Pour votre âge

Aujourd’hui, j’ai été abordée dans la rue par un « jeune ». Faisant une pause dans sa partie de foot, il m’a dit : « Madame, vous êtes d’une beauté… divine ! ». Sérieusement, j’étais hyper surprise et jouasse, d’autant que je ne me sentais pas vraiment divine à ce moment précis, ployant sous le poids de mon vieux tote-bag, le cheveu chelou. Pleine de gratitude, un rayon de soleil printanier venant parfaire ce bel échange inattendu, je lui adressai en le regardant droit dans les yeux un joyeux : « Rhooo, merci ! ». Avant qu’il ne plante lui aussi son regard dans le mien et rétorque, enthousiaste et sûr de me satisfaire plus encore : « Nan mais sérieux pour votre âge… ». Je ne le laissai pas finir et, prise d’un fou rire nerveux, m’enfuis vers le métro Pont de Levallois en priant pour qu’il ne développe pas son propos ou que ses amis ne commentent pas eux aussi cet angle de vue.

Pour votre âge.

Merde… Assise dans le wagon, je pris brutalement conscience que j’étais passée du côté obscur du « pour votre âge », notion-barrière que j’ai toujours honnie, même lorsque j’étais loin d’avoir un âge signifiant. « Elle est encore très bien, pour son âge » : ce concept visant à minimiser un compliment physique, à l’encontre d’une femme évidemment, pour expliquer qu’on n’est franchement pas dupe du fait que la personne n’est tout de même plus de première jeunesse, m’a toujours profondément exaspérée. Comme si la beauté s’encombrait de telles considérations. Mais ce qui me surprit plus encore, c’est de me rendre compte que j’aurais été moi-même bien incapable de donner un âge à mon complimenteur-agresseur. Quinze ? Dix-huit ? Vingt-cinq ans ? Je n’en avais absolument aucune idée. Et c’était là le pire. Car lorsqu’un individu ne parvient plus à dater ses pairs, c’est que pour le coup, il est vraiment vieux. Ce moment coïncide souvent avec cet état qui lui fait croire que, ne sachant bien lui-même quel âge ont les autres, ceux-ci ne savent pas non plus quel âge il a lui. Ce qui est faux, évidemment.

Je me souviens aujourd’hui encore avec effroi de ces monos de colos qui, du haut de leurs trente berges mollassonnes bien tapées, nous disaient : « Han mais tu peux me tutoyer, hein, je suis pas si vieux. » Et de la pensée qui nous venait tous alors immédiatement : « Euh si, mec, tu ES vieux. Tu es un putain d’adulte. Qui s’habille comme un enfant, ce qui est pire encore. » Ou de ces profs qui voulaient qu’on les appelle par leurs prénoms, vieux jeunes un peu pitoyables qui s’agrippent désespérément à ce minuscule lien qui s’érode entre leur génération et les suivantes.

Et puis j’ai décidé de me focaliser sur le « beauté divine ». Divine, merde. Même si c’était « pour mon âge », c’était pas si mal. On n’avait pas le même âge, c’était fatalement vrai, même si j’aurais pu sans rougir shooter dans ce foutu ballon s’il avait atterri dans mes pieds, ou taper le bout de gras avec ces jeunes échoués là entre deux cours, me reconnectant en une fraction de seconde à la matrice de mon adolescence à mon sens pas si lointaine. Ouais, j’aurais pu sécher l’espagnol, fumer une clope et minauder avec ces jeunes trop jeunes qui n’auraient pas compris que je dois remplir chaque année une putain de feuille d’impôts, passer un entretien annuel d’évaluation, nettoyer le caca d’autrui, parfois, et que j’ai surtout cessé de me balader en bande depuis longtemps. Parce que c’est la vraie différence entre eux et nous, les « pour votre âge », qui ne nous croisons plus que pour de rapides dîners, des brunchs bruyants et des lolilol sur Facebook plutôt que de laisser s’étirer le temps tous ensemble sur l’asphalte une après-midi de printemps, partageant le simple plaisir d’être ensemble, avec la certitude que le lendemain, ce sera pareil. Et le surlendemain aussi. Et de prendre le temps de regarder passer les mères de famille pressées et les complimenter.

Je hais le ski

ski

Avertissement avant lecture : *Ne me jugez pas, il y a bien des gens qui n’aiment pas Noël*

Dire qu’on n’aime pas le ski, c’est un peu comme annoncer sans rire qu’on a trouvé La La Land un peu chiant : une hérésie. Pourtant, plus les années passent et moins je comprends l’engouement (l’hystérie ?) collectif pour cette étrange activité devenue pour beaucoup un passage obligatoire entre les fêtes de fin d’année et les beaux jours qui semblent si loin. « Attends mais c’est génial ! Les meilleures vacances du monde ! T’es dingue. » Ah oui ?

