Il y a vingt ans, les révisions du Bac et leurs « pauses Roland »

ROLAND GARROS 95:DEFAITE DE SAMPRAS FACE A SCHALLER "SIPA PHOTOGRAPHE" "ROLAND GARROS" FRANCE PARIS TENNIS DEFAITE "SAMPRAS PETE ACCOMPAGNE" "IMAGE NUMERISEE"

Promotion 95, levez le doigt ! Vous en étiez, comme moi, de cette première mousson du S, du L et du ES, qui laissait choir ses prédécesseurs du côté des croûtons au diplôme à l’intitulé incompréhensible pour les générations futures. Cette année-là, vous l’avez passée dans l’angoisse plus ou moins permanente de cette épreuve finale qui viendrait couronner (ou non) les 15 années (15 ANS !) d’une scolarité cahotique où s’étaient succédés dans un ordre anarchiques égyptiens, collages, batailles napoléoniennes, dissection de blattes, circuits en série, chevaux d’arçon, propositions relatives, flûte à bec, angles optus et patin coufin (bref, un tas de trucs sur lesquels vous ne seriez finalement pas évalué).

Bacs dits blancs comme laborieux entraînement, l’hiver qui fout le camp et la certitude toujours présente qu’il vous reste du temps, beaucoup, alors que les premiers rayons pointent leur nez et avec eux la progressive prise de conscience du couperet à venir. Les premiers week-ends de mai passés enfermés dans les chambres surannées de maisons de famille pendant que les adultes, sereins,  bouquinent au soleil persuadés que leur progéniture engloutit enfin les kilomètres de résumés fichés du programme, d’Annabacs achetés chez Gibert, gavée au Guronzan et galvanisée par cet avenir qui se jouera dans quelques semaines. « Ca va, mon chéri, pas trop dur ? ». La porte qui s’ouvre de temps en temps, vous extrayant violemment d’une torpeur inextricable, alors que les dates et les millions d’habitants ivoiriens se mêlent sous vos yeux désespérés, coupables, de répondre « Oui maman, pfiou, ça bosse, ça bosse » alors que vous comptiez les feuilles du peuplier ( Google n’existait pas).

Juin, c’est loin. Vous êtes large.

Puis les potes qui se font pourtant de plus en plus rares aux réunions glandouille du mercredi aprem. Et même les plus flemasses qui rentrent finalement chez eux (« ma mère, tu comprends… ») vous poussent enfin à la tâche.

Alors que le tournoi commence. La Quinzaine.

Et que chaque journée se rythme avec souplesse autour des ballets gracieux, passionnants, inoubliables, de ces joueurs et joueuses venus battre le fer sur la terre ocre, et que la promesse de cette « pause Roland » à l’heure du déjeuner puis du souper vous permet d’endurer l’insupportable.

Et là, han, han, sous le cagnard du Central, vous vous enthousiasmez comme jamais pour ces surhommes soumis depuis l’enfance à l’entraînement drastique qui les a emportés au sommet.  Agassi, Sampras, Becker, Brugera, Chang, Muster, Courier, Barasategui, Krajicek…  il sont encore là, ces légendes des courts, et vous enchantent plus que jamais dans cette compétition que vous savourez d’autant plus qu’elle est votre unique respiration dans le tunnel inquiétant qui vous mènera enfin à la délivrance. Belmondo, Pierre Richard, Bruel, PPDA dans les tribunes. « Au prochain set, je m’y remets », « Après le tie-break, j’éteins »… la douleur, le tiraillement, la VOLONTE que vous testez réellement pour la première fois de votre si courte existence. Les cuisses fuselées de Steffie, la guerre d’Algérie, la hargne d’Arantxa, la grotte de Platon, le courage d’Agassi, le PIB des Etats-Unis, tout se mêle et s’entrelace en ces nuits moites où votre cerveau tente de faire le tri dans cette masse d’nfos disparates qui lui sont quotidiennement envoyées.

Et puis la finale, le tapis rouge, Christian Bimes, votre cafard, la coupe brandie par l’Autrichien, et ce dimanche soir où vous vous rendez compte soudain que les jours ont tant rallongé qu’ils semblent ne jamais finir. Dans la rue, tous ces individus libres de toute entrave qui sirotent des Perrier en terrasse, se baladent, rient sous vos fenêtres alors que vous reprenez vos bristol, vos stabilos, vos post-its, et le gobage de ces dates indigestes que vous oublierez dans quelques semaines pour l’éternité.

