JO 2012 : ça nique au village olympique*

« Ce qui se passe au village reste au village ». Non, cette phrase ne s’applique pas qu’au Club Med, mais aussi au fameux village olympique, lieu de tous les fantasmes depuis que ESPN a choisi d’en révéler les dessous dans son article sur « les jeux cochons« . Eh oui, mettez des milliers de jeunes athlètes beaux, musclés, surexcités par l’événement et pour la plupart célibataires dans un lieu clos qui leur est dédié, secouez, et vous obtenez le plus grand lieu de débauche du moment, THE place to have sex.

Dans son article, ESPN relate que pas moins de 100 000 préservatifs ont été acheminés au village pour les 10 000 athlètes présents pendant 15 jours  ; ce qui nous fait donc 10 capotes par tête de pipe, sachant que la plupart du temps ces choses-là se font à deux, 20 rapports par binôme (les parties à 3 ou plus avec plusieurs partenaires féminines sont donc fortement conseillées pour optimiser le ratio). Autant dire qu’il y a du level. Ne soyez pas étonné. C’est vrai que lorsqu’on pense sportif de haut niveau, on pense ascèse, coquillettes, Contrex et coucher 20h avec Guy Roux ou Philippe Lucas qui veille à la porte.  Et pourtant, si l’on réfléchit bien, les JO ne sont ni plus ni moins que les séminaires d’entreprise de ces malheureux contraints de s’entraîner 10 heures par jour en autarcie depuis la puberté. Alors, de même que le VRP moustachu est en transe à l’idée de pouvoir tromper bobonne lors de son colloque annuel à La Bourboule, le hockeyeur sur gazon concentre lui aussi tous ses efforts vers un but ultime : se la donner tous les 4 ans à la Sex Academy. Ajoutez à cela le stress, l’absence de parents (et de journalistes), le côté colo (chambrées à 2 dans lesquelles on vient squatter, présence de discothèques, salles de sport et multiples cafés dans le village) et le matching fort probable entre personnes du même secteur professionnel, et vous obtenez cette ambiance bestiale et décomplexée de salle de garde version jogging Adidas.

Une athlète américaine relate que 70 à 75% des sportifs sélectionnés participent à ces Sex Olympics en marge de la compétition officielle. Il est paraît-il bien connu que la nation la plus performante est… l’Italie (Noooon !), dont les village people laisseraient tout bonnement les portes de leurs chambrées ouvertes (ambiance backroom). Comme au Club, on accroche une chaussette à la poignée de sa chambre lorsqu’on ne veut pas que son colocataire y rentre et, si l’on souhaite vraiment performer, il est paraît-il très bien vu de remporter une médaille. Le village serait alors en émoi, attendant avec passion et excitation votre retour au bercail avant de vous sauter dessus sauvagement. Il paraîtrait également que les athlètes féminines auraient élu de longue date les nageurs comme « best bodies » toutes disciplines confondues. Il y en a un qui doit être bien deg’ de s’être maqué peu de temps avant les Jeux, c’est Camille Lacourt, qui ne devait déjà pas avoir beaucoup de mal à lever en dehors du village. Y’a des Popeye qui se perdent. Mais nos quatre médaillés d’hier prendront certainement le relais (hu hu) du grand blond sans rechigner à la tâche.

Quant à l’ambiance, elle monterait crescendo tout au long de la compétition, pour atteindre son paroxysme le dernier soir (selon l’adage de l’UCPA : « dernier soir, dernière chance »), raison pour laquelle la plupart des délégations seraient en total état d’ébriété lors de la cérémonie de clôture de l’événement. Shocking !

Les Sex Olympics 2012 sont maintenant lancés. Souhaitons donc bonne chance à Jérémy Stravius (nageur, médaillé d’or et célibataire…), Christophe Lemaître, Muriel Hurtis, Laura Flessel, Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon, Richard Gasquet, Tony Parker ou encore Teddy Riner, lequel devra trouver une solution pour exercer sereinement son art dans cette discipline… Merci à l’organisation de donner toutes ses chances à notre athlète français en lui fournissant un équipement adapté à sa morphologie…

Teddy Riner dans sa chambre au village olympique de Londres

Teddy Riner dans sa chambre au village olympique de Londres

– Dis, y’a quel pourcentage de filles pour un mec ?

