustation, où l’on peut découvrir les alliances de goût et de texture les plus inédits, les plus délicats… mais aussi les plus chers. Comme on aimerait pouvoir s’en faire plus souvent !

Eh bien, grâce à mon amie Priscilla Siney qui, si je ne la cite pas, refusera certainement catégoriquement de nous refiler de nouvelles adresses, j’ai découvert, en compagnie de mon concubin, cet étonnant endroit appelé « Abri » (et pas « L’Abri »… ouais, c’est un peu naze comme nom mais bon), qui vous sert le soir un menu dégustation 6 plats : 3 entrées, un poisson, une viande, un dessert pour la modique somme de 38,50€ ! Oui mesdames et messieurs vous ne rêvez pas, 38,50 euros pour 6 plats divins en plein coeur de la capitale. En voilà un bon plan !

Quand on sait que le chef, un fort sympathique japonais, est passé par les cuisines de Robuchon et Taillevent, on est d’autant plus fier et impatient de goûter sa cuisine chic et bon marché.

Pour le décor, sachez-le, pas la peine d’y emmener une target, ou alors une target ultra-trendy, alter-mondialiste ou même aveugle puisque, en guise de vestiaire, vous pouvez coller vos manteaux sur une chaise du bar en cageot (on exagère). Quant aux tables, elles rappellent davantage la restaurandwitcherie gastronomique du midi (ne vous y trompez pas, le midi, c’est sandwitch) que le contenu des plats, lesquels emmènent nos papilles dans les plus grandes cuisines. Parce que quoi, en plus d’être super beau, c’est gourmangue, comme dirait mon idole Cyril Lignac.

Trêve de blabla, place aux photos, c’est parti avec un…

… Carpaccio de bar, fenouil, radis, fleurettes et fraîcheur à tomber

carpaccio

Un calamar grillé avec ses émulsions

calamar

Un velouté de potimarron et sa boule improbable et aérienne aux saveurs de café. Une tuerie !

velouté

Une dorade grillée et ses petits légumes que même si t’aimes pas ça, les légumes, tu te roules par terre


dorade

Une filet de boeuf caramélisé, oignon nouveau, petite pomme de terre et sauce légère


viande

Vous allez m’en vouloir mais, n’aimant pas les desserts, j’ai complètement zappé de prendre en photo le mille-feuilles qui n’a, paraît-il, comme Olivier Falorni, pas démérité.

Bon, je pense que vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire, en décrochant votre téléphone pour tenter de décrocher une table. Pour info, Abri a reçu le Fooding d’amour Guide 2013, amplement mérité ! Quant à votre résa, attention, restez bien calme car il y a de fortes chances pour que la personne au bout du fil ne comprenne pas immédiatement un traître mot de ce que vous lui racontez…

Restaurant Abri
92, rue du Faubourg-Poissonnière
Paris (75010)
MÉTRO : Gare du Nord, Poissonnière & Cadet
TÉL : +33 1 83 97 00 00

Parisienne comme c’est pas permis (de conduire)

« Et ton permis, t’en es où ? »

Voilà une des pires phrases qu’une trentenaire handicapée du volant puisse entendre. De celles qui vous glacent les sangs en un instant, comme seule la vision furtive du sigle « Trésor Public » peut le faire, ou encore la ribambelle classique des « T’as fait tes comptes ? », « T’as quelqu’un en ce moment ? » et autre « Quand est-ce que tu comptes faire un enfant? ». La plupart du temps, la personne a laquelle s’adresse cette phrase est Parisienne parce que, si elle ne l’était pas, elle n’aurait pas 30 ans. Eh oui, perdue sans permis dans sa province reculée, elle serait décédée chez elle, faute d’avoir pu se rendrez au Super U de la zone commerciale pour se sustenter, aller en boite le samedi soir ou tout simplement à son boulot, situé a 15 bornes, ce qui est vachement près en fait et sur le chemin de l’école. Eh oui, les parisiennes (et les Parisiens, mais ils sont moins nombreux, allez savoir pourquoi… un truc de vitalité à prouver sans doute) sont les seules à être passées entre les mailles du filet et à avoir sauté ce passage obligé dans l’âge adulte (cela expliquerait-il l’adultophobie plus marquée chez les trentenaires parisiens que chez leurs homologues provinciaux ? Maybe…).

