Naoëlle de Top Chef ou le retour de la relou de terminale qui avait « tout foiré » mais avait toujours 19/20

naoelle

Le bac en poche, on pensait en être définitivement débarrassée. De qui ? Mais de la relou qui sort de contrôle en pleurant parce qu’elle a « complètement raté », même pas fait la dernière question mais qui, étonnamment, a toujours la meilleure note.

Souvenez-vous… Hiver 95, vêtue d’un Cimarron surteint, d’élégantes Timberland et d’un pull-chaussette réhaussé d’une chemise bucheron mal coupée, vous suez sang et eau sur votre bac blanc de Maths.

On admet que pour tout nombre réel positif u, ln(1+u) ≤ u.
Démontrer alors que, pour tout nombre réel λ strictement positif, A(λ) ≤ —λe—λ — e—λ + 1…

Tibidibidibidi…

Pfiou, vous n’y comprenez pas grand-chose mais tentez de faire abstraction du côté éminemment abstrait de ces formules apprises par cœur pour parvenir à récolter la dizaine de points offerts par cette première partie, la géométrie dans l’espace ne vous permettant a priori par d’en cumuler davantage. Fière de votre résultat entouré en rouge, vous sortez alors une belle feuille de papier millimétré matière PQ et entreprenez de dessiner votre parabole, en zieutant celle de Kenny Sitbon au premier rang pour vérifier qu’elle a peu ou prou la même forme. Ensuite, vous tentez vaguement de choper les points de la partie stats (« On dispose de 2 urnes.  L’urne U1 contient 4 boules blanches et 6 boules noires »… houla ça part mal), et lancez au petit bonheur la chance 2-3 approximations d’angles pour la partie géométrie, avant de rendre, pas peu fière, votre copie.

Dehors, ça crapotte de la Lucky en balançant fébrilement des « T’as bien trouvé ‘ -x’ non ? NON ? NOOOOOOON ? ». Votre fameuse copine, elle, tire la gueule. « J’ai complètement foiré », assène-t-elle. Vous : « Pfff arrête ! Tu dis ça à chaque fois mais tu vas encore avoir 19 ». Elle, mi-angoissée, mi-larmoyante, mi-désagréable (oui, ça fait 3 « mi ») : « Impossible, j’ai même pas fini la partie 1 et pas fait la 2 ni la 3. » Vous, intérieurement : « Gniark, gniark, avec mon 14, à moi la meilleure note, cette fois je l’ai pas volée ».

Dans « Top Chef », cette année, il y a Naoëlle. Naoëlle travaille au Bristol, c’est la meilleure de loin et elle remporte toutes les épreuves. Du coup, elle énerve un peu tout le monde parce que personne d’autre ne peut avoir le « coup de cœur » ou l’immunité. Mais s’il n’y avait que ça. Naoëlle pourrait modestement (ou non) assumer son statut de meilleure et la mettre en veilleuse. Mais NON ! Naoëlle c’est le retour de la copine du bac blanc ! Hier, elle s’est retrouvée en « dernière chance ». Nous savions tous, ses adversaires, les chefs, et nous téléspectateurs, qu’elle ne craignait rien. Pourtant, Naoëlle est entré dans une transe insupportable lorsqu’elle a considéré que son gnocchi de courgettes n’était pas parfait. « C’est de la merde, c’est NUL ! », a-t-elle asséné, avant d’éclater en sanglots. « J’ai foiré, c’est minable », a-t-elle emmerdé ses compagnons d’infortune qui, n’étant pas non plus de sa famille, ont dû se dire qu’une première place était enfin possible pour eux.

Pourtant, alors que les plats défilaient devant le jury, celui de la demoiselle a, une fois de plus, emporté tous les suffrages. Pour la simple et bonne raison qu’il était plus joli, plus travaillé, différent et manifestement « gourmangue », bref, c’était le meilleur, quoi. A l’annonce de son nom, Naoëlle a alors à nouveau fondu en larmes épaisses, manifestant de manière absolument insupportable son stress de perfectionniste ne supportant pas de ne pas être sur la plus haute marche du podium, préférant se dire « NULLE », cherchant ainsi à la fois à conjurer le sort mais aussi à éviter toute médiocrité, optant pour la nullité, toujours préférable à ses yeux.