Passer six jours à faire les valises. Emprunter des gros vêtements sac poubelle, voire les acheter, sans aucun espoir de les reporter le reste de l’année (bon, d’un sens tant mieux…). Parcourir des kilomètres en train ou en voiture. Nettoyer le vomi familial à l’arrivée parce que forcément, après une soixantaines de mini-virages en épingle, et huit heures à boulotter des Pepitos et des chips au vinaigre, le pire n’est plus une option. Arriver de nuit. Dans le FROID qui nous accueille, goguenard, en mode « habitue-toi ma vieille, je risque pas de bouger ». Porter les milliers de sacs, les enfants tout verts, les skis de ton mec qui tient absolument à avoir son propre matériel. Investir les couloirs lambrissés à l’odeur de fringues mouillées mal séchées d’un immeuble au nom d’animal montagnard. S’engouffrer dans un apparte qui fait la taille de tes chiottes. Se les peler. S’endormir en chien de fusil sur un lit dur en sachant que le lendemain sera plus épuisant que n’importe quel autre jour de l’année écoulée et à venir (ou de ta vie ?).

Se lever aux aurores avec des gamins surexcités par la neige qui tombe à gros flocons. Merde, manquait plus que ça. Sortir les salopettes, enfiler à tout le monde un slip un collant des chaussettes un sous-pull un pull un anorak, chercher les bonnets les gants les masques les casques. Etaler de la crème épaisse sur plein de visages. Faire pareil pour les lèvres. Coller ses doigts gras à la laine. Faire pareil pour soi. Se trouver plus moche que jamais, forcément, ce type de tenue, ça aide PAS. Tenter de se maquiller snowproof sur la crème épaisse. Abandonner. Aller louer les skis, les chaussures. Parler à un type en polaire qui a couché avec toute la station. Marcher comme une demeurée ploc ploc, avec les enfants qui pleurnichent parce que c’est louuurd, les skis, et que les bâtons tombent par terre putain ! Sentir ses cheveux frisotter au contact des flocons. Regarder la montagne avec anxiété. Voir qu’elle est entièrement recouverte de brouillard. Renouer avec la boule au ventre qu’on avait déjà en classe de neige et se demander sérieusement ce qu’on fout encore là à quarante berge, à engloutir la moitié de son salaire annuel dans un tel cauchemar. Acheter les forfaits. Se dire en tapant son code de CB que pour le même prix on pourrait partir en week-end avec une copine à Ibiza et siroter des mojitos sur la plage.

Poireauter à l’école de ski. Rire avec des mamans canons en fuseau alors qu’on a son gros cul moulé dans un vêtement fluo emprunté. S’extasier devant des enfants tous similaires, recouverts de dossards avec des numéros et heureusement sinon on ne les reconnaîtrait pas et on repartirait avec un nain casqué qui ne nous appartient pas. Les envier parce qu’ils se contentent de faire la chenille sur la piste piou-piou sans avoir à risquer leur vie tout là-haut.

Prendre une grande inspiration, quitter la vallée et s’engouffrer dans les œufs. Puanteur de neige froide mêlée à la sueur et à la fameuse chaussette mal séchée. Péter de chaud. Retirer son bonnet. Sentir ses cheveux humides carrément collés au crane. Croiser son reflet effrayant dans la vitre embuée. Remettre son bonnet. Regarder la station qui s’éloigne et les skieurs, minuscules tâches inconscientes qui sillonnent vaillamment les pistes malgré la purée de pois. Penser à nouveau mais putain POURQUOI ? Descendre de l’œuf à temps, attraper ses skis viiiiite avant qu’ils ne se barrent. Se péter le dos en les portant. Chausser. Clac, clac. Pousser sur les bâtons. Perdre des yeux son mec hou houuu. Avoir peur à nouveau. Prendre un télésiège. Se taper la barre de fer dans le cul et le bâton de son voisin dans le bras. Discuter de tout et de rien avec des inconnus pleins d’une joie incompréhensible. Ou pire, rester silencieuse à nouveau avec la grêle qui fait un peeling douloureux à des bouts de visage congelés. Arriver. Remonter la barrière avec jambes lourdes qui pendouillent dans le vide. Descendre vaillamment. Ne pas tomber. Ne pas aller trop vite. Ni trop lentement. Ne pas perdre les gens. Ne pas faire de chasse-neige. Planter de bâton. Flexion, extension. Ne pas skier comme dans les années 80. T’as des paraboliques, putain, qu’est-ce que tu fous avec tes mouvements ! Hein ? QUoiii ? J’entends rien. Vouuuu Vouuuuu, sentir le vent gelé dans ses oreilles, enfin ce qu’il en reste. Voir qu’il n’est que onze heures. Remonter.

Redescendre.

Remonter

Redescendre.

Manger des choses au fromage fondu à cinquante euros par tête la gueule cramoisie par les changements de température. Cheveux qui fondent.