Aujourd’hui, je pense à tous ces malheureux qui révisent, enfermés dans leurs chambres d’adolescents alors que le soleil tape sur le Philippe Chatrier.

Pour moi, c’était il y a vingt ans mais qu’ils en soient certains, alors que je pensais évidemment le contraire, je n’ai jamais plus suivi avec tant de passion (et de discipline) un tournoi Roland Garros que pendant cette monacale et pas si désagréable période dite de révisions.

 

C’est regardable, l’Inventeur 2012 ?

Certains soirs, lorsque la désert télévisuel s’étend à l’infini jusque sur la TNT, on est alors contraint de regarder l’UNFP en différé (et donc de participer activement aux larmes de joie de Jérôme Rothen recevant son trophée de meilleur joueur de ligue 2). Puis,  lorsque les footeux encravatés, gominés et boucles-d’oreillés rendent l’antenne, et qu’on a supporté à nouveau un zapping désolant, eh bien on n’a alors d’autre choix que de s’arrêter quelques instants sur la nouvelle réal-tv de M6, fût-elle fort peu enthousiasmante.

L’Inventeur 2012, pas très sexos. Autant que de bouquiner un magazine de bricolage gratos reçu dans sa boîte aux lettres parce qu’on a vraiment tout lu le Voici.

Et donc, c’est comment ? En gros, comme dans Top Chef ou The Voice, un juré composé de 4 personnes (3 hommes + 1 femme,  selon la règle originelle dite de « La Nouvelle Star saison 1 » – au passage, merci pour la parité ! En espérant que Francois Hollande prendra 5 minutes pour remédier à ce machisme real-télévisuel ancestral) juge du haut de sa grande expérience du domaine des candidats émus à l’extrême et sûrs de leur talent.

Ici, point de chanteurs multi-octave ni de danseurs sautillants, encore moins de chefs chevelus. Non, dans « L’Inventeur 2012 », les candidats, c’est vous ou moi qui aurions eu une idée révolutionnaire – ou pas…

Du coup, et puisqu’on a toujours plus d’empathie pour ce qui nous est proche, on y ressent très désagréablement la pitié et la gêne, plus souvent encore que la compassion. Car ponctuellement, un petit pépé sympatoche vient défendre le projet de toute une vie, celui dont il parle obsessionnellement à sa famille tous les dimanches depuis 15 ans, à tel point que personne ne se rappelle avoir pu déguster l’agneau dominical sans avoir à évoquer des heures durant le nouveau système de lame élaboré par papi pour sa machine à râper le fromage d’une main. Et lorsque, après avoir vanté les avantages de ladite râpe devant un jury circonspect, voire carrément méprisant, le pépé sympatoche se prend quatre « non » catégoriques qui mettent publiquement à terre ses espoirs et les milliers d’heures passées dans son garage sa révolutionnaire l’invention, bha moi ça me serre la gorge et ça me pique les yeux. Limite j’en pleurerais autant qu’en voyant Rothen recevoir son prix. Limite j’achèterais une râpe à 360 euros pour que le pépé ait pas trop la tehon en rentrant chez lui.

Heureusement, certains réussissent à convaincre le jury et passer les étapes de la compétition. Parfois, ils le font avec l’aide du cocasse « panel de consommateur » chargé de décider, en cas d’égalité, du sort d’un inventeur. Panel conso, encore un truc qui fait très « France normale« . En fait, « L’Inventeur 2012 », c’est super tendance ! Le coté « tout le monde a sa chance » (pas besoin ni d’avoir un don ni un physique exceptionnel), la caution entrepreunariale en plus, c’est so 2012 !

Au final, auront été retenus après cette première sélection un casse-noisette à propulsion chanmé auquel je crois beaucoup (voir la vidéo) :

 un four à cuisine solaire un peu cher, une machine à lait infantile genre Nespresso dont on n’a pas bien compris la réelle utilité, une canne pour aveugle et un four à pizza portatif. Bref, point de fil à couper le beurre pour le moment, dont on se demande d’ailleurs au passage qui a décidé un jour qu’il serait l’emblème de l’invention… Sérieusement, le fil à couper le beurre, c’est quand même pas la roue, et comme dirait le jury, « on s’en sert pas tous les jours, je vois pas un gros marché ».