Naoëlle, cela faisait un petit bout de temps que je sentais ce potentiel chez toi, et tu m’en as donné la preuve hier soir. Et faire revenir ces souvenirs de frustrations et d’exaspérations adolescentes aujourd’hui enterrées, ça, je ne te le pardonnerai pas.

Ah oui, vous l’aurez compris, au bac blanc, j’ai eu 10,25 et  ma Naoëlle 18. Bien sûr.

Koh-Lanta : un jour, les PowerRangers ont rencontré Freddy. Maintenant, on les appelle les Télétubbies…

Ce choc des héros, on l’attendait (im)patiemment à l’ombre rassurante des fourneaux de Top Chef en boulottant un peu de la salade de fruits de Jean Imbert et voilà que nos aventuriers ont enfin debarqué ! Vous êtes repus ? Tant mieux ! Finies les larmes sur assiettes gourmandes et visuelles, au placard tabliers amidonnés et mains manucurées, place à la boue, aux dessous de bras qui repoussent, aux coups bas, aux alliances et aux luttes viriles.  Et franchement, cette année, il y a du lourd !

Et parmi le lourd du bien balaise : Claude, le chauffeur de maître et Tehueira le papa de Manavaiiii-yé-t’aiiime qui grimpe aux cocotiers avec les doigts de pied et attrape les crabes à une main tout en tressant des paniers en bambou de l’autre.

Mais au-dessus de nos deux balèzes, y’a quoi alors ? Dieu ? Mouais, mais encore au-dessus ?  Chuck Norris ? Oui. Mais au-dessus de Chuck y’a quiii ? Freddy !!! Le nouveau fantasme féminin ambulant et star incontestée de twitter. Le soir du 1er épisode, sur le réseau social qui taille, il n’y en avait que pour lui. Fredyyyyyy, cliquaient les filles – qui, soit dit en passant, lui avaient allègrement craché dessus comme le dernier blaireau de la classe lors de sa première saison, ce qui ne fut pas mon cas car je suis une fan de la première heure. Quant aux hommes, ils rendaient grâce, médusés, à la dextérité, au calme, à la virilité exacerbée et à la supériorité incontestable du mythique aventurier sur l’ensemble du genre humain.

Chuck Norris aurait été mis au tapis par Freddy… Petite explication pour les novices, le phénomène Chuck Norris (ou Chuck Norris Facts) fait rage aux Etats-Unis depuis de nombreuses années et s’est démocratisé en France sur Twitter depuis plusieurs mois. Quelques comptes, plus ou moins officiels, de la star américaine twittent en running gag des aphorismes à la gloire de l’inaltérabilité de Norris. Or, vendredi, on (re)découvrait Freddy, de retour d’un stage de survie californien, plus affuté et mc gyveresque que jamais. « Mais ça n’est pas tout ! », comme dirait Denis (Brogniard). Le jeune homme a surpris son monde  en faisant du feu avec deux bouts de bois en moins d’1/4h avant de construire une cabane tout confort, de lamper une pleine bouchée de termites vivantes à même un tronc d’arbre puis de déterrer du manioc pour le repas du soir en moins de temps qu’il n’en a fallu à Coumba pour vider son sac Queshua. Depuis, Freddy et Chuck ne font plus qu’un, ou plutôt, se tirent la bourre.

Tremble, Chuck… La twittosphère, médusée, a trouvé son nouveau héros made in France et s’emballe : « A l’heure qu’il est, Freddy a déjà attaqué la construction de la supérette », avant que @LorenzBaby ne conclue « Freddy est le neveu de Chuck Norris ». Neveu ? Mmh, souvent les tontons finissent mal (cf. mon oncle Charlie, alcoolo, Mickael Jackson, kapout alors que les 3T vont très bien, même si on ne sait pas où ils sont, les Castor Junior, indépendants financièrement vs. oncle Donald qui vivote, l’oncle Soul, relou, l’oncle Tom, dans sa case et j’en passe…)

Allez, tonton Chuck, place aux jeunes !

Et pour inaugurer l’avènement de Freddy Norris, terminons, grâce à  un petit rapt chez tonton, par un florilège de Freddy facts :

Dark Vador a de l’asthme depuis qu’il a fait la course avec Freddy.

Freddy a dépucelé la forêt vierge.