Y retourner. Va plus vite ! On s’en refait une ? Ah bha oui, tiens, quelle bonne idée (nan mais sérieux).

Aller chercher les enfants à l’école de ski. Souffler, enfin. Kiffer le minuscule abri de bois qui pue. Passer son tour de douche. A quoi bon ? Faire des pâtes avec encore du fromage sur une plaque électrique. Déposer les fringues mouillées de tout le monde sur le radiateur en rang d’oignon.

Et recommencer chaque jour. Avant de retourner au boulot. Avec les cuisses pleines de fromage fondu et de vin blanc tiède, de courbatures, les ligaments pétés, le compte à zéro et un mois de machines à s’enquiller en grignotant du chou kale pour expier.

C’est ça ouais, les meilleures vacances du monde.

François Fillon ou la double pe(i)ne de Penelope

penelope

C’est l’histoire d’une femme qui, peut-être, ne savait rien.

D’une femme qui, pendant 36 ans, a suivi docilement le parcours égotico-politique de son époux devant Dieu et les hommes. D’une femme qui, telle qu’elle l’avouait à une reporter du DailyTelegraph, une mélancolie émouvante venant embuer ses yeux bleux délavés, s’est réveillée un matin, la cinquantaine approchante, avec cette impression d’être passée à côté de sa vie. « Discrètement », ainsi qu’on lui colle volontiers, avec une complaisance un peu crasse, cet éternel adjectif à tout propos, Pénélope avait ainsi laissé passer le temps. Les maternités, la vie de famille, les allers-retours en 4×4 de l’école au poney-club, du tennis au judo, à la catéchèse, au Leclerc, elle s’était laissée bercer par le ronron rassurant d’un quotidien monochrome. Pourtant, Pénélope avait un diplôme d’avocat, un anglais fluent et une classe toute british qui la distinguait d’entre les autres. Et puis elle avait rencontré ce Français brillant, aux ambitions plus grandes que les siennes, et s’était laissée embarquer dans son ombre rassurante, c’était plus simple. Anesthésié par une approche toute franchouillarde de la vie de maman, un brin surannée, très bourgeoisie de province chabrolienne.

« J’ai réalisé que mes enfants me connaissaient mais seulement en tant que mère. Mais je ne suis pas idiote. » S’adressant à la journaliste venue l’interviewer à Paris, et alors que son ambitieux de mari, si doué, si secret, lui aussi, grimpe vaillamment les marches du pouvoir, Pénélope laisse échapper ses regrets.

C’est en 2007. Il vient d’être nommé Premier ministre. Elle est fière. Très. Effrayée aussi. Il va falloir quitter le luxe discret de la vie sarthoise. Aller à l’Elysée, peut-être. Trouver des vêtements adéquats, la bonne coiffure, sourire, faire son intéressante. God, quelle misère.

Elle vit bien. Elle utilise la carte bleue du compte commun. Ne s’intéresse que de loin à la compta, les papiers, les déclarations d’impôts. Ca, c’est François qui gère. Chacun son truc. Elle c’est la cantine, la femme de ménage, les ouvriers, les courses, le marché et les menues dépenses du quotidien qu’elle règle sans trop regarder. Son conseiller bancaire lui sourit quand elle passe à l’agence. Elle a un chéquier. François râle quand elle dépasse. « Non mais on voit bien que ça n’est pas toi qui le gagnes, cet argent ! » Ils s’engueulent un peu, parfois, quand il plonge son nez dans les relevés. Elle n’aime pas ça. Et puis ça passe.

Le jour où elle a donné cette interview, parce que la journaliste était galloise, comme elle, et que ça la distrayait pas mal, quand même, de faire entendre sa voix, pour une fois. Tais-toi, Pénélope, il lui disait tout le temps. Ce sont des affaires d’hommes. Ce jour-là, elle s’était sentie vivante. On lui posait des questions à elle. Elle était venue seule, avec sa plus belle écharpe, ses jolies lunettes dans les cheveux, et sa veste en tweed. Il faisait beau. Elles avaient rendez-vous près de l’Assemblée nationale. Même qu’elle avait pris un thé Earl Grey et que, avec la journaliste, une femme absolument charmante, elles avaient parlé du pays. Des shortbreads, de la reine, et de ces plaines brumeuses qui lui manquaient tant. Ce jour-là, il avait gueulé, François. « Non mais qu’est-ce qui te prend, de donner des interviews ? Qui t’a demandé de faire ça ? Enfin quoi, et puis raconter que tu n’as jamais travaillé, enfin Penny. Tu te rends compte ? »

Pourtant elle en était sûre, elle n’avait jamais travaillé pour lui. Elle s’en souviendrait. « Ne refais PLUS JAMAIS CA ! », il avait dit. Et puis la vie avait repris son cours.