Digression refermée, et pour répondre a l’intitulé de départ, s’il n’y a rien d’autre, et qu’on se sent d’humeur twitteuse, L’Inventeur 2012 se regarde tout à fait. En gros, dans le PAF, L’Inventeur 2012 serait le cassoulet du genre : vieille France, ploucos et un peu culpabilisant mais quand même beaucoup moins qu’un grec (cf. « Tous différents » sur NT1, diffusé également le lundi soir)…

Debrief de « La Belle et ses princes presque charmants » ou Marine et les moches

Sur les conseils de mon amie et agent Cécile Escaich (name-dropping !), je me suis forcée à regarder le 4e épisode de la dernière télé-réalité qui buzz, « La Belle et ses princes presque charmants » (nom de code #lbesp sur Twitter), diffusée sur W9.

Le concept ? Une nana pas trop mal mais pas non plus à se taper le cul par terre, Marine, est venue pour « trouver l’amour ». Comment Marine pensait-elle être une énième et classique bachelorette, 5 ans après l’original, et non l’objet d’un abominable nouveau concept venu des States ? Mystère… En même temps, Marine a l’air vraiment naïve et fraîche, accordons-lui donc le bénéfice du doute. Le jour de son arrivée, alors qu’elle s’attend à voir débarquer une ribambelle de bellâtres, Marine déchante. L’abjecte et machiavélique PROD lui a réservé une belle moche  surprise : ses prétendants sont plutôt cheums, voir impéchables même un lundi soir de déprime après plusieurs années de disette sexuelle. On compte parmi eux un obèse, un rouquin malingre, un chuinteur (qui répète « oh punaige, oh punaige », à tout bout de champ), un zozoteur acnéique et un déséquilibré rosâtre.

Visiblement, pendant les premiers épisodes, Marine a appris à « découvrir» ses prétendants (et leurs « univers ») qui, puisqu’ils sont moches, sont forcément gentils et intelligents. Bha oui ! C’est comme les gros qui sont tous drôles et les vieux pleins d’empathie, c’est bien connu.

Pourtant, pendant l’épisode précédent, et alors que certains des puceaux commençaient sérieusement à ne plus pouvoir se contenir au moindre regard de la belle, se prenant à espérer qu’enfin, ayant eu la chance d’être découverts « pour eux-même », ils pourraient décrocher le cocotier et se taper une bombasse (ça ne vous rappelle rien tous ces bons sentiments ? Mais si… pensez à Claire Chazal. Mais siii… « Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place ? »*), nouveau coup de théâtre. La sadique PROD abat encore une carte en faisant rappliquer des… « beaux ». Attention, huge guillemets. Les beaux sont d’absurdes strip-teasers chômeurs gonflés à la salle de gym low-cost pendant leurs longues après-midis d’ennui dans leur province éloignée, ravis de venir trainer leur corps body-buildé et leur crête collée à la Cléopâtre dans un programme diffusé sur la petite sœur d’une chaîne nationale. Vous vous en doutez, les beaux, comme ils sont beaux, sont très cons. Mais ça, pour le coup, c’est vrai.

La véritable thématique du programme est alors lancée, répétée à l’envi par le rédacteur de l’émission, visiblement pas peu fier de sa trouvaille : « Marine choisira-t-elle la beauté du corps ou la beauté du cœur ? » C’est beau, ce que tu dis, rédacteur…

Au moins c’est franc et dit : t’es moche, t’es gentil ; t’es beau, t’es con et méchant. Bhouuuu Ryan Gosling est bêêêête. Ce qui est marrant, c’est que les moches, entre eux, ne s’appellent jamais les moches mais « les anciens » (vs. les nouveaux), « les geeks » (sic) – alors qu’à part Pascal, très sympa au demeurant et pas moche, dont vous pouvez retrouver le débrief de son expérience sur www.luxsure.fr –, je pense qu’aucun d’entre eux n’a la moindre compétence particulière en informatique. Ils s’auto-nomment également… « les normaux » (la normalité a la cote !). Du coup, ils essayent de piéger les cons : « Ouais euh, si qu’on fait un Pictionnary ou un Trivial Pursuit, je me demande bien kiki va gagner ! ». Moi aussi, je me demande bien kiki.

Marine, dans tout ça, a l’air de trouver les « beaux » relous et les moches flippants. Enfin, surtout un qui a passé le cap du stalker depuis un petit bout de temps. Ludovic, qu’il s’appelle, le stalker. Il lui peint des toiles sur lesquels il écrit son nom « avec un cœur sur le »i » que si avec ça elle comprend pas qu’il l’aime rhirhi rhi rhi » – rire masturbatoire effrayant. Il se demande aussi, puisqu’elle l’a placé à sa gauche à table, « le côté du cœur », si c’est un signe (of course, Cupidon, tu crois quoi ?) et la mange méchamment des yeux, à se demander à quel moment la PROD a dû intervenir.

