Interview : Les 10 vraies questions que tout le monde se pose sur Top Chef et sur Jean Imbert

Previously, dans Debrief, vous avez pu lire avec effroi comment Jean Imbert m’avait mis un gros wind. Vous m’aviez laissée sur le trottoir, le coeur en berne et le ventre plein. Mais les jolies histoires finissent toujours bien et Jean a fini par m’envoyer un mail pour s’excuser de son absence à notre rendez-vous à l’Acajou. Toute prête à accepter les excuses du très potentiel gagnant de Top Chef, je lui ai néanmoins réclamé une interview pour se faire pardonner, qu’il a acceptée de faire avec entrain. Et voilà comment, en exclusivité mondiale, j’ai pu poser pour vous les 10 questions qui nous hantent tous sur Top Chef ! Merci encore à Jean, très patient.

1/ Comment va se dérouler la finale ? Les candidats connaissent-ils les gagnants ?

Jean : Je n’ai pas le droit d’en parler. Tout ce que je peux dire, c’est que personne ne connaît le nom du gagnant, même pas nous, puisque les résultats sont sous scellés, et seront dévoilés le soir de la Finale.

2/ Les jurés mangent-ils froid ?

Jean : Franchement, ça dépend des épreuves. En studio, ils font vraiment des efforts pour passer goûter le plus vite possible et, la plupart du temps, ça ne pose aucun problème. Et heureusement car les saveurs peuvent changer selon la température du plat. En revanche, lors des épreuves en plein air comme à Cherbourg la semaine dernière, par exemple, ça a pu être le cas.

3/ Est-ce que les couteaux orange des éliminés ont vraiment une lame orange ou un sticker collé dessus ?

Jean : Haha, c’est quoi, ces questions ? Oui, c’est bien un sticker…

4/ Dormez-vous sur place ? Combien par chambre ?

Jean : Oui, on dort tous à l’hôtel, en chambre individuelle. On est super bien logés, honnêtement.

Etes-vous obligés d’y dormir ?

Jean : Pas du tout ! Moi par exemple, j’habite à Paris, ça m’est arrivé d’aller dormir chez moi mais bon, rarement, parce qu’on est tous la tête dans le guidon à potasser 24/24h nos livres de cuisine, qu’on a dans nos chambres d’hôtel.

5/ Mangez-vous les plats que vous préparez ?

Jean : Ca n’est pas notre repas mais oui, ceux qui en avaient envie pouvaient les manger. Moi j’aimais bien !

6/ Est-il vrai que Norbert et toi vous vous appelez maintenant tous les jours ? 

Jean : Oui, tous les jours !

Et as-tu installé l’appli « La Boîte à Nono » ?

Jean : Haha ! C’est marrant que vous m’en parliez, quand je l’ai eu hier, il m’a gavé avec ça ! Il veut absolument que je la télécharge, alors que lui-même n’a pas de smartphone ! En revanche, sa femme l’a.  Il kiffe trop !

7/ Les interviews que l’on voit au montage quand vous débriefez de l’épreuve en cours sont-elles tournées avant ou après que vous ayez eu les résultats (souvent, on essaye de déceler si le candidat a gagné ou perdu à ses expressions ou sa manière de parler) ?

Jean : Les deux ! On nous interviewe avant les résultats, pour nous demander comment ça s’est passé, comment on s’est senti et tout, puis après, pour avoir nos impressions. Après, le montage fait le reste.

8/ As-tu une perruque ?

Jean : (Rires) Pourquoi, tu veux l’adresse ? Non sérieusement, avant de voir que les gens parlaient de mes cheveux, je m’étais pas rendu compte. C’est juste que j’étais pas allé chez le coiffeur depuis un mois, le tournage dure un mois et demi, voilà… J’avais eu la puce à l’oreille quand Ghislaine avait demandé à Ruben, qui les avait longs aussi, de se faire couper les cheveux, et qu’elle m’a ensuite demandé de le faire aussi. Mais je lui avais répondu : « Coupe ta frange et je le ferai ! ».

9/ As-tu une copine ?

Jean : Je préfère ne pas parler de ma vie privée.

10/ As-tu gagné Top Chef ?

Jean : Haha, tu te la tentes, mais tu ne sauras rien !

Top Chef 2012 – Ma soirée à l’Acajou à la recherche du Jean perdu…


Hier soir, nous partîmes à quatre « matériel », comme dirait DSK (entendez « filles » dans la phrase « Veux-tu (peux-tu) venir découvrir une magnifique boîte coquine à Madrid avec moi (et du matériel) ») direction le restau de Jean Moumoute Imbert, avec lequel j’avais pris rendez-vous, pour tester les lieux et le monsieur (et accessoirement ses perruques).

Bon, faut aimer le 16e. Et vous savez (ou pas) ce qu’on dit sur le 16e quand on est du 17e, mais ça n’est qu’une question de point de vue, et j’étais toute prête à pardonner à Jeaaan. A ma grande surprise, nous fûmes reçues par Juan (un « u » pour un « e » mais pas une faute de frappe), un autre candidat de cette saison (qui ressemble beaucoup moins à Benabar dans la vraie vie qu’à l’écran), devenu  le second du chef aux faux airs de Patrick Bruel. Mes copines, excitées comme des puces, et moi avec elles, piaillaient et piaffaient d’impatience en terrasse, verres de vin blanc à la main :

–          Tu crois qu’il est LA ? Tu crois qu’il est ashkénaze ? Tu crois qu’il va venir nous saluer ? Tu crois qu’il est dedans ?

