Valérie Trierweiler contre Paris Match : divorce en direct sur Twitter

Laissez-moi vous débriefer l’affaire qui défraya la twittosphère jeudi 8 mars, et qui opposa publiquement Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande et son employeur le magazine Paris Match.

La veille, @valtrier, ainsi que se nomme la journaliste sur Twitter, avait teasé sur son interview de Stéphane Hessel, publiée dans l’édition du lendemain de Paris Match, l’hebdo dans lequel elle travaille depuis 20 ans. Détachée de la « vie collective de la rédaction » du magazine depuis qu’elle a rendu publique sa liaison avec le candidat, Valérie savait manifestement que son papier serait publié mais ne s’était visiblement pas rancardée sur la Une de son journal (faut être curieuse, Valérie !).

Jeudi 8 mars paraît donc le numéro 3277 de Match, comme l’appelle encore nos grands-mère, qui fait sa Une sur « Valérie, l’atout charme de François Hollande » (et proche collaboratrice, donc), brushing étudié et oeil rivé vers l’objectif lors de la très publique présentation des voeux de Hollande à Tulle. Stupeur, sentiment de trahison, colère, ô rage ô désespoir de la simple journaliste (ou plutôt « normale », chacun son vocable), qui tweete alors rageusement : « Quel choc de se découvrir à la Une de son propre journal. Colère de découvrir l’utilisation de photos sans mon accord ni même être prévenue », avant d’ajouter quelques minutes plus tard : « Bravo à Paris Match pour son sexisme en cette journée des droits des femmes. #8mars. Pensée à toutes les femmes en colère ».

Plusieurs réactions émergent chez les twittos : déjà, comment Trierweiler peut-elle feindre l’étonnement alors qu’elle connaît Match, ses rouages, et l’intérêt naturel des français à son égard, qui considèrent son couple comme leur préféré à 40% pour les représenter à la Présidentielle ? Ensuite, concernant le droit à l’image, comment peut-elle sous-entendre une quelconque faute de la part de son (ex ?) employeur ? Christophe Carron, rédacteur en chef adjoint de Voici, l’explique très bien dans son article « Non, les photos de Valérie Trierweiler dans Paris Match ne posent pas de problème« . Enfin, et ce qui m’interpelle le plus, pourquoi en appeler au droit des femmes dans cette affaire ? En quoi celle-ci marque-t-elle un mépris pour le sexe dit faible ? Ok, Match n’a pas prévenu sa collaboratrice, ainsi qu’il le reconnaît plus tard dans un tweet ferme et sans appel (« C’est vrai Valérie on n’a pas discuté avec toi de la couv. C’est l’indépendance de Match. Tu es la mieux placée pour le comprendre. »), mais l’aurait-il fait si « M. Aubry » s’était trouvé dans la même situation ? Certainement pas. Et au passage, je ne vous remercie pas, Mme Trierweiler, de faire passer les femmes pour des harpies en en appelant au machisme dans cette sombre histoire. Vous ne leur rendez pas service.

Trierweiler vs. Match : premier conflit salarié-employeur en public ? Cool, on se croirait dans « Cas de divorce« . Tweeter kiffe et prend partie. D’un côté ceux qui montent sur leurs grands chevaux et défendent la faible Valérie, bafouée par le méchante journal people. De l’autre, et tout aussi excessifs, ceux qui trouvent gonflé l’apparent étonnement de la journaliste. Moi, j’ai foncé comme (certainement) bon nombre de Français sur le fameux numéro 3277 (et si Match souhaitait seulement se débarrasser de cette encombrante et coûteuse pigiste et, du même coup, se faire une belle vente historique – c’est vrai qu’il n’y a pas eu de mort bankable ou d’attentat depuis longtemps ? Je dis ça, je dis rien). Bref, dans le Match, rien de bien croustillant. On y apprend, dans le style romanesque à la Françoise Bourdin propre aux portraits du magazine, que la mère de Valérie était caissière à la patinoire d’Angers, et aussi que Valérie était super bonne élève, que ses soeurs lui faisaient des tresses avec des élastiques à cerises, que son nez en trompette et sa « crinière flamboyante » faisaient tourner les têtes et lui avaient alors valu le surnom de « Brigitte » (comme Bardot, ce qui était appréciable il y a quelques années, moins aujourd’hui, surtout quand on est socialiste). Sur les nombreuses photos qui illustrent le papier, on découvre une jeune femme plutôt jolie à 30 ans devenue plus remarquablement belle avec l’âge, qui a côtoyé les « grands fauves » de la politique (filage de la métaphore de la crinière), dont elle n’ignore pas « la violence des coups de griffe » (fin du filage). Bon, rien de bien croustillant… En revanche, il y a bien un scoop dans ce papier,tiré du livre de Constance Vergara (« Valérie, Carla, Cécilia, Bernadette et les autres en campagne« ), qui doit, ainsi que son éditeur, fortement apprécier tout ce buzz médiatique, on apprend donc que le 6 mai 2007, Valérie n’a pas voté… Pourquoi ? Par jalousie ! La « femme amoureuse » n’a pas pu glisser le bulletin Royal dans l’urne, alors que le seul tort de cette pauvre femme était d’avoir fait une tripotée d’enfants à Hollande, qu’elle venait de lui piquer. « Je ne veux pas mentir, je ne suis pas allée voter ce jour-là, je ne le pouvais pas, ne le voulais pas (…) C’était douloureux. Chacun comprendra, j’espère en tous cas ». Pas sûr que les fameuses femmes en colère comprennent que la nouvelle compagne refuse, en plus d’avoir tout raflé, de se déplacer pour voter pour l’ex bafouée (euh… « douloureux » ? Val, tu charries !).

Quand on y pense, ce 6 mai 2007, nous on croyait que la belle et grande politique vivait un jour historique alors qu’en fait, dans les deux camps, c’était Les Feux de l’Amour. Rappelons quand même que Cécilia n’était pas non plus allée voter, transie d’amour et de douleur qu’elle était, elle aussi, pour son Attias qu’elle ne pouvait aimer au grand jour. Un partout la balle au centre, le non vote de Valérie a donc annulé le non vote de Cécilia. Quant à Carla, possible qu’elle se soit également abstenue, la connaissant. Et dire qu’on nous bassine avec le vote citoyen !

Heureusement pour Sarko, il a un vote assuré pour 2012, celui de Claude Allègre qui, ainsi que nous l’apprend la président-candidat dans ce même numéro, est « à donf » (sic) !

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