Ce que je retiens en tous cas c’est que Marine a gentiment confié à ses amis les moches, ses « chouchous », comme elle les appelle, qu’avec eux, elle n’avait « pas besoin de se mettre sur son 31 , [ce qui fait] du bien» (vlan !), et aussi qu’elle a dit au stalker qu’elle le trouvait « très spécial » (tu m’étonnes !). Quant à lui, il a eu cette remarque très juste en parlant du groupe des beaux : « On voit qu’c’est des gens qui zont pas peur des filles. » Contrairement à certains du groupe des « normaux » dont on se demande parfois s’ils ne vont pas avoir des problèmes techniques de mecs de 13 ans quand la Marine s’approche un peu trop près… Freaky.

Semaine après semaine, Marine, qui a un prénom pas facile à porter en ce moment, choisit de renvoyer chez lui un prétendant. Cette semaine, c’était… bha ouais, vous avez cru quoi ! Ma seule interrogation sur la suite du programme reste la suivante, puisque le groupe des « geeks » va se réduire à peau de chagrin épisode après épisode : va-t-il y avoir une réunification (et les promesse habituelles : « On n’élimine pas un normal tant qu’il reste un beau ! Ouais les gars whou ! ») ?

La réponse au prochain épisode de Marine, les normaux et les blaireaux. Et si vous ne regardez pas, mais que d’aventure on vous en parle, vous saurez quoi dire ! Merci qui ? Merci Kiki.

*L’Amour est aveugle

Scoop ! The Veste : on a retrouvé le styliste de Crocodile Pagny !

Depuis le premier épisode de The Voice, une question taraude les internautes : qui habille Florent Pagny ? Où peut-on acheter les mêmes vestes  que lui ? J’veux du cuiiiir, pas du peep-show, du vécu…

Dans son dernier numéro, Voici précisait que Florent s’habillait seul, et n’avait pas de styliste attitré. Mmh, il me fallait enquêter. Et bingo, renseignements pris, j’ai trouvé ! Il se murmure même que, contrairement aux autres coaches, Manimal Pagny serait le seul à refuser les conseils de la prod’ (qui, à chaque tournage, se l’est certainement tenté « Euh… Florent, t’es sûr, là, pour ta veste en reptile moutarde ? » « Dis Florent, regarde ce que je t’ai trouvé, un joli petit pull marin » « Eh Florent, regarde par là  ! » puis HOP, jetage de trois gorilles sur Florent pour lui arracher son dernier boléro en rhinocéros). La semaine dernière, même le très policé Nikos s’y est collé, insistant lourdement auprès du chanteur reptilien : « Vous aimez le cuir Florent, hein Florent », sans qu’il relève. Florent ne parle pas de son look. Florent EST le look.

Car c’est bien mal connaître l’animal que d’avoir pensé pouvoir imposer quoi que ce soit à notre amoureux de « la liberté de penser » ! Non, sur The Voice, on sait que Florent refuse tout conseil parce que déjà, il kiffe son Dundee style… mais aussi parce qu’il serait sous contrat plus ou moins officiel avec un styliste. MAIS QUI EST CE STYLISTE ? vous demandez-vous fébrilement depuis des semaines, désireux vous aussi de faire craquer les filles tout de peau moulé.

En exclu, je vous file le tuyau : Floflo s’habille chez… Gérard Sené ! La preuve en images :

J’ai pu, à la rubrique « Cuir et peaux » (introduite ainsi : « Les meilleures peaux de Cerf, Renne, Cheval (sic), Mouton et Agneau français pour des modèles de légende »), récupérer pour vous quelques modèles pas encore porté par le baryton cathodique :

J’ai trop hâte, pour ce dorsal croco !

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais Gérard Sené n’est pas un inconnu. Parmi les people acquis à sa cause ? Johnny, of course (et certainement Laetitia, la catwoman de LA), mais aussi, et Gérard s’en vante moins, Giuseppe ! Mais si vous savez, le fils de Marie-France, dans « Qui veut épouser mon fils« , complètement gaga des longues chaussures du biker couturier.