–          Chais pas, il fait tout noir, je vois rien que le Juan et des ombres.

Moi, stoïque :

–          Mais vous croyez quoi, le mec est pas serveur, il est CHEF, il fait la CUISINE, il est en CUSINE ! me demandant quand même si c’était vraiment lui tout seul qui était en train de découper des tranchettes de kiwi, de melon et d’ananas en silence sur son petit plan de travail en zinc, essoufflé, regardant fébrilement la pendule comme dans une épreuve de coup de feu.

Les clients commençaient à arriver. Plutôt des jeunes. Plutôt en scooter.

–          C’est Cyril Lignac ! a dit Laurence, pointant ostensiblement du doigt un type en moto à casque intégral et barbour.

N’importe quoi…

Nous sommes finalement entrées et avons pris place au centre d’une très longue et haute table d’hôte dans une salle sombre éclairant davantage les plats que les visages, ce qui arrangera les filles de plus de 35 ans (aucun rapport mais les restos japonais, par exemple, sont à éviter niveau luminaires effet teint blafard). Sur une petite carte carrée, nous avons eu le choix entre une entrée « terre » ou « mer », puis avons sélectionné 2 plats dans une liste aux intitulés énigmatiques. Si vous n’aimez pas les surprises, on peut toutefois  vous orienter. J’ai préféré choisir au pif. Grosse maligne, j’ai finalement dû demander des précisions au moment de choisir le vin, parce qu’un Saint-Verant avec une côte de bœuf, ça le fait moyen.

Le concert a pu commencer.

Du crabe sur jus de mangue, accompagné d’une soupe d’étrilles à tomber par terre  et son mini-pavé de saumon mi-cuit. Tout ce que j’aime ! Ma Bretagne qui me tend les bras.

Ensuite, un carpaccio de langoustine comme réponse à tous mes vœux secrètement formulés en terme de  cru et de sous-marin depuis des années. C’est décidé, je veux épouser Jean Imbert !

–          Mais il est oùùùù, au fait, Jean Imbert ?

Stéphanie me sort de mon orgasme culinaire. Le Juan repasse.

–          Jean doit être très occupé, t’as vu la finesse de ces langoustines, la broutte à couper ! Tu crois qu’il a que ça à foutre de venir nous faire coucou alors qu’il décortique, coupe, cisèle ces putain de langoustines pour en faire des carpaccios carrés ?

Mon plat arrive : Bangkok. Une soupe aux gambas et son avocat en gelée. Beau, bon, chic, distingué, comme Zeaaaan. Mais il est OUUUUU, Zean (ouais, on commence à avoir pas mal bu) ?!

–          Non mais attends, il va venir au dessert, il va pas tout laisser tomber comme ça, son resto plein, pour venir taper le bout de gras avec quatre fans en goguette alors qu’il doit enfourner 50 petits soufflés individuels et vérifier qu’ils ne retombent pas !

Mouais…, quelles ont l’air de dire, mes copines, qui commencent sérieusement à me regarder avec pitié. Mmh, je connais ce regard, celui qui dit, au bout de 24h d’attente d’un coup de fil de mec, que non, il n’est pas mort, et que non, il ne rappellera pas. Mais je suis grande maintenant, et puis Jean m’a promis d’être là. Et moi, Jean, je lui fais CONFIANCE. Jean et moi on est comme les deux doigts de la main (hein ?).

–          Tu crois qu’ils vont l’applaudir quand il va venir ? Je tente.

Encore ce fameux regard. Je me tais. On parle de la grossesse de Laurence.

Les desserts arrivent : le fameux soufflé (il est fort, Jean, il a tout bien fait !) et la salade de fruits grâce à laquelle on s’est virtuellement rencontrés, Jean et moi.  Je serre contre mon cœur mon petit menu cartonné prêt à être autographié, et j’attends le chef.

–          Là, c’est sûr qu’il va arriver, je dis à mes copines.

–          Bha j’espère, hein, parce qu’on va pas tarder tarder non plus.

Et c’est à cet instant précis que la vérité nous est tombée dessus, apportée par un messager désolé : Jean s’excuse, il a été retenu, il ne pourra pas être là ce soir. La tête me tourne. Mais qui a fait à manger je ne comprends pas ? Pas là, Jean ? Non mais Jean, si tu as une perruque c’est pas grave, je le dirai pas je te jure (mmh mmh).

Sur le trottoir, mes copines m’évitent. J’ai l’abominable impression d’être en 4e et de m’être pris un gros vent par David Sraër.

Jean, tu m’as foutu la tehon, mais franchement c’était trop bon.

 

L’Acajou – 35bis, rue Jean de La Fontaine 75016 Paris

01 42 88 04 47

Menu : Midi 30 euros / Soir 60 euros