– Ca dépend du mec, ça.

Allez Teddy on est avec toi !

 

* Veuillez nous excuser pour ce titre quelque peu racoleur mais, audiences aoutiennes oblige, nous avons cédé à la bonne vieille technique à la Bernard de La Villardière… Et vous, pourquoi avez-vous cliqué ?

Frissons à Brégançon

Bonne nouvelle ! François Hollande, embauché en mai dernier, a réussi à négocier avec son employeur 15 jours de vacances en août, ce qui est rare ! Contrairement à son prédécesseur Nicolas Sarkozy, le nouveau Président renouera avec la tradition en investissant le célèbre Fort de Brégançon, cher à de Gaulle, Pompidou, Giscard et, surtout, à Chirac

Mais oui, Chirac, Brégançon, souvenez-vous, cette belle histoire des médias (légende urbaine, diront certains) ! En 2001, notre fringant Président se promenait tranquillou sur la terrasse de la superbe demeure mise à sa disposition par l’Etat. En contrebas, sur la plage, quatre photographes attendaient patiemment, en plein soleil, que le Jacquot fasse son apparition. Pas ingrat, Jacques la bonne franquette leur fit tout d’abord la belle surprise d’apparaître en slip (mou du genou, selon les témoins) un long moment, (quelques) cheveux au vent, avant de rentrer au frais. Mais voilà, à peine les voleurs d’images avaient-ils eu le temps de rembobiner leurs pellicules que le chef de l’Etat était réapparu dans le plus simple appareil, la nouille au vent, des jumelles à la main, dans le but de mater le yacht des frères Schumacher qui mouillait face au Palais. Il était comme ça, le Jacquot, nature et détendu du gland pendant ses vacances, comme tout Français posé au camping avec maman.

Bien entendu, les photographes mitraillèrent alors l’engin présidentiel, avant de faire un pacte du sang, se jurant crachant dans le sable de ne jamais jamais vendre les photos ! Bien entendu, l’un d’entre eux rompit le pacte avant d’aller proposer les photos à Paris Match. Malheureusement, le rédacteur en chef de l’époque, Alain Genestar, les refusa, les jugeant « dégradantes et humiliantes ». Sympa. A la place de Jacquot, on l’aurait mal pris (« Pourquoi HUMILIANTES, les photos de moi nu ?! »)

Plus tard, Nicolas et Carla vinrent plus rarement car la belle italienne préférait sa luxueuse villa du Cap Nègre. Malgré tout, c’est à Brégançon qu’elle nous montra pour la première fois son ventre (oui, c’est moins spectaculaire que Jacquot. Quoique…).

Ce qui nous amène à nous poser cette question cruciale : que nous promettent ces deux semaines passées à Brégançon par Valérie et François, couple tout juste sorti d’une grave crise qui faillit les mener tout droit à la rupture ? A leur place, on aurait choisi un lieu un peu plus discret pour des retrouvailles. Les photographes, habitués des lieux, se frottent déjà les mains et préparent leurs index, prêts à mitrailler sans les tourner sept fois avant de dégainer. Mais, normalité oblige, c’était ça ou La Lanterne. Et puis, poser son séant sur les mêmes canap’ que jadis Chirac nu (awkward !) ou le colonel en treillis, ça n’a pas de prix !

François parviendra-t-il à amener la pluie avec lui dans le Var aoutien ? Valérie bronzera-t-elle topless ? Nagera-t-elle avec une frite comme son élégante prédécesseur (non, il n’y a pas de féminin pour ce mot) ? Les enfants Hollande viendront-ils jeter  la hache de guerre dans la belle bleue ? François est-il slip ou caleçon ? Valérie mouillera-t-elle son célèbre brushing ? Utiliseront-ils une glacière ? Liront-ils Voici ? Porteront-ils des crocks ? Auront-ils des coups de soleil recouverts d’épaisses et inesthétiques couches de Biafine ? Boiront-ils du rosé en cubi ? Inviteront-ils des potes à taper le carton jusqu’au bout de la nuit ?