A Pâques, ce sont les oeufs qui cherchent Freddy.

Freddy est né en mode sans échec.

Freddy a dépucelé la forêt vierge

Freddy peut faire une omelette avec des oeufs Kinder

Bref, Freddy va entrer dans la légende, et la légende l’en remerciera…

Interview : Les 10 vraies questions que tout le monde se pose sur Top Chef et sur Jean Imbert

Previously, dans Debrief, vous avez pu lire avec effroi comment Jean Imbert m’avait mis un gros wind. Vous m’aviez laissée sur le trottoir, le coeur en berne et le ventre plein. Mais les jolies histoires finissent toujours bien et Jean a fini par m’envoyer un mail pour s’excuser de son absence à notre rendez-vous à l’Acajou. Toute prête à accepter les excuses du très potentiel gagnant de Top Chef, je lui ai néanmoins réclamé une interview pour se faire pardonner, qu’il a acceptée de faire avec entrain. Et voilà comment, en exclusivité mondiale, j’ai pu poser pour vous les 10 questions qui nous hantent tous sur Top Chef ! Merci encore à Jean, très patient.

1/ Comment va se dérouler la finale ? Les candidats connaissent-ils les gagnants ?

Jean : Je n’ai pas le droit d’en parler. Tout ce que je peux dire, c’est que personne ne connaît le nom du gagnant, même pas nous, puisque les résultats sont sous scellés, et seront dévoilés le soir de la Finale.

2/ Les jurés mangent-ils froid ?

Jean : Franchement, ça dépend des épreuves. En studio, ils font vraiment des efforts pour passer goûter le plus vite possible et, la plupart du temps, ça ne pose aucun problème. Et heureusement car les saveurs peuvent changer selon la température du plat. En revanche, lors des épreuves en plein air comme à Cherbourg la semaine dernière, par exemple, ça a pu être le cas.

3/ Est-ce que les couteaux orange des éliminés ont vraiment une lame orange ou un sticker collé dessus ?

Jean : Haha, c’est quoi, ces questions ? Oui, c’est bien un sticker…

4/ Dormez-vous sur place ? Combien par chambre ?

Jean : Oui, on dort tous à l’hôtel, en chambre individuelle. On est super bien logés, honnêtement.

Etes-vous obligés d’y dormir ?

Jean : Pas du tout ! Moi par exemple, j’habite à Paris, ça m’est arrivé d’aller dormir chez moi mais bon, rarement, parce qu’on est tous la tête dans le guidon à potasser 24/24h nos livres de cuisine, qu’on a dans nos chambres d’hôtel.

5/ Mangez-vous les plats que vous préparez ?

Jean : Ca n’est pas notre repas mais oui, ceux qui en avaient envie pouvaient les manger. Moi j’aimais bien !

6/ Est-il vrai que Norbert et toi vous vous appelez maintenant tous les jours ? 

Jean : Oui, tous les jours !

Et as-tu installé l’appli « La Boîte à Nono » ?

Jean : Haha ! C’est marrant que vous m’en parliez, quand je l’ai eu hier, il m’a gavé avec ça ! Il veut absolument que je la télécharge, alors que lui-même n’a pas de smartphone ! En revanche, sa femme l’a.  Il kiffe trop !

7/ Les interviews que l’on voit au montage quand vous débriefez de l’épreuve en cours sont-elles tournées avant ou après que vous ayez eu les résultats (souvent, on essaye de déceler si le candidat a gagné ou perdu à ses expressions ou sa manière de parler) ?

Jean : Les deux ! On nous interviewe avant les résultats, pour nous demander comment ça s’est passé, comment on s’est senti et tout, puis après, pour avoir nos impressions. Après, le montage fait le reste.

8/ As-tu une perruque ?

Jean : (Rires) Pourquoi, tu veux l’adresse ? Non sérieusement, avant de voir que les gens parlaient de mes cheveux, je m’étais pas rendu compte. C’est juste que j’étais pas allé chez le coiffeur depuis un mois, le tournage dure un mois et demi, voilà… J’avais eu la puce à l’oreille quand Ghislaine avait demandé à Ruben, qui les avait longs aussi, de se faire couper les cheveux, et qu’elle m’a ensuite demandé de le faire aussi. Mais je lui avais répondu : « Coupe ta frange et je le ferai ! ».