Jusqu’au jour où ça lui était tombé dessus. Où son prénom à elle, la discrète, dont on vantait la soumission, l’art se mouvoir n’importe où sans que jamais on ne la voit – ça, il aimait bien, François, il disait que c’était la plus grande de ses qualités. « Pénélope, on ne la voit pas. » Ce jour-là, ils avaient braqué les caméras sur elle. Son nom était partout. Voleuse. Menteuse. Elle n’avait rien compris. « François ? Il se passe quoi ? »

Mets un tailleur, souris, tiens-moi la main, regarde-la, cette foutue caméra. Je t’aime.

Sourire, elle avait essayé. Mais elle avait sangloté. Parce qu’ils étaient plus de dix mille, dans ce hangar sinistre. Les gros lourdots du Parti, avec leurs bedaines gavées aux déjeuners arrosés, engoncés dans leurs costumes d’hommes d’Etat, leurs gros doigts s’entrechoquant pour l’applaudir. Pénélope, Pénélope ! Souris, Péné.

Arrête de pleurer, Pénélope.

Et puis on l’avait renvoyée au château. « Maintenant tu te tais. Ils ont retrouvé cette foutue interview. Trente ans de carrière pour deux minutes de « gloire » ! Ah ça, Madame voulait briller auprès de ses compatriotes non mais franchement, contente-toi de faire ce qu’on te dit ! »

Non, c’était pour les enfants, François. Qu’ils me connaissent, moi. Telle que tu m’avais connue, toi. Et encore une fois qu’est-ce qu’ils ont, tous ces gens ?

Et Pénélope était retournée se tapir dans l’ombre avec la crainte obsédante que François ne soit finalement contraint de venir l’y rejoindre. A moins qu’elle ne le laisse planté là, avec ses micmacs abracadabrantesques, ses copains ringards du Parti, sa veste barbour, ses articles dans Paris Match et sa foutue « destinée présidentielle ». Oui, c’était une solution. Non ?

Allez, fonce, Pénélope.

Chicouf : pourquoi nos parents ne gardent plus les enfants ?

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Quand on était petits, on passait toutes nos vacances chez nos grands-parents, ou une grande partie. Nos mamies, absolument enchantées de nous recevoir, se pliaient en quatre pour nous mitonner nos petits plats préférés, nous apprendre à tricoter, nous emmener au cirque ou chez Disney pendant que leurs époux, ancienne génération oblige, souriaient complaisamment derrière leurs grands journaux, participant une heure par jour à une heureuse activité transgénérationnelle telle que le cirage de chaussure, la pêche, le nettoyage de bagnole ou le rangement de caisse à outils.

Ces pauvres seniors désoeuvrés, boutés hors de la vie active par une société cruelle, se réjouissaient des semaines à l’avance, c’est certain, d’aider leurs propres enfants croulant, eux, sous les obligations professionnelles, les injonctions sociétales de réussite, le challenge de devenir ce couple sur deux qui ne divorcera pas tout en élevant des enfants sans les tabasser alors que ces morveux, contrairement à leurs aïeux, avaient acquis le droit de prendre la parole à table et exigeaient aussi tout un tas d’attention auxquelles les individus mineurs n’avaient jamais eu droit dans toute l’histoire mondiale de l’enfance.

Aujourd’hui, ces casse-têtes organisationnels n’ont pas changé et pourtant, nos parents, eux, ont décidé de sortir du jeu. Oui. Le senior nouvelle génération n’a pas envie de s’emmerder. Il a toujours mille trucs à faire avec des couples d’amis, des dejs à l’autre bout de Paris, le plombier qui passe, la peinture qui sèche, un stage de yoga en Auvergne ou un voyage en Scandinavie prévu de longue date pile pendant les vacances scolaires, bref, mille et une raisons qui l’empêchent, le pauvre, de garder ses petits-enfants. Et puis c’est fatigant, tu ne te rends pas compte. Quoi, les deux ? Ah non pas les deux. Un à la rigueur (oui enfin, ça sert à rien). Ah et il mange quoi ? Et à quelle heure ? Et je fais quoi s’il pleure ? A croire que ces sexagénaires en pleine forme sont redevenus des ados jamais passés par la case parentalité (ah mais oui, en fait, puisque nous, on était chez mamie), ados toutefois très très fatigués au point de ne pouvoir outrepasser deux à trois jours pleins en compagnie des boulettes d’énergie ingérables qu’on leur dépose mollement sur la moquette neuve et immaculée de leur douillet intérieur (oui, le senior nouveau aime bien faire plein de petits travaux chez lui, travaux qui l’empêchent de recevoir par la suite quelconque animal ou personne aux doigts potentiellement crottés).