Toujours est-il que, étant moi-meme dans ce cas (« Quoiii, t’as pas ton permis ?« ), ma très longue expérience de la chose m’a permis (si j’ose dire) au cours de mes différentes rencontres avec de personnes souffrant du même syndrôme qui ont ponctué ma longue vie, de recenser quelques-unes des excuses le plus souvent évoquées par ces étranges personnes montrées du doigt dans la France entière pour justifier leur état sauvage.

Voici donc le top 20 des meilleures excuses du Parisien (ou de la parisienne) pour ne pas passer son permis :

1. C’est trop cher. Ca, c’est vrai ! Les prix d’appel peuvent être corrects mais quand on est une vraie HC (handicapée de la conduite), il ne faut pas 20 heures mais au minimum 60 pour que l’auto-école accepte de vous présenter au permis. Hors forfait, à 50 euros de l’heure, faites le compte.

2. Je le passerai quand j’aurai des enfants. Bien sûr… et quand vous avez eu votre code en panique, vous êtes enceinte de 7 mois et laissez tomber.

3. Je n’ai pas le temps. Eh oui, si la Parisienne travaille, elle devra se lever à 5 heures du mat’ pour espérer caler les 2h de cours + transport = 3h de cette fort agréable activité dans sa journée chargée. Si elle est étudiante ou chômeuse, elle n’a pas assez d’argent. Si elle est à la retraite, elle est trop vieille et regrette.

4. A Paris, tu peux tout faire en métro. Oui, jusqu’à 1 heure, quoi… Après si on veut s’auto-imposer un couvre-feu, pourquoi pas ?

5. A Paris, tu peux tout faire en taxi. Oui, et te faire insulter ou soûler tes potes qui veulent se coucher en restant en ligne des heures avec les Taxis Bleus les soirs de pointe à trouver un « véhicule dans votre secteur ». Pire : soûler les autres invités sur le thème « Tu vas à Gare de l’Est ? Génial, tu me déposes, je suis pas loin j’habite à Neuilly ! »

6. C’est impossible de se garer de toute façon ! Vrai !

7. Une vraie Parisienne n’a pas son permis. Excuse la plus chicosnob. Clôt la conversation mais donne une mauvaise image.

8. Franchement, même avec le bébé, on peut tout faire sans voiture finalement ! Bien sûr… et provoquer la haine des autres usagers dans le métro en entrant avec son énorme poussette, puis forcer des inconnus à soulever ladite poussette lourde et sale dans les escaliers alors qu’ils n’ont rien demandé.

9. Ça me reviendrait plus cher d’avoir une voiture tu sais ! Vrai ! Il sera toujours moins cher de fonctionner avec un Pass Navigo (oui, j’ai enfin appris à ne plus dire « carte orange », mais ça me coûte) et un budget quasi-illimité de taxis après 21 heures plutôt que d’avoir une voiture (assurance, essence, prunes, fourrière, diverses réparations, lavages, contrôles et stage de rattrapage de points, vignette… ah non, ça n’existe plus. Ouf !)

10. Mon code est périmé. Mais il est valable 3 ans ! Oui, je sais, il est périmé j’te dis…

11. L’auto-école a fermé, je ne sais même pas ou est mon dossier. Mais tu es sûre ? Oui, c’est un magasin de portable maintenant. Mais il ne te restait pas des heures ? Si… Me suis fait bien entuber.