9/ As-tu une copine ?

Jean : Je préfère ne pas parler de ma vie privée.

10/ As-tu gagné Top Chef ?

Jean : Haha, tu te la tentes, mais tu ne sauras rien !

Top Chef 2012 / Présidentielle : dernière ligne droite pour les candidats…

Ils ne sont plus que quatre dans la course au titre de Top Chef 2012. Après l’élection surprise de Romain Tischenko en 2010, puis celle, plus attendue, de Stéphanie l’année dernière, qui l’emportera cette année ? Cyrille, Tabata, Norbert et Jean ont la niaque, et veulent tous gagner. Ce soir, l’un d’entre eux quittera l’aventure. Ils ne seront alors plus que 3, puis deux, au second tour, à être soumis aux votes de Français impartiaux. Des votes ? Avril ? Cela ne vous rappelle rien ?

 

Jean – Sarkozy : Outre le fait que Jean ait le même nom que le fils du Président-candidat et, comme lui, le cheveu dru, la comparaison ne s’arrête pas là. Comme Nicolas, Jean ne cache pas son ambition. Eh oui, le titre de Top Chef, il n’y pense pas qu’en se rasant (en plus, il se rase pas beaucoup…), ce qui agace pas mal d’internautes. L’ambition affichée, ça plait ou ça plait pas. Propriétaire de son restaurant depuis de nombreuses années, Jean a l’expérience du pouvoir, et sait piloter une équipe. Pour son gouvernement, il a même repris Juan, devenu son Fillon, euh, son second. Considéré par certains comme arrogant, Jean-Sarko connaît son business et pourrait bien coiffer ses rivaux au poteau. Plombé par son portrait dans lequel il semble jouer au tennis au Racing, Jean est vu comme le candidat des riches (alors qu’il s’agit du tennis-club de La Haye-les-Roses et que non, son papa ne lui a pas acheté son restaurant !)

Son atout ? Son assurance.

Son point faible ? Carla, euh… papa, qu’il cherche tant à impressionner que ça pourrait le stresser.

 

Cyrille-Hollande : La ressemblance physique vous saute aux yeux ? Ca n’est pas la seule ! Cyrille, c’est le gagnant annoncé. Il arrive en tête des sondages, et sa bonhommie, sa connaissance des dossiers et son côté monsieur propre plaisent au plus grand nombre. Cyrille-François, c’est le candidat « normal », un peu blanco de teint, un peu ancien gros ou nouveau, on sait plus (vous avez remarqué comme il a maigri depuis le début de l’ « aventure » ?), très bon élève et, lui aussi, il a une femme superbe. Incapable de dire du mal de ses adversaires, on pourrait croire que Cyrille n’en veut pas assez et pourtant, méfiez-vous de l’eau qui dort car il a son étoile à défendre et, comme tout favori, ne doit pas s’endormir sur ses lauriers…

Ses atouts ? Son côté passe-partout

Son point faible ? Son côté passe-partout

 

Norbert-Mélenchon : Il est le troisième homme, le candidat-surprise, le candidat du peuple, le self-made man, celui qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, dont on se partage les vidéos-chocs quotidiennement sur le web. De qui s’agit-il ? Aussi bien de l’un que de l’autre ! Norbert, c’est le Jean-Luc de Top Chef, le « monsieur petites phrases »… à moins que ce ne soit le contraire. « J’ai vu qu’il comptait m’enlever mon caleçon, je lui dis qu’il arrive trop tard, je suis déjà un sans-culotte! », c’est de Mélenchon. « J’ai le calfouette qui claque », c’est de Norbert. « Salaud », « larbin », Mélenchon a le langage fleuri, comme son alter-ego culinaire, qui « n’a pas fait bac +5 mais (…) bac d’eau chaude, bac d’eau froide » (véridique !). Ils sont l’un et l’autre les grandes stars de leurs programmes respectifs, et pourraient bien créer la surprise.