Et plouf, les chicoufs 

Autour de moi, tous les quadras acquiescent, et ouvrent des yeux ronds comme des billes lorsque je leur fais la révélation qui me fit ma mère aux dernières vacances de Noël. Au téléphone avec sa sœur, elle lui demandait : « Tu fais quoi ? » lors que celle-ci lui répondit : « Bha… (soupir) je grand-merde ». Moi, n’osant comprendre : « Maman… c’est quoi grand-merder ? » Ma mère, un peu emmerdée pour le coup quand même : « Bha grand-merder ! On dit toutes ça. C’est garder les petits-enfants. » Moi, boule dans la gorge : « Mais… parce que… ça vous emmerde tant que ça ? » Ma mère, sans répondre mais avec un air désolé et incrédule, le même qu’aurait eu un ado de 15 ans si ses parents lui avaient demandé de confirmer que partir en vacances avec eux était moins cool que de squatter dans un apparte lugubre entre potes.

La claque. Là, tout s’est éclairé. Ils étaient donc regroupés, ces sexagénaires anarchistes, en une communauté secrète, hostile aux jeunes actifs que sont devenus leurs enfants enfin partis de la maison, se soutenant mutuellement dans leur refus suprême de se voir coller une nouvelle génération de mouflets alors même que le dernier de leurs vieux ados suce-finance venait enfin de leur rendre leur liberté. C’était certain, ils en parlaient lors de leurs fameux « dîners » et week-ends si importants, usant, comme leurs homologues acnéiques, d’un vocable bien à eux destiné à rester incompris de l’ennemi (nous). Un exemple ? Chicouf. Mot utilisé par nos géniteurs pour désigner notre progéniture. Pour « on dit chic quand ils arrivent et ouf quand ils s’en vont »…

Je vous imagine, abasourdis par tant de révélations crasses, la colère grondant au fond de vos corps fatigués. « Mais comment peuvent-ils ne pas avoir ENVIE de les garder, ces petits anges ? De les voir, de partager, de discuter, de leur faire parcourir le monde, de leur apprendre le tricot le crochet les Fables de Lafontaine la pâtisserie ? » Eh bien peut-être que, comme vous, ils en ont envie avec parcimonie. Parce que contrairement à leurs propres parents, ils ont la patate, le pouvoir d’achat et l’envie de profiter de cette liberté recouvrée. Et que moi je dis que pour ça, tant mieux pour eux. Et que vous aussi, si vous aviez le choix, vous préféreriez aller golfer avec des copains au soleil plutôt que de changer des couches malodorantes, vous lever à 5 du mat’ ou vous les cailler au parc le mercredi après-midi.

Le truc c’est qu’au final, c’est surtout tant pis pour nous.

bEt ça, ça vous grand-merde.

 

Quand Closer passe la crème (solaire) à Marine Le Pen

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Closer joue-t-il les vendeurs de pommes avec Marine Le Pen comme Les Guignols le firent en leur temps ? Ou, pour être plus clair, l’hebdomadaire populaire qui aime à étreindre pleinement le peoplitique servirait-il les intérêts du FN ?

Cela fait longtemps que je les vois, ces quelques clichés (banalisants) des descendants de l’Infréquentable à l’œil de verre glissés entre les paparazzades de Beyonce et les front-row des défilés. Marine Le Pen, « tata gâteau » en larmes aux mariage de sa nièce (« la femme politique reste inconsolable lorsqu’elle réalise que la jeune Marion (qu’elle considère comme sa fille) a pris son envol »), le couple de Marine qui « explose », avant celui de ladite Marion, devenue mère entretemps de « la petite Olympe » (trop chou)…. Depuis deux ans, le magazine des célébrités et des « gens normaux » n’en finit en effet plus de nous narrer la saga familiale de ce mignon petit monde tout blond, reléguant les Grimaldi au rang d’anciennes gloires de papier glacé.

Marine-Le-Pen-pleure-au-mariage-de-Marion-Marechal

Jusqu’à cette semaine où la reine-mère de la dynastie s’est carrément hissée au rang de cover-girl. Oui, en une du premier numéro estival de Closer trône en effet la présidente du Front national, tout sourire et lunettes de soleil sur le nez, entourée d’une Laure Manaudou « accro à son Fréro » et de Yohan Cabaye « le sportif hot » sous le gros titre flashy « Tous à la page ! ». Tranquille.