Vous doutez encore ? Gérard Sené himself a confirmé l’info sur sa page Facebook :

Et voilà ! Maintenant, vous pouvez foncer adopter la Pagny’s touch ! Ne me remerciez pas, Sené rien…

Un dimanche soir devant le PSG…

Le dimanche soir, à la télé, c’est toujours le même programme : un blockbuster bien popu mais nul sur TF1, un film pas mal sur France 2, un Capital spécial ménages surendettés sur M6 et un match du PSG sur Canal. Et quand on a un concubin supporter du triangle des Bermudes du football mondial (entendez par là, comme le soulignait très justement Ruquier dans « On n’est pas couchés » samedi dernier, que lorsque de très bon joueurs y arrivent en fanfare, ils disparaissent mystérieusement du paysage), on finit invariablement par se rabattre sur un bon vieux match de Championnat à l’ancienne… Et ce qu’il y a de bien, c’est que les soirées se déroulent tout aussi invariablement de la même manière :

20h40, en train de préparer à manger, de la cuisine, moi :
– «  »On » joue contre qui ce soir ? »
Keum : « Auxerre » (à remplacer par Lille, Rennes, Sochaux, Guingamp… en tous cas c’est toujours un match trèèèès important, sauf quand c’est Marseille où là, Keum fait exception à la règle du dimanche soir (pas sortir) et part assister à l’événement historique avec de véritables connaisseurs.
2e question (importante, rapport au bruit dans la rue) :
– Et « on » joue ou ? Au parc (des Princes) ?
– Non, à la baie des Champs…
Tiens, je savais pas qu’Auxerre etait au bord de la mer… A moins que ce soit « l’AB des Champs »… J’apprendrai plus tard en lisant un article que c’est « l’abbée-Deschamps« , tout aussi chelou.

21h : on se met à table. Keum est concentré, fronce les sourcils et c’est comme si on matait les résultats de 2nd tour de la présidentielle. Pas moyen d’en placer une…
– On a passé un bon week-end, hein ?
– Mmmh
– Tu me passes le fromage ?
– Mmmh
– Je pense me raser un côté de la tête tout à l’heure.
– Mmmh
– Je me suis tapée ton frère.
– Non mais je regarde, là ! Tu veux quoi ?
Rien 😦 Pfft

21h30 : but du PSG OUAIIIIIIS !!! Enthousiasme, envoi de textes aux potes fans de l’équipe rouge et bleu, tapage dans les mains, sautillements sur canapé râpé, puis reprise de conscience de la présence féminine dans la pièce (moi).
– Tu disais ? Mon frère s’est rasé la barbe ?

21H50 : mi-temps. Rengeage du dîner. Zapping sur les autres chaine. Stop rapide sur TF1, plus long sur Capital mais zapping excédé lorsque la voix off devient trop insupportable (« ENQUEEEEETE sur ces ménages en crise ! Florence et Thomas vivent dans la rue depuis 6 mois… »), passage sur France 2, voire scotch trop long jusqu’à…

22H05 : … la reprise. Alors que je tweet frénétiquement pour tromper mon ennui, tout en feuilletant distraitement le JDD, puis le Version Fémina, l’ennui semble gagner également Keum, qui fronce les sourcils en scrutant sa tablette. Il rechecke les résultats des autres équipes et sembla faire de savants calculs pour anticiper, au cas où les choses tourneraient mal (match nul), où se placeraient finalement les Parisiens au classement. Parce que l’équipe en blanc commence à pressuriser sérieux. J’y connais pas grand chose mais ça se passe vachement plus du côté où il y a le gardien de « notre » équipe (Keum dit  tout le temps « on » en parlant du PSG donc comme je suis un peu de sa famille, je me dois de faire pareil !). Je me concentre pour comprendre. Le fameux Néné (nom marrant quand on écoute le match d’une oreille en faisant autre chose mais bien moins que Kaka) court dans tous les sens, un mec qui ressemble au prince Harry (Kévin Gameiro, me precise-t-on dans l’oreillette), a l’air sous tension ; tiens y’a un type qui s’appelle Maxwell, comme le café et un autre Leonardo (mais vraiment aucun rapport avec la choucroute titanesque). Ouais, ça vole haut dans mes analyses mais on s’intéresse comme on peut, sachant que l’équipe compte zéro beau gosse (grosse performance sur 22 sportifs de moins de 35 ans).