12. C’est impossible d’avoir une date de toute façon ! Vrai. Il faut attendre en moyenne plusieurs mois lorsqu’on a raté son permis et qu’on veut le repasser. Bien sûr, l’auto-école insistera toujours pour vous faire reprendre quelques heures « pour rester au niveau en attendant »… Vous avez dit racket ? Complot ? Je dis ça je dis rien, enfin si Capital ou Zone Interdite pouvait lâcher les campings, les tocs et la chirurgie esthétique pour plonger le nez dans ces pots de vin, ça ferait ptêtre pas de mal…

13. Y’a plein de gens très bien qui ne l’ont pas ! Thierry Ardisson ou Eddy Mitchell, par exemple, sont les parrains bienveillants de l’association de défense des HC. Sauf qu’ils ont un chauffeur, eux… Ah oui ?

14. Deauville, en train c’est 2h et en plus tu pars de St-Lazare ! Pourquoi je passerais on permis ? C’est vrai, ça. Une mer c’est une mer, à quoi bon aller en tester un autre ? Surtout que celle-ci est super friendly… Brrr

15. Mon quartier est ingarable. Concernant Batignolles, Marais, Bastille, centre et Pigalle, c’est vrai. Même une smart est inenvisageable.

16. Mon moniteur puait de la gueule. Fréquent. Associé aussi à « Après 40 heures de conversations, on s’est vraiment tout dit je crois… »

17. Je l’ai déjà passé 6 fois, j’abandonne. Vaut peut-être mieux effectivement…

18. J’ai peur sur le periph / place de l’Etoile. Prendre le centre et la rue de Tilsit.

19. C’est 1000 fois plus pratique d’avoir un scooter / un solex (snob). Oui, et 1000 fois plus dangereux aussi.

20. Avec le vélib, maintenant, en plus, je vois vraiment pas l’intérêt. Bien sûr, garer un Velib’ dans un des quartiers précités est chose aisée, effectivement. C’est bien connu.

Signe d’immaturité ou véritable phobie, le handicapé du volant souffre, sachez-le. Et derrière ces excuses patinées par le temps et une utilisation frénétique se cache un véritable sentiment d’infériorité. Sachez-le, le HC voue une admiration sans borne à toute personne capable de changer les vitesses en même temps qu’elle tourne un volant, et trouve même carrément sexy un mec qui conduit à une main (houuu, c’est mal, on a dit à dix heures dix !). En revanche, le HC connaît son code sur le bout des doigts et ne manque pas d’en rappeler les règles aux différents conducteurs condamnés à lui faire parcourir la France ad vitam aeternam. A tous ces conducteurs, proches, parents, conjoints et enfants de HC, apprenez à accepter ce handicap. Votre quotidien est difficile mais le HC souffre… et puis il se rattrape quand même en faisant porte-plan, acheteur de Pringles à la station-service, remetteur de tétine en voiture, débusqueur de dangers divers, changeur de station de radio ou débriefeur insatiable. Et si les HC étaient indispensables ?

Illustration : Pénélope Jolicoeur

Pourquoi les vieux jeunes parents arrivent-ils en retard (hirsutes et sales) au boulot ?

Ca n’est un mystère pour personne, lorsqu’un trentenaire devient parent, les ennuis commencent, pour lui comme pour son employeur. Enfant malade, vacances scolaires, rendez-vous chez le pédiatre et autres gastros viendront enrayer la belle machine de la win patiemment mise en place par l’entreprise et le salarié depuis des années.

Oui, vous avez remarqué que dans votre boîte, les mères (et pères, mais c’est plus rare) arrivent invariablement plus tard, mais aussi plus débraillés que les autres… Qu’a-t-il bien pu leur arriver pour qu’ils terminent dans un tel état ? Quelle bataille ont-ils bien pu mener ? Ne pourraient-ils avancer leur réveil afin de se caler sur les horaires des autres ? Laissez-moi lever le voile sur un tabou millénaire…

Tout d’abord, n’allez pas croire que le parent se la coule douce. Sachez-le, il se lève à…