Alors certes, ça n’est pas la plastique de la quinquagénaire pourtant délestée « de dix kilos » – ainsi que nous l’informe, admiratif, le journal – qui boostera les ventes et appâtera le chaland. Non, pour cela, on a notre gratteur de yukulélé et sa nageuse topless mais justement. Qu’est-ce qui peut bien justifier ce choix éditorial consistant à octroyer à cette femme politique pas vraiment comme les autres les honneurs de la couve de l’été si ça n’est ni son glamour ni un événement particulièrement croustillant advenu dans sa vie personnelle ? La popularité, bien sûr, de celle qui aime à caresser dans le sens du poil naturel les français « moyens », normaux, qui n’ont ni passe-droit ni amis aisés qui les invitent dans leurs résidences secondaires lorsque les congés payés sont à poser. Et que découvre-t-on justement sur les quatre pages consacrées à « Marine » et son compagnon « Louis » (Aliot, numéro deux du FN), avec lequel tout semble finalement bien rouler ? Une femme simple, qui lit Guillaume Musso comme la grande majorité des Français méprisée par l’inteligentsia, affiche quelques petits kilos de trop et pose son séant sur un paréo froissé à même la plage publique, devant la glacière. Une femme qui trinque au gobelet à l’heure de l’apéro et sort l’opinel de son baluchon pour trancher la pastèque de ses propres mains. Bref une dirigeante sympathique, qu’on peut shooter de (très…) près parce qu’elle n’est planquée ni sur le yacht d’un copain milliardaire, ni derrières les hautes grilles des ors de la République. La girl next door coolos qui, plus qu’aucun autre candidat (ah oui, tiens, on est à moins d’un an de la Présidentielle…), incarne ceux qui n’en peuvent plus d’être représentés par des énarques au mépris palpable, des types au costard sur-mesure, des faiseurs de fausses promesses, des ministres paternalistes aux sourcils froncés, des gars assoiffés de pouvoir dont l’ego surdimensionné se place en rempart entre leurs électeurs et les mesures qui pourraient enfin faire « aller mieux » le quotidien de ceux-ci.

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Marine Le Pen a « évidemment [porté] plainte contre cette atteinte caractérisée à la vie privée ».

Mais pourtant, voyez comme il est simple, avec quelques images, de lustrer à peu de frais, consciemment ou non (je me garderai bien de trancher, on pourrait me faire un procès), le portrait d’un candidat. Dieu sait qu’on en avait parlé, de ces pommes qui, en leur temps, furent accusées d’avoir redoré en un sketch le blason d’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux. Si un média d’humour est parvenu ainsi à faire flancher (peut-être) un électorat en mal de choix, que dire du pouvoir d’influence d’un journal du peuple à la popularité toujours plus grandissante (plus de 300 000 exemplaires vendus chaque semaine) ?

Ce qui est sûr, en tous cas, c’est que cinq ans à bâfrer des pastèques pourrait être bien plus écoeurant que douze à croquer des pommes.

Mon vendredi soir dans le TGV 8333 à la gare Montparnasse

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Tout était parfait. J’avais bouclé ma todo au bureau, éteint l’ordinateur dans les temps, Concubin était venu me chercher en bas du bureau à l’heure et sans grogner, les enfants souriants, lavés, peignés, sanglés dans leurs sièges sécurisés, une bonne heure avant le départ. Nous nous étions étreint avec enthousiasme devant l’escalator qui menait aux quais, et j’avais cheminé joyeusement vers le Relay H avec  Petit Frère et Grand avant que ne soit annoncée la voie du TGV 8333, celui qui nous emmènerait en quelques 50 minutes à Saint-Pierre-des-Corps chez Mamie, pour y passer un week-end de détente tant attendu.

Nous avons acheté des Pringles, le Voici, balancé ici et là des revues sous blister à 7 euros remplies de merdouilles destinées à encombrer les chambres d’enfants et vider les porte-monnaies des parents, chopé un cadeau pour la fête des mères et attendu sagement devant les écrans (non sans tenter de dégoter quelques pièces oubliées dans chaque distributeur croisé en chemin).

A l’heure, c’était marqué.

Cool. Non parce qu’on ne savait jamais, avec les grèves et tout. C’était rassurant, ce petit machin « à l’heure » qui clignotait devant le nom du train 8333, celui de 19h13. Surtout qu’il était 19h07 et que sa voie n’était toujours pas annoncée.

19h10 : ayé, voie 20. VIIIIIIITE !! Je prends Petit Frère dans mes bras, avec le sac sur les épaules, mon bardas, mon tote bag rempli de revues et lesté d’un ordinateur, le sachet Relay qui scie les doigts et nous courons vers la voie 20. Pour nous asseoir enfin  tranquillou et ne pas le rater. Non, à 200 euros les deux aller-retour Paris-Tours, ce serait ballot haha. Allez, mais dépêche-toi, Grand. Poussez-vous. Han. J’ai chaud, c’est lourd. Pardon. Pardon. Ne pousse pas les gens.

19h15. Nous sommes assis. Les chips ! Les chips ! Oui, oui, ça arrive. Attendons que le train parte, non ?

Pas née de la dernière pluie, j’ai chargé l’iPad comme une mule. Madagascar. 1h50 de tranquillité pour même pas la moitié de voyage. JE SUIS LARGE.