– Tu veux mater « La Défense Lincoln » ? tente Keum, qui prouve par là qu’il se fait bien chier en fait…
Comme d’hab, le PSG tient mollement le score pendant une deuxième mi-temps somnifère. D’ailleurs, je décline la proposition, parce qu’à 78 minutes de ce rythme, mon lit me tend ses bras en oreillers (mmmh).
– Je vais bouquiner, tu me raconteras ?
En fait, je préfère m’éclipser, car je sais ce qu’il va se passer, et je ne suis pas très à l’aise dans ce genre de situations… Mais j’ai de la mémoire, moi…

Comme d’habitude, le PSG va craquer avant la fin, et faire tomber les barrières à la 89e minute pendant que je me lave les dents.
– Haaaaaan ! PUTAIN, mais quelle bande de MEEEEERDES !!!! (Tiens, c’est plus « on » ?)
Puis un silence lourd, dense, un malaise palpable depuis mon lit douillet s’installera dans la pièce attenante.
Je fermerai la porte de la chambre, prudente.
[Petite variante : à la 92e, dans le salon, un silence plus puissant qu’un coup de tonnerre retentira, alors que des cris virils et stridents (oui, ça existe), sortiront de la télé. « Les autres » auront à nouveau marqué. Parfois, c’est un match de Coupe. Du coup, « on » est éliminés. Hier soir, on a visiblement perdu notre titre-de-champion-mais-c’est-pas- sûr.]

Keum prend alors la tête dans ses mains et éteint la télé, de rage, ou zappe sur les ménages au fond du trou histoire de se faire une bonne dépression post-matchum. Allons-y à fond.

J’entends Jérémy Menez, le mec d’Emilie de Secret Story, qui donne une interview à Laurent Paganelli, dit Paga, un tout petit blond sympathique à l’accent marseillais. Le mec est pro, du coup les joueurs acceptent toujours de lui répondre, même quand ils sont d’une humeur de chien. Le CFC commence, Keum est dégoûté, déprimé, dépité. Une sale semaine qui commence.

Alors j’aurais une requête à formuler aux programmateurs de ce truc : pourriez-vous faire jouer Paris à d’autres horaires ou jour de la semaine ? Pour le bien de l’équipe, des couples et de l’économie (salarié heureux = salarié performant), merci. Suis prête à en débattre. Pour me contacter : adeledebrief@gmail.com

Sur ce, bonne nuit aux Marseillais. « Nous », on a le PSG-blues. Ptetre que c’est l’abbée (Didier) Deschamps qui nous a mit la chkoumoune…

Top Chef 2012 / Présidentielle : dernière ligne droite pour les candidats…

Ils ne sont plus que quatre dans la course au titre de Top Chef 2012. Après l’élection surprise de Romain Tischenko en 2010, puis celle, plus attendue, de Stéphanie l’année dernière, qui l’emportera cette année ? Cyrille, Tabata, Norbert et Jean ont la niaque, et veulent tous gagner. Ce soir, l’un d’entre eux quittera l’aventure. Ils ne seront alors plus que 3, puis deux, au second tour, à être soumis aux votes de Français impartiaux. Des votes ? Avril ? Cela ne vous rappelle rien ?

 

Jean – Sarkozy : Outre le fait que Jean ait le même nom que le fils du Président-candidat et, comme lui, le cheveu dru, la comparaison ne s’arrête pas là. Comme Nicolas, Jean ne cache pas son ambition. Eh oui, le titre de Top Chef, il n’y pense pas qu’en se rasant (en plus, il se rase pas beaucoup…), ce qui agace pas mal d’internautes. L’ambition affichée, ça plait ou ça plait pas. Propriétaire de son restaurant depuis de nombreuses années, Jean a l’expérience du pouvoir, et sait piloter une équipe. Pour son gouvernement, il a même repris Juan, devenu son Fillon, euh, son second. Considéré par certains comme arrogant, Jean-Sarko connaît son business et pourrait bien coiffer ses rivaux au poteau. Plombé par son portrait dans lequel il semble jouer au tennis au Racing, Jean est vu comme le candidat des riches (alors qu’il s’agit du tennis-club de La Haye-les-Roses et que non, son papa ne lui a pas acheté son restaurant !)

Son atout ? Son assurance.

Son point faible ? Carla, euh… papa, qu’il cherche tant à impressionner que ça pourrait le stresser.