6h15. Parfois, il a même dû prendre son service de nuit auprès de l’enfant, décidé, pour une raison qui peut rester mystérieuse à jamais, à éclater en sanglots sonores toutes les heures, avec la précision d’un métronome (voici l’une des raisons pour lesquelles votre pimpante collègue semble avoir pris dix ans en quelques mois. Non, ça n’est pas l’accouchement, c’est l’après qui l’a transformée…)

A 6h30, donc, l’enfant, qui n’a aucune notion temporelle, est dans une forme olympique et souhaite naturellement petit-déjeuner IMMEDIATEMENT, après avoir allumé toutes les lampes de la maison. Afin de somnoler encore quelques précieuses minutes, le parent, contre les avis des Pernoud et autres « Tout se joue avant 6 ans » (la bible des mamans dites « concernées » par leur progéniture), emmène l’enfant, son biberon et sa tartine friable dans le lit conjugal. Lorsque le parent est bien hardcore, il met également à la disposition de l’enfant un iPad (ou Netbook selon la typologie familiale) et colle ledit enfant devant Oui-Oui, Sam-Sam ou Barbapapa (n’importe quel truc qui double les syllabes, en fait), et sombre à nouveau après avoir tenté de suivre les aventures passionnantes de ces personnages bruyants, l’oeil torve.
Réveillé par un passage à tabac en règle (gifles, doigts dans le nez ou gressin dans les oreilles), le parent a alors l’abominable bien que récurrente surprise de découvrir le pouvoir de nuisance de la minuscule personne qu’il a enfantée. Les miettes de la tartine se seront déposées jusqu’au fond du lit, collées parfois à l’aide du miel ou de la confiture qui l’agrémentaient, lesquels seront également venus badigeonner l’écran du bel et coûteux outil high-tech généreusement prêté à l’enfant par l’établissement.

7h. L’enfant a déféqué, et en rit… Une odeur nauséabonde vient alors envahir la chambre parentale qui, lorsqu’elle sera devenue insupportable, parvenant à traverser la couette sous laquelle se sera réfugié le parent exténué, le poussera bon gré mal gré à aller changer l’enfant. La sale besogne effectuée, le parent jette l’objet du délit, hermétiquement enfermé dans un coûteux « sac à couche » malodorant, dans la poubelle. Il en profite alors pour habiller partiellement l’enfant (qui continuera à le frapper, cette fois-ci avec ses pieds), pensant alors en avoir fini.

7h30 Le parent part se doucher, conquérant. Quant à l’enfant, incapable de s’amuser seul, il rejoint également la salle de bain où il tentera successivement de boire de l’après-shampoing, de se couper les doigts de pied, de se mettre du rouge à lèvre, dont il finira pas casser le coûteux bâton après l’avoir utilisé pour dessiner sur les miroirs, et terminera éventuellement mouillé, dans les pires jours, après avoir tenté de rentrer par effraction dans la douche. Dans ce cas extrême, il faudra réitérer la tâche précédente.

8h Le parent tente de se rendre présentable pour ses collègues, mais cet objectif sera le plus souvent vain, car l’enfant rendra cette mission quasi impossible, comme dans une épreuve de Top Chef quand les invités tentent de déconcentrer les candidats. L’enfant gémit, casse des jouets qu’il faut réparer minute, tente de mettre les doigts dans la prise, fait éventuellement à nouveau caca, ceci jusqu’à ce que le parent abandonne toute velléité de coquetterie, enfilant un jean impersonnel et une chemise propre, attachant ses cheveux à la va-vite, se disant que c’est déjà pas si mal (plus tard, lorsque son couple sera en péril, le parent n’aura d’autre solution que de faire appel à Christina Cordula : « Ma il faut preeendre du temps pour touaaa ma chairiiie ! »).