Bref, seront-ils normaux jusqu’au bout des tongs ?

Réponse le 1er août.

J’irais travailler à Bruxelles avec Van der Bauer, tu viendrais avec moi ?

C’était il y a trente ans. Après le succès de « La Boum », Claude Pinoteau en remettait une couche avec l’excellent second opus qui réunissait les piliers de la famille Beretton : Victoire, Poupette, François et Françoise (et Lucas, dans une moindre mesure).

Bien sûr, le film se focalise sur Vic qui, après avoir cogné son plateau-repas contre celui de Philippe au self du wagon-restaurant du train corail qui la ramène à Paris (aaaah, le self du train !), échange malencontreusement son passeport avec celui-ci. Accompagnée de l’inoubliable Pénélope (allégorie de la copine moche), elle quitte le Panthéon (oui, les Beretton habitent en face) et le quartier Sainte-Geneviève pour aller récupérer le sien chez Philippe Berthier, donc, qui s’avère être très beau gosse. S’ensuit une histoire d’amour adolescente classique et tumultueuse sur fond de Cook Da Books (« Get it together, j’adore ! ») et de déclarations au romantisme inégalé (« C’est toi mon traumatisme »).

Mais « La Boum 2 », ça n’est pas seulement Vic. La Boum 2, tisse parallèlement l’histoire de François et Françoise Beretton, magistralement interprétés par Claude Brasseur et Brigitte Fossey (sublime), les parents, qui tentent de sauver leur couple des affres de leurs vies professionnelles respectives, lesquelles les éloignent irrémédiablement l’un de l’autre. François lâche son cabinet dentaire pour se jeter à corps perdu dans la recherche, faisant sienne la devise du « savoir, du savoir-faire et du faire savoir » pendant que Françoise, elle, signe enfin son « dessinimé », « La Taupe », avec un Belge nommé Van Der Bauer. Tout à ses souris, François en oublie de cultiver son couple, lequel traverse alors une crise qui atteindra son paroxysme lorsque Portal, le grand scientifique idole de Brasseur, lui proposera de venir travailler avec lui à Lyon (autant dire au bout du monde, on est en 1983 : pas de portables, pas de mails, pas de textos, le 16 pour la province… pas de quoi entretenir le quotidien à distance ni de sextoter).

« Mais il n’en est pas question ? » demandera alors Françoise.

« Si, il en est question », répondra François.

Il y a trente ans, le personnage de Françoise déplorait que « tous les types trouvent normal que leurs femmes les suivent mais [que] PAS UN ne le ferait pour elles ! ». Pas faux. D’ailleurs, François laissera finalement sa femme insoumise seule, sur le quai de la gare, éplorée devant la Range moutarde aux sièges écossais, symbole à jamais de la cellule familiale berettone aujourd’hui explosée.

Trente ans plus tard, force est de constater que rien n’a changé. Pulvar, Schoenberg et consors se retirent parce que leur époux ou conjoint est dans la lumière. Quelqu’un s’est-il demandé si les rôles n’eussent pas pu s’inverser ? Connaissez-vous, autour de vous, un couple dont le mari a suivi la femme mutée à l’étranger, quittant lui-même un poste attractif pour laisser s’épanouir les ambitions de son épouse ? La femme suit, ou la femme subit. Bien sûr que non, François n’irait pas à Bruxelles s’occuper des enfants pendant que Françoise dessinerait des taupes hilares avec le vendeur de bière.  « A Cassis en août avec les enfants ? Et peut-être qu’en septembre… » Non.

De dos, en trench, il lui fait au revoir de la main, et en a gros sur la patate. « Faut pas rester là madame », la hèle un officier des forces de l’ordre. Son brushing fout le camp, les larmes lui montent aux yeux alors qu’elle comprend que le métier de François aura réussi ce que son aventure avec une parfumeuse ne sera pas parvenu à faire : briser son couple.

