S’abstenir, c’est mourir un peu

Si c’est pour choisir entre un banquier et une facho, je préfère encore ne pas y aller !

Ça monte, ça monte. L’abstentionophilie aiguë trende a mort, c’est la tendance, la posture fiérote du moment. Combien sont-ils dans les médias, le monde politique, vos connaissances parfois si proches à clamer haut et fort leur nouvelle ambition intime : celle de ne donner leur voix à personne, de laisser aux autres le choix de la peste ou du choléra ?

Aujourd’hui, il ne s’agit plus tant de convaincre les femmes égarées que la candidate frontiste n’est pas des leurs, les désespérés, les furieux, que la punition Front National ne les sauvera guère de la peur, du chômage, de l’incertitude angoissante d’un avenir qu’on ne perçoit guère dans le brouillard ambiant.

Non, aujourd’hui, ce sont les abstentionnistes qui nous font courir le plus grand danger. Dans un entre-deux tours prétendument joué d’avance, les éconduits pleins de rancoeur se perdent dans le frimas de leur colère. Alors que le gourou au six millions de voix laisse infuser l’inéluctable poison qui s’insinue dans l’opinion, la gaminerie s’empare du phénomène du nini. En toute inconscience.

Ce seront les mêmes, pourtant, qui descendront dans la rue le 9 mai, si l’incroyable, l’imprévisible, le chaos devait contre tout attente s’abattre. Ils seront outrés, planqués parmi les autres, avec leur petit secret bien enfoui au fond d’eux.

Voulons-nous être ceux-là, ces enfants tétus qui préfèrent crever de faim parce qu’ils ont tapé du pied en disant que Non, non. Ni du brocolis ni du poisson pané, ils ne mangeront parce que c’est « trop dégueu » ! Alors que bon, en se bouchant le nez, quand les circonstances l’obligent, c’est pas si pire en fait. Et qu’en faisant ça, ils se privent de tout le reste, parce qu’en plus ils seront punis. Mais non, ils ont décidé alors ils campent sur leur position. Mais bon, eux, ils ont six ans, hein.

Il y a des pays où ne demande pas leur avis aux gens. Ils obéissent épi c’est tout. Comme des enfants. D’autres où les femmes n’ont pas le droit d’en avoir, d’avis. Où le pouvoir se prend par la force, le sang, la violence. Et puis il y a ceux où l’on peut influer sur son destin, plutôt que de laisser les autres le choisir à sa place. Où on est légitime quand on se plaint parce qu’on a élu le type ou la femme en place, et qu’on a le droit de lui dire qu’on est déçu, soûlé, dégoûté. Où on peut opter pour un régime qui permettra le dialogue, le débat, le combat si on n’est pas d’accord. Où des milliers d’hommes et de femmes ont donné leur vie pour qu’on puisse le faire, et décider, un peu, ensemble, de notre mode de gouvernance.  Où des milliers de gens étaient descendus, outrés, dans la rue il y a pas si longtemps et avaient juré qu’ils voteraient pour n’importe qui qui fasse barrage à « ça », dussent-ils enfiler des gants Mappa pour glisser leur petit papier dans l’enveloppe. Parce que c’était évident, c’est tout, et qu’on ne tortillait pas du cul, alors.

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »

C’est Albert Einstein qui a dit ça. Il était pas con, Einstein.

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Débat Présidentielle 2012 : dernière ligne droite pour les princes (presque) charmants de Marine

On ne les attendait pas avec de tels scores, et pourtant, ces Marine-là n’en finissent plus de faire parler d’elles dans les médias, sur la toile et les réseaux sociaux. Marine de mai, vaches à lait ! De qui parle-t-on ? Mais de Marine de « La Belle et ses princes presque charmants », bien sûr ! Vous avez forcément entendu parler de cette télé-réalité diffusée sur W9, et dans laquelle une gentille blonde franchouillarde doit choisir entre « la beauté du corps et la beauté du cœur », en gros entre des types beaux mais cons et d’autres moches mais admirables. Succès assez inattendu, la série B de Marine et ses prétendants n’en finit plus de faire parler d’elle.

Ne pourrait-on voir là un parallèle avec une autre Marine, bien moins jolie mais toute aussi successfull, méga-squatteuse de conversations et courtisée de toutes parts ? Cette Marine-là, jusqu’à hier, devait elle aussi faire son choix entre ses deux derniers soupirants.

Elle avait d’un côté l’amoureux transi, le courtisan de la dernière ligne droite, le filou prêt à tout, quitte à se renier lui-même. Et comme toute femme trop flattée, son Nicolas, elle l’a fait marcher, courir même, à coups de « Ouais, chais pas, j’vais voir. Dis que je suis la plus belle et on verra. Présente-moi tes parents. Quitte ta femme. Engueule-toi avec tes potes et reviens me voir. » Bref, elle l’a fait mariner, quoi. Et le Nico, fou d’amour et de désespoir, a tout bazardé dans sa vie pour conquérir sa Marine. Classique (« Il revient quand papa », demande encore Marianne, jolie jeune fille au buste tronqué. « Il revient pas, papa, il est tombé amoureux d’une autre dame», répond-on à Marianne, fille de la République).

De l’autre côté, François, le timide au physique banal qui, outrecuidance extrême, s’intéresse très peu à Marine. François a fait le fier et, en winner paradoxal, est resté dans son coin, plus intéressé par ses échanges entre potes que par son entreprise de séduction. Soyons francs, elle lui plait pas vraiment, Marine, à François. Du coup, la princesse, blessée dans son orgueil, a fait mine d’hésiter entre ses deux prétendants. Le Ludo – euh, Nico – envahissant ou le François distant ? Mmh, chais pas, je réfléchis, a minaudé la princesse.

Mouais. Et Nico qui n’en pouvait plus de faire livrer bouquets de fleurs sur bouquets de fleurs, envoyant même ses meilleurs amis plaider sa cause auprès de l’élue de son cœur, essayant de copiner avec ses proches à elle l’air de rien (vieille technique de teenager).

Las, le dernier épisode, diffusé hier, a définitivement brisé le cœur de l’amoureux transi. Marine a décidé de rester toute seule. Ce sera ni François ni Nico. Non non, Marine, son cœur, il est à papa. Encore une bachelorette qui nous aura fait poireauter pour faire sa pub avec pour seule ambition de « percer dans le milieu », voire de poser nue en couv’ d’Entrevue. Que Dieu nous en préserve.

Ce soir, c’est donc un Nicolas éconduit qui fera face à son rival. Cherchera-t-il, par des clins d’œil discrets, et dans une dernière tentative désespérée, à faire changer d’avis sa belle ?

Réponse à 21h pour un dernier épisode de « Marine et ses princes presque charmants ».