8h30 Le parent pense alors pouvoir partir mais, comme pour les travaux, ce sont les finitions les plus longues. Il rampe alors longuement sous les meubles – remplis de moutons de poussière agglomérés autour de legos ou petites pièces Playmobil que l’enfant est ravi de retrouver, lesquels moutons viendront naturellement se coller au jean impersonnel et feu la chemise propre du parent – pour retrouver les chaussures de l’enfant, puis les siennes (elles-mêmes remplies de divers objets type pièces, crayons ou nourriture), et finit même souvent par affubler sa progéniture de chaussettes dépareillées (on ne se refait pas). L’hiver ajoutera une dizaine de minutes à cette épreuve coup de feu (écharpe, gants et bonnets obligent).

8h45 Le parent et son enfant en poussette engagent une course contre la montre, slalomant comme ils peuvent entre les passants tranquilles, ceux qui se sont levés à 8h et, tirés à quatre épingles, paradent fièrement en talons de 15 et brushings longoriens. Lorsque la pluie vient corser l’épreuve, certains sont alors tentés d’abandonner comme dans Koh-Lanta (« Mais non, Denis, je tiendrai bon, c’est l’aventure de ma vie ! ») Arrivé au seuil de la crèche, le parent trempé entre à ce moment précis dans un environnement stérile chauffé à 22° C, ce qui ne manquera pas de gonfler son cheveu déjà frisottant, et d’entraîner sur lui une suée extrême effaçant tout souvenir de sa douche matinale. En extrayant l’enfant de sa poussette, le parent aura la déasgréable surprise de se voir déverser du vomi sur l’épaule ou, selon l’âge, essuyer du biscuit sur son fameux jean impersonnel.

8h50 Déshabillage de l’enfant chouinant, mettage de chaussons contre son gré, lançage des chaussons, remettage des chaussons, regards compatissants ou accusateurs des autres parents… Viiiite, la clepsydre, le temps presse ! Humiliation supplémentaire, le parent devra enfiler sur ses chaussures trempées de petites charlottes pastel (c’est la mode !) ou fluos en vieux tissus éponge, rendant son apparence encore plus grotesque. Vous avez du mal à visualiser je le sens, allez, crevons l’abcès et rendons publiques ces images, les sans enfants ont le droit de savoir ce qui les attend. Tadaaam, en exclusivité mondiale, les chaussures de la crèche :

Chargé de l’enfant, le parent court alors afin de ne pas se faire griller sa place par un parent loquace (souvent mère au foyer désoeuvrée ou grand-mère en manque d’amis ravies d’évoquer le fameux caca de l’enfant avec une puéricultrice diplômée qui aura oublié toutes les mises en garde sitôt la mégère partie).

8h55 Les sanglots déchirants de l’enfant résonnant encore dans sa tête, le parent sort de la fournaise pour subir à nouveau l’outrage météorologique sur sa chevelure ayant perdu tout aspect humain. Plongé dans la fournaise métropolitaine cette fois-ci (on congèle-on décongèle-on recongèle… très mauvais pour la santé !), coincé entre deux stations, porté par une nuée de passagers exécrables, les pieds ne touchant plus le sol ou encore coincé derrière un camion dans sa voiture affublée d’un sticker indécollable gracieusement offert par la fourrière de sa ville, le parent ajoutera une bonne trentaine de minutes à son parcours du combattant pour atteindre la ligne d’arrivée, passée par ses collègues sans enfants depuis une bonne heure pour certains.

9h30 C’est ainsi que votre ancienne collègue pimpante qui « n’en voulait » arrive hirsute, rougeaude, défaite, le jean couvert de miettes, le sac rempli de vieux ours en peluche, culottes ou autres objets cocasses déposés par son enfant ravi de trouver un seau en cuir (sic) dans son salon pour y entreposer des affaires personnelles. Honteux, le parent fera son entrée les yeux baissés, fatigué par ces 3 heures de contre la montre, coiffé au poteau par de jeunes requins empli d’un sommeil réparateur, jusqu’à ce que l’une d’entre elles vienne le voir,  toute guillerette, bouffie d’orgueil, épanouie comme une enfant avant Noël, pour lui annoncer la bonne nouvelle… « Je suis enceinte ! ».