Son atout ? Sa folie

Son point faible ? Un niveau un peu moins élevé que ses adversaires

 

Tabata-Joly : Elles sont  autoritaires, ont un accent énervant, aiment la hiérarchie et la castration masculine… Tabata, Eva Joly, même combat ! Et malheureusement, elles ont chacune réussi, à cause de leur caractère, à déclencher les foudres sur les réseaux sociaux. La chef brésilienne comme l’ancienne juge norvégienne souffrent d’une cote d’impopularité au plus haut ! Cassante avec Norbert, à qui elle reproche sa bonne humeur, exécrable avec son équipe lors de l’épreuve du restaurant, Tabata n’a plus beaucoup de soutiens. Eva Joly, elle s’en était pris à David Douillet… Très pros dans leurs domaines, les deux mégères du web sont aussi les reines de la polémique. La chute accidentelle d’Eva hier serait-elle une prémonition du départ de Tabata ce soir…?

Son atout ? Un prénom sexy (comme Eva)

Son point faible ? Parle trop

Et vous, pour qui auriez-vous voté… ?


Top Chef 2012 – Ma soirée à l’Acajou à la recherche du Jean perdu…


Hier soir, nous partîmes à quatre « matériel », comme dirait DSK (entendez « filles » dans la phrase « Veux-tu (peux-tu) venir découvrir une magnifique boîte coquine à Madrid avec moi (et du matériel) ») direction le restau de Jean Moumoute Imbert, avec lequel j’avais pris rendez-vous, pour tester les lieux et le monsieur (et accessoirement ses perruques).

Bon, faut aimer le 16e. Et vous savez (ou pas) ce qu’on dit sur le 16e quand on est du 17e, mais ça n’est qu’une question de point de vue, et j’étais toute prête à pardonner à Jeaaan. A ma grande surprise, nous fûmes reçues par Juan (un « u » pour un « e » mais pas une faute de frappe), un autre candidat de cette saison (qui ressemble beaucoup moins à Benabar dans la vraie vie qu’à l’écran), devenu  le second du chef aux faux airs de Patrick Bruel. Mes copines, excitées comme des puces, et moi avec elles, piaillaient et piaffaient d’impatience en terrasse, verres de vin blanc à la main :

–          Tu crois qu’il est LA ? Tu crois qu’il est ashkénaze ? Tu crois qu’il va venir nous saluer ? Tu crois qu’il est dedans ?

–          Chais pas, il fait tout noir, je vois rien que le Juan et des ombres.

Moi, stoïque :

–          Mais vous croyez quoi, le mec est pas serveur, il est CHEF, il fait la CUISINE, il est en CUSINE ! me demandant quand même si c’était vraiment lui tout seul qui était en train de découper des tranchettes de kiwi, de melon et d’ananas en silence sur son petit plan de travail en zinc, essoufflé, regardant fébrilement la pendule comme dans une épreuve de coup de feu.

Les clients commençaient à arriver. Plutôt des jeunes. Plutôt en scooter.

–          C’est Cyril Lignac ! a dit Laurence, pointant ostensiblement du doigt un type en moto à casque intégral et barbour.

N’importe quoi…

Nous sommes finalement entrées et avons pris place au centre d’une très longue et haute table d’hôte dans une salle sombre éclairant davantage les plats que les visages, ce qui arrangera les filles de plus de 35 ans (aucun rapport mais les restos japonais, par exemple, sont à éviter niveau luminaires effet teint blafard). Sur une petite carte carrée, nous avons eu le choix entre une entrée « terre » ou « mer », puis avons sélectionné 2 plats dans une liste aux intitulés énigmatiques. Si vous n’aimez pas les surprises, on peut toutefois  vous orienter. J’ai préféré choisir au pif. Grosse maligne, j’ai finalement dû demander des précisions au moment de choisir le vin, parce qu’un Saint-Verant avec une côte de bœuf, ça le fait moyen.

Le concert a pu commencer.

Du crabe sur jus de mangue, accompagné d’une soupe d’étrilles à tomber par terre  et son mini-pavé de saumon mi-cuit. Tout ce que j’aime ! Ma Bretagne qui me tend les bras.

Ensuite, un carpaccio de langoustine comme réponse à tous mes vœux secrètement formulés en terme de  cru et de sous-marin depuis des années. C’est décidé, je veux épouser Jean Imbert !

–          Mais il est oùùùù, au fait, Jean Imbert ?

Stéphanie me sort de mon orgasme culinaire. Le Juan repasse.

–          Jean doit être très occupé, t’as vu la finesse de ces langoustines, la broutte à couper ! Tu crois qu’il a que ça à foutre de venir nous faire coucou alors qu’il décortique, coupe, cisèle ces putain de langoustines pour en faire des carpaccios carrés ?