 

Cyrille-Hollande : La ressemblance physique vous saute aux yeux ? Ca n’est pas la seule ! Cyrille, c’est le gagnant annoncé. Il arrive en tête des sondages, et sa bonhommie, sa connaissance des dossiers et son côté monsieur propre plaisent au plus grand nombre. Cyrille-François, c’est le candidat « normal », un peu blanco de teint, un peu ancien gros ou nouveau, on sait plus (vous avez remarqué comme il a maigri depuis le début de l’ « aventure » ?), très bon élève et, lui aussi, il a une femme superbe. Incapable de dire du mal de ses adversaires, on pourrait croire que Cyrille n’en veut pas assez et pourtant, méfiez-vous de l’eau qui dort car il a son étoile à défendre et, comme tout favori, ne doit pas s’endormir sur ses lauriers…

Ses atouts ? Son côté passe-partout

Son point faible ? Son côté passe-partout

 

Norbert-Mélenchon : Il est le troisième homme, le candidat-surprise, le candidat du peuple, le self-made man, celui qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, dont on se partage les vidéos-chocs quotidiennement sur le web. De qui s’agit-il ? Aussi bien de l’un que de l’autre ! Norbert, c’est le Jean-Luc de Top Chef, le « monsieur petites phrases »… à moins que ce ne soit le contraire. « J’ai vu qu’il comptait m’enlever mon caleçon, je lui dis qu’il arrive trop tard, je suis déjà un sans-culotte! », c’est de Mélenchon. « J’ai le calfouette qui claque », c’est de Norbert. « Salaud », « larbin », Mélenchon a le langage fleuri, comme son alter-ego culinaire, qui « n’a pas fait bac +5 mais (…) bac d’eau chaude, bac d’eau froide » (véridique !). Ils sont l’un et l’autre les grandes stars de leurs programmes respectifs, et pourraient bien créer la surprise.

Son atout ? Sa folie

Son point faible ? Un niveau un peu moins élevé que ses adversaires

 

Tabata-Joly : Elles sont  autoritaires, ont un accent énervant, aiment la hiérarchie et la castration masculine… Tabata, Eva Joly, même combat ! Et malheureusement, elles ont chacune réussi, à cause de leur caractère, à déclencher les foudres sur les réseaux sociaux. La chef brésilienne comme l’ancienne juge norvégienne souffrent d’une cote d’impopularité au plus haut ! Cassante avec Norbert, à qui elle reproche sa bonne humeur, exécrable avec son équipe lors de l’épreuve du restaurant, Tabata n’a plus beaucoup de soutiens. Eva Joly, elle s’en était pris à David Douillet… Très pros dans leurs domaines, les deux mégères du web sont aussi les reines de la polémique. La chute accidentelle d’Eva hier serait-elle une prémonition du départ de Tabata ce soir…?

Son atout ? Un prénom sexy (comme Eva)

Son point faible ? Parle trop

Et vous, pour qui auriez-vous voté… ?


Top Chef 2012 – Ma soirée à l’Acajou à la recherche du Jean perdu…


Hier soir, nous partîmes à quatre « matériel », comme dirait DSK (entendez « filles » dans la phrase « Veux-tu (peux-tu) venir découvrir une magnifique boîte coquine à Madrid avec moi (et du matériel) ») direction le restau de Jean Moumoute Imbert, avec lequel j’avais pris rendez-vous, pour tester les lieux et le monsieur (et accessoirement ses perruques).

Bon, faut aimer le 16e. Et vous savez (ou pas) ce qu’on dit sur le 16e quand on est du 17e, mais ça n’est qu’une question de point de vue, et j’étais toute prête à pardonner à Jeaaan. A ma grande surprise, nous fûmes reçues par Juan (un « u » pour un « e » mais pas une faute de frappe), un autre candidat de cette saison (qui ressemble beaucoup moins à Benabar dans la vraie vie qu’à l’écran), devenu  le second du chef aux faux airs de Patrick Bruel. Mes copines, excitées comme des puces, et moi avec elles, piaillaient et piaffaient d’impatience en terrasse, verres de vin blanc à la main :

–          Tu crois qu’il est LA ? Tu crois qu’il est ashkénaze ? Tu crois qu’il va venir nous saluer ? Tu crois qu’il est dedans ?

–          Chais pas, il fait tout noir, je vois rien que le Juan et des ombres.

Moi, stoïque :

–          Mais vous croyez quoi, le mec est pas serveur, il est CHEF, il fait la CUISINE, il est en CUSINE ! me demandant quand même si c’était vraiment lui tout seul qui était en train de découper des tranchettes de kiwi, de melon et d’ananas en silence sur son petit plan de travail en zinc, essoufflé, regardant fébrilement la pendule comme dans une épreuve de coup de feu.