19h20. Le train aura 10 minutes de retard, dit une dame joyeuse au micro. Un problème d’aiguillage ou un truc dans le genre. Personne ne moufte. Ils ont l’air de trouver ça normal. On ouvre les Pringles, on lance la jungle énervante et je me plonge dans mon Voici non sans avoir envoyé un texto à ma mère pour lui annoncer notre petit retard.

19h50. Toujours rien. Sur le quai, des gens passent avec leurs valises. Dans un sens, dans l’autre, comme des zombies. Pas vénère ni rien, comme habitués. Le wagon est calme. Par terre, les chips s’amoncellent. « Ca pique », dit Petit Frère. Merde, j’ai pris Paprika.

20h10. Toujours rien. « A tout bu l’eau. Je veux de l’eau. »

« Y’en a plus. »

– JE VEUX DE L’EAU

– BHA Y’EN A PLUS, je dis.

Sentiment d’être dans The Island. Peut-être que si je boue l’eau des toilettes ?

20h15 nouveau message de la joyeuse dame : « Un incident sur la ligne Paris-Tours empêche les trains de partir. Nous revenons vers vous dès que possible ».

Non mais… Comment ça, « dès que possible » ?. Cordialement basta cosy. Mais… QUAND ? Pourquoi ? C’est-à-dire ? Genre grosse panne que tu dois attendre des équipes entières de spécialistes le lendemain matin ou fusible à faire remplacer par Gégé qu’a toujours plus d’un tour dans sa caisse à outil ? Impossible de savoir. La dame est planquée quelque part sans qu’on sache où. Aucun contrôleur en vue, ni quiconque portant un pin’s de la SNCF (oui je dis pin’s, je suis vieille). Nous sommes seuls, livrés à nous même, lors que d’autres dans la capitale enfin estivale boivent des apéros, s’attablent au restau, que ma mère est arrivée sur le parking de Saint-Pierre des Corps et que Petit Frère se déshydrate dangereusement  pendant que le Paprika sursalé fait son œuvre dans sa petite bouche dégueulasse.

– Foif…

– On n’a plus d’eau, je dis, lorgnant piteusement vers le quai sur lequel, non, je ne vois pas de distributeur.

– Tenez madame, il nous en reste un peu, disent nos voisins de galère.

Nous sommes des naufragés. Seuls. Il est 20h45. Un voyageur vient me voir. Quelqu’un (la SNCF ? Batman ?) a déposé des boîtes en carton par terre, sans oser s’approcher de nous. Dedans, des petites boîtes en carton que nous ouvrons fébrilement. De l’eau ! Des Pom’potes, des biscuits de régime (sic). Nous nous jetons sur cette maigre pitance avec l’appétit de Robinson des voies ferrées.

20h50 : la dame cachée reprend le micro. Tam tam tadam ! (musique de la SNCF) « On nous (qui ?) informe que les trains pourront repartir à 21h ». Rhoo. Mon voisin balance la tête. Quand même, ils exagèrent. Nous reprenons espoir. J’appelle ma mère, qui dit Non mais la SNCF quand même, hein. Nous rions. Nous allons nous retrouver, un peu tard, certes, mais c’est comme l’accouchement. Une fois qu’on sera ensemble, on aura oublié.

21h20. Rien. Pas de dame. Des gens montent dans le train. « Ah, y’a du retard ? Je sais pas je viens d’arriver. » Scène lunaire d’un quadra à la cool sorti de nulle part.

21h35. Un homme me touche l’épaule. Un gentil voyageur :

– Je dois vous le dire. Le train est supprimé. Il ne partira pas. Nous l’avons appris sur les réseaux sociaux…

Il a l’air désolé pour moi. Pour les chips collées un peu partout sur nous. Pour Petit Frère qui commence à s’impatienter. Il reprend :

– Vos enfants. Ils sont très sages. Bravo.

Et il s’en va les épaules basses en traînant sa valise.

Alors nous prenons cette décision que nous refusions d’envisager. Parce que ça n’était pas possible, on nous l’aurait dit. Quelqu’un serait venu nous informer. Mais non.

Après près de trois heures parqués sur le quai de la gare Montparnasse en cette belle soirée de mai, j’attrape ma valise, celle que j’avais consciencieusement bouclée la veille au soir, mets leurs blousons aux enfants qui pleurnichent mais Mamie on va pas la voir ? Non mon chéri, on rentre à la maison. Mon sac, mon ordi, je laisse le Voici je m’en fiche je l’ai fini. Et nous prenons le cœur lourd le chemin inverse. La gare est étonnamment calme. Le quai est vide d’uniforme. Je tombe finalement sur la seule nana en casquette grise que j’aie vue de la soirée, et lui dis tout le bien que je pense de la gestion de crise de son employeur. Elle ne sait pas, Madame. N’est pas au courant. Calmez-vous. Pour le remboursement ? Il faut aller sur Internet. Maman, pourquoi tu cries ?

Aujourd’hui, j’apprends que mon train de 19h13 est finalement parti à 23h30. Que plein de voyageurs ont dormi sur les bancs de la gare, faute de logement proposé.