Car nul ne sait si François et Françoise se seront finalement retrouvés…

«  à mi chemin… vous roulerez l’un vers l’autre le cœur battant… vous coucherez à Dijon dans des hôtels sordides, vous passerez des nuits blanches dans des wagons lits, vous vous quitterez… les yeux cernés au p’tit jour, au buffet de la gare. Tu reprendras ton train… ou elle le sien. »

 

Audrey Pulvar : nouveau look pour une nouvelle vie !

Vous le savez, Audrey Pulvar est incontrôlable. Grande gueule, toujours prompte au clash, pourfendeuse des droits de la femme-journaliste-indépendante-compagne-de- politique-et-alors-quoi-tu-me-crois-pas-indépendante-hein-c’est-ça, Audrey fait ce qu’elle veut (avec ses cheveux) ! Professionnelle douée, reçue major de sa promotion à l’ESJ Paris, passée par des rédactions reconnues et remarquée pour son franc-parler notamment lors d’une interview historique de Nicolas Sarkozy, laquelle lui apporta ses premiers problèmes en même temps que la lumière, Audrey n’en finit plus de faire parler d’elle. Nommée directrice de la rédaction des Inrockuptibles il y a quelques jours, la jolie journaliste (mais noooon, pas que) a profité de cette belle opportunité professionnelle pour faire sienne la devise de Cristina Cordula : adoptons un nouveau look pour une nouvelle vie. L’occasion pour nous de faire à nouveau marcher la machine à remonter le look de celle qui se cherche (en la matière) et dont on espère qu’elle ne s’est pas définitivement trouvée…

Audrey époque fraîche journaliste

Le brushing à la Donna Martin réalisé au lisseur, un chouïa trop plat pour un look bonne élève, assorti à une chemise Zara cintrée au col bien ouvert mais pas sexy, rehaussée d’une veste sans personnalité. Bref, le style passe-partout de la journaliste qui débute dans une rédaction sans styliste. Heureusement, Audrey est jolie et souriante, mais elle nous fait fatalement penser à nos premiers entretiens d’embauche lorsque, boudinées danss notre tailleur-pantalon en synthétique acheté chez Morgan, on priait pour que l’employeur ne s’approche pas de nous ni que les effluves de sueur passées par le filtre de l’abominable matière n’anéantisse toute chance d’être remarquée.

Sentence : « Ma chairie on doit te trouver UN LOOK ! »

Audrey époque starification

Y’a quelque chose de changé dans sa vie… Mmmh, ne coupons pas les cheveux en 4, Audrey a finalement accepté de confier son indomptable chevelure à un professionnel, c’est certain. Classe, la jeune journaliste entre dans la cour des grandes : comme Schoenberg, Chazal et Ferrari, elle a son brush Jackie O’, celui qui impose le respect, en particulier lorsqu’il est assorti à une robe trois trous. Audrey est entrée dans la cour des grand(e)s.

Audrey en mode sexy

Elle nous avait peu habitué à ce genre d’excentricités et pourtant, c’est bien Audrey qui, un jour, décida de poser en short ras la moule, débardeur blanc, cheveux sauvageons et fourche à la main dans un décor très « L’Amour est dans le pré » (t’as eu chaud, Karine, elle en voulait peut-être au programme star de M6) pour une série photo que ne dédaigneraient pas forcément les chauffeurs de poids lourds amateurs de calendriers coquins.

Sentence : « Ma chairie tou est souperbe mais la crédibilité c’est pas ça ! »

Audrey se nanamouskourise


Qu’est-il passé par la tête d’Audrey le jour où elle a décidé d’assortir son nouveau look de lunettes de soudeur ? Mystère. Comme dirait Cristina : « Ma ma chairiee ça te va PAS DOU TOUT !! ». Serait-elle de mèche avec Nana ? Sponsorisée par Afflelou (le fou) ? Toujours est-il que, dès lors qu’elle prit chez Ruquier sa place de bourreau d’auteur,  elle ne quitta plus ces hublots à vous faire dresser les cheveux sur la tête.