Les clients commençaient à arriver. Plutôt des jeunes. Plutôt en scooter.

–          C’est Cyril Lignac ! a dit Laurence, pointant ostensiblement du doigt un type en moto à casque intégral et barbour.

N’importe quoi…

Nous sommes finalement entrées et avons pris place au centre d’une très longue et haute table d’hôte dans une salle sombre éclairant davantage les plats que les visages, ce qui arrangera les filles de plus de 35 ans (aucun rapport mais les restos japonais, par exemple, sont à éviter niveau luminaires effet teint blafard). Sur une petite carte carrée, nous avons eu le choix entre une entrée « terre » ou « mer », puis avons sélectionné 2 plats dans une liste aux intitulés énigmatiques. Si vous n’aimez pas les surprises, on peut toutefois  vous orienter. J’ai préféré choisir au pif. Grosse maligne, j’ai finalement dû demander des précisions au moment de choisir le vin, parce qu’un Saint-Verant avec une côte de bœuf, ça le fait moyen.

Le concert a pu commencer.

Du crabe sur jus de mangue, accompagné d’une soupe d’étrilles à tomber par terre  et son mini-pavé de saumon mi-cuit. Tout ce que j’aime ! Ma Bretagne qui me tend les bras.

Ensuite, un carpaccio de langoustine comme réponse à tous mes vœux secrètement formulés en terme de  cru et de sous-marin depuis des années. C’est décidé, je veux épouser Jean Imbert !

–          Mais il est oùùùù, au fait, Jean Imbert ?

Stéphanie me sort de mon orgasme culinaire. Le Juan repasse.

–          Jean doit être très occupé, t’as vu la finesse de ces langoustines, la broutte à couper ! Tu crois qu’il a que ça à foutre de venir nous faire coucou alors qu’il décortique, coupe, cisèle ces putain de langoustines pour en faire des carpaccios carrés ?

Mon plat arrive : Bangkok. Une soupe aux gambas et son avocat en gelée. Beau, bon, chic, distingué, comme Zeaaaan. Mais il est OUUUUU, Zean (ouais, on commence à avoir pas mal bu) ?!

–          Non mais attends, il va venir au dessert, il va pas tout laisser tomber comme ça, son resto plein, pour venir taper le bout de gras avec quatre fans en goguette alors qu’il doit enfourner 50 petits soufflés individuels et vérifier qu’ils ne retombent pas !

Mouais…, quelles ont l’air de dire, mes copines, qui commencent sérieusement à me regarder avec pitié. Mmh, je connais ce regard, celui qui dit, au bout de 24h d’attente d’un coup de fil de mec, que non, il n’est pas mort, et que non, il ne rappellera pas. Mais je suis grande maintenant, et puis Jean m’a promis d’être là. Et moi, Jean, je lui fais CONFIANCE. Jean et moi on est comme les deux doigts de la main (hein ?).

–          Tu crois qu’ils vont l’applaudir quand il va venir ? Je tente.

Encore ce fameux regard. Je me tais. On parle de la grossesse de Laurence.

Les desserts arrivent : le fameux soufflé (il est fort, Jean, il a tout bien fait !) et la salade de fruits grâce à laquelle on s’est virtuellement rencontrés, Jean et moi.  Je serre contre mon cœur mon petit menu cartonné prêt à être autographié, et j’attends le chef.

–          Là, c’est sûr qu’il va arriver, je dis à mes copines.

–          Bha j’espère, hein, parce qu’on va pas tarder tarder non plus.

Et c’est à cet instant précis que la vérité nous est tombée dessus, apportée par un messager désolé : Jean s’excuse, il a été retenu, il ne pourra pas être là ce soir. La tête me tourne. Mais qui a fait à manger je ne comprends pas ? Pas là, Jean ? Non mais Jean, si tu as une perruque c’est pas grave, je le dirai pas je te jure (mmh mmh).

Sur le trottoir, mes copines m’évitent. J’ai l’abominable impression d’être en 4e et de m’être pris un gros vent par David Sraër.

Jean, tu m’as foutu la tehon, mais franchement c’était trop bon.

 

L’Acajou – 35bis, rue Jean de La Fontaine 75016 Paris

01 42 88 04 47

Menu : Midi 30 euros / Soir 60 euros