Mon plat arrive : Bangkok. Une soupe aux gambas et son avocat en gelée. Beau, bon, chic, distingué, comme Zeaaaan. Mais il est OUUUUU, Zean (ouais, on commence à avoir pas mal bu) ?!

–          Non mais attends, il va venir au dessert, il va pas tout laisser tomber comme ça, son resto plein, pour venir taper le bout de gras avec quatre fans en goguette alors qu’il doit enfourner 50 petits soufflés individuels et vérifier qu’ils ne retombent pas !

Mouais…, quelles ont l’air de dire, mes copines, qui commencent sérieusement à me regarder avec pitié. Mmh, je connais ce regard, celui qui dit, au bout de 24h d’attente d’un coup de fil de mec, que non, il n’est pas mort, et que non, il ne rappellera pas. Mais je suis grande maintenant, et puis Jean m’a promis d’être là. Et moi, Jean, je lui fais CONFIANCE. Jean et moi on est comme les deux doigts de la main (hein ?).

–          Tu crois qu’ils vont l’applaudir quand il va venir ? Je tente.

Encore ce fameux regard. Je me tais. On parle de la grossesse de Laurence.

Les desserts arrivent : le fameux soufflé (il est fort, Jean, il a tout bien fait !) et la salade de fruits grâce à laquelle on s’est virtuellement rencontrés, Jean et moi.  Je serre contre mon cœur mon petit menu cartonné prêt à être autographié, et j’attends le chef.

–          Là, c’est sûr qu’il va arriver, je dis à mes copines.

–          Bha j’espère, hein, parce qu’on va pas tarder tarder non plus.

Et c’est à cet instant précis que la vérité nous est tombée dessus, apportée par un messager désolé : Jean s’excuse, il a été retenu, il ne pourra pas être là ce soir. La tête me tourne. Mais qui a fait à manger je ne comprends pas ? Pas là, Jean ? Non mais Jean, si tu as une perruque c’est pas grave, je le dirai pas je te jure (mmh mmh).

Sur le trottoir, mes copines m’évitent. J’ai l’abominable impression d’être en 4e et de m’être pris un gros vent par David Sraër.

Jean, tu m’as foutu la tehon, mais franchement c’était trop bon.

 

L’Acajou – 35bis, rue Jean de La Fontaine 75016 Paris

01 42 88 04 47

Menu : Midi 30 euros / Soir 60 euros

Top Chef 2012 : Pourquoi les femmes sont-elles folles de Norbert ?

La star de cette troisième édition de Top Chef, vous le savez tous, c’est Norbert, ce candidat « haut en couleur » que nous promettait la prod’ avant même la diffusion du premier épisode. Bonne pioche pour le directeur de casting car l’animal fait tant parler de lui que, plus la saison avance, plus les curieux se pressent devant le programme culinaire pour voir de leurs yeux voir l’énergumène qui veut décoller les escalopes des filles.

Que les mecs aiment Norbert, on comprend. Enfin un gars qui assume de péter tout haut sans se soucier de l’oppression féminine. Enfin un gars du terroir qui se décrotte allègrement le nez, faisant oublier au téléspectateur mâle qu’il est en train de faire la même chose, merdique, affalé sur son canapé les cuisses écartées le ventre bien tendu alors que Laurent Delahousse, lui, le fait se sentir gros, sale et totalement inutile à la société. Salaud de Ken.

Non, le plus étonnant, chez Norbert, c’est que les filles en sont FOLLES. Et pas les moindres : blogueuses, journalistes féminines flirtant habituellement avec le féminisme, mères au foyer et adolescentes sophistiquées, elles mouillent toutes leur culotte pour le puissant cuisinier aux doigts de fée. Mmh.