Audrey a pris la foudre

L’avez-vous vue, la photo « officielle » de prise de nouvelles fonctions de la Miss Pulvar dans sa nouvelle rédaction aux Inrocks ? Comme d’autres en leur temps ont jeté leurs soutiens-gorges, Audrey a-t-elle décidé d’affirmer sa liberté en balançant par la fenêtre coiffeur, gels anti-frizz, mousse structurante et fers à lisser ? Passe encore que la belle ait décidé de se vêtir d’un filet de pêche pour aller rencontrer ses nouveaux collègues (« Mais regardez-moi cette dentelle, la finesse du point !), mais pour quelle obscure raison piétine-t-elle ainsi plusieurs siècles d’art capillaire ? La réponse pourrait peut-être nous être apportée par Stéphane Bern qui lui aussi, en son temps, avait jeté aux orties sa brosse ronde dès lors qu’il s’était libéré des chaînes aristocratico-people de Saga pour plonger dans le grand bain des émissions décomplexées. Mais qu’est-ce qu’on s’était foutu de sa gueule !

Nous nous passerons  bien entendu de faire de même avec Audrey, d’autant qu’elle a maintenant beaucoup de pouvoir dans les médias et sur les réseaux sociaux. Loin de moi l’envie que nous nous crêpions le chignon… Franchement, c’est MA-GNI-FAÏQUE MA CHAIRIE !!

Angélique, marquise des ondes

Est-il encore possible de regarder « Angélique, marquise des anges » en 2012, près de cinquante ans (arghh, ça ne nous rajeunit pas !) après sa première diffusion sur nos gros écrans ? C’est la question que je me suis posée hier soir lorsque j’ai découvert que TMC avait maintenu le calendrier estival historique malgré une météo calamiteuse en programmant notre soap annuel préféré.

Dans des décors acidulés en carton-pâte, j’ai ainsi pu redécouvrir Michèle Mercier, Angélique un jour, Angélique toujours, et son ténébreux Joffrey de Peyrac immortalisé par Robert Hossein (oui, le même que celui qui mit en scène les grands spectacles tels que « Ben-Hur » ou « Jésus, la résurrection » dans les années 2000). Le pitch d’Angélique est simple : Angélique est mariée « de force » par son père à un type riche, mais plus vieux, qu’elle n’a jamais vu. Dans un premier temps, elle tique un peu sur l’âge mais attend de voir. Malheureusement, il s’avère que le type en question boîte et est défiguré par une cicatrice qui lui mange la joue. Elle le trouve alors si laid qu’elle pousse de petits cris de dégoût et refuse de se faire honorer le soir de la nuit de noces (sympa !). Joffrey, qui trouve Angélique très à son goût, pleure. C’est très triste. Et pourtant, le temps passant, Angélique cette gourdasse se laisse séduire par cette montagne de testostérone qu’est le comte de Peyrac (excusez du peu), finissant par tomber raide dingue de lui (on la comprend), ne réitérant pas l’erreur de sa consoeur Scarlett O’Hara qui n’aura compris que trop tard qu’on est mieux servi par un ténébreux excitant qui vous aime que par une lavette indécise qui s’en fout. Le couple s’aime alors follement, ce qui est rare pour l’époque, et passe alors de longues heures au lit à fricoter. On voit même fréquemment Angélique toute nue, habilement cachée par endroits par des pans du lit à baldaquin ou la main de Joffrey, grâce à un subtil travail de l’image. A voir l’air ahuri de l’héroïne lovée dans ses draps de satin après que son époux l’eut chevauchée, on comprend aisément que le Joffrey est un très bon coup. Mercier nous sort alors l’artillerie lourde et pleure (sans bruit ni morvade, évidemment), pour ceux qui n’auraient pas bien saisi la volupté de la scène.

Tu étais si belle, à côté de ces femmes, une perle parmi des haricot

Plus tard, le petit couple qui va bien reçoit Louis XIV en personne, venu avec sa fraîche épouse Marie-Thérèse, qui s’avère être une naine assez ingrate.