Ah ouais ? Mais euh… t’es sûre de toi ?

Debrief restau : « La Tête de goinfre »

La Tête de goinfre - La Salle

Des années qu’aux Batignolles on ne parle que de ce restau sympa, popu, jeune, joyeux et porcin, « La Tête de goinfre ». Samedi soir, après un ciné très sympa, nous sommes donc allés à « La Tête de goinfre » avec mon concubin, après avoir prudemment réservé pour le second service.

Nous sommes donc arrivés plein d’entrains et morts de faim à 22h comme prévu. Le menu étant affiché sur un grand tableau pas du tout dans mon champ de vision, j’ai donc dû m’allonger sur ma voisine pour le lire. mais passons. J’ai rapidement opté pour un gigot d’agneau flageolets, parce que c’est plus original qu’un tartare de boeuf et que j’adore ça. Mon concubin, lui, adoooore poser plein de questions sur le menu, et comme celui-là est très fourni (catégories boeuf, cochon, agneau, volaille et poisson, avec chacune bien 5 plats proposés), il allait avoir de quoi faire ! Zzzzzz

La serveuse est venue prendre nos commandes. Moi, j’ai fièrement demandé mon gigot et là…

– Mon concubin : « C’est quoi le hamburger « tête de goinfre » ?

– La serveuse : « Euh… hihi »

– concubin : « …… ? »

– Serveuse : « Hihi »

– Concubin : « Vous ne savez pas ? »

– Serveuse : « Euh, hihi. Euh non je suis pas là depuis longtemps. »

– Concubin : « Je veux bien que vous alliez demander. »

– Serveuse : « …….. »

– Concubin : « …….. »

– « Serveuse : « Je vais demander ? »

– Concubin : « Euh oui je veux bien »

Air affolé de la serveuse, qui part vers le patron, chuchote, et revient quelques MINUTES plus tard :

– « C’est avec de la ventrèche ! » (berk)

– Concubin : « Ah… Et le confit de canard il est comment ? »

Finalement, il a commandé le confit… et une entrée (un os à moëlle), bien que je lui eut souligné que je le sentais pas, cette histoire d’entrée. Nous avons également opté pour une bouteille de Cros Ermitage.

5 minutes plus tard, on nous a apporté un pot de rillettes avec deux cornichons et une corbeille de pain…

40 minutes plus tard (je précise que nous étions deux tables à servir), l’os n’était toujours pas là, la corbeille finie, le vin aux 3/4 bu et mon concubin hors de lui. On a fini par demander tous les plats en même temps, ce qui n’a rien changé car 10 minutes plus tard ni os ni cuisse ni flageolet n’avaient encore pointé le bout de leur nez. Le patron, contraint et forcé, est venu dealer un digestif contre cette longue attente.

Finalement, tout ce petit monde a fini par débarquer sur la table à 23 heures. Le gigolt était honnêtement très bon, mais je n’ai pas pu finir les flageolets à cause de pain. la cuisse était paraît-il pas mal (« mais un confit c’est un confit », paraît-il. Alors pourquoi t’as pris ça ?) et l’os avait l’air très apétissant.

Gigot d'agneau - flageolets

Gigot d'agneau - flageolets

Confit de canard - gratin dauphinois

Confit de canard - gratin dauphinois

Malheureusement, il était trop tard pour un dessert et la baby-sitter nous attendait depuis une heure, elle avait englouti avec ses 8 euros de l’heure notre possibilité de pâtisserie.

Conclusion ? Bonne bouffe franchouillarde pour un resto où ne pas aller pour un premier rancard, ni avant un spectacle, ni avec des filles girly, ni quand on est pressé en général. Bref, une réputation un peu surévaluée pour cause de quartier pauvre en restaurants mais un établissement propre, bien tenu où la nourriture est bonne.

La Tête de goinfre

16, rue Jacquemont

75017 Paris