Eh oui, 2012, c’est l’année du retour du bon gros macho qui tâche. Dujardin, le Loulou sympatoche, 100% hétéro qui pose sourire béat deux cuisses écartées entre les mains sur les affiches des Infidèles, est le modèle à suivre, l’homme-étalon si j’ose dire. On assiste à un cycle. On était partis de Bébel et Depardieu comme icones sexy de ces dames – des machos décomplexés de la braguette, des biscotos, du parler Audiard et de la bonne claque sur les fesses – puis on avait lentement dérivé vers l’abominable métrosexuel (Beckham, sourcils épilés, castration par l’épouse, air nigaud et troussage de nounou comme seule échappatoire), pour se finir sur l’übersexuel (Baptiste Giacobini ou Justin Bieber) comme icones masculines. Autant dire des enfants imberbes, propres et bien élevés. Et on nous disait que la femme était ravie d’avoir enfin un homme qui sent bon, emprunte son rasoir pour se raser les aisselles et achète consciencieusement ses produits de beauté pour homme.

Pff, que nenni ! La femme, elle veut Norbert ! Un type au parler franc, qui leur avoue tout de go et sans se poser de questions qu’il veut les prendre sur la table, là, tout de suite, qui les galoche sans prévenir, qui les bouscule, qui sent le rut animal, qui les énerve, qui les excite, un type qui utilise des mots comme « loches », « branle », « slip », « trou », « burnes », « fion » ou « calfouette ». Et ça, le Norbert, il sait faire ! Et puis, un type qui dit que « la cuisine, c’est comme l’amour. Il faut pas faire beaucoup mais il faut faire super bien », ça met en confiance. On se dit que Norbert, c’est un mec qui « se sort les doigts », comme y dit. Norbert, c’est comme le camembert, on en mange rarement en public parce que ça pue un peu mais qu’est-ce que c’est bon !

#TopChef3 6e épisode : Ghislaine Arabian, mais pourquoi est-elle aussi méchante ?

C’est une question que je me pose depuis maintenant trois ans. La première année, c’était encore la mode, dans les émissions culinaires, de la destruction de candidats en bonne et due forme (souvenons-nous de Masterchef, qui a dû recadrer son jury après la 1re saison car le public n’appréciait pas sa dureté envers les apprentis cuisiniers). Mais c’est naturellement que dans leurs saisons suivantes, les producteurs de Top Chef et Masterchef avaient demandé à leurs jurés de se faire plus maternants pour détendre le téléspectateur, certainement en proie à un malaise dû à des réminiscence d’une vieille nounou acariâtre ou de profs frustrés les ayant traumatisés à tout jamais quant à toute forme d’éducation « à la dure »).

Et pourtant, il existe bien un irréductible juré qui résiste encore et toujours aux injonctions de l’audimat, conservant sa sévérité, imposant la terreur et parfois le rejet de certains candidats et d’une bonne partie du public… ou plutôt UNE irréductible, devrais-je dire. Car il s’agit de… Vilaine Arabian, ainsi que l’a surnommée Tabata, candidate « qui en a » de cette 3e saison. Trois ans d’omerta avant qu’éclate enfin la vérité. Ghislaine est « une peau de vache », nous apprend la Brésilienne, ajoutant : « Qui est-elle pour nous parler comme ça ? Du fond du coeur, je n’arrive pas à comprendre cette personne. Elle est franchement très désagréable, devant et hors caméra ». Ghislaine a par la suite répondu à la jeune femme par média interposé, arguant qu’elle était plus dure avec les filles (elle aurait aussi méchamment cassé Noémie dans une séquence coupée au montage par la prod) car elles sont pleines de talent et peuvent gagner. Moui, on y croit bof, Guigui, à la théorie Aymé Jacquet…

« Je crois qu’elle est méchante »… (cf. « Tatie Danièle », excellent film-culte pour trentenaires désoeuvrés, adoubé par leurs pères et mères mains certainement inconnu des « jeunes » téléspectateurs). « Mais pourquoi est-elle aussi méchante ? » Comme l’Orangina rouge : par plaisir, pour se donner un genre, un positionnement marketing ? Ou alors c’est comme chez les flics, il faut le bon et le mauvais pour que le binôme fonctionne ?

Vilaine tient bien son rôle en ce cas, offrons-lui une statuette. Vas te rasseoir, Bérénice Bejo, je vais faire ma Mathilde Seigner : « C’est possible de d’mander quelque chose ? Non j’aurais vachement aimé qu’elle l’ait, ma Vivi, ma Vilaine. Elle peut monter sur la scène ? » Ses moues mimant des hauts le cœur lorsqu’elle goûte aux plats des candidats, cette mine pincée, ces sourcils éternellement froncés, ces jugements qui tombent comme des couperets (« Trop d’ail ! », « Immangeable ! », « Deux fois du crumble, c’est pfiout ! »…), cette frange imperturbable, ce port altier… Mlle Mangin sors de ce corps !