Nous, nous sommes rentrés à 22h30 à la maison, avons défait les valises, maté la fin de Koh-Lanta avec cet étrange sentiment de solitude né de plusieurs heures passées à attendre des informations qui ne sont jamais venues. Dévastée, j’ai néanmoins fini par claquer une bonne partie du prix du billet chez Asos en regardant d’un œil torve les naufragés cathodiques qui, comme moi, avaient été un temps livré à eux-mêmes mais se disaient considérablement grandis par cette expérience.

Moi, je n’en aurai pas tiré plus qu’une coque iPhone pailletée et une boule de biscuits de régimes coincée dans l’estomac.

Merci, la SNCF.

La question de la semaine : faut-il ouvrir un compte Instagram pour continuer d’être aimée ?

binoche

– Vous avez récemment ouvert des comptes Twitter et Instagram. Vous vous êtes sentie obligée ?

– Il y a de ça. On me l’a demandé. Aujourd’hui, c’est devenu incontournable. Ca figure même dans certains contrats.

Il y a quelques jours, je suis tombée sur cette interview de Juliette Binoche donnée à Paris Match, et je dois dire que cet échange m’a plongée dans un profond malaise, pour ne pas dire dans une immense tristesse. Car quoi, la société du spectacle immédiat et permanent, impudique et rémanent nous a-t-elle engloutis au point qu’une comédienne de la trempe d’une Binoche se doive, elle aussi, de poster à intervalle régulier des bouts de sa vie, des coins de son intimité, des morceaux offerts de sa nudité pour continuer d’exister en tant qu’artiste ?

D’aucuns diront que c’est ainsi, que le monde évolue et que ce moyen de communication n’est autre que l’extension naturelle de la presse apparue au XIXe siècle, qui confronta dès lors l’artiste au service après-vente, à la séduction d’un public qu’il faut bien draguer, appâter en « donnant de sa personne » parce que c’est ainsi, que le « marketing de soi » est aujourd’hui indissociable de la chose artistique. M’enfin, n’y a-t-il pas, tout de même, une différence entre poser une fois l’an dans Gala avec mari et enfants devant ses croissants et se voir enjoint, à cinquante printemps, de brancher un flux perpétuel entre soi et les autres, flux qu’il faudra évidemment alimenter selon un planning établi par contrat, sans désir, sans envie ? Bref ne passe-t-on pas dès lors de « donner de sa personne » à « donner SA personne » ?

Je n’ai absolument rien contre les réseaux sociaux, entendons-nous bien. Je tweete, je snape, je poste ma vie sur Instagram et suis celle de mes anciens camarades de collège avec attention sur Facebook mais c’est mon choix. Comme celui de Kendall Jenner, Cyril Hanouna ou Kev Adams de partager avec leurs fanzouzes le contenu du bol de leur petit déjeuner ou la couleur de leur slip et c’est tant mieux (ou tant pis). Si l’envie est là, oui, mais la prostitution digitale imposée par ces fameux contrats du 21e siècle n’est-elle pas d’une indécence absolue ? Car il est entendu que pour accumuler les followers, il faudra irrémédiablement sortir du simple spectre promotionnel consistant à communiquer sur une sortie de film ou de livre, ne nous leurrons pas.

Allez, Juliette, c’est pour Insta ! Fais-nous un selfie no make up ! He, Gégé, tu nous prends tes côtes de porc en Clarendon, t’as rien posté depuis hier ? Catherine, Catherine, tu nous snaptchaterais pas ta soirée avec Isabelle au café de la Mairie ? Tes fans attendent, et les producteurs avec. Allô, Victor ? Bon, pour la sortie en poche des Misérables, ils demandent combien tu as de followers, j’ai vu que ton compte était un peu en sommeil. Va falloir y aller, là, coco, sinon ils bloquent la promo. Vincent, top ton Periscope sur le tranchage d’oreille, t’as gagné 10 000 abonnés, la galerie a adoré…

L’autre jour, alors que je me réjouissais d’avoir 20 likes (oui…) sur une photo Instagram (nous sommes peu de choses), mon fils m’a posé cette question fort à propos : « Mais on gagne quoi, maman, avec les likes ? »

Je vous laisserai méditer sur cette réflexion qui me laissa coite. Quant à exiger des idoles qu’elles lèvent définitivement le voile sur leurs existences dont les producteurs semblent croire que nous exigeons avec force de tout connaître, j’espère qu’elles sauront, ces comédiennes, ces auteures, ces artistes en tous genre qu’on tente avec autorité de soumettre aux lois dites des Millenials (qui n’ont par ailleurs rien demandé) mettre les limites, et construire autour de la légèreté de leur être ce fascinant mystère qui fait (fit ?) tout le sel du star-system tel qu’il fut originellement nommé.