–          J’aime, Sire, lui confie alors Joffrey, encore sur son petit nuage (notez la classe internationale de la réplique).

Arrive alors Angélique, plus tatasse que jamais en robe à crinoline, faux cils et regard supérieur. L’assemblée s’arrête alors de respirer.

–          Quelle beauté !, lâche alors un invité.

Le roi est sans voix, mais on sent qu’il est vénère…

–          Tu étais si belle, à côté de ces femmes, une perle parmi des haricots, lui glissera plus tard Joffrey, fier (prenez-en de la graine, messieurs –  sans mauvais jeu de mots).

Tout ça pour dire, vous l’aurez compris, que le roi va vouloir se venger de tant de bonheur que ces modestes noblillons lui ont jeté à la figure lors de son passage dans leur demeure. Il fera donc embastiller le boîteux sexy pour d’obscurs prétextes, ce qui poussera alors Michèle Mercier à froncer les sourcils lorsqu’un messager viendra lui apprendre la nouvelle. Actor’s Studio represent.

Mono-expressive, l’inoubliable Michèle semble effectivement ne disposer que de peu de choix dans sa palette d’actrice, élément qui ne saute pas aux yeux lorsqu’on a neuf ans et qu’on regarde avec passion les aventures d’Angélique avec ses grands-parents les soirs de chaudes soirées d’été (je me répète, je le sais). Bourrée de clichés, surannée et bien souvent ridicule, la série des Angélique reste malgré tout intemporelle et parvient à nous emporter sans difficulté dans sa grande saga romanesque, comme seuls savent le faire ces programmes saisonniers multi-diffusés que sont Fantômas ou Sissi, pour ne citer qu’eux.

Si vous doutez, vous avez en face, le jeudi, sur M6, « 60 secondes chronos », programme grâce auquel vous pourrez voir des candidats relever des défis aussi malins que gober un Oreo sans les mains, faire tenir un cintre en équilibre ou jouer à Domino Day avec des boîtiers de CD, tout ça en 60 secondes chrono…

C’est vous qui voyez. Quant à moi, je reste team Joffrey.

« Dis maman, c’était comment l’été, avant ? »

Avant mon chéri, on se préparait à l’été avec le printemps. Tu ne dois pas bien connaître cette saison, donc je vais t’expliquer. A partir du mois d’avril, les températures devenaient plus douces, les arbres étaient en fleur, les mamans osaient les longues jupes Infinitif et les sandalettes alors que leurs rejetons enfilaient avec bonheur leurs « blousons d’été » achetés chez Jacadi. Puis en mai, période des anniversaires, les enfants passaient des après-midis entières dans les jardins, les parcs ou les bois, en polos et robes à smocks, à jouer à un-deux-trois soleil (oui, soleil), à la chaise musicale et à la pêche à la ligne en suçottant des carambars, des dragibus ou des Raider avant de se désaltérer (sirops, Banga, limonades ou Canada Dry faisaient le bonheurs de ces petits chanceux excités par la chaleur de l’été approchant). Les plus grands regardaient Roland-GarrosEdberg, Becker et Lendl s’affrontaient dans des combats titanesques des heures durant sous un soleil de plomb, moulés dans leurs micro-shorts en micro-fibre.

Au moins de juin, les températures pouvaient avoisiner les 25 à 30°C. Mamans et petites filles arpentaient le bitume brûlant en ces derniers jours d’école et, pour la kermesse de fin d’année, il n’était pas rare que l’on s’asperge avec la fontaine en plaçant nos mains à l’horizontale sous un jet glacé, salvateur. Le soir, les parents s’attablaient aux terrasses des cafés pour refaire le monde, sirotant pastis, rosé ou demis en fumant des Peter Stuyvesant qu’ils gardaient même à la main pour aller faire pipi à l’intérieur. L’air était chaud, l’odeur du jasmin des colliers proposés par les vendeurs à la sauvette se mélangeait à celles des parfums Cacharel que les femmes portaient à cette époque. On riait beaucoup, désinvoltes, pensant de moins en moins au boulot et de plus en plus à ses vacances. Juilletiste ou aoutien ? La question existait encore et était, alors, sur toutes les lèvres. Certains allaient à la Foire du Trône dévorer des barbes à papa géantes avant de s’embrasser dans la Grande Roue, d’autres improvisaient des pique-niques interminables sur le Champ de Mars ou ailleurs avant de rejoindre, tard dans la nuit, leur domicile en Fiat Panda vignettée sur tout le pare-brise, les cheveux au vent, la main posée sur le capot de la voiture.