Pour l’anecdote, sachez que le restaurant de Ghislaine s’appelle… « Les Petites sorcières »…

Bon sinon hier on a perdu Denny, sympatoche italien « qui tient la route » comme l’a dit Cyrille, super mesquin avec son immunité. On devrait avoir oublié Denny dans quelques jours, mais heureusement, on a rendez-vous avec Ghislaine la semaine prochaine !

#TopChef3 4e épisode, le debrief : Jean Imbert et sa perruque, une salade de fruits et Juan (et Ferrari) éliminé

Qu’il est injuste de participer à Top Chef ! Car laissons le suspense tout de suite de côté (et pardon à ceux qui comptaient regarder l’épisode d’hier en replay. Mais à moins de ne connaître personne et de ne pas aller sur Internet, comment passer à côté du résultat de Top Chef le mardi ?), c’est bien Juan Arbelaez le pas trop mal colombien qui a « quitté l’aventure » hier soir pour la meilleure audience de l’émission depuis le début de la saison.

Et pourtant, TF1 avait sorti l’artillerie lourde puisqu’elle lançait en grande pompe sa nouvelle émission politique, « Parole de candidats« . Faut croire que la Ferrari porte la poisse parce qu’il est rarissime (voire miraculeux) que la Une se fasse devancer par la chaîne de Tavernost. Ok, « Parole de candidat » ne recevait pas Hollande ou Sarkozy, mais Eva Joly et François Bayrou mais quand même… 2,25 millions de téléspectateurs (versus 4,2 millions pour M6) en prime time, c’est du jamais vu. Sur twitter, c’était la guerre du live-tweet #pdc versus #TopChef. Et même si Christophe Beaugrand (@Tof_Beaugrand), plus habitué aux people et la real-tv avait manifestement été envoyé au front par son employeur (il chronique sur « 50 mn Inside », qui soit dit en passant a une faute d’orthographe dans son titre car on écrit « minute » abrégé ainsi : « min » et non « mn » mais bon, j’ai déjà prévenu Nikos, il s’en fout), une grande partie de la twittosphère était plus intéressée par la salade de fruits « diaboliquement bonne » de Jean Imbert que par la moumoute de François Bayrou.

En parlant de moumoute, les spéculations sur celle de Jean imbert vont bon train : alors, perruque ou pas perruque ? Je consacrerai prochainement un post entier à ce mystère car j’aimerais pouvoir mener une enquête journalistique digne de ce nom et ne pas m’appuyer sur la rumeur populaire (pour une fois). Dans l’épisode, on a eu les apparitions divines de deux beaux gosses (ne nous emballons pas et raisons gardons, mais vu le niveau saison 3, ça faisait déjà du bien ) : Cyril-jeune-chef-sympathique-et-dynamique-Lignac est venu taper le bout de gras une dizaine de minutes comme à son habitude, puis ce fut au tour de Christophe Michalak, le Brad Pitt de la pâtisserie, de passer faire un coucou aux candidats médusés, surtout Noémie la championne de France de desserts (Michalak est champion du monde de pâtisserie. les deux concours doivent être l’équivalents des Oscars versus un les Globes de Cristal), qui frôlait l’hystérie telle une fan de Justin Bieber. Las, Noémie s’est joliment rétamée et Moumoute Imbert s’est régalé d’un « c’est diablement bon ! » du maître parlant de sa salade de fruits en carpaccio.

En dernière chance, il restait finalement Norbert mister bruits de bouches (je ferai également une enquête sur ce point prochainement), Ruben mon idole (bien failli quitter Twitter en jurant que je m’autosuicidais du site s’il partait hier) et Juan, lequel a laissé un boulevard au jury pour garder ses têtes d’affiches et chouchous des ménagères en ne finissant pas son assiette.

A part ça les twittos réclament encore et toujours un réduction de temps de prime et de temps de parole pour Norbert (mais en fait ils kiffent).

Et je terminerai sur une phrase de notre auteur de l’année : « On a sorti le meilleur de nous même dans les oignons ». Norbert.

A la semaine prochaine !