En juillet, les rues se vidaient petit à petit, alors qu’au bureau l’ambiance si particulière à ces mois d’été prenait ses quartiers. On en profitait pour ranger ses dossiers (en vrai papier, cartonné), trier la paperasse, passer de longs coups de fil  aux clients et partenaires restés eux aussi, ravis d’occuper ce temps qui s’étend, la fenêtre ouverte, le gros ventilateur bruyant posé sur le bureau, les fesses collées à la chaise en skaï malgré la longue robe bain de soleil achetée en soldes chez Carol. On préparait ses congés, on entassait dans les valises bouées canard, Pif Gadget, SAS et Hawaïan Tropic. En août, on regardait Intervilles et le Tour de France sur la vieille télé de mémé, on lisait tous le même Paris Match qui nous racontait les soirées blanches d’Eddie Barclay à St-Trop’ où Johnny, Carlos et Jean Amadou rivalisaient de bronzage, on mouillait nos draps à l’eau froide la nuit tant il était parfois impossible de fermer l’œil à cause de la chaleur, on branchait les anti-moustiques dans lesquels on avait pris soin de glisser une petite tablette toxique neuve et, chaque matin, on plongeait dans la mer ou la piscine pour se rafraîchir avant d’engloutir d’épaisses tartines de Nutella puis de partir grillocher sous les rayons cancérigènes du soleil d’été.

Mais ça, c’était avant, chéri. Aujourd’hui, il faut être efficace chaque jour ouvré travaillé, alors « ils » ont coupé les réjouissances. Pas de soleil, pas de chaleur. Pas de chaleur, pas d’envie de vacances. Pas d’envie de vacances, pas de perte d’efficacité. Ajoutez à ça une bonne dose de pluie quotidienne, une interdiction de fumer dans les lieux publics, de boire sur les lieux de travail, de bronzer tout court, et une obligation de répondre à ses mails 24/24h, ça te leur passera l’envie de s’amuser moi j’te l’dis !

Voilà mon chéri. Moi qui ai vécu au XXe siècle je te raconte ça pour que tu saches, que tu connaisses les saisons telles qu’elles te sont enseignées dans tes nombreux imagiers achetés à prix d’or chez la gentille libraire en bas de la maison.

Et couvre-toi bien, mon amour, ne vas pas attraper froid, on part en vacances dans 15 jours, ce serait dommage…

L’Amour est dans le pré saison 7 : Céline est le nouveau Jean-Claude

Chaque nouvelle moisson de candidats à L’Amour est dans le pré apporte son lot de timides, de cas sociaux, de grognons au grand cœur, de désespérés, de profiteurs, d’amoureux transis ou de postulants à la ferme mais aussi, et surtout, offre exceptionnellement aux téléspectateurs (et accessoirement aux producteurs, ravis) son candidat-buzz.

L’année dernière, l’excentrique Jean-Claude avait joué ce rôle, tenant la 6e saison à bout de bras et de réparties loufoques, faisant le bonheur des replayers en tous genre grâce à des sorties aussi franches que touchantes, lesquelles avaient déjà fait rire aux larmes Karine Lemarchand dès la session d’ouverture des lettres.

Cette année, la perle rare n’est pas du côté des agriculteurs mais des prétendants, ou plutôt des prétendantes. Non, je ne vous parlerai pas de Patricia, devenue célèbre en quelques secondes pour avoir tenté à plusieurs reprises d’emprunter un escalator dans le mauvais sens, s’inscrivant sans nul doute pour les 40 années à venir dans les bêtisiers du monde entier. Non, la candidate qui a retenu notre attention pour sa personnalité pour le moins… extravagante porte le doux nom de Céline (à ne pas confondre avec Téline, la candidate malentendante de l’année dernière poursuivie par Laurent, l’abominable stalker parisien).

La Céline 2012 est hystérique, logorrhéïque mais finalement charismatique… dans son genre. Vous en doutez ? Jugez par vous-même ce compte-rendu du speed-dating de Céline avec Jo, son prétendant :

Céline : « HEEElloooooo-je-n’te-serre-pas-lamain-parcequechus-stressée-jesais-que-t’aimes-passa-enplus-les-mains-mOITES-HA-HAHA-Hahahahahaha » (rire crispé mais néanmoins fort sonore… et inquiétant)

Jo : …..

Céline : « Oui, je suis ce qu’on appelle logorrhéïque c’est-à-dire que je parle beaucoup, mais j’écris aussi beaucoup. Ca cache un peu la nervosité PAS TROP BIEN HAHA-hahaha-HAHAHA !!! »

Jo : « Euh…. Non. »

[Blanc}]

Céline : « HA TU VOIS ! Là y’a un blanc. TERRIBLE !!! Ca a duré 3 secondes. Bha ça m’a stressée !!! »

Jo : « Euh… Et là t’es pas naturelle ? »

Céline : « NAN, CHUS HYSTERIQUE ! » (Non…) « Nan nan d’habitude chus plus posée… Hein HEIN rhirhirhi hi………..hihi……………euh…..»

Jo : « Oui bha sinon ça pourrait faire peur… »

Céline : « Ah bha j’me fatiguerais moi-même HEIN ! (…) HO, je SENS que t’es déjà un peu FATIGUÉ (panique) !!! »

Croyez-le ou non, et ceci corrobore plus encore la tendance 2012 qui veut que la chieuse soit la nouvelle belle gosse qui la boucle (juridiction Trierweiler), Jo a choisi de donner sa chance à Céline pour la suite de l’aventure. Et Twitter de s’enflammer, comme d’habitude, à coups de « Haaan NON pas Céline la psychopathe », « Ta gueule Céline » et compagnie.

Eh bien pour moi Céline, 32 ans et toujours chez ses parents, sage-femme de son état et, donc, logorrhéïque chronique, c’est autre chose. C’est vrai, les parents de Céline ont enfin pu, grâce à Jo, s’offrir la semaine de vacances qu’ils envisageaient depuis des décennies, éprouvant là forcément un certain soulagement amplement mérité. Mais Céline, et nous le découvrirons certainement au fil des épisodes, c’est aussi ce petit vent d’air frais qui rend regardable « L’Amour est dans le pré ». Céline n’est pas actrice, Céline porte en 2012 un sous-pull orange assorti à ses collants (en laine), recouverts de petits chaussons en tissus rouge pour prendre le train, un sac à dos bariolé Hello Kitty sur une épaule et des lunettes violettes à arabesques en fleurettes. Céline cancanne, Céline a le nez pointu, Céline est le genre de nana a dire « saperlipopette », Céline a l’air d’avoir 12 ans mais Céline a fait craquer le morne vieux garçon soulagé de voir arriver cette joyeuse prétendante après avoir passé de longues minutes de solitude avec la déprimante Léa.

Que ce soit clair, Céline est la Mary Poppins de cette édition ! Le p’tit morceau de sucre qui aide la médecine à couler, colore les écrans, et nous apprend que naïveté, magie et enthousiasme non calculés sont encore possibles à l’heure de l’industrialisation de la télé-réalité où des candidats à crêtes, tatoués sur tout le corps, se regardent danser des heures entières dans un miroir, saucissonnés dans d’absurdes fringues en simili cuir censées faire d’eux des vedettes de quoi on n’en a aucune idée et eux non plus, très certainement.

Céline c’est autre chose, puisqu’elle est différente mais aussi tellement normale.

En un mot, Céliiiine, est MAGIQUE !